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 1921 [PV Esmée et Carlisle]

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Esmée Cullen
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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Dim 25 Oct - 22:45

Je n'eus pas de difficulté à le suivre jusqu'à chez lui. Au contraire. Je gardais une certaine distance entre nous deux, mais je savais que je pouvais aller encore plus rapidement. Comme si je ne faisais qu'un simple petit jogging alors que je courrais plus vite que je n’aurais jamais pu courir. Je ne voulais pas penser à son recul lorsque je posai les yeux sur lui. Je ne savais pas de quelle manière j’avais pu l’observer pour tirer une telle réaction. Et pourquoi l’étau dans ma poitrine se resserra encore un peu plus. Je me contentais de découvrir de nouvelles sensations contre ma peau plus en profondeurs. Mes cheveux caressaient mon visage parfois avec le vent, et j’étais persuadé que je pouvais sentir précisément le contact de chacun d’entre eux sur ma peau. C’était incroyable… Et je voyais tout autour de moi si clairement malgré la nuit, comme si mes yeux détectaient la moindre parcelle de lumière.

Plus vite que j’eus le temps de le réaliser, nous étions déjà sur le bord de la forêt, et Carlisle s’était arrêté plus loin devant moi. Je ralentis également jusqu’à le rejoindre en marchant. Il y avait une maison plus loin devant, et je devinai que c’était la sienne.

- Je vous invite chez moi, jusqu’à ce que vous vouliez en partir. Je pense que vous devez avoir des tas de question.

Resserrant mes bras autour de moi, j’acquiesçai à nouveau avec un petit sourire discret. Je n’étais pas à l’aise… Pas du tout. L’homme semblait s’expliquer pour une raison que j’ignorais. Il désirait peut être que je reste le moins longtemps chez lui possible… Je me sentais totalement perdue, sous la garde d’une bonne âme. La charité. Même en me sauvant de chez moi pour me retrouver ici, j’avais su me débrouiller seule. Et pourtant, maintenant, j’étais complètement à la merci d’une étrange folie. Je posai mon regard sur la nuque de Carlisle, ma gorge se serra et mon souffle se coupa. Si ce n’est pas deux. Si la paroisse m’avait aidé à me trouver un travail de remplaçante, j’avais refusé la nourriture proposée les premiers temps. Père Gordon le comprit assez rapidement. Il m’invitait à manger avec lui au moins une fois par semaine les derniers mois de sa vie, pour compenser mon obstination, sous prétexte qu’il était vieux, seul et malade. Un petit sourire étira mes lèvres à cette pensée. Un grand homme… Paix à son âme…

Je me tirai brusquement de mes pensées en réalisant que j’avais suivi le docteur jusqu’à chez lui sans même m’en rendre compte. J’allais entrer chez lui lorsque je retrouvai l’usage de la parole ;

"Je vous remercie. C’est très aimable."

Mon regard voulait regarder partout en même temps, alors qu’il fermait les volets. Avec ironie, je me dis que c’était normal de vouloir me cacher des yeux des passants, étant techniquement morte. Mes yeux glissaient sur les meubles, sur les murs, les articles de décorations… pour atterrir sur un gigantesque miroir de décoration. Les gravures étaient magnifiques et élégantes, mais ce qui attira le plus mon attention fut le reflet qu’il me renvoya. Mon souffle se coupa alors que je regardais avec étonnement la personne qui me regardait avec la même expression sur le visage.

Son visage était très pâle. On l’aurait cru taillé dans de la porcelaine… Malgré la pâleur extrême, ses lèvres étaient rose foncé, et m’apparaissaient douces et luisantes comme du satin. Ses cheveux étaient dépeignés, et pourtant, ils retombaient sur ses épaules, affolés, dans de petites courbes qui n’auraient pas semblé déplacés dans une rue bondée de monde. Son corps frêle dégageait une prestance impressionnante malgré les traces de terre et les vêtements déchirés qui le cachait. Et ses yeux… D’un rouge rubis si brillant, ils me fixaient avec une curiosité sans borne.

Et elle était magnifique.

Certes, elle me ressemblait. Elle avait la même forme de visage, de corps. Les mêmes vêtements, la même couleur de cheveux. Mais c’était très loin d’être la personne que j’étais. Une petite main monta dans le reflex pour se poser sur la joue de ce visage parfait. Et je sentis le contact de ma main sur ma propre joue. Un rire bref quitta mes lèvres, alors que, simultanément, nos autres mains allèrent effleurer légèrement nos lèvres… parfaites…

Comme prise en flagrant délit, je me retournai brusquement en le voyant revenir vers moi. Il portait des vêtements et des serviettes, visiblement pour moi. Je lui souris légèrement, encore sous le choc de ce que je venais de découvrir, avant de me diriger vers la salle de bain. Avant de fermer la porte, je me tourne pour lui dire ;

"Votre hospitalité me fait chaud au cœur. Soyez sans crainte que je n’en abuserai pas. Je… Eh bien, je tacherai de me rendre utile pendant mon… séjour."

J’étais visiblement mal à l’aise, mais mon sourire était reconnaissant et sincère, quoique timide. Je refermai la porte, pour ensuite me déshabiller rapidement. Encore une fois, je restai figée devant la glace, observant mon reflet. C’était bel et bien mon corps. Je voyais mieux que jamais la minuscule cicatrise sur ma clavicule droite, vestige de la varicelle. Et la petite tache de naissance sur mon mollet gauche. Mon corps, nu comme habillé, n’avait pas changé, et pourtant, il émanait une beauté mystérieuse de chaque parcelle de peau dévoilée. Un petit rire secoua a nouveau ma poitrine, alors que je glissais mes propres mains de mes seins jusqu’à mon ventre.

"C’est incroyable…"

Délaissant le miroir, je pris donc ma douche, m’extasiant de pouvoir sentir la moindre goutte d’eau qui touchait mon corps avec précision. Je terminais de me laver les cheveux lorsque j’entendis la musique s’élever dans la maison. Tout d’abord, sans vraiment réagir d’une manière particulière, je l’écoutais en rinçant mes cheveux. Tout semblait soudain si… normal… Bien sûr, il y avait toujours ce pincement dans mon cœur, ce trou noir dans mon esprit, cette peur dans mes entrailles. Mais lorsqu’on dit que la musique adoucit les mœurs, je le croyais.

Il me fallut très peu de temps pour me sécher et m’habiller. La robe d’un beige très pâle était parfaite. Le tissu s’arrêtait sur mes épaules, dans un décolleté subtil en V, et tombait mollement jusqu’à mes hanches, où il était resserré par une large ceinture de la même couleur qui se moulait au corps. La ceinture descendait jusqu’en bas de mes fesses, ornée d’une large boucle molle à droite. La robe tombait alors dans un tissu replié en accordéon jusqu'en bas de mes genoux. Les chaussures étaient classique, un talon de quelques centimètres, de la même couleur de la robe.

Je laissai mes cheveux mouillés tomber sur mes épaules, incapable de les coiffer sans le nécessaire. Les peignant rapidement, je tentai de leur donner un pli convenable par-dessus mon front, avant de sortir de la salle de bain lentement. Mon estomac était étrangement serré, nerveuse. Mais nerveuse pour quoi ? Qu’il ne me trouve à son goût… Et voilà qui recommençait avec mes délires d’adolescence… Je serrai timidement ma main dans l’autre, alors que je faisais les pas qui séparaient la salle de bain du salon. Pourquoi est-ce que j’étais en train de retomber amoureuse de ce même médecin, autant d’années plus tard et dans ce moment si mal choisit. Oui, amoureuse… Le souffle court, les pensées incohérentes, l’estomac retourné, les sentiments contradictoires, le désir de ne plus le quitter… J’étais certaine que c’était ce sentiment. Car la seule fois que je l’avais ressentit, c’était avec lui. Et voila que ça recommençait.

Je m’arrêtai timidement à l’entrée du salon, en décroisant les mains pour me donner plus de crédibilité. Il était assis, semblait perdu dans ses pensées. Je ne savais pas par où commencer, ni exactement quelles questions poser. Je ne savais pas où me mettre, quoi penser. Je me contentai de regarder la pièce et de dire, faiblement ;

"Vous avez une très jolie demeure. Vous avez bon goût en matière de décoration."

Mes yeux se posèrent sur le phonographe, et je le pointai en rajoutant ;

"Ainsi qu’en matière de musique."

Je lui souris très brièvement, évitant soigneusement son regard, continuant l’exploration de la pièce. Mes talons claquèrent d’un bruit sec sur le plancher de bois, alors que je m’avançai curieusement vers la bibliothèque, mes yeux traînant sur les reliures. Des classiques, des livres plus contemporains, des recueils de nouvelles et de poèmes, des encyclopédies et livres divers traitant probablement sur la médecine… il ne semblait rien manqué du contenu que j’imaginais dans une bibliothèque d’un docteur. Des éditions semblaient plus anciennes, d’autres plus abîmés par l’usage.

Puis, n’ayant plus rien pour attirer mon attention, mon esprit se tourna immédiatement vers lui. Lentement, je me tournai pour lui faire face. Mon regard fut immédiatement attiré vers le sien, comme si c’était ce qu’il avait recherché si longtemps. Je ne pus dire combien de temps je restai perdu dans son regard doré, cherchant dans ce flot brillant des réponses qui auraient éclairés les questions que je me posais… Que se passera t’il maintenant… Qu’allais-je devoir faire ? J’avais peur. Je redoutais déjà le moment où je n’aurai plus besoin de lui, et où je devrais quitter. Même si, en ce moment précis, je doutais qu’un jour je n’aurais plus besoin de lui… pour diverses raisons.

Je détournai le regard pour fixer mes mains posées sur mes cuisses. Je ne me sentais pas assez forte pour passer aux travers les épreuves qui m’attendaient. Surtout s’il fallait que je retombe en amour avec cet homme. Les relations amoureuses n’avaient jamais été un point positif dans ma vie, et je doutais que ça allait changer. Ma voix s’éleva à nouveau, lente et posée, mais pourvu d’un petit tremblement qui trahissait la peur qui me déchirait les entrailles.

"Y a t’il certaines choses en particulier que je devrais savoir à propos de… tout, en fait."

†•´*¤*' •††•´*¤*' •†


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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Lun 26 Oct - 3:29

Les rythmes entraînant de la musique m’empêchèrent de trop ressasser mon comportement. Je m’obligeais alors plus aisément à penser à ce qu’il fallait faire à présent.
Sur la table, j’avisais une lettre écrite de la main d’Edward. Il me disait qu’il allait chasser un peu plus loin cette nuit car sa soif était grande. Il me priait de l’excuser de ne pas m’avoir attendu. Je fermais les yeux… C’était à moi de lui demander pardon. Depuis trois jours, je l’avais négligé. Je n’avais même pas vu qu’il avait eu si soif. Je m’inquiétais tant pour Esmée…
Il était étonné que j’aie transformé Esmée. Je pense qu’il n’avait pas prévu que je transformerais une autre personne que lui –et je ne l’avais pas prévu non plus –
J’étais certain qu’il avait peur que son arrivée ne change notre vie bien réglée de ces trois dernières années.
J’allais devoir lui parler quand il rentrerait. Lui dire ce que mon cerveau n’arrivait pas à expliquer mais ce que mon cœur savait.
Je ne comprenais pas, mais j’avais l’impression de le sentir ce cœur. Oh, il ne battait toujours pas.. Il ne battrait plus jamais. Mais c’était comme s’il était plus lourd. Plus présent en moi…. Quand je la regardais….

Je me laissais aller à la chanson, essayant d’occulter le bruit de la douche à l’étage. Chaque goutte d’eau qui tombait sur son corps semblait avoir une mélodie différente. Chaque mouvement qu’elle faisait, comme passer le savon sur sa peau, le reposer, se laver les cheveux, alimentait mon imaginaire.
J’entendis l’eau se couper, laissant juste la musique comme bruit de fond. Ses paroles me revinrent en mémoire alors que ma gorge se serrait.

"Votre hospitalité me fait chaud au cœur. Soyez sans crainte que je n’en abuserai pas. Je… Eh bien, je tacherai de me rendre utile pendant mon… séjour."

Ainsi, elle ne comptait pas rester. Comment aurait-il pu en être autrement ? Nous venions de nous rencontrer. Certes, elle se souvenait de moi, mais au final nous étions des inconnus. C’était une parfaite inconnue, dont un seul regard avait pu me faire sentir vivant… Elle aurait même fait battre mon cœur à nouveau que cela ne m’aurait pas étonné.
Je me mis à regarder dehors, massant mon épaule encore légèrement douloureuse là où elle m’avait mordue. J’allais en garder une cicatrice mais étrangement, je ne m’en souciais pas. L’important, c’était qu’elle n’avait tué personne, et qu’elle se soit nourrie. Je me promis de faire attention pour les prochaines chasses à être plus prudent… Du moins si elle restait un peu avec moi…Avec nous…

Soudain, une légère odeur sucrée mêlée à l’odeur de savon me parvint aux narines. En inspirant plus profondément, je notais aussi une alliance d’épines de sapins avec des feuilles d’érable. Une odeur fraîche comme le vent d’automne. Rassurante. Une odeur qui me pénétrait et me laissait un sentiment de bien être, comme si je l’avais toujours senti.
Je levais les yeux vers l’entrée du salon. Je me croyais prêt à la revoir… Perdu. Mon ventre se serra, ma bouche devint sèche et j’en serais tombé béat si elle ne s’était pas mise à chanter… Hmm, parler pour être plus exact, même si sa voix ressemblait au plus près au chant d’un oiseau.

"Vous avez une très jolie demeure. Vous avez bon goût en matière de décoration."

Mes yeux se fixèrent sur elle, ne pouvant s’en détacher.

"Ainsi qu’en matière de musique."

Et elle me souriait en plus. Je me mordis la lèvre.

Non, sérieusement, mon cœur n’était pas aussi gros avant… Il ne prenait pas autant de place dans ma poitrine. Allez, rétrécis avant qu’elle ne te le brise en partant d’ici.

Elle regarda ma bibliothèque, et j’admirais sa démarche élégante. En fait j’admirais tout. Du retombé de la robe sur ses hanches, au décolleté léger, en passant par la cambrure parfaite de son dos, et son maintien lorsqu’elle se déplaçait. Je me sentais parfaitement idiot à la dévisager ainsi, sans même me lever. C’était de la pure impolitesse de ne pas saluer une femme…
Mais j’étais tout simplement incapable de bouger, d’autant plus lorsqu’elle se retourna et qu’enfin nos regards se rencontrèrent à nouveau. Je ne pus dire combien de temps je restai perdu dans son regard pourpre, cherchant dans ce flot brillant des réponses qui auraient éclairés les questions que je me posais… Que se passera t’il maintenant… Qu’allais-je devoir faire ? J’avais peur. Je redoutais déjà le moment où elle n’aurait plus besoin de moi, et où je devrais la laisser me quitter, n’ayant plus de raison valable pour la garder près de moi.

Elle détourna le regard, ayant plus de volonté que moi. Ce geste me rendit ma raison et mon libre arbitre, et je me redressais dans le fauteuil, en me raclant la gorge faiblement. Pour cesser de la regarder, je posais les yeux sur le phonographe dont la musique venait de s’arrêter. Au moment où je me demandais s’il fallait que je change le disque, elle prit la parole.

"Y a t’il certaines choses en particulier que je devrais savoir à propos de… tout, en fait."

- Je vous en prie, faites comme chez vous… Asseyez vous.

Je pris le temps qu’elle s’asseye pour rassembler mes idées. Il y avait tant à dire. Par où commencer ?

- Avant tout, vous sentez-vous mieux ?

Carlisle, ou l’art de répondre à une question par une autre. Je posais sur elle un regard inquiet. Je voulais l’entendre me dire qu’elle allait mieux. Que ce bain lui avait fait du bien. Qu’elle n’avait plus soif. Je voulais entendre tout cela avant de partir dans des explications qui nous emmèneraient jusqu’au bout de la nuit.
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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Lun 26 Oct - 16:46

- Je vous en prie, faites comme chez vous… Asseyez vous.

Jetant un coup d'oeil autour de moi pour repérer le canapé, je m'en approchai donc lentement. Je m'assied donc en glissant une main sous mes cuisses pour ajuster le tissu de la robe, croisant délicatement une cheville par dessus l'autre. Nerveusement, je jete un autre coup d'oeil à la ronde, mes yeux tombant sur le papier sur la table basse. On aurait dit une lettre. Je savais pertinament que la curiosité était un vilain défaut, mais c'était un des défauts dont la nature m'avait pourvue. L'écriture était fine et élégante. J'avais facilement pu lire le bout de papier sans un effort avant que le docteur ne se retourne vers moi.

- Avant tout, vous sentez-vous mieux ?


Son regard était inquiet. Visiblement, il s'en faisait pour moi ce qui augmenta considérablement la sensation de chaleur dans ma poitrine et dans mon visage. Je ne savais pas s'il pouvait me voir rougir; avec le teint pâle que j'avais maintenant ça devait être flagrant. Je me maudissais intérieurement. C'était complètement ridicule de réagir comme ca...

La question me troubla quand même un peu. Je n'étais pas certaine de comment répondre. Certe, je me sentais moins perdue, j'étais propre, je n'avais pas trop...soif. On pouvait dire que je me sentais en toutes sommes mieux. Mais il y avait quand même le sentiment que je n'avais pas ma place. Je regrettais bien sûr ma tentative de suicide. Tentative... Disons plutôt le succès. C'était quelque chose d'égoiste que je n'aurais jamais fait si je n'avais pas été poussé par un si grand désespoir. Je n'avais plus vraiment de pieds à terre, si on veut. Appart peut être, justement, l'homme qui me regardait. Et encore, ce sentiment de sécurité était embrouillé, troublé par les autres vagues d'émotions contradictoires...

Je ne sus pas combien de temps je mis à réfléchir avant de retrouver l'usage de la parole. Ma voix s'éleva lentement, un peu hésitante et encore pensive..

"Je vais mieux... Oui, je crois que... Je crois que je vais mieux..."

Mes yeux se levèrent vers le docteur, et je les plissais un peu, comme si je cherchais mes mots. Puis, en posant mes mains sur mes cuisses, je rajoutai;

"Déboussolée... Sans aucun doute... Mais j'ose imaginer que c'est normal vu la.. situation. Et j'estime que, malgré tout, je vais... étrangement bien."

La musique s'était arrêté, et je venais de le remarquer par le silence qui s'imposa. Avec un petit soupir, je glissai mes mains autour de ma petite taille dans un geste de réconfort que j'utilisais fréquemment. Encore plus lorsque j'étais enceinte. Je décroisai alors les bras aussi vite que je les avais croisé en les reposant sur mes cuisses. Mes yeux se posèrent à nouveau sur la lettre avant de remonter timidement vers les siens.

"Vous, euh... Vous n'êtes pas... seul?"

†•´*¤*' •††•´*¤*' •†


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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Mar 27 Oct - 4:17

Je m’obligeais à porter toute mon attention sur la pile de disque qui jouxtait le phonographe. Mais du coin de l’œil, je la vis s’asseoir, élégamment comme toujours, et rester silencieuse. Une gêne étrange s'était mise entre nous, et même si elle était légitime, je voulais entendre sa voix de nouveau.
Mes yeux, retournèrent sur elle malgré moi, alors que j’attendais sa réponse. Je voulais être certain qu’elle allait bien – enfin en dehors des circonstances –
Le silence fut long. Trop long.
Je me mordis la lèvre, regrettant ma demande. Ce n’était pas une question si simple en fait ! Tout devait se bousculer dans sa tête !
Je lui laissais autant de temps qu’il lui fallait, croisant mes mains sur mon ventre. J’essayais de ne pas la regarder, mais je ne voulais pas qu’elle croie que je me fichais de la réponse. Aussi, je fixais mon regard soucieux sur un chandelier derrière elle. Je sursautais presque lorsque enfin, elle se mit à parler.

"Je vais mieux... Oui, je crois que... Je crois que je vais mieux..."

Ses yeux rencontrèrent les miens, et je les vis se plisser. Elle semblait gênée, ce qui somme toute, était parfaitement normal. Je ne relevais pas, rendant mon regard le plus doux possible pour la rassurer.

"Déboussolée... Sans aucun doute... Mais j'ose imaginer que c'est normal vu la.. situation. Et j'estime que, malgré tout, je vais... étrangement bien."


- C’est tout à fait normal que vous soyez désorientée. Il faut vous habituer à toutes ces nouvelles sensations… Et connaissances.

Elle soupira, et mon corps voulu soudain aller la réconforter. La prendre dans mes bras pour lui assurer que tout irait bien. Que je m’occuperais d’elle… Mais au lieu de cela, mes mains serrèrent l’accoudoir. Il ne fallait pas que je m'accroche à un espoir mince qu'elle voudrait bien rester parmi nous. Elle l'avait dit elle même,"je n’en abuserai pas" en parlant de mon hospitalité.
Je suivis des yeux l’endroit où se portait son attention, et ne fut pas étonné de sa question… J’allais lui parler d’Edward à l’instant de toute manière.

"Vous, euh... Vous n'êtes pas... seul?"


Je souris. De nouveau, un sentiment de bien être m’envahit alors que j’avais de nouveau accès à ses prunelles. Au fond de moi je soupirais de mon attitude. On aurait dit un adolescent… Je mis quelques secondes à me reprendre et à répondre.

- En effet… Edward est parti chasser. Nous nous faisons passer pour deux frères.

Je me penchais vers elle avec un petit sourire. Il était étrange de lui faire découvrir mon monde. Un monde où le mensonge tenait pour une grande partie dans notre qualité de vie.

- Il est important que nous ayons une vie la plus normale possible… Même si à ma connaissance, nous sommes les seuls à faire cela. Je pense qu’il reviendra demain, il avait soif et ne voulait pas nous déranger…

Je ne pouvais plus m’arrêter de sourire. Plus que l’envie de la mettre à l’aise et de la rassurer, sa présence, m’illuminait. J’avais l’impression d’être un parfait idiot à sourire alors que je devrais être sérieux, mais je n’arrivais pas à m’arrêter.

- Pour ce qui est de tout vous expliquer… Je pense que le plus simple serait que vous me posiez des questions. Je ne sais pas par où commencer, et même si nous avons toute la nuit…
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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Lun 2 Nov - 17:39

- C’est tout à fait normal que vous soyez désorientée. Il faut vous habituer à toutes ces nouvelles sensations… Et connaissances.

Cette affirmation me fit un peu sourire. Un léger sourire en coin mais qui illumina brièvement mes pensées. S’il fallait en plus que je ne sois pas désorientée, où en viendrait le monde ? Je crois que j’en deviendrais folle. Ces nouvelles sensations, comme il disait… Je savais qu’il parlait de mes sens beaucoup plus fins. Mais quelque part, je ne pus m’empêcher de penser aux sensations et émotions contradictoires qui tourbillonnaient dans mon esprit et dans mon cœur. Cependant, il ne pouvait savoir ce que je pensais sans avoir de pouvoir particulier, ce qui m’étonnerait. Des vampires, d’accord. Mais des pouvoirs magiques, je n’en étais pas encore là… Au moins, j’étais encore lucide.

Mes yeux quittèrent les siens et refirent une ronde dans la pièce. Je n’osais pas le regarder trop longtemps, de peur de me perdre dans ses yeux. Mais mon regard revenait instinctivement vers lui. Je remarquai alors qu’il serrait les bras de son fauteuil, comme s’il se retenait de quelque chose. Je sentis ma gorge se serrer ; avais-je dis quelque chose qu’il ne fallait pas ? Ou peut être qu’il avait été insulté par mon sourire. Je ne voulais pas rire de lui, et je voulais le lui affirmer. Mais ma voix semblait prise dans ma gorge, alors que je descendais les yeux vivement pour regarder le parquet avant de remonter vers la lettre.

- En effet… Edward est parti chasser. Nous nous faisons passer pour deux frères.

Ahh.. Edward... C’était donc, probablement, un autre.. vampire. La question ne se posait pas vraiment. Sinon ils ne vivraient pas ensemble. J’imagine que même pour les vampires, ou disons bien mieux surtout pour les vampires, le temps devait être long. Chasser, donc ? C’était ainsi qu’ils appelaient cela… Et somme toutes, c’était bien logique. Après tout… Nous étions des prédateurs.. Il se pencha alors vers moi, et je remontais rapidement les yeux pour rencontrer les siens. Il souriait. Rien de malin, ou de mesquin. Un sourire qui m’enveloppa dans une douce chaleur. Son regard était brillant, pur. Je n’avais jamais posé les yeux sur plus beau…que lui. Et j’étais… sereine… Je me sentais bien, perdue au fond de son âme.

Un sourire voulait naître sur mes lèvres pour rejoindre le sien. Et pourtant, quelque chose en moi le retenait. Je ne pouvais pas me sentir aussi bien, c’était impossible. Je venais de perdre mon enfant… Et je venais de tenter de m’enlever la vie. Alors pourquoi est-ce c’était comme si rien de tout cela n’était arrivé lorsqu’il me souriant. Mon cœur se serra dans ma poitrine. Rien de tout cela n’était plausible. Et en y pensant, je sentais bien clairement cette pointe de douleur dans ma poitrine. Je ne voyais que trop vaguement ce que j’avais gagné en comparaison à ce que j’avais perdue. Je tentais de camoufler en vain cette douleur, toujours présente dans mes yeux.

- Il est important que nous ayons une vie la plus normale possible… Même si à ma connaissance, nous sommes les seuls à faire cela. Je pense qu’il reviendra demain, il avait soif et ne voulait pas nous déranger…

Nous déranger ? Mais nous déranger de quoi ? Je le regardais assez étonnée. Mais en y réfléchissant un peu, je ne crois pas que j’aurais paniqué encore plus à mon réveil si le Dr. Cullen n’était pas seul avec moi. Après tout, c’était quelqu’un que je connaissais. Un tant soit peu, mais bref. Et avec mes instincts en force, je me serais sentie d’autant plus menaçée s’ils avaient été deux. Et immédiatement, dans mon esprit, j’imaginais deux hommes blonds avec la veste blanche. Identiques. Mais l’un peut être un peu plus petit que l’autre.

"Et… il est docteur aussi, votre frère ?"

La question était un peu bête, et je baissai les yeux en y repensant. Elle était sortie seule de ma bouche. En relevant les yeux vers lui, il souriait encore et cette fois, je ne pus retenir un sourire de ma part également. Et puis, j'éclatais d'un petit rire. Je m’appuyai contre le dossier du canapé en croisant les jambes. Je riais sans doute plus pour la vision dans mon esprit que pour la question en tant que telle;

"Pardonnez-moi, c’était une question impertinante."

- Pour ce qui est de tout vous expliquer… Je pense que le plus simple serait que vous me posiez des questions. Je ne sais pas par où commencer, et même si nous avons toute la nuit…

Je repris mon calme en le regardant doucement et tenta de faire le mélange dans mes pensées et dans mes questions afin de trier celles que je pouvais et celle que je n’osais pas poser. Mon cœur s’emballa encore une fois à le regarder comme cela, avant de retourner les yeux vers mes mains.

"J’ai l’impression que mes questions paraîtront stupides.."

Vampire… Lorsque j’y pensais, je repensais au livre de Bram Stoker. Je l’avais lu en cachette lorsque j’étais plus jeune, mes parents refusant que je le lisent. La littérature n’était pas leur fort. C’était blasphématoire, selon eux. Et je dois dire que c’était la première fois que je lisais quelque chose d’aussi… particulier…

"Nous sommes donc comme… Dracula ?"

Je regrettai presque immédiatement d’avoir posé cette question. Encore une question idiote. Je me grattai le côté du nez pour camoufler mon malaise… Avais-je réussis ? Je ne sentais pas le rythme de mon cœur accélérer mais je le sentais paniquer. J’avais l’air d’une parfaite idiote devant cet homme… parfait. Et il souriant sans cesse. Riait-il de moi ? Je préférais me dire qu’il aimait ma compagnie... Oui, ça devait être ça… Oh mais quelle idiote ! Pose une autre question, peut être qu’il va ignorer l’autre !

Mais demander quoi ? Il n’y avait qu’une question qui me trottinait dans l’esprit, mais je ne pouvais me résoudre à lui demander. C’était trop… Personnel ? Non ! C’était tout simplement trop idiot… Je vis mes mains se mettre à trembler légerement, et je les posai sur mes cuisses pour les immobiliser. Pourquoi est-ce que je réagissais comme cela, je n’en savais rien. C’était une drôle de crainte. Une remontée de toutes les émotions qui s’étaient emparés de moi lorsque j’ai quitté la salle de bain. J’avais peur de me sentir… Rejettée… Une voix plus calme par-dessus les sentiments résonna dans mon esprit…Demande lui donc…

Mes yeux remontèrent timidement vers lui, mes mains serraient nerveusement le tissu de ma robe. Mon regard était brillant, envahissant. Je ne voulais pas qu’il se détourne. Je voulais avoir une réponse, et je souhaitais entendre celle que je voulais… Lentement, ma voix s’écoula de mes lèvres ;

"Je… Oui, euh… Vous avez… l’habitude de… transformer les gens… comme vous ? Euh, je veux dire, comme moi ?... Enfin, je veux dire… Des gens comme moi…comme vous… "

Je pris une grande inspiration en fermant les yeux. Je n’y arrivais pas. Mais il le fallait. En les rouvrant, ils se plongèrent dans les siens et la même voix calme qui résonna dans mon esprit quitta mes lèvres ;

"En fait… Pourquoi… Pourquoi moi ?"

Je le regardais, les yeux pleins d’espoir. L’espoir de quoi ? Je ne sais pas… Mais s’il avait une raison de me transformer, moi… Peut être aurais-je une raison de vivre…

†•´*¤*' •††•´*¤*' •†


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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Mar 3 Nov - 3:16

"Et… il est docteur aussi, votre frère ?"

Je souris. Ah. Non. En fait je souriais depuis dix minutes déjà, comme un enfant devant sa première amoureuse. Je n’arrivais pas à détacher mes yeux d’elle. S’en était maladif. Mais qu’est ce que j’avais bon sang ! Moi, toujours si maître de mes pensées, de mes réactions… Pourquoi mes yeux refusaient de se baisser ?
Son rire résonna dans la pièce. Mélodieux… Divin. Comme au ralenti, je vis son corps se détendre, se laisser aller dans le canapé et es jambes se croiser sous l’étoffe beige. Mes yeux remontèrent lentement vers son visage, alors que son rire devenait communicatif. Il était si cristallin que l’on était obligé d’y répondre. Dans mon esprit apparut l’image d’une éclaircie de soleil sous un ciel nuageux…
Un gloussement m’échappa, de ces rires enfantins et chantants que j’avais lorsque j’étais enfant…

- Non… Il étudie par correspondance. Mais il y pense. Quand il aura plus de maîtrise de lui-même… Cela ne fait que trois ans…

Le rire se calma doucement, persistant toutefois dans mes yeux, qui eux, restèrent brillants et allègres. J’avais consciemment ignoré sa remarque parce qu’étrangement, je voulais qu’elle sache tout de moi. Je n’avais jamais souhaité cela de toute ma vie… J’étais si discret d’habitude… Seul Edward me connaissait pleinement. Complétement. Même les Volturi chez qui j’avais passé un siècle n’avaient fait qu’effleurer ma personnalité – excepté Aro à cause de son don. Je ne comprenais pas.
Son souffle s’emballa, et je penchais la tête doucement sur le côté en fronçant les sourcils pour essayer de comprendre ce qui n’allait pas.

"J’ai l’impression que mes questions paraîtront stupides.."

Avec un sourire, je décidais de me lever pour cesser de la dévisager. La pièce était de plus en plus sombre à présent et même si nous voyions tout à fait parfaitement dans le noir, je ne voulais pas qu’elle ait de fausses idées de nous. Je ne me considérais pas comme une créature de la nuit, se complaisant dans l’obscurité.
Je m’affairais à rassembler du bois dans l’âtre tout en répondant.

- Il n’y a pas de questions stupides. Il n’y a que des réponses. Je vous écoute.
- "Nous sommes donc comme… Dracula ?"

Le feu s’éleva clair et fort à la première étincelle, prodiguant une douce chaleur sur nos corps éternellement gelés. En me retournant, je pus voir les reflets roux qui dansaient selon les flammes. Mon corps prit le contrôle et alors que je voulais rejoindre mon fauteuil près de la fenêtre, je vins m’installer dans celui qui était le plus proche d’elle. En tendant quelque peu le bras, je pouvais à présent toucher sa main gauche… Je sentais sa respiration sur moi… Et ses yeux… Si proche.
Je souris de nouveau, tendrement. Tant de préjugés et de rumeurs circulaient sur nous… Mais cela nous arrangeait bien.

- Je vois que vous êtes une amatrice de lecture. Bram Stoker n’a pas saisi complètement le sens de notre nature. Nous ne dormons pas dans des cercueils… Parce que en fait, nous ne dormons pas. Comme vous pouvez le voir, je vis dans une maison des plus banales et à part le fait que je me nourris du sang des animaux que je chasse, je m’applique à vivre le plus normalement possible.

Je remarquais que ses mains tremblaient. L’avais-je effrayé ? Non… Pas avec le regard qu’elle avait lorsque après quelques instants, elle leva les yeux vers moi, les doigts serrant sa jupe. De nouveau, je me perdis dans ses prunelles rouges, d’autant que je n’avais jamais été aussi près. Dieu, quel regard vivant…

"Je… Oui, euh… Vous avez… l’habitude de… transformer les gens… comme vous ? Euh, je veux dire, comme moi ?... Enfin, je veux dire… Des gens comme moi…comme vous… "

Elle semblait paniquer, hésiter pour une raison que je ne comprenais pas. N’avais-je pas répondu à toutes ses interrogations jusqu’alors ?
Alors qu’elle fermait les yeux en inspirant, ma main vint doucement se poser sur la sienne. Juste un frôlement… Un encouragement pour qu’elle continue. Je ne la quittais pas des yeux, même lorsque les siens vinrent plonger de nouveau dans mon âme

"En fait… Pourquoi… Pourquoi moi ?"

Je ne répondis tout d’abord pas. Pourquoi elle ?
Mon regard dut se teinter des couleurs du passé alors que je me souvenais de notre première rencontre. Pourquoi cette jeune adolescente m’avait tant troublé ?
Était-ce sa timidité telle qu’elle n’osait lever les yeux sur moi quand toutes me dévisageaient à outrance ?
Était-ce son courage, alors que sa jambe était fracturée et qu’elle devait souffrir le martyr ?
Était-ce ses yeux déjà si expressifs ?
Je ne saurais le dire.
Une chose était sûre, c’est que je m’étais souvent demandé comment elle allait, par la suite. Je n’avais pas pu faire grand-chose pour sa jambe à part l’immobiliser. Et je n’aimais pas, ne rien pouvoir pour mes patients.

Et quand j’avais revu ses yeux par cette nuit d’orage - Cela faisait à peine quatre jours.. Et j’avais l’impression que c’était une éternité déjà. - Quand j’avais revu ses yeux vide de cette lueur que je leur avais connue… Ce visage à la forme parfaite, devenu si pâle… Presque aussi froid que moi déjà... Je l’avais tout de suite reconnu et j’en avais souffert de la voir ainsi.
Non, elle ne pouvait pas mourir. Je ne connaissais pas la femme qu’elle était devenue, mais j’avais dans ma mémoire, le souvenir vivace de la jeune fille timide mais joyeuse. Elle aimait la vie à cette époque. Je ne pouvais croire qu’elle ait vraiment voulu se suicider.
Qu’est ce qui avait pu pousser une personne qui semblait si aimante à se détester au point de mettre fin à ses jours ?

Mes yeux refirent le point d’eux même sur ses lèvres qui frémissaient d’impatience. Il y avait un petit quelque chose d’indéfinissable qui brillait dans ses yeux. De l’attente ? De l’espoir ? Qu’attendait-elle de moi ?
Je soufflais :

- Esmée…

Ma main se resserra sur la sienne, dans un geste purement instinctif, mon esprit repartit une seconde dans les souvenirs de cette soirée où j’avais de nouveau crée ce que je m’étais pourtant juré de ne jamais engendrer.

- Je vous ai reconnu… Je me suis rappelé de la petite Mlle Platt, merveilleuse et rieuse… Je… Je suppose que j’ai voulu la revoir… Je vous prie de m’excuser si je n’aurais pas dû…


Je baissais les yeux, revenant tout à fait dans la réalité. Ma main resta sur la sienne, n’ayant tout simplement pas la force de la retirer tant j’aimais ce contact sans me l’avouer. Que ferais-je si elle me disait qu’elle ne voulait pas de cette vie ? Que j’aurais dû la laisser mourir. Il m’avait semblé avoir laissé ces interrogations dans la forêt quand elle m’avait dit : « vous m'avez sauvé la vie »
Apparemment non… Je murmurais, de manière presque inaudible.

- Il n’y a eu qu’Edward avant vous… Il mourrait, lui aussi…
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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Dim 8 Nov - 22:46

Sa réponse m'amusa encore un peu plus. Un vampire qui étudie par correspondance? Pourquoi pas! Mais dans mon esprit se dessinait un homme avec un longue cape penché sur des livres en train de mordiller une plume, des canines pointues et asserrées dépassant de ses lèvres. C'était ridicule. En attendant la réponse à me première question, je réalisai que je n'avais pas regardé si j'avais des crocs. Le plus discrètement possible, je glissai ma langue sur mes dents antérieures sans réellement voir de différence. Il avait bien raison. Et j'en étais bien heureuse. Dracula m'avait toujours fait flipper...

Il se leva pour aller faire un feu alors que je mijotais dans mes réflexions à savoir ce que je devrais lui demander ou non. J'avais peur de ses réponses. J'avais peur de savoir ce que j'étais devenue. Mais je n'avais pas peur de lui. Je savais que je pouvais lui faire confiance. Je ne le connaissais pas, et je ne savais pas ce qu'il avait comme idée derrière la tête. Parfois des histoires aussi simples que "Je souhaite vous aider" sont un peu trop belles pour être vraies. Mais en le regardant dans les yeux, je sentais que je pouvais lui faire confiance. Le crainte et la méfiance que j'avais ressenti dans les premiers instants s'était atténués jusqu'à devenu des échos dans le fond de mon esprit, cependant prêts à resurgir dès que nécessaire. Mes yeux posés sur les siens glissèrent vers son épaule... J'avais du lui faire drôlement mal en le mordant... Chose que je regrettais encore bien plus maintenant...

Lorsqu'il revint vers moi, je retins un mouvement de recul. Il était si près de moi. Je me forçais pour ne pas paraitre paniquée. Je ne voulais pas trop m'attacher à cet homme. Certes, c'était la seule personne qui avait réussit à faire battre mon coeur depuis ma si tendre adolescence. Mais mon esprit classait tous les hommes dans la même catégorie. Et mon coeur y obéissait avec une lueur d'espoir naïve. Mais après tout, pourquoi serait-il différent? Charles avait été charmant, tendre et doux. Probablement pour amadouer mes parents. Mais cela ne dura que jusqu'au marriage... Et maintenant, j'étais en situation de détresse. Il n'en aurait pas fallut beaucoup pour m'amadouer à mon tour si je n'avais pas ces souvenirs si cuisants dans ma mémoire... Et pourtant, j'espérais naïvement que le bonheur me sourirait... une fois morte. Et j'arrivai enfin à poser la question...

Lorsqu'il frôla ma main, je sentis un étrange frisson remonter du bas de mon dos jusqu'à ma nuque. Il était loin d'être désagréable, ce qui augmenta un peu le sentiment de panique et de crainte en moi. Mon corps se tendit un peu plus lorsqu'il prit complètement ma main dans la sienne pour la serrer. Mes yeux le fixaient, sans trop savoir si j'avais peur ou si j'étais excitée du contact et de la réponse qu'il pourrait me donner. Pauvre naïve... Et pourtant, le même frisson retraversa mon corps lorsqu'il dit mon nom. Mon prénom. Il résonna dans mon esprit comme une caresse de velour. Cette voix... Je l'avais si souvent entendue dans mes rêves, belle... douce... inhumaine. Et malgré la précision du souvenir de sa voix dans mon esprit, celle que j'entendais dans mes songes n'étaient qu'une version transformer... déformée même de celle que mon oreille avait la chance d'entendre.

- Je vous ai reconnu… Je me suis rappelé de la petite Mlle Platt, merveilleuse et rieuse… Je… Je suppose que j’ai voulu la revoir… Je vous prie de m’excuser si je n’aurais pas dû

Un petit soupir quitta mes lèvres, alors que j'arrivais pas à décoller mes yeux de lui. Je ne savais pas comment réagir. En quelque sorte, j'aurais aimé une autre réponse. Et pourtant celle là répondait à mes attentes... Et peut être même plus. Il voulait me revoir. Ce n'était pas parce qu'il se sentait mal de me voir mourir. Il voulait me revoir... Ma voix était plus faible lorsque je répondis;

"Vous m'avez sauvé, je ne démords pas de cette idée... Je me demandais parce que... vous devez rencontré pleins de gens qui meurent."

Un petit sourire étira mes lèvres avec un bref rire alors que je baissais les yeux pour regarder nos mains jointes, sans pouvoir prendre de reele décision à savoir si je voulais la lâcher ou non;

"Dans votre métier, je ne dois pas être la seule que vous trouvez ainsi. Ni votre frère... Qu'avait-il?"

Je retins de demander s'il avait sauté également d'une falaise. En y repensant, je me demandais dans quel état j'étais quand il m'avais trouvé. Je ne devais pas être des plus jolies à voir. Je devais avoir tous les os explosés, tous les organes éclatés, des plaies hémorragiques abondantes... Du sang... Du sang? Je me souvenais que trop bien du coeur qui avait résonné dans mon être entier. Et de l'odeur métallique qui emplissait mes narines, faisant chavirer mes sens. Et lui, il travaillait avec des humains. Et non seulement travaillait-il avec eux, il devait voir énormément de sang...

"Comment faites-vous pour être médecin?... Avec le sang humain?.. Et il vous suffit de... mordre?... pour devenir comme nous?"

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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Lun 9 Nov - 5:24

Intérieurement, un poids s’enleva de ma poitrine. Ainsi, elle ne m’en voulait pas… Merci mon Dieu. Je ne sais pas comment j’aurais réagi….
Mais elle était si tendue que je desserrais aussitôt mon étreinte sur sa main. Je ne voulais pas qu’elle se sente pris au piège. Je ne voulais pas lui imposer ma main si elle ne la voulait pas. Je voyais des sentiments contradictoires dans ses yeux, et je ne savais pas comment y répondre. Comment la rassurer… Sûrement, en lui en laissant le temps.
Elle eut un petit rire que je considérais comme nerveux alors j'intimais un mouvement pour retirer complètement ma main en souriant sans la quitter des yeux.
Elle continua d’une voix fluette… Hésitante. Je crus l’avoir offensé d’avoir été trop honnête.

"Dans votre métier, je ne dois pas être la seule que vous trouvez ainsi. Ni votre frère... Qu'avait-il?"

- La grippe espagnole qui a frappé il y a trois ans, ne l’a pas épargné. Sa mère m’a supplié de le sauver… Je lui ai promis sur son lit de mort… Je n’ai trouvé que ce moyen.

Je ne l’avais jamais regretté. Je m’étais souvent dit que j’avais été égoïste de l’amener dans cet enfer. La promesse faite à sa mère n’était qu’un moyen de ne pas me sentir trop honteux… Mais aujourd’hui, je crois qu’il appréciait un peu la vie que nous avions. Je l’espérais en tout cas. Et la venue d’Esmée, si elle souhaitait rester, apporterait une présence féminine… Maternelle… Qui nous ferait du bien.

"Comment faites-vous pour être médecin?... Avec le sang humain?.. Et il vous suffit de... mordre?... pour devenir comme nous?"


Je ne pris même pas le temps de réfléchir, préférant répondre au tac au tac, pour lui montrer que je voulais être honnête avec elle avant tout. Il fallait qu’elle comprenne qu’elle pouvait me faire confiance et surtout me poser toutes les questions dont elle aurait besoin.

- J’’ai plusieurs siècles d’expérience. Le sang ne me fait quasiment plus rien… Je ne dis pas que c’est facile tous les jours, mais je peux sauver des vies et c’est le plus important.

Je souris doucement. Mon métier m’apportait une stabilité que je n’aurais jamais atteinte autrement. Je ne me voyais plus comme un monstre depuis que je sauvais des vies grâce à ma nature. J’étais plus ouvert aux autres, moins dépressif. Au début, je m’obligeais à sourire pour les gens. Pour les rassurer. Et puis au fur et à mesure, c’était devenu une seconde nature et je souriais par plaisir.
Et quelle joie sans cesse renouvelé quand je sauvais la vie d’un cas que tous pronostiquaient comme incurable. Quand je mettais un enfant au monde… La joie de donner la vie…

De nouveau je levais les yeux vers elle. La joie transparaissait dans mes yeux. Et ce n’étais pas seulement la joie au souvenir de ce que m’apportait mon métier… Mais bien celle de l’avoir ici… De parler…
Je voyais bien qu’il y avait des questions qu’elle n’osait pas poser. Mais je pris la décision de la laisser venir. Pour ce qui était de la morsure, je n’avais pas encore bien compris comment cela fonctionnait. Apparemment, quelque chose dans la morsure faisait muter les êtres humains. La salive ? Aurions nous quelques chose comme du venin ? Il faudrait vraiment que je fasse quelques tests un jour…

- En effet, il suffit de mordre… Le plus dur ensuite est de s’arrêter. Quand nous mordons, une sorte de frénésie s’empare de nous… C’est difficile de reprendre ses esprits à temps…

Il me revint en mémoire les raisons qui m’avaient poussé à la lâcher. Ce qui m’avait évité de la vider de ce sang au goût si parfait. Je m’étais souvenu de son rire…. Et j’avais pensé si fort que je voulais le réentendre…
Je voulais la revoir sourire…
Je baissais les yeux… En repensant à la fillette pleine de joie, venait de me revenir la question qui m’était venu à l’esprit quand je l’avais mordu. Comment en était-elle arrivée là ? Devais-je la poser ? Devais-je attendre ? Ah… Si elle ne voulait pas répondre….

- Je… Vous n’êtes pas obligé de répondre si ma question vous offense… Mais… Qu’est ce qui vous a poussé à… Cette extrémité ?


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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Ven 13 Nov - 15:51

Mes yeux étaient toujours sur nos mains jointes. J'avais conscience que mon corps était tendue, alors que mon esprit se débattait entre crainte et rassurance. La première chose que je remarquai était sa main qui se desserra de la mienne. Une fraction de seconde, je sentis une panique plus grande activer mon cerveau, stimuler le moindre nerf de mon corps entier. Allait-il lâcher ma main? Non, il ne le fallait pas. La décision était prise. Le risque de la perdre me l'avait fait réaliser. Je voulais de sa main dans la mienne. Je n'aurais jamais le courage de la reprendre et Dieu seul sait à quel point j'avais envie de se contact... Non, j'en avais besoin... Ma détresse était double. Je n'aimais pas les hommes. Mais lui, je l'aimais. En fermant les yeux, j'inspirai lentement mais profondément et pris un grande dose de courage. Légèrement, je refermai mes doigt autour de sa main pour compenser du relâchement de ses doigts à lui.

Immédiatement après, j'ouvrai les yeux pour le regarder. Voir sa réaction, mais aussi écouter sa réponse. Je le savais présent. Je tenais sa main. Mais j'avais quand même l'impression qu'il était irréel. Et il était si beau. Impossiblement beau. Et, un éclair traversa mon esprit. Je m'étais vu dans la glace plus tôt. J'étais belle maintenant. Étrangement belle. Impossiblement belle... C'était donc à cause de notre nature que nous avions cet air aussi... divin? Au moins, maintenant, je pouvais espérer lui arriver à la cheville. Je n'aurais pas l'air trop déplacée près de lui. Je clignais des yeux rapidement en détournant les yeux une seconde avant de revenir vers lui. Dieu que j'étais idiote! Pourquoi est-ce que je resterai près de lui. Pourquoi voudrait-il de moi près de lui... Il voulait revoir la gamine d'y a plusieurs années, peut être pas la femme que j'étais devenue. Surtout aussi... compliquée et contradictoire.

- J’’ai plusieurs siècles d’expérience. Le sang ne me fait quasiment plus rien… Je ne dis pas que c’est facile tous les jours, mais je peux sauver des vies et c’est le plus important.

Mes yeux s'écartillèrent. Je me redressai vivement dans le canapé en me penchant un peu vers l'homme, complètement hallucinée. Je ne contrôlais pas les mots qui quittèrent ma bouche en même temps qu'ils me venaient à l'esprit, sur un ton de surprise évidente;

"Plusieurs siècles!?"

Je continuai de le regarder ainsi quelques secondes avant de faire un signe de tête et de redemander, un peu plus calmement mais à peine;

"Des siècles? Comme dans "100 ans"?"

Sans attendre la réponse, parce que instinctivement, je le croyais, je me réappuyai le dos contre le dossier du canapé, observant le feu de bois encore sous le choc. Wow... Il avait plus de 100 ans... Non, il avait plus de 200 ans. Au moins. Car "plusieurs" restait pluriel... Au moins 200 ans... Il avait peut être même 10 fois mon âge... Mes yeux revinrent vers lui, et se plissèrent légerement en l'observant, intriguée. J'écoutai la fin de son explication sur la transformation avec attention avant de demander;

"Quel âge avez-vous réellement?"

Je fixais ses yeux dorés. Puis, me souvenant de la personne qui me fixait dans la glace, me demanda pourquoi les miens avaient changé de couleur alors que les siens étaient sans doute resté les mêmes. Mais je ne pus que formuler l'interrogation dans mon esprit. Il me prit totalement au dépourvu en me posant une question. Non, pas seulement une question. La question. Il détourna le regard, semblant mal à l'aise de poser une question, ma foi... normale à poser... Contrairement à ce que je pu penser, je restai calme, réfléchissant à la réponse que je pouvais faire.

Je ne sais pas combien de temps je prie pour réfléchir. Mais je sais que ma voix quitta seule mes lèvres, douce et légère;

"Je ne crois pas qu'il y ait d'excuses valables pour un tel geste."

Je ris un petit peu, sans plaisir, en baissant mes yeux vers nos mains;

"Je ne m'aurais jamais cru capable d'une telle chose, à vrai dire."

Un autre silence s'installa. Que pouvais-je lui dire? Tout, je pouvais lui dire tout. Je lui faisais confiance. Mais qu'est-ce que je comptais lui dire, je n'en étais pas certaine. Je préférais y aller plus subtilement pour commencer. Mon pouce gauche alla instinctivement caresser mon annulaire; rassurée, je remarquai que l'alliance ne s'y trouvait plus. Je savais l'avoir revendu pour quelques pièces, mais je sentais parfois son fantôme me rappeler de mauvais souvenirs.

"Je... Je n'ai pas eu une vie très rose depuis notre dernière rencontre. Aujourd'hui, je me considères comme Platt, mais j'ai déjà été Evenson."

Je levai ma main libre pour en appuyer le poing contre mes lèvres, appuyant mes phalanges sous mon nez. Mon regard retrouva le vide devant moi, le voile de tristesse plus présent que jamais dans mes yeux. Mais je gardais cependant contrôle des autres réactions que mon corps aurait pu avoir. Puis, après quelques secondes, je baissai la main sous mon menton pour poursuivre;

"Mes parents ont choisis; ce n'est pas très étonnant... Bonne famille, bonne éducation.. Charmant..."

J'étais perdue dans mes souvenirs... Pour avoir du charisme, il en avait...

"Mais il n'était pas très tendre." Je fronçai les sourcils; "Très impulsif, très colérique." Je murmurai tout juste, maintenant, complétant ma pensée; "Je crois même que c'est l'homme le plus violent que j'ai rencontré dans ma vie. Encore plus lorsqu'il buvait. Comme si ça le rendait fou."

Je redressai la tête, voulant faire face une fois pour toute à ces cauchemars;

"J'étais son jouet. Il prenait un malin plaisir à..."

J'arrêtai quelques secondes. Je ne voyais pas pourquoi j'hésitais à dire qui était réellement cet homme horrible, mais je ne voulais pas de la pitié du docteur. Il était assez intelligent pour comprendre tout ce que la pause insinuait... Abus de toutes formes. Physiques, psychologiques, sexuels. J'haussai les épaules.

"Je ne pouvais pas partir. Mes parents me le refusaient formellement. Mais je l'ai quand même fait."

J'aurais préféré arrêter l'histoire là. Mais je lui devais bien des explications. Il m'avait sauvé la vie. Et même si les souvenirs étaient cuisants, je les murmurai;

"Et j'ai réalisé ensuite que j'étais enceinte..."

Un petit sourire étira mes lèvres alors que je me souvenais de la réaction que j'avais eu en le découvrant. Mais mon sourire s'effaca aussitôt;

"Je voyais enfin un dénouement heureux à mon histoire. Je me trompais... Il est mort d'une infection avant même d'ouvrir les yeux."

Pour la première fois depuis le début de l'histoire, je remontai les yeux vers lui. Me plongeant dans la chaleur réconfortante de son regard, tentant de faire chasser la boule qui se coinçait dans ma gorge. Je l'observai pendant plusieurs secondes, mon regard passa d'un oeil à l'autre. Sa main semblait si chaude dans la mienne, source d'un confort si rare...

"Cela n'excuse pas mon choix. Je n'ai plus la même confiance en le monde depuis mes 16 ans. J'ai plongé d'un enfer à l'autre. Et malgré la reconnaissance que j'éprouve pour votre geste... Je ne peux effacer toutes les craintes que j'éprouve envers la vie."

Et mes sentiments...

†•´*¤*' •††•´*¤*' •†


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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Sam 14 Nov - 4:01

Je plongeais mon regard dans le sien, ayant conscience que ma question était à double tranchant. Soit je l’offensais et elle se renfermerait, soit, elle décidait de se confier à moi et cela nous permettrait de nous rapprocher et de plus nous connaître.
Mon ventre se calmait à peine du bond qu’il avait fait quand elle avait retenu ma main. Je pensais la déranger avec ce contact qu’elle n’avait pas demandé, mais non, ses doigts étaient à présent fermement refermés sur les miens, diffusant une douce chaleur dans ma paume. Et j’adorais ça.
Je vis avec amusement ses yeux s’agrandir et elle se pencha vers moi avec une expression plus que surprise. Quoi ? Qu’avais-je dis ? C’était le fait qu’il suffise de mordre pour transformer un humain qui l’étonnait à ce point ?
Je n’eus pas bien longtemps à attendre pour connaître la raison de sa stupéfaction…

"Plusieurs siècles!?"

Un sourire naquit doucement sur mon visage, mes yeux se plissant sous l’énorme éclat de rire qui montait en moi. Je ne me moquais pas d’elle, oh non… J’étais attendri par cette expression adorable alors qu’elle essayait de cacher son trouble.

"Des siècles? Comme dans "100 ans"?"


Je la laissais reprendre ses esprits, me mordant l’intérieur de la joue pour ne pas rire. Il était vrai qu’il n’était pas simple s’imaginer qu’on rencontrerait un jour une créature de plus de deux cent ans. Je me penchais vers elle quand elle se renfonça dans le canapé alors qu’elle posait la question à laquelle j’allais répondre de moi même.

"Quel âge avez-vous réellement?"

Nos regards se rencontrèrent de nouveau et je pus y voir toute la curiosité qui en émanait. Mon sourire s’élargit et je murmurais, sans ciller :

- Je viens de fêter mes 281 ans, Esmée…


Et puis, je vis son regard se voiler alors qu’elle réfléchissait à ma question. Je m’en voulais déjà de l’avoir laissé sortir d’entre mes lèvres. J’étais un idiot qui lui remuait le couteau dans la plaie. Je l’écoutais en silence me raconter son histoire. Comment ses parents l’avaient forcé à se marier, ce qui n’était pas rare de nos jours. Comment l’homme, galant et droit devant eux, s’était révélé être violent.
Je dus retenir un grognement lorsqu’elle parla de jouet. Seigneur, j’imaginais à peine ce qu’elle avait vécu. Cela m’aurait déjà révolté si ça avait été une de mes patientes, mais c’était encore pire avec Esmée. Dans le fin fond de mon esprit, je souhaitais fermement ne jamais rencontrer cet homme… Parce que cela risquait de ne pas bien se terminer pour lui.

Elle parlait avec une telle tristesse que je devais lutter de tout mon être pour ne pas la prendre dans mes bras. Pour ne pas lui chuchoter que c’était terminé. Que j’étais là à présent et que je prendrais soin d’elle. Bon dieu, comment pourrais-je prendre soin d’elle ? Je la connaissais à peine… C’était une nouvelle née qui devait avoir des tas d’autres envies que celles de siroter un cerf avec moi.
Je l’écoutais toujours avec la même attention respectueuse, me retenant de commenter ce qu’elle disait. Je voulais lui dire qu’elle avait bien fait de partir… Que se sauver était le mieux qu’elle puisse faire.
Mes yeux s’écarquillèrent légèrement cependant quand elle m’apprit qu’elle avait été enceinte. Elle avait porté l’enfant de cet homme… Et mieux, elle l’avait aimé. Voilà qui m’apprenait une information importante sur elle. Elle était pleine d’amour. Peut être était-ce tout simplement l’instinct maternel qui avait parlé, mais je ne le saurais dire, n’ayant pas eu de mère moi-même. Elle l’avait aimé et Dieu le lui avait repris… Parfois, je me demandais bien quels étaient ses desseins…

Ayant conté l’histoire en regardant le feu, ses yeux remontèrent sur moi à ce moment là, et je n’eus pas le temps de cacher toute la tristesse que je ressentais pour elle. Je comprenais maintenant la raison de son geste, et je n’aurais pu l’en blâmer. Il m’avait fallu tellement moins pour avoir la même idée qu’elle.

"Cela n'excuse pas mon choix. Je n'ai plus la même confiance en le monde depuis mes 16 ans. J'ai plongé d'un enfer à l'autre. Et malgré la reconnaissance que j'éprouve pour votre geste... Je ne peux effacer toutes les craintes que j'éprouve envers la vie."

Elle parlait d’enfer. Je n’étais pas surpris de l’utilisation de ce mot, l’ayant moi-même pensé pendant des mois. Le silence s’installa entre nous alors que nous nous dévisagions. Je ne savais pas quoi dire, et je sentis au bout de plusieurs minutes que ma main serrait la sienne bien plus fort que précédemment. Je ne savais pas depuis combien de temps je la tenais si fort. Peut être avais-je voulu lui donner du courage pour qu’elle aille jusqu’au bout.. Peut être avais-je voulu lui montrer mon soutien… Je ne savais pas. Quoiqu’il en soit, je la desserrais doucement, en me redressant. Si j’avais pu, j’aurais rougi… Je baissais les yeux.

- Nous avons plus de choses en commun que vous l’imaginez. Je comprends… Je…


Mon regard se leva de nouveau pour s’arrêter sur ses lèvres et en admirer chaques contours. Lentement, je remontais vers ses yeux, d’un rouge sang intense… Bientôt si elle le voulait, ils seraient du même doré que les miens… Mais le voudrait-elle ? J’essayais de l’imaginer avec des iris de cette couleur, et ne pus que m’enchanter devant la certitude que cela ne rendrait son visage que plus angélique.

- Je tâcherais de prendre soin de vous, tant que vous resterez auprès de nous Esmée. La vie n’est pas censée être si cruelle, vous savez, et j’espère que vous me laisserez vous le prouver.

Mais qu’est ce que j’étais en train de faire ? Moi qui avais tant souffert durant mes premières années de vampires, je lui promettais qu’elle aurait la vie belle ? Mais que me prenait-il ? Edward rentrerait qu’il me croirait certainement bon pour l’asile. Mais je voulais tant revoir ce sourire… Son sourire. J’étais près à tout pour cela.
Il me vint soudain une idée. Il fallait partir. Oh, j’avais imaginé déménager plus ou moins rapidement. Esmée était considérée comme morte dans cette ville, alors nous l’aurions quitté quand elle aurait commencé à avoir un peu de contrôle et à sortir. Mais non. Il ne fallait pas attendre. Cette ville était mauvaise pour elle, et si je voulais qu’elle retrouve la joie de vivre – car je m’en faisais une mission personnelle, rien que ça – il fallait partir d’ici et rapidement.
Lâchant sa main avec regret, je me levais pour aller me planter devant ma bibliothèque. Une seconde plus tard, je revenais vers elle, installant mon fauteuil en parallèle du sien pour que nous puissions lire à deux.

- Nous devons déménager. Je sais que ça peut vous sembler précipité, mais nous avons tous besoin de changer d’air. J’ouvris l’atlas des Etats Unis et laissais mes yeux se promener sur le haut de la carte quelques instants. Que diriez-vous de l’Alaska, près de Medfra il y a réserve naturelle de Dénali qui est immense.
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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Ven 27 Nov - 1:01

La main sous mon menton, je ne bougeai pas. Je le regardais. J'observais les flammes dessiner des ombrages sur sa peau pâle, rendant des mèches de ses cheveux plus orangés. J'écoutais doucement l'air entrer dans ses poumons et en ressortir dans un petit râle régulier qui couvrait le bruit de l'aiguille sur le disque qui tournait inutilement. Sa poitrine se soulevait légèrement, mais je le voyais distinctement. J'admirais son visage sans âge.

281 ans... Il avait plus que 10 fois mon âge. Un étrange pincement serra mon coeur. Du moins, encore un peu plus qu'il ne l'était déjà. Et pourtant, il avait l'air d'avoir... mon âge. Je n'avais jamais vraiment fait attention la première fois que je l'avais vu... Dans mes souvenirs, il avait l'air aussi jeune, certes. Mais je ne m'étais jamais attardé sur son âge. Et puis, en revoyant son visage, je me disais que ce n'était que la vision d'une adolescente qui le rendait plus jeune. Visiblement, je me trompais. Et de très loin. Mais surtout, ce n'était pas cet erreur de jugement qui me serrait la poitrine. Je n'étais qu'un enfant à côté de lui. Il avait du voir beaucoup de gens passer. Pourquoi s'intéresserait-il a moi? Plus que jamais, je me traitais d'idiote d'être tombée amoureuse de cet homme. Amoureuse tout court, après tout. J'avais décidément tout un karma... 281 ans...

Me tirant de mes pensées, mes yeux glissèrent le long de l'arrête de son nez pour détailler ses lèvres. Je pouvais maintenant tout remarquer. Le tic-tac de l'horloge, le vent qui venait caresser les fenêtres. Mais en ce moment, je ne m'en émerveillais plus. Je ne sentais que sa main si fort autour de la mienne, la douce chaleur du contact se diffuser dans mon bras. Je ne voyais que son regard. J'y avais vu bien plus que de l'empathie, bien plus que la pitié que je pensais y retrouver. C'était de la tristesse. Ma tristesse. Et alors que je le remarquais, il semblait gêné.

- Nous avons plus de choses en commun que vous l’imaginez. Je comprends… Je…

Il comprenait? Avait-il vécu la même chose? Mon regard se teinta d'une pointe de curiosité. Mais ma langue ne semblait pas vouloir se dénouer pour poser la question. Cependant, la question quitta mon esprit aussi rapidement qu'elle était venu en entendant ses paroles;

- Je tâcherais de prendre soin de vous, tant que vous resterez auprès de nous Esmée. La vie n’est pas censée être si cruelle, vous savez, et j’espère que vous me laisserez vous le prouver.

Un frisson secoua mon corps, remontant de la base de mon dos jusqu'à ma nuque. Je sentais encore la chair de poule qui s'étendait sur ma peau. Ce fut à mon tour de détourner le regard timidement. Prendre soin de moi?... Je ne savais pas quoi penser. Une partie de moi, l'amoureuse, aurait pu jurer compter un battement dans ma poitrine. Alors que l'autre, la blessée, lui hurlait qu'elle était trop naïve et idiote. En étais-je heureuse, ou terrifiée? Comment dire...

Comment pouvait-il me prouver que la vie n'était pas cruelle. J'étais morte. Et j'avais tout perdu. Qu'avais-je réellement? Des sens surhumains. Un monstre a l'intérieur de moi... Mais je ne pouvais avoir ce que j'avais toujours connu dans ma vie. Quoique... ce n'était pas une grande perte. Mes parents... Je crois que c'était essentiellement mes élèves qui me manqueraient, comme ils me manquent depuis que ma grossesse m'empêchait d'enseigner.

Je dus murmurer, car j'entendis ma voix résonner dans la pièce;

"J'aimerais tant vous croire..."

Ma voix baissa encore un peu plus; impossible de dire s'il avait entendu;

"Si vous saviez comme j'aimerais vous croire..."

Fixant mes chaussures, je ne le vis pas revenir vers moi. Avec un petit sursaut, je me redressai pour regarder l'atlas qu'il plaça entre nous. Je fixais l'endroit qu'il pointait. L'Alaska. Il faisait froid là-haut... Un peu gêné, je lève les yeux vers lui;

"Je crois que ce n'est pas à moi que vous devriez demander en premier... Votre frère devrait avoir un mot à dire avant... Non?"

Mais je devinai que ce n'était pas nécessairement la réponse qu'il voulait. Aussi, je tentai de sourire légèrement, le coeur encore lourd dans ma poitrine.

"Tant qu'à moi, je crois que... Cela pourrait être intéressant comme endroit... Mais.. Euh, je suis facilement malade quand il fait froid..."

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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Lun 30 Nov - 4:34

J’avais consciemment ignoré sa réponse à ma promesse. Il était normal qu’elle reste dubitative à ma « déclaration » après ce qu’elle avait vécu. Et si je ne savais bien évidemment pas ce qui allait se passer, je me jurais intérieurement que je m’occuperais d’elle comme si elle était ma sœur…Ou ma f…
Non… Je ne devais pas penser à elle de cette manière. Pas après ce qu’elle venait de dire. Elle ne voudrait probablement plus d’un homme avant bien longtemps. Et même alors, qu’est ce qui la ferait me choisir ? Moi qui l’avait amené dans ces tourments… Qui l’avait empêché de trouver le repos et de retrouver son enfant…
Son sursaut me fit reprendre mes esprits et j’écoutais avec un petit sourire ses paroles.

"Je crois que ce n'est pas à moi que vous devriez demander en premier... Votre frère devrait avoir un mot à dire avant... Non?"

Mon regard se tourna vers le sien. J’étais penché vers elle, et avais l’atlas posé sur les genoux. Lors de sa transformation, lors de ces trois jours de souffrances, j’avais vu avec Edward notre prochaine destination. Peu lui importait où nous allions. Son seul souhait était un endroit un peu plus reculé que celui-ci, car il voulait pouvoir sortir. Avec Esmée, cela devenait plus qu’une bonne idée. Elle pourrait, elle aussi se détendre un peu si nous avions de l’espace pour évoluer. Je voulais que nous soyons le plus loin possible des humains. Plus encore maintenant… Je savais qu’il y avait peu de chance qu’elle n’en tue aucun… Mais je ferais tout pour l’éviter… Tout pour la protéger.
J’ouvrais la bouche quand elle reprit la parole.

"Tant qu'à moi, je crois que... Cela pourrait être intéressant comme endroit... Mais.. Euh, je suis facilement malade quand il fait froid..."

Je résistais à l’envie de rire, ne laissant qu’un sourire apparaître sur mon visage. Je me mordis doucement la lèvre en laissant mon regard s’attendrir une seconde. Ses yeux étaient redevenus curieux, mais il restait un voile de la profonde tristesse que j’avais perçue auparavant. Je cachais ma main sous le livre pour m’empêcher d’aller toucher son visage. Je voulais tellement guérir son cœur. J’étais médecin depuis près de 100 ans maintenant, et jamais je n’avais voulu guérir un cœur de cette manière…Et à ce point.

- Edward a déjà donné son accord pour partir, peu importe le lieu. Quant à vous… Je ne….Enfin, vous ne pourrez tomber malade… Ni même avoir froid. Votre température corporelle a baissé de plusieurs degrés. Le vent, même le plus froid, vous paraîtra aussi doux qu’une brise d’été…


Je répondis à son faible sourire en augmentant le mien avant que mon regard ne retombe sur la carte pour ne pas paraître impoli. Je cherchais vaguement une autre destination et mon regard descendit dans le sud des USA. Je pris le devant sur une éventuelle question… Il y avait quelque chose que je ne lui avais pas encore dit à propos de nous.

- Nous préférons les régions froides où il y a peu de soleil, car notre peau réagit étrangement à celui-ci. Nous brillons. Un peu comme un diamant. Vous conviendrez qu’il y a plus discret…. Alors, comme Edward et moi, préférons vivre le plus normalement possible, nous sommes obligé de nous éloigner du soleil.


Je me mis à la regarder de nouveau pour voir sa réaction.
Je me souvenais de la mienne, la première fois que j’avais été au soleil.
J’étais revenu de l’étonnement de ne pas partir en fumée en plein jour. Mais je m’étais demandé si la couverture nuageuse de Londres n’y contribuait pas. Je m’étais interrogé sur ce que ferait un véritable rayon de soleil. Cela avait été ma première tentative de suicide.
Je me souviendrais toujours de la colline aux herbes hautes, parsemée de fleurs des champs. Des chants des oiseaux qui accueillaient le début du printemps. Je me souvenais que je m’étais allongé plusieurs heures en attendant le rayon qui, je le pensais, me libérerait de l’enfer, comme si Dieu lui-même me touchait de Sa lumière. Et quand enfin, j’avais vu les nuages s’écarter, quand j’avais vu le rayon descendre sur moi, j’avais simplement fermé les yeux en souriant… Sauf que je n’avais ressenti qu’une douce chaleur sur ma peau et une vive lumière à travers mes paupières. Je brillais ! J’étais resté plusieurs minutes ébahi en regardant mes mains illuminées de milles couleurs. Je n’en revenais pas.
Et au fond de moi, je me rendis compte que je savais que ce ne serait pas aussi facile. Et j’avais continué ma longue quête pour trouver le repos… Que je n’avais toujours pas trouvé. Heureusement ?

- Alors… Vous avez d’autres questions avant que je n’entame les formalités administratives ?
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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Sam 5 Déc - 5:19

Du coin de l'oeil, je remarquai qu'il se mordait la lèvre. Avais-je dit quelque chose de drôle? Un peu embarassée, je détournai le regard comme une adolescente timide, surprise le visage empourpré. J'étais complètement perdue. Comment distinguer les deux extrêmes qui se pointaient dans mon esprit. Je ne devrais pas être aussi calme, aussi posée, aussi timide... J'étais morte. Et j'avais toutes les raisons du monde d'être fâchée... Et pourtant... Je n'en trouvais pas la force. Je n'arrivais pas à bien cerner la frontière entre la partie qui ne désirait plus aimer et celle qui l'avait toujours. Et dire que j'avais parfois l'impression que je n'étais pas la seule a ressentir des choses. J'étais surement trop désespérée pour aller jusqu'à m'imaginer des choses de sa part...

- Edward a déjà donné son accord pour partir, peu importe le lieu. Quant à vous… Je ne….Enfin, vous ne pourrez tomber malade… Ni même avoir froid. Votre température corporelle a baissé de plusieurs degrés. Le vent, même le plus froid, vous paraîtra aussi doux qu’une brise d’été…

Ahh.. C'était donc cela qui était amusant. J'étais morte après tout, comment aurais-je tomber malade. Je me souvenais vaguement que je n'avais jamais eu une santé très forte. Dès que quelqu'un devenait malade dans le quartier, j'étais bien certaine de l'attrapper. C'était sans doute devenir une pensée si commune pour moi qu'elle m'était venue aussi facilement en tête. Je relevai les yeux vers lui à sa dernière phrase. J'étais devenue plus froide? Mes mains montèrent jusqu'à mes joues. C'était pour cela que j'étais aussi blanche? Je ne sentais pas la différence.. jusqu'à réaliser que mes mains aussi devaient être froides... Je reposai mes mains sur mes genous, observant la carte.

- Nous préférons les régions froides où il y a peu de soleil, car notre peau réagit étrangement à celui-ci. Nous brillons. Un peu comme un diamant. Vous conviendrez qu’il y a plus discret…. Alors, comme Edward et moi, préférons vivre le plus normalement possible, nous sommes obligé de nous éloigner du soleil.

Abasourdie, j'écartai les yeux en le regardant, retenant du même coup mon souffle. Briller au soleil? Comme un diamant? Et puis quoi encore? Où étaient passé les histoires de monstres de la nuit? De rayons du soleil qui les envoyaient en cendres? Je me pris la tête entre les mains quelques secondes, tentant de vraiment tout assimiler ce qui venait de se passer dans la dernière heure. J'allais sans doute me réveiller... Et pourtant, je savais que ce n'était pas le cas. Lentement, je relevai les yeux, et timidement, je lui demandai;

"Pardonnez la question bête mais... Si le soleil ne nous tue pas, jJ'imagine que l'eau bénite, les pieux, les croix et l'ail ne marchent pas non plus alors..."


Je me levai alors lentement pour marcher un peu dans la pièce. Je me concentrais sur le bruit constant de mes chaussures sur le plancher pour ne pas me pincer pour essayer de me réveiller. Comment est-ce que je pouvais en être arrivé là? Je semblais avoir un intéret pour les moyens de m'enlever la mort... Certes, je n'étais pas assez idiote pour tenter de me suicider deux fois dans la même semaine, surtout que la première fois avait sans doute été une grossière erreur. Mais, en même temps... Je ne voyais plus ma vie d'aucune manière. Il y avait un immense trou où mon avenir était supposé être. Qui avait-il pour moi maintenant, dans une vie sans...vie...

- Alors… Vous avez d’autres questions avant que je n’entame les formalités administratives ?

Je m'immobilisai pour me tourner ensuite vers lui lentement. Sa douce voix me tira de mes pensées, enveloppant mon être entier dans une cape de velour. Mon regard perçant se posa dans le sien. Il glissa sur son visage parfait, si séduisant... Et je me rappelai le mien plus tôt, dans le miroir. C'était bel et bien moi, mais dans une version si parfaite que cela en était presque difficile à croire que c'était la même personne.

"Pourquoi suis-je aussi séduisante maintenant... Enfin, j'en ai l'impression... C'est un autre effet de la... transformation?"

Il y avait aussi ses yeux si profonds, si doux... Une rivière dorée qui semblaient traverser son âme entière. Comment se faisait-il que les miens étaient aussi sauvages, aussi rouges... Lui semblait avoir garder sa couleur naturelle, alors que je n'avais vu aucune trace de vert dans les miens. Je me raclai la gorge légerement avant de détourner le regard timidement;

"Sinon... De quelles formalités administratives parlez-vous? Puis-je me rendre utile?"

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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Sam 5 Déc - 19:29

Je la vis encaisser mes révélations comme elle le pouvait. Elle était si courageuse.
Je me souvenais de vampires, chez les Volturis qui étaient devenus fous ou qui n’avaient pas voulu croire la vérité à l’annonce du mot vampire… En général, c’était leurs derniers mots. Aro ne supportait pas les faibles.
Lorsque je lui avais annoncé, même Edward était resté plusieurs heures dans un silence mortel avant de vouloir m’adresser la parole à nouveau. C’était si difficile d’intégrer une nouvelle vie, des nouvelles perceptions d’un coup alors que j’avais moi-même mis plusieurs mois à les accepter.
Esmée, elle, semblait vraiment bien l’accepter jusqu’ici. Mais là, une faille apparaissait-elle dans la digue ?

"Pardonnez la question bête mais... Si le soleil ne nous tue pas, j'imagine que l'eau bénite, les pieux, les croix et l'ail ne marchent pas non plus alors..."

Je l’observais se lever et faire les cents pas en silence. Je retins de nouveau un sourire, mais bien plus facilement cette fois. Le sujet était plus que sérieux… Et récurrent. Mais cela nous arrangeait bien que les humains croient à ces fables…
Je ne pus qu’admirer une nouvelle fois son maintien et sa beauté, si bien que j’en restais quelques secondes perdu dans sa contemplation. J’allais vraiment devoir faire un travail sur moi-même pour cesser de la regarder ainsi.
Je fermais le livre et me renfonçais dans le canapé pour ne pas aller la rejoindre.

- Croyez moi… Rien ne peut nous tuer… Enfin pas tout a fait, mais, ce n’est pas un sujet très réjouissant.


Je me souvenais des séances de justice à Volterra. Aro, Caius et Marcus, punissaient eux même les vampires italiens qui avaient bafoué la loi. Et le châtiment, était la mort. Je ne pourrais jamais oublier le nombre de cadavre démembré par Felix et Demetri qui avaient jonché le sol en marbre du palais. Ils n’avaient même pas le temps de crier… Et moi, à peine celui de détourner les yeux…
A cette époque, j’avais commencé à accepter ma vie de vampire, mais même lors de mes plus sombres tourments, je pense que j’aurais réfléchi à deux fois avant de laisser deux vampires me séparer en plusieurs morceaux et de mettre le feu à mes restes.

Elle s’immobilisa soudain, et nos regards se croisèrent, au moins, pour la vingtième fois de la soirée. Ses yeux rouges allaient si bien avec les souvenirs qui m’étaient revenus… Mais je n’y voyais pas la même bestialité… La même haine…
Je ne cessais de redécouvrir un nouveau sentiment dans ses prunelles. En ce moment précis, la peur et le doute l’emportaient sur la tristesse.

"Pourquoi suis-je aussi séduisante maintenant... Enfin, j'en ai l'impression... C'est un autre effet de la... transformation?"

Cette fois, je me levais, incapable de rester assis plus longtemps. Le phonographe continuait de crépiter en tournant dans le vide. Aussi, j’allais faire cesser ce bruit en relevant le lecteur et en refermant le couvercle. Puis, lentement, je me retournais et marchais vers elle. Toujours aussi lentement, je pris ses mains dans les miennes.

- Il y a des choses que la transformation ne change pas… C’est votre perception de vous-même qui est nouvelle…

Je lui souris. Je ne m’étais jamais senti aussi à l’aise avec quelqu’un. C’était comme si, je me reconnaissais dans chacune de ses pensées. Dans chacune de ses hésitations. J’avais l’impression que nos regards fusionnaient, et dans un coin de mon esprit, je me fis la remarque que je pourrais rester ainsi pour l’éternité… Juste à me perdre dans ses yeux…
Mais le charme s’évanouit quand elle se racla la gorge avant de les détourner de moi.
Ma main frémit de vouloir passer sous son menton pour redresser de nouveau son visage et ses yeux sur moi. Mais je me retiens en resserrant légèrement mes mains sur les siennes alors qu’elle me demandait :

"Sinon... De quelles formalités administratives parlez-vous? Puis-je me rendre utile?"

Et je pensais m’être mis d’accord avec moi-même… Et je pensais que j’allais lui dire que nous allions la faire passer pour notre sœur à moi et à Edward… Mais ce qui sortit de ma bouche fut tout autre :

- Nous allons, si vous le voulez bien, vous faire passer pour ma femme… C’est ce qui sera le plus discret. Je vais donc avoir besoin de quelques renseignements.

Je passais doucement un bras dans son dos, pour l’amener doucement à mon bureau….

-----------------
Septembre 1921

Après avoir terminé d’accrocher mes manteaux, je passais doucement un bras dans le dos d’Esmée, en souriant, pour nous diriger doucement au salon….

- Bonsoir très chère...

Voilà près de cinq mois maintenant qu’Esmée était parmi nous et que nous étions installés à Medfra, en plein territoire d’Alaska, sur les rives du fleuve Kuskokwim.
Les habitants ne cessaient de nous remercier, car j’étais le seul médecin à plusieurs centaines de kilomètres à la ronde. Médecin et pas guérisseur j’entends. Aussi, je faisais presque deux fois par semaines, des consultations à la ville de Nikolai.
J’avais conscience d’avoir fait naître des interrogations – auxquelles j’avais mis fin en prétextant être un grand randonneur et habitué de la nature - lorsque pour la première fois quelques semaines après notre arrivée, j’avais pris un canoë pour descendre le fleuve jusqu’à la « grande » ville. Depuis, je n’avais cessé de le faire.
Je ne faisais en vérité que quelques minutes de navigation, cachant ensuite mon canoë pour continuer à pied. Arrivé à un kilomètre de Nikolai, je récupérais un autre canoë pour entrer dans la ville par le fleuve. Je ne mettais alors qu’une dizaine de minute contre une petite heure si je passais entièrement par les eaux.
Les gens avaient tellement besoin de soins par ici… Ils étaient tellement isolés de tout. Comment aurais-je pu ignorer leurs appels ?
Cependant, nous étions en Septembre, et l’hiver approchant – la température frôlait déjà les 5 C° - je me posais des questions quand à la continuité de ces allers retours. J’avais peur que cela ne devienne trop invraisemblable.

Ce soir, je rentrais d’une de ces visites. Je venais d’enlever les trois couches de vêtements qui nous permettaient de rester au chaud - alors que je n’en avais pas besoin.
Enfin, je me sentais plus à l’aise, affublé d’une légère chemise.
Je m’assis dans le canapé, laissant le choix à ma « prétendue » femme de me rejoindre.

- J’ai vu Nigaq sur le fleuve. Il m’a dit que chez lui, les premiers icebergs étaient formés. Ça ne devrait plus tarder ici… Je me demande si je vais pouvoir continuer encore longtemps.


Je me laissais aller dans les coussins, en soupirant d’aise, laissant mes yeux remonter sur son visage. J’avais beau cherché, je n’avais pas souvenance d’avoir été aussi heureux… Bien que cela puisse être perfectible…
Dans mon esprit, je la considérais déjà comme réellement ma femme. Je m’étais tellement habitué à jouer le rôle du mari aimant les rares fois où nous étions en public… Et j’aimais tellement cela….
Nous partagions des heures de conversations sur la littérature, la musique et toutes sortes d’autres sujets qui nous venaient au fur et à mesure.
Elle s’était, au final, assez rapidement adaptée à sa nouvelle vie de vampire. Je regrettais encore les quelques instants d’égarements qu’elle avait eu, notamment pendant notre déménagement. Je m’en voulais. Nous avions bougé trop tôt, au lieu de la garder en lieu clos quelques mois.
Et Edward venait d’entamer sa première année de médecine…
Non, décidément, il ne me manquait plus qu’une toute petite chose pour être déclaré vampire le plus heureux de la terre…. Sa main dans la mienne et un « oui ».

Mais voilà, même si j’avais l’impression que nos regards se faisaient de plus en plus langoureux. Même si ses mains se tendaient vers moi un peu plus qu’auparavant, je ne savais que trop bien combien elle avait souffert à cause des hommes. Et même si je pensais qu’elle me connaissait et m’appréciait, elle n’avait rien laissé montrer quant à la cicatrisation de cette blessure. Alors, je lui laissais le temps…
Je souris en baissant les yeux. Encore une fois, je m’étais laissé aller à la contempler… Je n’avais jamais complètement réussi ce travail sur moi…

- Oh, et vous êtes officiellement surnommée Aga… La mère…

Mon regard remonta sur elle dans un petit rire... Seigneur, je ne pouvais plus vivre sans elle…


Dernière édition par Carlisle Cullen le Dim 27 Déc - 1:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Lun 21 Déc - 7:52

[HS; Voici un loooong message! Et je vous explique pourquoi. J'ai promis à mon amour un message de 15 pages Word. Et en voici le résultat. Les dialogues qui sont là ont été approuvés et même composés par notre cher Carlisle. Je m'excuse à l'avance si le texte peut paraître décousu parfois, mais c'est la première fois que j'écris un post aussi long!]

Septembre… Nous étions déjà en Septembre. Le temps sembla passer si lentement et pourtant si vite. L’été venait de se terminer en un clin d’œil et l’automne reprenait déjà sa place dans ce paysage glacé. Je m’amusais tous les jours à regarder le paysage se transformer à chaque levé de soleil. Des changements invisibles à l’œil humain, mais que je remarquais aussi facilement qu’une bordée de neige. La densité des conifères qui diminuait légèrement, le sol qui se gelait un peu plus à toutes les fois. Mais ce qui ne cessait de m’émerveiller étaient les lignes fines de givres qui couvraient les fenêtres. Je remarquais qu’avec le changement de température, les dessins changeaient. Si un matin il faisait très froid, les lignes étaient cassées. Les flocons semblaient presque tranchants. On aurait presque dit qu’ils frissonnaient à cause du froid. Mais au contraire, lorsque les températures étaient plus chaudes, ils dessinaient des courbes élégantes sur tous le long de la fenêtre. En les suivant des yeux, j’imaginais presque ces jolies patineuses artistiques suivre les filets argentés dans des figures magnifiques.

Les journées étaient longues, certes, mais je ne m’en plaignais pas. J’avais tous le temps que je désirais pour réfléchir. Les mêmes pensées venaient et revenaient. Les premiers temps, je passais surtout mon temps sur le bord de la fenêtre à regarder dehors. Je voyais parfois les regards des gens sur moi, et bien que je ne comprenais pas leur langue, je savais qu’ils parlaient de moi. Carlisle avait alimenté l’histoire que j’avais une santé fragile et que j’étais trop malade pour sortir. Je l’avais même entendu rigoler en disant qu’il était certain que je l’avais épousé parce qu’il était docteur, et une autre fois que c’était mon excuse préférée pour qu’il prenne soin de moi et me cajole. Ces pensées faisaient partie de celles qui arrivaient à me faire sourire.

Les autres étaient moins roses, je n’en ai peur. Je repensais à mon passé avec Charles, pensait à mes parents maintenant si loin de moi. Que je ne pourrai jamais revoir. Certes, je n’avais jamais réellement été très proche d’eux. J’avais souvent l’impression d’être un fardeau pour ma mère, et complètement inexistante pour mon père. Je savais qu’ils auraient préféré avoir un garçon, et ma mère n’a pas pu avoir d’autres enfants que moi. Mais je les aimais énormément. Après tout, ils étaient ma famille. On ne choisit pas notre famille. Quoique j’aie bien choisit de ne pas rester avec Charles…

Je pensais à mon bébé qui était parti rejoindre le paradis. Je l’espérais du moins… Je priais parfois en silence, suppliant le bon Seigneur de l’accueillir dans ses bras aimants même s’il n’était pas baptisé, et même si j’avais brisé mes vœux de mariage pour me sauver de mon union. J’implorais le pardon, mais pas pour moi. Je l’implorais pour mon fils, le fruit d’un amour violent qui n’avait jamais fait battre mon cœur. Alors qu’au contraire, ce simple petit être que je sentais grandir en moi m’avait fait renaître. Il avait donné un sens à toutes ces années de souffrances. Pas une seule seconde j’ai pensé que cet enfant serait comme mon ex-mari ; un être violent, sans scrupule et profondément méchant. Non… Comment pourrait-il le devenir avec tout l’amour que j’allais lui donner, et que je lui avais déjà donné.

Je m’imaginais parfois qu’il était toujours là, et que je le tenais contre mon sein. Que je lui montrais la tendresse, la douceur. Je me voyais toujours passer des journées entières à le regarder découvrir le monde derrière ses immenses yeux verts. Oh, c’était sûr qu’il avait mes yeux. Ils étaient là depuis tant de générations que mon père ne cessait de répéter que c’était le premier trait que les descendant Platt retrouvaient dans leurs gênes. Je ne savais pas ce que je devais croire, mais cette simple philosophie me plaisait bien. Certes, il n’avait jamais ouvert les yeux… Mais j’aimais le croire. Puis, je me voyais en train de lui montrer comment tenir sur ses deux minuscules pieds. Le regarder se faire hisser debout, titubant à peine en équilibre, et lui ouvrir grand mes bras pour le guider vers moi.

Mais en levant les yeux vers lui, ce n’était pas Charles que je voyais... Ce n’était pas lui que j’imaginais en train de l’embrasser tendrement sur sa petite joue joufflue, le tenant par la taille avant de l’envoyer délicatement jusqu’à moi. En aurait-il même été capable ? Même lors de notre mariage, il m’avait gardé dans ses bras avec une telle poigne. J’en avais été si surprise. Il avait toujours été intentionné avant… Mais il ne l’était plus d’un seul coup. J’avais passé la journée entière apeurée, me méfiant des moments où les invités allaient nous demander de nous embrasser. Il m’attirait à lui si brusquement que j’en avais eu des marques sur les bras. Et ses baisers étaient si froids, si possessifs. Je crois qu’ils avaient toujours été ainsi… Il émanait de lui une telle fierté sauvage que j’en avais encore des frissons aujourd’hui rien qu’à y penser. Comme s’il avait enfin eu ce qu’il voulait, et que maintenant il ne restait plus qu’à en profiter. Non, il n’aurait jamais pu être un homme avec qui j’aurais pu prendre soin de mes enfants.

J’imaginais plutôt un sourire d’ange, des yeux dorés si profonds et une chevelure blonde brillante… Carlisle. Aussi fou que cela puisse paraître… S’il y avait bien une seule personne que je voulais imaginer comme étant le père de mes enfants, c’était bien lui. Si tendre, si aimant… Je souhaitais souvent, en fermant les yeux du plus fort que je pouvais, faire chasser cette pensée. Je ne voulais pas d’un autre homme. Je ne pouvais pas vouloir d’un autre homme. Mais elle refusait de partir. Je le voulais… C’était simplement si naturel. C’était quelque chose que si normal pour moi que de l’imaginer ainsi…

Il y avait bien un autre élément qui m’avait plongé dans de profondes réflexions les premiers temps. Bien sûr, être un vampire. Ce n’était pas quelque chose à laquelle je m’étais préparée mentalement. Si la première journée, les choses allaient relativement bien pour arriver à bien assimiler, il me fallut quelques jours pour bien réaliser ce qui s’était passé. Et ce que tout cela voulait signifier. Je me taisais. Je n’irais pas jusqu’à dire que je suis tombée dans un silence presque dépressionnaire. Je répondais aux questions, disait un commentaire de temps à autre.. Mais je gardais le silence le plus souvent possible, réfléchissant à ce qui se passait.

J’avais parfois encore de la peine même aujourd’hui à bien réaliser ce qui se passait vraiment. Comme si j’allais me réveiller. Peut être, au fond, que rien ne s’était passé. Après tout, quel était le pourcentage de chance que je tombe sur le docteur que j’avais rencontré lorsque j’étais adolescente et dont j’étais tombée follement amoureuse, que ce docteur soit un vampire et que, par chance, il ait réussit à me changer à temps en un des leur pour que je puisse continuer à vivre. Quand on dit que le monde est petit…Non, c’était probablement le destin qui en avait décidé ainsi. Du moins, je l’espérais… Car je ne pouvais pas croire que le chemin qu’on m’avait destiné serait aussi triste que celui que j’avais eu jusqu’à maintenant…

Mais bon… Je devais m’y faire. Cela me dérangeait, mais je devais m’y faire… Cependant, deux aspects de cette nature me dérangèrent un bon moment, et me dérangeaient encore aujourd’hui. La première était que mon corps avait figé dans le temps. Je ne vieillissais plus. Je n’évoluais plus. Et rien en moi ne bougera plus jamais. Même si je m’étais presque juré de ne plus jamais offrir mon coeur, je savais qu’il ne fallait jamais dire jamais… Surtout dans la situation présente où mon cœur ne m’appartenait déjà plus. Et même si je le faisais, même si un jour je changeais d’avis… je ne pourrais jamais avoir d’enfants…

C’était quelque chose qui me paraissait si naturelle, aussi. J’avais passé les derniers mois dans une petite ville bien sympathique. Les protestants y étaient nombreux, et rares étaient les personnes catholiques, qualifiées, qui pouvaient s’occuper de la minuscule école de la paroisse. Malgré ma grossesse, ils m’avaient donné une chance. S’ils y avaient plus trous noirs dans mon esprit, je me souviendrai toujours des ces frimousses qui courraient partout, tellement heureux d’arriver. Leurs joues rougies par le froid et leur air béat devant la première neige. Ou bien, ceux que je consolais après s’être égratignés un genou en glissant sur un caillou dans le petit ruisseau non loin derrière.

J’avais évidemment douté d’en avoir avec Charles. Quelle serait la vie d’un enfant élevé dans une telle maison. Malgré tout l’amour que je pouvais lui offrir, il y aurait quand même eu des cicatrices que je n’aurais jamais pu effacer. Et le quitter posait un autre problème. Aurais-je pu lui faire face pour le bien de mon enfant ? Oh, bien certainement. Aurais-je eu un poids dans la balance, ou bien un poing au visage ? C’était bien la question… La question se réglait maintenant, puisque je ne pouvais plus jamais en avoir. Et maintenant, lorsque je croisai un enfant qui pleurait, j’avais autant envie de le consoler que de le vider de son sang… Ce qui emmenait à la deuxième partie de la nature de vampire qui me dérangeait…

Le sang. Le sang humain. Son odeur qui venait réveiller tous mes instincts. Le cœur des humains qui battait à la place du mien. Le bruit des litres de sang qui se faisaient projeter dans l’aorte dans un souffle. Qui bondissaient contre les parois des vaisseaux sanguins avec une force qui me donnaient envie de les libérer de ces prisons circulaires. De cette brûlure traîtresse que je n’arrivais à camoufler. Bon, bien sûr, maintenant, c’était moins pire. Mais la tentation avait été plus difficile que je ne l’aurais cru.

Disons que le trajet avant d’arriver en Alaska avait été difficile.

J’ai apprit quelques semaines après ma transformation pourquoi j’étais aussi puissante. Visiblement, la force d’un nouveau-né était supérieure à celle des vampires déjà… matures. Et comparativement à celle d’un vampire qui ne se nourrissait pas de sang humain, la différence était encore plus flagrante. Ce n’était donc pas un manque d’attention de la part de Carlisle, ou de Edward qui m’avait permis de franchir la première fois la ligne que je n’aurais jamais du franchir. Bien au contraire. J’avais même été assez étonnée d’apprendre le talent particulier de Edward, qui aidait particulièrement à ma maîtrise.

Je crois même que l’aide qu’il me portait l’aidait lui à mieux supporter un minimum son état. Je me souviens de la crainte que je ressentais en sachant que j’allais le rencontrer pour la première fois. Malgré l’exemple ni plus ni moins idyllique du vampire type se trouvant en ma présence, je méfiais de ce que j’allais retrouver chez un autre vampire. Et aussi, de la manière qu’il allait réagir en me voyant. Lorsqu’il était entré dans la pièce, j’avais tout de suite pensé que les gens qui voyaient une ressemblance entre le vampire blond et le brun méritaient une nouvelle paire de lunettes. À ma grande surprise, il avait sourit comme si j’avais exprimé ma pensée à haute voix. Et il y avait répondu. La bouche ouverte par la stupéfaction, on avait éclairé ma lanterne… Ce qui n’avait pas raccrocher ma mâchoire à sa place pour autant.

Bref…Il ne m’en avait fallut que très peu. Je m’en souviens encore comme si c’était hier. Nous étions passé par la Colombie Britannique pour rejoindre l’Alaska. Bien plus facile à traverser à pieds qu’en voiture, ou en train. Y avait-il des trains, même… Et les forêts qui s’étendaient à perte de vue étaient bien pratiques pour passer inaperçu et pour éviter plus facilement les villages. Et il y avait des chevreuils et des ours autant que nous en voulions pour nous nourrir quand nécessaire. Les paysages des Rocheuses étaient magnifiques, à couper le souffle. Mais pas autant que la surprise d’une odeur de sang qui prend au dépourvu.

Nous venions tout juste de passer le LacWilliston, traversant encore plus vers l’Ouest pour éviter les villages qui s’étaient regroupés à cet endroit, avant de plonger dans une dense forêt d’arbres immenses. J’avais du faire attention en passant près de ces villages, accélérant un peu. Mais à peine quelques minutes plus tard, mon corps se figea sur place. Le vent avait brusquement changé de sens, m’envoyant l’odeur d’un chasseur égaré. Ou bien c’était ce qu’ils appelaient un coureur des bois. Peu m’avait importé. Il était trop près. Mon immobilisation avait alerté les deux hommes, et les images d’horreur qui traversaient mon esprit se rendirent immédiatement à Edward. La dernière pensée lucide qui traversa mon esprit était que j’espérais que ces légers signes soient suffisants pour leur donner la chance de m’arrêter. Puis la bête reprit le contrôle sur tout.

Je m’élançai alors en direction du lac. Je crois que Edward avait hurlé le prénom de Carlisle avant de se jeter sur moi. L’impact me fit reculer de quelques pas, mais ne m’avait pas assez ébranlé pour que je perde complètement ma lancée. Il ne fallut que d’un coup dirigé vers la gorge du jeune homme pour le bouger de mon chemin. Je pus faire quelques mètres avant de me faire rejoindre par Carlisle. Son poids me fit basculer par terre, et nous roulâmes le temps d’une seconde. Il s’immobilisa sur moi alors. Je pense qu’il m’avait dit quelque chose à ce moment. Sans doute des paroles réconfortantes. Mais je ne l’écoutais pas. Je ne l’entendais pas. Et il se tut au moment où je le repoussai violemment contre un arbre.

J’étais simplement trop forte. Pour mon propre malheur, et celui de ma proie. C’était la première fois que je goûtais le sang humain. Et j’ai réalisé à ce moment là pourquoi les vampires en buvaient. Je n’arrivais pas à saisir, en cette seconde précise, pourquoi Edward et Carlisle se retenaient ! Les animaux n’étaient qu’un produit bon marché dans mon esprit à présent. Il y avait un sentiment si incroyable de satisfaction. L’adrénaline de la chasse coulait encore dans mes veines vides alors que je sentais le liquide chaud glisser dans ma gorge, éteignant de la plus douce des façons le feu qui y brûlait. Le goût de l’hémoglobine qui envahissait mon être… L’odeur de l’humain qui s’évanouissait lentement de l’atmosphère. C’est… c’est… indescriptible.

Tout comme le gloussement de surprise que l’homme échappait. Le frémissement de terreur qui secouait son corps en réalisant ce qui se passait. Le gémissement de douleur lorsque mes dents s’enfoncèrent dans sa gorge. Le dernier souffle qui quittait ses poumons. Le dernier soupir de son cœur. Mes ongles qui s’enfonçaient dans la peau de l’homme pour l’attirer encore plus à moi, laissant quelques gouttes de sang couler entre mes doigts. Le grognement bestial qui résonnait dans ma gorge sans cesse.

Plus il se vidait de son sang, plus je réalisais réellement ce qui se passait. Mais je n’arrivais pas à m’arrêter. Je devais prendre la dernière goutte de son sang. Ce liquide qui me donnait l’impression de réellement vivre. L’animal en moi se calmait lentement. Et j’arrivais à reprendre le dessus de mes instincts primaux. Et j’arrêtai alors d’aspirer le sang. Ce n’était pas vraiment une question de volonté… Tout simplement parce qu’il n’y avait plus rien à boire. Le corps que je tenais dans mes mains était aussi froid que le mien, aussi mou qu’une poupée.

Plus un seul bruit quittait l’homme. Il ne bougeait plus. Et je savais qu’il ne bougerait plus jamais. Tout simplement parce que je venais de le tuer... Je sentais mon cerveau faire les liens alors que mon corps se mettait à trembler. Qu’avais-je fais ? C’était simplement impossible à expliquer… Une rage meurtrière soudaine qui nous fait tout oublier. Un besoin si intense… Je n’arrivais pas à me détacher du corps. Je restais agrippée, mes lèvres toujours posées contre son cou. Mais comme si je revenais lentement à la réalité, j’avais commencé à sentir de plus en plus la présence d’une main sur mon épaule. Une main qui était sans doute déjà là avant, mais que je n’en avais pas eu la conscience. Je me souviens m’être sentie horrible, dégoûtée de moi-même, lâche, honteuse, et une série d’autres qualificatifs très peu glorifiants.

Et je n’arrivais tout bonnement pas à laisser aller le corps. Je venais de tuer un innocent. Pour quelle raison ? Parce que je n’avais pas été assez forte pour me contrôler. Parce que j’avais lâchement succombé à la tentation. Parce que j’avais relâché mon attention en pensant inconsciemment qu’il n’y avait pas de danger. Qu’avais-je vraiment tué en même temps que cet homme ? Une famille, peut être, qui dépendant de lui pour survivre. Des personnes qui l’aimaient de tous leurs cœurs. La simple pensée que je venais de tuer une personne humaine me donnait la nausée. Mais aussi que je venais de laisser tomber Edward et Carlisle.

Une main se posa alors sur la mienne. Et lentement, elle fit ouvrir mes doigts. En même temps, j’avais ouvert ceux de mon autre main, et le corps retomba mollement au sol. Et pour la première fois, je pus regarder réellement l’homme. Il avait sans doute dans la quarantaine avec une forte barbe brune, et le visage éternellement figé dans une grimace effrayée. Il était grand, plutôt fort… Je le regardai plusieurs secondes, posant un poing contre ma bouche. J’imaginais les petits lignes sur les coins de ses yeux se plisser lorsqu’il souriait, et ses lèvres pulpeuses embrasser tendrement une joue. Je savais qu’il était inutile de me faire encore plus de mal ainsi, mais je n’y pouvais rien… Et dans un soupir, j’ai serré doucement la main contre la mienne…

Nous n’en avons jamais parlé réellement. Je ne voulais rien entendre. Carlisle m’avait tiré vers lui, m’incitant à le suivre. Edward était déjà plus loin. Et le trajet se poursuivit comme si… comme si de rien n’était… Mais je sentais que les deux hommes étaient plus aux aguets… Qu’ils me surveillaient plus… Et je me sentais ni plus ni moins comme une criminelle… Je me doutais bien que je n’avais pas perdu leur confiance… Qu’ils comprenaient… Du moins, je l’espérais.

Heureusement, nous n’avons pas rencontré d’autres humains. Ou bien nous évitions plus soigneusement les villages… Peu importe la raison, l’effet en fut le même… Je ne laissais jamais mes gardes baissées, cessant parfois complètement de respirer. Je laissais les odeurs de la forêt et les autres odeurs qui semblaient faire réanimer mon être derrière moi, pour mon plus grand malheur… Mais bon, je devais faire attention. J’avais si peur que cela recommence. De craquer encore…

Il me fallut un moment avant de pouvoir les regarder dans les yeux. Encore plus pour leur adresser la parole. Peut être avaient-ils cru que je leur en voulais. Alors que c’était à moi que j’en voulais. Au contraire, je ne pouvais rien faire d’autre que les remercier de ne pas me laisser seule. Je ne pouvais qu’imaginer les horreurs que j’aurais faites s’ils n’avaient pas été là pour me montrer la solution. La mauvaise voie est tellement facile à prendre lorsqu’on ne sait pas…

Le plan pour la suite était assez simple. Arrêter dans un village non loin de Medfra, Anchorage de son nom, pour se procurer un traîneau et des chiens pour rendre notre arrivée plus… naturelle. Ce n’était pas des plus normal d’arriver en courrant dans une ville, surtout dans un désert nordique. Carlisle avait tout planifié. Nous étions donc parti vers le village après nous être bien nourris. Ils me faisaient visiblement assez confiance, mais je n’étais pas certaine de me faire confiance. Le village était calme, les gens sympathiques. J’étais si nerveuse que j’en tremblais… Cette journée aussi, je m’en souviens comme hier. Car c’est la deuxième fois que j’ai tuée.

Je revivais même le moment… Comme si j’y étais…

Personne n’aurait pu deviné. Tout se passait pourtant bien. Je n’avais pas soif. Même nouvellement arrivé dans ce nouveau mode de vie, je n’aurais pas été assez inconsciente pour rencontrer des gens sans avoir chassé avant. Je n’avais tout simplement pas envie de courir à la perte de l’humanité. Mais, il restait quand même cette envie… Je n’en avais pas besoin, certes. Cependant, cela ne voulait pas dire que je n’en voulais pas. Je prenais les précautions nécessaires. Ma respiration était coupée, je pensais à autre chose. Je gardais la tête baissée et, aux yeux de tous, je devais simplement avoir l’air frigorifié. Heureusement qu’ils ne savaient pas que je voulais les…

Mais, comme je le disais, tout se passait bien. Il y avait peu de gens dans le village à cette époque ; les hommes étaient tous partis, je l’appris plus tard, à la première pêche de la saison. Il n’y avait que les femmes, et quelques enfants. Nous avions déjà les chiens et le traîneau. Il ne restait que la dernière étape, la plus facile à mes yeux, qui était de s’éloigner des gens maintenant. Et je n’étais pas peu fière de moi… Plusieurs personnes venaient pour s’approcher de moi, m’offrant de l’aide pour me réchauffer. Carlisle les retenait en disant que j’étais malade. D’autres s’approchaient pour m’offrir des remèdes. Edward les prévenait que j’étais contagieuse. Et moi, et bien… Je gardais les yeux baissés et je résistais. Je me répétais que je n’avais pas soif.

Une fois en dehors du village, nous devions passer devant quelques maisons plus isolées avant de prendre le chemin pour retourner à notre bivouac. Elles semblaient toutes vides. Il n'y avait personne. À l’exception d’une jeune femme qui était assise dehors en train de réparer un filet à pêche. Le filet était attaché sur le mur extérieur de la demeure, et on voyait clairement la partie des nœuds qui s’étaient trop usés. La femme était en train de tailler avec ce qui semblait être un silex tranchant, sur un tronc d’arbre, des lanières dans un morceau de cuir travaillé. Carlisle avait passé son bras autour de mes épaules pour me soutenir à travers cette dernière étape.

En levant les yeux, j’avais observé la femme travailler. Ses gestes étaient rapides et assez habiles, et ce n’était visiblement pas la première fois qu’elle faisait cela. Le cuir semblait épais et solide et, si je ne me trompais pas, elle allait les tresser après le filet pour reformer la toile brisée. J’étais intriguée. Mais seulement jusqu’au moment où elle leva les yeux vers nous. Je vis sa surprise lorsqu’elle croisa mon regard rouge, et également son geste continuer de trancher le cuir… en déviant vers sa main. Voyant le résultat venir, je me tournai trop brusquement vers elle en tendant un bras. Mes lèvres s’écartèrent en inspirant pour souffler qu’un seul mot ;

"Attention !"

Ce fut trop tard. Le silex venait déjà de couper une partie de sa paume, envoyant dans l’air une odeur d’hémoglobine. Je me figeai… Je n’avais pas pensé à cela… Je n’avais vu que sa blessure. Je n’avais vu que la conséquence pour elle… Non pas la mienne qui alla devenir la sienne. Je sentis immédiatement mon regard s’assombrir, mon corps se cambrer. Carlisle eut à peine le temps de saisir mon bras que je m’élançais déjà. Sa main glissa simplement le long de mon bras, s’emparant du tissu de mon manteau dont la manche déchira simplement.

Je lui avais sauté littéralement dessus. Comme un chat sur une souris. Je grognais, montrant des dents. Mes yeux étaient animés d’une fureur déstabilisante alors que les siens me regardaient avec la terreur infinie d’une personne qui regardait la mort en face. Elle eut le reflex de tourner la pierre vers moi pour se protéger, mais elle ne fit que s’écraser contre ma peau de marbre. Le silex n’est jamais très solide, et il avait encore moins de chance de me faire la moindre égratignure.

Aucun cri ne quitta sa gorge. Elle n’eut pas le temps de crier. Surmontant mes instincts bestiaux, une petite voix parvint jusqu’à mon esprit pour lui crier qu’il n’était pas nécessaire qu’elle souffre plus. Ainsi, avec un violent coup contre ses vertèbres cervicales, sa nuque cassa dans un craquement sourd. Le seul bruit qui en résulta fut celui de sa chute contre le sol. Ce qui devait arriver arriva, et mes dents se plantèrent dans sa nuque désarticulée.

Il me sembla, étrangement, que le sang quitta son corps plus rapidement. Et je ne dû pas attendre beaucoup avant de sentir la fin du flot chaud dans ma gorge… mais aussi pour sentir les mains d’un homme s’emparer de moi pour me décoller brusquement du corps. Je reprenais mes esprits, et Edward avait du attendre de sentir ma vulnérabilité revenir avant de me dégager. Il n’avait pas de vœux suicidaires… Carlisle s’empara simplement du corps de la jeune femme, et nous nous enfonçâmes dans la forêt à nouveau. Je vis à peine le corps se faire abandonner derrière un massif, trop occupé à repasser par les mêmes émotions que quelque temps plus tôt…

La nuit tomba. Puis elle passa. Et le matin commençait à se lever. Les deux vampires s’occupaient des chiens plus loin. Je n’avais pas dit un seul mot, restant à l’écart. Sur le bord du fleuve, je regardais les vagues faire miroiter les douces couleurs du soleil levant. C’était magnifique, mais je ne le voyais pas vraiment. J’étais simplement perdue dans mes pensées, le regard vide contre l’eau agité, mais qui semblait si paisible à la fois. Je réfléchissais à ce que j’allais devenir, ce que j’allais faire. Je me sentais si faible… Incapable…Lentement, mes paupières se fermèrent… Avec un peu de chance, je n’allais plus vivre ce cauchemar… Et c’est alors que la plus belle des voix résonna doucement à mes oreilles ;

- Jolies couleurs n'est ce pas ?

Surprise, j’ouvris les yeux pour tourner la tête vers la voix. Carlisle était debout près de moi. Je ne l’avais même pas entendu approcher, ni même senti… Lui, dont l’odeur arrivait à me faire voyager à travers un monde d’espoirs et de rêves insolites, dont la vue me faisait perdre tous mes moyens et dont le sourire arrivait à faire fondre mon cœur qui se consumait déjà que pour lui, n’avait même pas attiré mon attention. J’étais décidément assez perdue dans mes pensées sombres… Timidement, je détournai les yeux pour regarder l’horizon qui se dessinait au bout du fleuve avant de lui répondre ;

"Magnifiques. Elles semblent changer d'une journée à l'autre."

- Oui... C'est une très belle région...

Je ne le vis pas, mais cette fois, je le sentis s’accroupir près de moi.

- Je pense qu'il est inutile de le dire mais... Enfin... Si vous voulez parler...

Je ne sus pas s’il allait terminer sa phrase, et je n’attendis que le minimum pour être polie avant d’ajouter ;

"C'est très aimable à vous. Mais je crois vous avoir causé assez de problèmes ainsi pour ne pas en plus vous livrer mes tourments."

- Nous n'avons aucun problème... Et vous savez... Vous n'avez pas besoin de les livrer... je les connais pour les avoir vécu... Edward aussi. Encore aujourd'hui. Ce n'est pas simple Esmée... C'est même très dur ce que nous faisons. Je ne vous blâme pas.

J’attendis quelques secondes avant de répondre.

"Je sais que vous ne me blâmez pas... Je suis certaine que j'en aurais entendu parlé avant aujourd'hui si c'était le cas... J'ai assez de me blâmer moi-même.. Et ce sont des problèmes à mes yeux.. Ne seraient-ce qu'à ces personnes, qu'à ces familles..."

- Je sais...

Une boule de neige passa près de nous pour aller rebondir une fois sur la surface de l’eau. Il venait sans doute de la lancer.

- La première année est la plus difficile. Du moins elle l'a été pour Edward... Je pensais.... Je pensais que nous pourrions mettre une excuse en place pour que vous puissiez rester tranquille... Pour ne pas avoir à sortir trop souvent...

Une étrange pression serra ma poitrine lorsque je murmurai ;

"Me garder enfermée."

Je fus étrangement surprise lorsqu’il répondit avec un regard qui me sembla inquiet ;

- Non.... La maison que j'ai achetée est en plein bois. Un peu à l'écart du village. Vous aurez toute la possibilité de bouger que vous voulez Esmée. Je veux juste éviter cela... Que vous vous blâmiez encore...

Remontant lentement les genoux vers moi, je vins appuyer mon menton sur le sommet. Et, dans un signe de réconfort, je refermai les bras autour de mes genoux ;

"Je n'en ai pas besoin, en effet... À quelle excuse pensez-vous?"

Il s’installa près de moi, sur la glace, en croisant les jambes sous lui.

- L'air d'Alaska est connu pour être vivifiant. Pur. Je pensais qu'étant médecin... Vous pourriez être malade. Quelque chose de respiratoire, comme une pneumonie chronique... Qu'en pensez vous ?

Lentement, j'acquiesçai à sa suggestion. Malgré mon coeur lourd, je fis un tentative d'humour en tournant légèrement la tête vers lui avec l'ombre d'un sourire sur les lèvres.

"J'ai sans doute assez d'expérience de maladies pour jouer une malade."

Son sourire réchauffa étrangement mon être, mais il y avait encore cette trace d’inquiétude dans ses yeux ;

- Oui... Je pense aussi. Si vous êtes toujours d'accord, j'ai donc prévu que nous soyons marié... Edward étant votre frère. Je pense que je serais capable de jouer le mari inquiet....

Le regardant, je sentis mon coeur se serrer dans ma poitrine. L'inquiétude qui brillait dans son regard me rendait si triste…

"Êtes-vous réellement inquiet?"

- Oui... Je suis réellement inquiet pour vous...

Je le regardais, sentant mon regard s'attendrir lentement, mon coeur se serrant un peu plus dans ma poitrine. Il était inquiet pour moi, et non par ma faute. La différence était entièrement là. Je resserrai a nouveau mes bras autour de mes genoux, le regardant toujours. L'admirant?... Après quelques secondes, je murmurai ;

"Y a-t'il quelque chose que je puisse faire pour vous enlever cette inquiètude? Elle me brise le coeur."

Il prit quelques secondes à répondre, son regard dirigé vers la beauté du paysage autour de nous.

- Ne vous renfermez pas. Je veux vous aider alors... J'ai besoin de savoir ce que vous pensez... Je ne suis pas Edward...

Et je lui fis la promesse que j’allais le faire entrer dans mes pensées, dans ma tête. Il m’avait ensuite emmené au traîneau pour m’aider à me couvrir des couvertures en peau. Son visage s’approcha près du mien alors qu’il les enroulait le plus possible autour de moi, remontant jusqu’à la moitié de mon visage. Seuls mes yeux étaient visibles. Je me laissai faire docilement, gardant mes bras contre mon corps. Mais mon corps se couvrit de frissons... Il était si près de moi... il sentait si bon... Je me retins à la limite de fermer mes yeux pour me laisser aller vers lui pour me laisser englober par son parfum...

- Ne respirez pas..., murmura-t-il. Ça va aller... Nous allons rentrer très vite dans la maison... Vous êtes malade. N'hésitez pas à tousser...

Comme jamais, il venait exciter les terminaisons nerveuses à travers mon corps comme un courant électrique... Peut être était-il trop près... Mais je ne voulais pas qu'il parte... Je m'emplissais si délicieusement de sa présence lorsqu'il se plongea au plus profond de mon âme, ouvert comme un livre, et qu'il me disait d'arrêter de respirer. Étrange ironie, alors que c'était lui que je respirais... Mais j'acquiesçai quand même, sentant une zone chaude sous sa main contre mon épaule. J'étais bouche bée, je ne savais que dire... Y avait-il quelque chose à dire...

Cette simple discussion se définissait comme la plus longue conversation que nous avions eu depuis un long moment et le premier simple de rapprochement que je peux me souvenir entre nous. Mais aussi la première vague d’espoir qui s’était déclaré dans mon cœur. J’avais été tourmentée un long moment par cet espoir naïf, par la douleur de mon cœur brisé et par la torture de mes crimes…

Ces temps, cependant, j’y pensais moins. Je passais beaucoup moins de temps comme une âme en peine, à ressasser dans mon coin. Je n’avais jamais été du genre à m’apitoyer longtemps sur mon sort, préférant me sortir de l’embarras rapidement avant d’attirer la pitié inutile de gens autour de moi. Je ne doutais pas du temps que j’avais pris à me questionner, car il m’avait aidé à revenir à moi-même. Et à me trouver des choses de plus constructives à faire.

Avec la permission de Carlisle, je redécouvris une passion qui m’avait sans doute dévoré de ma vie humaine mais dont je n’avais que de très légers, mais vivides, souvenirs ; la lecture. Et je ne pouvais trouver mieux. Trois siècles de romans, recueils, journaux, pièces, entassés dans une majestueuse bibliothèque. Il y avait une telle variété. Je pouvais y retrouver de grands classiques comme de petites œuvres qui semblaient un peu miteuses mais dont se dégageait une telle énergie, une telle passion qui me laissait bouche bée. Parfois des auteurs inconnus, parfois des œuvres inconnus d’auteurs populaires. Je dévorais les livres comme je le pouvais, relisant parfois deux ou trois fois le même avant de passer à un autre.

Tout cela me permettait de m’échapper à mes pensées sombres. Car comment penser à mes tourments lorsque mon esprit est occupé à imaginer une tempête violente au milieu de l’océan atlantique où des marins devaient se battre contre les vents furieux et les vagues gigantesques pour sauver leurs vies et espérer retourner à leur famille. Impossible. Même lorsque j’étais en haleine sur le dénouement d’un combat entre un homme fol amoureux et un homme le jalousant, battant à la loyale pour la main d’une jolie jeune femme, ou sur le point de découvrir qui est le responsable de la mort de Bartholomew Sholto, tué d'une fléchette empoisonnée.

En plus de cette admiration pour l’imagination et le talent de tous ces auteurs, il n’y avait pas que l’amour des livres qui m’incitaient à lire autant. Tous les midis, lorsqu’il n’était pas parti en dehors du village, Carlisle avait pris l’habitude de revenir à la maison pour prendre de nos nouvelles, à Edward et moi-même, et, j’imagine, pour arriver à se déconnecter un peu de son travail. Nous discutions, passant d’un sujet banal à un autre. Il ne me semblait jamais que nous manquions de choses à dire, et je le regardais toujours partir avec une pointe de regret. Et j’avais appris à attendre son retour et nos discussions avec impatience.

Mais remarquant que je m’étais mise à lire autant, Carlisle avait pris l’habitude de me question sur l’endroit où je me trouvais et mes impressions sur la lecture que j’avais fait jusqu’à date. Il semblait se souvenir de tous les livres qu’il possédait et je sentais que je pouvais parler avec lui pendant des heures sans trouver une seule seconde longue. Les échanges étaient parfois sérieux, alors que parfois ils dérapaient complètement vers des sujets totalement loufoques. Je chérissais ces moments où j’étais totalement axée sur le présent, oubliant le passé et n’imaginant pas le futur.

Il n’y avait que lui, et moi… Il n’y avait que nous. Et je reprenais goût à voir les heures passer.

Ce qui m’enchantait également beaucoup était d’entendre Edward jouer. Lorsqu’il était là, je pouvais facilement passer des journées entières à l’écouter au piano. Je ne voyais pas le temps passer. Je me perdais dans les mélodies et l’émotion qui venaient envahir la pièce. Je n’arrivais alors tout simplement plus à me concentrer sur autre chose. Que ce soit une lecture, une réflexion et même une discussion avec Carlisle… J’arrêtais tout, et je profitais. Des cascades de notes qui nous chantaient une part d’elle-même, l’entendre jouer m’envoyait dans un autre univers. Je pouvais sentir ses pensées, ses sentiments. Je captais une partie de lui dans ces chansons d’une manière encore plus certaine que s’il les avait exprimé de vive voix. Et parfois, même, je ressentais mes propres émotions dans ces pièces comme s’il se laissait envahir par mes pensées pour jouer.

Soit je fermais les yeux, soit je regardais ses doigts agiles filer sur le clavier. La première fois que je l’avais entendu me revenait même en tête. Dans ma chambre, j’étais encore une fois en train de regarder à l’extérieur. Puis, arrivant de nulle part, une note s’éleva dans l’air. Une seule note, claire et vibrante. Mon attention dévia presque aussitôt des étendues blanches qui se dessinaient aussi loin que pouvait voir mon œil, pour tenter de comprendre d’où venait ce son. Comme un carillon, mais un son beaucoup plus doux… Plus étouffé. Plus gracieux. Je tendais l’oreille, mais n’entendait plus que le silence.

Mais avant même que cette pensée ne quitte mon esprit, une douce musique résonna dans la maison. Une mélodie mélancolique… presque timide. J’eus l’impression que mon souffle se coupait. Je ne comprenais absolument pas ce que c’était. Et c’était si magnifique. J’étais persuadée que je n’avais jamais entendu rien de tel. Lentement, comme de peur de faire fuir la musique, je descendis l’escalier. Qu’est-ce qui pouvait faire un tel son aussi mélodieux ? Et qui jouait cette musique ?

La réponse à mes questions me surprirent bien plus que je n’aurais pu l’imaginer. Un piano… Un piano ? J’avais déjà entendu quelqu’un jouer du piano, mais je ne me souvenais pas qu’il ait un tel son. Ou peut être n’avais-je jamais réellement entendu une pièce au piano. J’entendais toutes les subtilités des notes. Chaque vibration dans l’air, chaque souffle du feutre qui venait étouffer les cordes. Même le léger bruit du marteau qui se dépliait pour frapper, ou même le petit grincement des touches qui s’enfonçaient. Il y avait bien plus que les notes. C’était bien plus qu’un instrument. À lui seul, il me faisait réellement découvrir la musique.

Musique qui n’aurait jamais été aussi belle et enchanteresse si cela avait été quelqu’un d’autre qui l’avait joué. La vue d’Edward sur le banc, ses longs doigts blancs effleurant d’une simple caresse l’ivoire. Il avait les yeux fermés, le visage presque triste. Lui qui gardait presque toujours un air de marbre… Il était si absorbé qu’il ne m’entendit pas entrer pour m’asseoir dans le fauteuil, ni même mes pensées. Et au moment où je m’installai dans le salon, je quittai le monde tel que je le connaissais pour rejoindre celui que créait Edward. Je me sentais enveloppée, submergée. Et figée.

Je n’osais bouger. Respirer était un outrage. Je me permettais seulement de fixer les touches, laissant mon corps se faire envahir par des frissons et par l’émotion de sa musique. Je ne pourrais dire combien de temps nous étions restés ainsi. Le temps n’avait repris son cours normal seulement lorsque mon frère s’arrêta et se tourna vers moi si rapidement que mon esprit n’eut pas le temps de revenir au présent qu’il était déjà face à moi. Je n’arrivais pas à déchiffrer son regard.

Il me rendait si gênée, comme si je venais d’interrompre quelque chose d’extrêmement personnel. Mais en y réfléchissant un peu, j’en étais vite venue à la conclusion qu’il avait surement partagé plus en jouant qu’il ne l’avait jamais fait. Et je m’étais infiltré dans son esprit comme une criminelle. Je baissai les yeux, laissant mes pensées murmurer des excuses. Mais également exprimer tout ce que la musique avait éveillé en moi. Des choses que je n’aurais pu exprimer autrement. Après quelques secondes, je me levai en promettant que cela ne se produirait plus. Et d’un simple signe de la tête, il me retint avec lui avant de reprendre. La deuxième mélodie avait été plus tendre, plus douce… Qui, immédiatement, me fit penser à Carlisle… Mais bien sûr, toujours dans cet autre monde…

Je me souvenais…
5 mois déjà…

Je levai la tête, revenant à moi. Mes pensées se chassèrent aussi brusquement qu’elles étaient venues. Depuis combien de temps je repensais à tout cela ? La journée était déjà terminée. C’est étrange à quel point le temps me semble souvent inexistant dans cette nouvelle vie. Et qu’en même temps, il passait bien trop vite. Je perds si souvent la notion du temps que ça en devenait presque ridicule. Mais pour le moment, je ne voulais pas y penser. Décroisant les jambes de sous mon corps, je m’appuyai sur celle-ci pour me hisser sur mes pieds. Il n’était pas encore près d’arriver, certes, mais je savais qu’il s’en venait. Le livre qui se trouvait sur mes genoux glissa. Je l’avais complètement oublié, celui-là.

Dans un geste rapide et agile, je le rattrapai au vol, à mi-chemin entre le sol et son point de départ. Je lui jetai un coup d’œil ; L’intégrale de Dickinson. Avec un petit sourire, je caressai la couverture en cuir. Je n’avais plus à me demander pourquoi j’étais repartie dans mes souvenirs. Les poèmes qu’elle écrivait m’envoyaient bien loin dans mes pensées… Elle semblait si troublée parfois, alors que, dans d’autres de ses écritures, elle m’apparaissait comme quelqu’un qui ne pourrait être plus lucides. Certains, cependant, me prenaient plusieurs relectures pour bien comprendre le bon sens. Parfois même, je m’arrêtais pour fixer droit devant moi, sans un mot, pendant plusieurs minutes. Je questionnais la femme qui s’était isolée par elle-même une bonne partie de sa vie, et jusqu’à la fin de ses jours. Pourquoi dis-tu cela, Émily ?

Mais ce n’était pas un moment pour me questionner. Ni de me souvenir. Ni de me ronger de l’intérieur. C’était la fin de la journée. Et pour moi, cela ne voulait dire qu’une chose… Que mon cœur, malgré mes avertissements et mes efforts, se réveillait dans ma poitrine. Que je sentais un nouveau souffle m’animer alors que je retrouvais la raison qui me permettait de croire.

De croire qu’il y avait quelque chose de beau, de bon dans ce monde. Que ma vie, et ma mort, avait peut être un sens après tout… Ou s’il n’y avait aucun sens à tirer de cette existence, que je pouvais encore me sentir un minimum vivante. Je ne savais pas si j’avais raison ou tord de croire ainsi. Mais il y avait bel et bien quelque chose qui se réveillait en moi lorsque je voyais la fin de la journée arriver. Ou, comme maintenant, je pouvais me lever et enfin me dire…

"Il arrive…"

J’entendis les mots sortir de mes lèvres sans vraiment le réaliser sur le coup. Peut être une seconde plus tard, je me figeait en comprenant que j’avais réfléchit à autre voix. Un regard autour de moi, je parcourus le salon des yeux. Edward n’était pas là. Je retins difficilement un soupir de soulagement… un peu futile. Si cette pensée serait restée dans mon esprit, il l’aurait entendu au moins aussi clairement…

Mes oreilles se tendirent un peu, écoutant des pas qui craquaient sur la neige à travers le village. Il s’approchait. Trop lentement à mon goût. Même si je savais pertinemment que c’était le plus vite qu’il pouvait marcher. Rapidement, je rangeai le livre à sa place dans la bibliothèque. Isoler Dickinson entre deux livres ne bouleversera pas trop la poétesse de son mode de vie habituel. Avec un soupir presque outré, je chassai cette pensée loufoque de mon esprit avant de me tourner vers la glace du salon.

Le même miroir, aussi magnifique, qui avait refléter mon image pour la première fois après ma mort. Et le reflet qu’il me rejetait aujourd’hui me laissait aussi étonnée. Une femme exquise se trouvait devant moi.

"Pourquoi suis-je aussi séduisante maintenant... Enfin, j'en ai l'impression... C'est un autre effet de la... transformation?", résonna doucement ma voix dans mon esprit.

Petite et frêle, le teint blanc maladif… Ses cheveux ambrés étaient relevés dans un chignon mou tenu que par une simple barrette, et d’où plusieurs mèches ondulées avaient glissés pour tomber sur ses épaules. Ses yeux étaient d’un orangé étrange, comme si un feu de bois brûlait dans ses iris. Ses lèvres roses étaient tirées dans une moue naturelle, mais on voyait quelques vestiges d’un sourire dernier au coin de sa bouche.

- Il y a des choses que la transformation ne change pas… C’est votre perception de vous-même qui est nouvelle…

Les lèvres s’étirèrent alors, creusant des demi-cercles près de ses joues. Je sentis mon cœur bondir dans ma poitrine comme il l’avait fait la première fois que j’avais entendu cette phrase. Il me trouvait séduisante. Je levai une petite main pour venir replacer une mèche de cheveux derrière mon oreille, me faisait imiter par la femme magnifique. Le fait qu’il me trouvait séduisante m’enchantait plus que de raison. Mais depuis un certain temps, je m’étais laissé aller dans mes rêves naïfs…

Je me faisais des idées, imaginant des regards tendres. Je me surprenais même, moi-même, à laisser mes émotions transparaître dans mes gestes, dans mes yeux. Lorsque je n’arrivais pas à le garder fermer, le livre s’ouvrait, me livrant corps et âme. Mais je n’avais pas le courage à le garder complètement ouvert… La minute que je lui offrais, j’espérais qu’il la voit… Qu’il la comprenne et qu’il la ressente également… Je me laissais aller à le regarder, l’admirer. Je me demandais si c’était vraiment vrai. S’il pouvait réellement être avec moi, qu’il prenait ainsi soin de moi.

Il me déstabilisait. Ses yeux dorés me pénétraient avec une intensité qui venait m’ébranler au plus profond de mon être. Son sourire m’envahissait d’une joie que je ne pouvais expliquer ni contrôler. Je sentais parfois qu’il m’observait longuement pour des raisons qui m’échappaient. Mais juste le fait de sentir son regard sur mon faisait augmenter une chaleur agréable dans mon corps. Et aussi étrange que cela puisse paraître, je me laissais séduire à nouveau. Mon cœur me suppliait de me laisser séduire. Je sais qu’en étant humaine, j’aurais rougit sous son regard et que ma peau se serait réellement surchauffé. Mais ces signes maintenant n’étaient plus visibles. C’était peut être mieux ainsi.

Oui, je me faisais des films. Et je m’emplissais d’espoir. Parfois même, j’espérais plus qu’être simplement une couverture. J’espérais que, lorsqu’il me tenait contre lui dans le village, c’était plus qu’une comédie… Ou plus qu’une façon de m’empêcher de succomber. Au début, ce petit jeu fut difficile. Mais maintenant, je m’y laissais aller avec une joie qui était sans doute exagérée. Peut être était-ce réellement idiot de ma part. Et je ne pouvais qu’approuver ! Mais mon cœur me dictait une morale qui me semblait plus importante encore. Je retrouvais espoir. Je me guérissais de mes blessures grâce à lui. Aussi imaginaire que cela pouvait me paraître, je ne cessais de l’espérer pour la simple raison que… je pouvais l’espérer. Non, pour l’instant, ces rêveries ne me quittaient pas. Ils ne faisaient mal à personne. Du moins pour l’instant. Car j’étais certaine qu’un jour ils me tortureront.

Je retendis l’oreille.
Il venait d’entrer dans le chemin de la cours.

Dans un geste rapide, j’ajustai le tissu de ma robe avant de me regarder quelques secondes encore une fois. La robe était banale. Marron très foncé qui descendait jusqu’à mes genoux et qui couvraient mes bras. Après tout, nous étions en Alaska et j’étais malade. Aussi bien jouer le jeu. Je l’avais rehaussé d’un collier de perles de verre bon marché que je traînais avec moi depuis… oh des années.

La poignée de la porte se tourna en même temps que moi, vers le hall.
Un sourire que je ne pus retenir étira mon visage alors que je m’approchai de la porte d’entrée pour voir Carlisle entrer dans la maison. Comme toujours, il était emmitouflé dans de lourdes peaux. À quelques mètres de lui, je m’immobilisai pour le regarder.

Il était là.

La maison s’emplissait de son odeur et de celle de l’Alaska. Des mélanges inhabituels, mais si plaisants. Ses cheveux sentaient le froid, le gel, alors que de son cou émanait une douce flagrante florale. Une odeur de feuilles provenait de ses mains alors que, je n’aurais pas du m’attarder à cela mais, dans le creux de sa poitrine, juste au dessus de son sternum, je retrouvais une odeur de mer salée. Les peaux d’animaux sentaient la particulière odeur de la nuit nordique et de cuir, alors que le vent qui s’était engouffré dans la pièce amenait avec lui une senteur de fumée, de feu.

Et ainsi, j’étais immobile à le regarder, le regard brillant sans doute de joie à sa venue. Et je ne m’en rendais pas vraiment compte, me contentant de profiter de sa présence. Ses mots à mes oreilles, cependant, me défigèrent et me ramenèrent à la réalité ;

- Bonsoir très chère…

Très chère... Mon coeur se serra, comme toujours.

"Bonsoir Carlisle. J’espère que vous avez passé une belle journée."

Mon sourire s’attendrie un peu en voyant le sien alors que je le laissais s’approcher de moi. Sa main se glissa dans mon dos, dans une geste routinier qui s’était installé au cours des semaines et qui n’était pas pour me déplaire. Je le suivi alors vers l’endroit d’où je venais pour m’installer près de lui comme nous le faisions si souvent. Croisant les jambes l’une par-dessus l’autre, je me tournai vers lui.

- J’ai vu Nigaq sur le fleuve. Il m’a dit que chez lui, les premiers icebergs étaient formés. Ça ne devrait plus tarder ici… Je me demande si je vais pouvoir continuer encore longtemps.

Malgré les inquiétudes réelles qui animaient sa voix par rapport à sa pratique, je le regardai, amusée, se laisser aller contre les coussins. Cela faisait presque parti de la routine aussi. Il semblait si bien… Et lorsqu’il me regardait comme il le faisait… Je me sentais littéralement fondre. J’avais l’impression que nous partagions quelque chose que je ne pouvais décrire. Comme si, par ce simple échange, je devenais libre. C’est exactement le mot qui décrit ce qu’il me faisait ressentir. J’étais libre. De mon passé, de mes contraintes. De mes faiblesses, de mes manques. De moi-même.

Je profitais de me perdre dans ses yeux, de laisser mon âme se livrer à la sienne. J’avais presque l’impression qu’il voyait ce qui s’y trouvait. Tout ce que cachait mon cœur. Et que je voyais la même chose se refléter dans son propre regard à lui. Mais alors, que nous manquait-il… Un peu de courage… Je détournai les yeux avec un sourire désolé qui m’était sans doute plus adressé qu’à lui-même.

"Cela vous tracasse depuis plusieurs semaines… N’aviez-vous pas l’intention de parler à Atka à propos des caravanes qui s’en vont tous les mois à Nikolai ? Il est sûr que c’est moins fréquent, et beaucoup plus long. Mais au moins, vous n’aurez pas à couper dans votre service."

Je me mordis l’intérieur de la joue, réfléchissant à mes propres paroles. S’il quittait avec la caravane, ce serait à toutes les trois semaines pour une semaine entière. Je ne pouvais imaginer à quel point le temps serait long sans le voir le midi et le soir. Arriverais-je à me consoler en me disant qu’il resterait à la maison trois semaines avant de quitter au lieu de partir toutes les semaines ?

- Oh, et vous êtes officiellement surnommée Aga… La mère…

Je ne cachai pas ma surprise qui chassa le reste de mes pensées. Je me tournai vers Carlisle pour le regarder d’un air étonné pendant plusieurs secondes. La mère… Voilà un titre qui m’aurait enchanté, en effet. Mais qui ne sera plus jamais possible. Je me demandais pourquoi ils me donnaient ce titre. Après tout, Edward jouait le rôle de mon frère et non de mon fils… Ce qui aurait été assez improbable. Mon regard se vola quelques secondes, puis à son rire, il redevint normal. Et même plus, je me mis à rire avec lui doucement ;

"La mère ? Mais pourquoi donc ? Je ne comprends pas. Est-ce encore Miki qui s’amuse à raconter des histoires à tout le monde ?"

Je souris doucement en imaginant Miki. Un petit ange. Adorable. Je lui donnais 5 ans, au maximum. Mais il se révéla être âgé de 9 ans et demi. D’où son propre nom. Je le voyais souvent traverser le village en courrant. Je ne comprenais pas réellement son jeu, sauf qu’il semblait réellement y prendre du plaisir. Il courrait toujours partout avec de grands éclats de rire.

Me laissant également aller dans le canapé, je tournai la tête pour le regarder. Pourquoi avais-je si souvent l’envie de me retrouver dans ses bras… Pourquoi est-ce que je n’arrivais pas à trouver le courage de me jeter dans ses bras. De lui ouvrir mon cœur une bonne fois pour toute. Ce n’était pourtant pas compliqué. Trois mots, si simple…


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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Lun 4 Jan - 2:39

[A grand post, grande réponse lol... Les dialogues ont aussi été écirt par ma tendre épouse, tout comme les quelques réactions que je vois. Bonne lecture.]

- Oui, Miki dit que vous avez un regard de mère. Il vous adore...

Je lui souris en l’admirant. Je réfléchissais à son idée de partir avec la caravane. J’avais déjà envisagé cette possibilité, mais je n’en avais pas parlé au chef du village. Je ne cessais de me dire que c’était trop long. Qu’une semaine d’absence par mois… Il pouvait arriver n’importe quoi ! Ils n’étaient encore que deux jeunes vampires… Il suffisait que quelqu’un croie que j’étais à la maison, et arrive blessé… Ce serait une catastrophe.
Et bien sûr… J’avais une autre raison, et non la moindre. Elle me manquerait trop. J’avais pris l’habitude de la voir chaque jour. De lui parler. De sentir sa présence… J’avais besoin d’elle. Je le savais. Et pourtant j’avais du mal à l’admettre.

Je me levais, troublé. Je réunis un peu de bois dans l’âtre pour faire partir un feu. Il commençait à faire réellement froid et si les gens ne voyaient pas de fumée qui sortait de notre cheminée, ils allaient se poser des questions. Je craquais plusieurs allumettes que je laissais ensuite tomber tout autour du petit bois. Une fois qu’il eut bien pris, je rajoutais une plus grosse bûche et restais quelques secondes à contempler le feu.
Quel élément intéressant le feu. De si belles volutes étaient créées par les flammes… Toujours changeantes. Toujours en mouvement. Envoyant de multiples couleurs rougeoyantes sur ma peau. Pensivement, je mis ma main dans les flammes. Etonnant comme le feu, si destructeur, si violent, si puissant, ne pouvait même pas m’égratigner… Alors que la passion que je sentais en moi me donnait l’impression de brûler de l’intérieur.
Je sentais ma main chauffer et je soupirais légèrement avant de la retirer, indemne. Le feu m’avait toujours fasciné. Et ce mystère avait souvent donné lieu à de longues méditations.

- Je ne pense pas que j’irais. Je ne veux pas être loin de vous aussi longtemps…

Je me relevais, mais ne me retournais pas. Je ne voulais pas affronter son regard, alors mes yeux se portèrent vers le dehors. Je voyais aussi bien qu’en plein jour. Je percevais chaque flocon qui tombait lentement, allant rejoindre les millions d’autres tombés avant lui, sur le sol. Je savais que le vent se lèverait bientôt, rendant ce paysage paisible, proche de l’apocalypse. Le vent pouvait parfois souffler si fort, qu’il rendait chaque flocon aussi tranchant qu’un couteau.
D’ici, je voyais la forêt où nous chassions depuis plus de cinq mois… Je me souvenais de notre première chasse ici… Seigneur, je ne pourrais jamais l’oublier. Nous venions tout juste d’arriver…

Les gens d'ici nous avaient m'accueilli très chaleureusement, m'offrant de quoi nous sustenter pour cette première nuit. Ils avaient tenté de me prévenir des dangers du froid, de m'apprendre comment protéger les chiens, le tout avec des gestes. Je les avais trouvé aussitôt plus que sympathique et leur avais fait comprendre que j'étais médecin et qu'ils pourraient venir consulter dès le lendemain s'ils en avaient besoin.
Je me souviens que je pris ensuite congé, et retournais vers la maison, plié en deux par le vent. Esmée m’attendait, lorsque enfin je rentrais dans la douce chaleur de la maison.

- Ils sont adorables....

Je montrais le panier rempli à ras bord de poissons séchés et de galettes et laissais Esmée me débarrasser des fourrures, en me mordant l'intérieur de la joue. J'aurais rougi si j'avais pu. Son odeur m'enivra aussitôt et je ne pus m'empêcher de le lui faire remarquer:

- Vous sentez bon...

Je remarquais ses cheveux mouillés, et le parfum du savon qui rehaussait le sucré de son odeur habituelle. J’inspirais profondément avant de sourire, ignorant le trouble passager que j’avais remarqué sur son visage.

- Je pense aller me laver aussi... Voulez-vous aller chasser ensuite ?

Elle acquiesça en allant ranger les peaux. Je montais faire une rapide toilette et enfiler des vêtements propres. Tout frais et souriant, je revins dans l'entrée presque aussitôt et repris la conversation comme si je 'étais jamais parti.

- Mon cabinet est dans la dépendance, à l'autre bout du jardin... Je leur ai dit que les villageois pouvaient venir à partir de demain. Vous devriez les sentir, mais je pense que ça ira si vous avez bien bu...

Nous nous habillâmes rapidement des peaux et je lui pris le bras, souriant. Je l'entraînais dans la cuisine pour sortir par la porte de derrière.
Une immense forêt s'étalait devant nous, silencieuse et calme. Le seul bruit venait de l’air qui soufflait entre les branches. L'air était si pur ici... Tout était si calme. Pas de klaxon de ces nouvelles voitures... pas de bruit de la ville... Je me rappelle que j'eus la pensée que je pourrais vraiment bien me sentir ici.
Brusquement, je lui pris la main et me mit à courir. Je ne fus pas long à atteindre une vitesse vampirique, laissant le vent faire tomber ma capuche et fouetter mon visage.

Je me mis à rire comme un enfant alors qu'à près de 10 kilomètres du village, je lâchais sa main, pour prendre une boule de neige et la lui lancer. Son expression surprise intensifia mon hilarité, je me penchais pour me réapprovisionner et sentis soudain une énorme boule de neige qui inondait mon dos.
Amusé, je m'accroupis et fis des petites boules que je lui envoyais au fur et à mesure comme autant de mini boulet de canon… Qu’elle me renvoyait comme elle pouvait.
Et puis soudain, j'arrêtais de lancer mes projectiles et m'allongeais dans la neige. C’était comme être étendu dans un lit tiède.

- Nous allons être bien ici…

Je regardais le ciel d'un bleu azur quelques secondes, avant de tourner la tête vers ma compagne, en souriant. Je la vis acquiescer silencieusement et se pencher pour prendre de la neige et l'envoyer dans les airs, afin qu'elle retombe à la manière des flocons, sur moi. Nos regards se croisèrent... Aussi brillants l'un que l'autre puis je fermais les yeux, laissant chaque flocons toucher mon visage et me laisser une douce chaleur sur la peau. J'inspirais lentement, profitant de l'instant, avant de me relever et de me remettre à marcher.
Tout à coup, mon esprit fit pivoter automatiquement ma tête vers l'Est, sentant les effluves d'un troupeau de caribou. Je souris, et ne pus m'empêcher de mettre un soupçon de tendresse dans mon regard.

- Venez, avant que la neige ne me fasse perdre la raison à nouveau...

Je la laissais courir en avant, autant pour la "surveiller" que pour l'admirer. J'adorais voir sa foulée rapide, qui laissait à peine des traces dans la neige. J'adorais voir le vent jouer avec ses cheveux. Le blanc environnant rendait sa chevelure plus flamboyante que d'habitude. Elle était vraiment belle.... De nouveau mon coeur se souleva... Et je me demandais comment c'était possible...
La soif me gagna, dès que nous approchâmes du troupeau. Je me rendis soudain compte que ma gorge était plus sèche que je ne le pensais. Je n'avais pas chassé depuis un moment, et occupé comme je l'avais été, je n'y avais pas prêté particulièrement attention. C'était la première fois... La première fois que j’oubliais ce que j’étais… Notre soif était pourtant omniprésente… Comment avais-je pu l’occulter ? Mon regard se tourna vers Esmée… Puis, instinctivement vers les cervidés. J'entendais battre leurs coeurs à l'unisson.
Le grand mâle leva la tête pour nous regarder. Il nous jaugeait... Je m'arrêtais à l'orée du petit bois pour laisser Esmée opérer. Elle fonça sur un vieux mâle, alors que je m'accroupissais lentement pour lui montrer que je n'étais pas un adversaire. Je me méfiais toujours des réactions lors de la chasse. Mais j'avais si soif... Prudemment, je reniflais l'air pour m'assurer qu'aucun humain n'était dans les parages. Rassuré, je rouvris les yeux et mon regard chercha la proie idéale. Un coeur battait plus vite que les autres... Un coeur fatigué... Qui a déjà vécu de longue bataille...
Gardant Esmée dans mon champ visuel, je fus en une seconde sur la bête et fis entrer mes crocs tout juste dans la carotide. Le sang afflua aussitôt dans ma bouche, chaud, revigorant... Je grognais de plaisir sans pouvoir m'en empêcher...

- Vous voulez toujours entrer dans ma tête?

Le caribou perdit l'équilibre et je suivis le mouvement, restant au dessus de lui. Je buvais à longues gorgées mesurées. Dans la frénésie, j'avais presque perdu la notion du temps et de l'espace, jusqu'a ce que sa voix me rappelle à la réalité. Je terminais rapidement le cervidé avant de laisser sa tête reposer au sol. Je me relevais, passant ma langue sur les lèvres. Je ne pus empêcher mon esprit de me dire que je ne voulais que ça.... Entrer dans sa tête...

- Si vous voulez vous confier à moi, je suis là...

Le troupeau était parti au triple galop en remarquant la mort de deux d'entre eux, mais je savais que nous n'aurions aucun mal à les retrouver. Ma soif était atténuée, mais un ou deux de plus...

- En ce moment, je pense que vous n'avez pas assez chassé ces derniers temps...

Je tirais le cervidé sur le sol pour le cacher dans les fourrés quand sa voix résonna dans l'immensité. J’aurais presque pu croire qu’elle lisait dans mes pensées. Ainsi, elle l'avait remarqué...

- C'est gentil de vous inquiéter pour moi... Vous avez encore soif ?

- Non.. Disons que j'ai eu ce qu'il me fallait. Mais je vous accompagne quand même.

Elle m'imita et laissa tomber sa proie près de la mienne.

- Si nous allons rester ensemble un bon moment, il faut que nous prenions soin les uns les autres. Nous sommes une famille, après tout...

Un grand sourire apparut sur mon visage à ses paroles et je ne pus empêcher une pointe d’amour dans mes yeux. Je détournais rapidement mon regard pour ne pas qu’elle la remarque. J'avais envie de la prendre dans mes bras... Elle semblait si seule près de ces deux cadavres... Je lui offris mon bras.

- C'est vrai... Venez donc, chère épouse....

Lentement, je me remis à marcher. Mes paroles résonnaient encore dans ma tête. Si seulement cela pouvait être vrai... Si seulement ce n'était pas qu'une histoire... Si elle pouvait vraiment être mienne... Sans le vouloir, je resserrais mon bras sur le sien.
Nous marchâmes en silence plusieurs secondes. Si mon coeur n'avait pas été mort j'aurais juré qu'il aurait battu plus vite. Sa présence m’électrifiait. Je m'extasiais qu'elle soit là... Tout simplement.
Je sentis son regard sur moi et je me rendis soudain compte que j'avais serré un peu plus son bras. Je m'appliquais alors à rester le regard bien droit devant moi, impassible. Nous arrivions au bosquet où le troupeau avait cru trouver refuge... Cette fois, ils se méfièrent, quelques uns commençant même à courir, en nous voyant. Je lâchais son bras avant de m'élancer derrière une vieille femelle.
Elle accéléra en me sentant approcher, mais la nature ne l'ayant pas doté de ma vitesse je la rattrapais aisément. Elle botta, et je profitais de sa réaction pour attraper sa patte arrière et la faire chuter. J'étais au dessus d'elle avant même qu'elle touche le sol... Aussitôt, je me délectais de son sang, mon nez enfoui dans ses poils rêches.
Un caribou passa près de moi dans sa fuite, et telle la mort que j'étais, je la fauchais rapidement, attrapant sa jambe pour la faire chuter, elle aussi. En quelques minutes, deux nouveaux cadavres jonchaient le sol, et mes yeux avaient repris une couleur d'or fondu. Je me retournais et vis Esmée au sol, comme une statue magnifique que la neige commençait à recouvrir. Je me précipitais et dérapais jusqu'à elle.

- Esmée... Vous allez bien ???

Doucement, je tapotais ses épaules et sa capuche pour enlever la neige.

- Je.. Oui, je vais très bien.. Je vous... Je regardais.. Vous croyez que... que j'y arriverai?...


Je me remis à respirer, alors que je ne m'étais pas rendu compte que je m'étais arrêté. Je me détendis d'un coup, m'asseyant sur mes talons, en souriant légèrement. Je ne me savais pas si époustouflant… Doucement, je passais mes doigts sous son menton pour lui faire lever le visage vers moi.

- Je sais que vous y arriverez... Le temps aide beaucoup...

Je la regardais plusieurs longues secondes cherchant à savoir ce qu'elle pensait... mais je n'étais pas Edward, et celui ci refusait catégoriquement de me dire ce qu'elle avait en tête... Il devait nécessairement savoir ce que je ressentais pour elle... Alors, pourquoi ? Pour ne pas que je souffre ?
Je me levais avec un petit sourire et lui tendis la main.

- Rentrons...

- Je dois dire que j'aime mieux voir vos yeux de cette couleur.

Mon sourire s’élargit à sa remarque et je me remis à marcher, ma main glissant sur son bras pour se remettre à sa place. Je n’avais pas envie de rentrer.

- Bientôt, les vôtres auront la même couleur... Hum... Tout bien réfléchit… Vous voulez vous promener ?

Elle me gratifia d'un grand sourire, et j'étais sûr que mon coeur faisait un looping dans ma poitrine tant il me faisait presque mal.

- Oui. Avec joie..

Un étrange soulagement me prit et je soupirais légèrement incapable de baisser les yeux. Je dus faire un effort douloureux pour détourner les yeux et m'intéresser au paysage de nouveau.

- Il me semble qu'il y a un lac tout près...

Tournant le dos au village, j’accélérais légèrement le pas, pour mettre le cap plus à l'est que notre promenade initiale. Je laissais mon esprit vagabonder alors que nous marchions. J'aimais sentir sa présence près de moi, entendre sa respiration lente alors que marcher dans une neige de cette profondeur aurait dû être un effort pour nous deux. J’aimais ces paysages infinis qui me donnait l’impression d’être seul au monde.
Nous arrivâmes rapidement près du lac. Il paraissait encore partiellement gelé, mais en son centre, une grande superficie dévoilait déjà des eaux moyennement profondes.

- Dommage qu'il fasse si froid, il va falloir attendre l'été avant de plonger.

- Je ne comprends pas… Nous aurions froid?

Je la vis enlever un gant et se pencher pour toucher la glace.

- Non... Je me mis à rire. Mais, si on nous voyait... Imaginez… Deux personnes en train de se baigner alors qu'il fait en dessous de zéro ?

Mon regard fit le tour des environs. Nous étions si éloigné du village que les lumières n’étaient même plus visibles malgré la plaine et notre vision... Et la nuit étendait son voile noir...

- Remarquez...

Elle me regarda, radieuse, et fit quelques pas vers le centre du lac. Je ne pus m'empêcher de soupirer, sans oser bouger de peur que mon poids ne fasse craquer la glace. Je me fustigeais mentalement. J'avais peur de quoi ? Qu'elle tombe malade ? Ridicule...
Lentement, je fis quelques pas vers elle. Je la vis enlever ses vêtements chauds, ne gardant que sa robe d'intérieur. Elle fit de petits cercles avec son pied nu sur la glace, comme si elle en testait la texture. Je l'admirais en silence, le souffle coupé devant cette apparition presque divine. Elle était si sublime...
Son rire me fit revenir sur terre, et je clignais des yeux en décidant de me laisser aller.
L’imitant, j'enlevais mes chaussures, mes gants et remontait mon pantalon. Je fis mi marchant, mi glissant le tour du trou d'eau et m'approchais du bord pour m'y asseoir. La glace semblait assez épaisse. Je laissais mes jambes dans l'eau, battant doucement sous l'eau sans que je n'aie la moindre sensation de froid. Souriant, je levais les yeux vers elle.

- Vous voulez plonger ?

Elle s’assit en face de moi, et je plongeais mon regard dans le sien. L'eau, troublée de légères vaguelettes, nous séparait de quelques mètres.

- Vous d'abord.

Mon sourire se transforma en moue joueuse. Je remontais vivement mes jambes vers l'air libre et envoyais une gerbe d'eau sur Esmée. Je retirais mon haut, me retrouvant torse nu, et avec des yeux rieurs, je me laissais glisser dans l'eau, jusqu’au fond avant de m'agripper à une pierre pour ne pas remonter.
J'entendis distinctement son entrée dans l'eau. Je me laissais aller sur le dos, ma peau frôlant la terre alors que je m'étendais en étoile.
Et je la vis... Ses cheveux semblaient voler autour d'elle. Elle était magnifique. Je me repliais sur moi-même et donnais un petit coup au sol pour la rejoindre. J'avais tellement envie de la prendre dans mes bras... Elle me regardait avec tellement de...surprise ?
Je rêvais peut être, mais je jurerais qu'elle leva la main pour effleurer mes cheveux. Cependant, je ne pus le dire avec certitude tant j'étais dans un autre monde. Nous flottions presque en apesanteur dans un monde de silence. C'était comme si nous étions coupé de la réalité. Qu'il n'y avait plus que nous deux. Juste nous deux... Certes nous étions en promenade depuis plusieurs heures mais là... C'était comme si, je la découvrais... Adorable... Parfaite... Et... Oh, seigneur... L'eau glacée ne me faisait absolument rien, mais sa main dans mes cheveux me remplit aussitôt d'une cascade de frisson. Ce n'était pas un rêve.
Je fermais les yeux une seconde, avant de les rouvrir et de les plonger dans le rubis des siens. Lentement, ma main monta sur sa joue, la frôlant du dos des doigts. Ma gorge de noua en même temps que mon coeur gonflait dans ma poitrine. Je laissais ma main se déployer avec douceur sur sa joue avant de descendre effleurer son cou. Je sentis sa main descendre sur mon torse et lentement, j'allais la prendre entre mes doigts. Et... Sans le vouloir, mon autre main alla se loger derrière sa nuque pour attirer vivement son visage contre moi.
Je la pris tout contre mon torse, la serrant légèrement. Sa peau sur la mienne avait quelque chose de magique, et je n'arrivais même pas à regretter de ne pouvoir m'emplir de son odeur... Je l'avais contre moi... C'était juste... incroyable.
Ma main remonta dans ses cheveux pour aller se perdre dedans. Je mesurais chaque geste, de peur qu'elle ne change d'avis et ne se retire. Mon esprit partit dans des ciels majestueux où plus rien n'existait que ce moment. Je n'avais pas souvenir de m'être jamais senti aussi bien.... Aussi à ma place. J'avais envie de remonter à la surface pour parler, pour lui avouer mon amour... Je devais lui dire.... Mais j'avais si peur que cela coupe le moment... Ce moment si parfait.... Alors je ne bougeais pas, laissant une main dans ses cheveux, une autre entourant ses hanches avec légèreté.
Je la sentis remuer, et par réflexe mon bras autour d'elle desserra perceptiblement son étreinte. Je ne voulais pas qu'elle se sente emprisonnée... Qu'elle sache que je lui laissais le choix. Mais, je frissonnais de tout mon corps quand je compris. Elle enfouissait son visage contre moi... Seigneur... Fut-ce possible qu'elle se sente bien ? Je changeais d’avis, et l’attirais plus encore contre moi, rapprochant son corps du mien... Je soupirais légèrement en fermant les yeux, des bulles venant alors danser tout autour de nous.

Et puis, soudain, j'eus l'impression que le monde s'écroulait. Elle se dégagea de mes bras en douceur mais avec une assurance qui m’empêcha de la retenir. Je la vis remonter sans pouvoir bouger. J'avais été trop loin... J'avais cru trop de chose... Voilà qui me servirait de leçon. Je fermais les yeux et soupirais profondément avant de remonter à sa suite, prenant soin de ressortir à l'endroit où j'avais plongé. Je remontais sur la glace, les gouttes d'eau me recouvrant, gelant presque instantanément. Je me rhabillais rapidement, et me tournais vers elle.

- Je vous demande pardon... Je.... Je n'aurais pas dû... Je ne sais pas...

- Je vous en prie, ne vous excusez pas...

Je l'observais. Elle semblait tellement triste. Alors pourquoi je la trouvais encore si belle. N'étais je que cela au final ? Un simple corps guidé par les hormones ? Je n'arrivais pas à occulter ses cheveux qui ondulaient si joliment dans son dos... Ni le gel qui semblait les décorer.
Je l'avais fait souffrir. Je savais pourtant qu'elle avait une blessure profonde à cause des hommes... Sa main sur moi… L’avais-je rêvé ? Probablement, et j'avais voulu faire mon égoïste... Et elle me disait de ne pas m'excuser ? Seigneur, j'avais envie de me mettre à genoux pour lui demander pardon. Je restais interdit au même endroit. Je ne parvenais pas à bouger, ni à parler. Je me sentais si vide...
Je baissais les yeux, attendis qu'elle soit prête et me mis à marcher lentement pour lui faire comprendre que nous pouvions rentrer à deux. J'avais tout gâché. Nous étions si bien quelques minutes auparavant... Mais... Il fallait admettre qu'au moins, j'avais pu vivre quelques secondes de bonheur pur.... Je devrais la remercier pour cela. Je devrais me contenter de l'avoir près de moi. De l'avoir sauvé et qu'elle accepte cette vie. Juste pouvoir la voir chaque jour devrait, et allait me suffire. Je n'en demanderais plus autant... Voilà longtemps que j'avais appris à me contenter de ce que j'avais.

J’avais tenu cette promesse à moi-même depuis. Je ne la touchais qu’en public, lorsque les circonstances l’exigeaient. Seuls mes regards pouvaient me trahir parfois. Mais c’était de plus en plus dur de faire semblant. J’avais l’impression de ne réellement vivre que lorsque nous étions en public justement. Parce que le mensonge et la réalité étaient en train de se retourner. Parce que lui prendre la main… Parce qu’embrasser sa joue, était devenu plus qu’un masque. Parce que c’est quand je me retenais de la prendre dans mes bras parce que nous étions seul, que j’avais l’impression de mentir. De me mentir… Et de lui cacher que je l’aimais. Il allait bien falloir que je lui avoue…

- Oh, ça me rappelle !

Avec un sourire, j’allais jusqu’à ma sacoche, et en sortis un disque. Me relevant, je le montrais en me mordant légèrement la lèvre.
J’ouvris le couvercle du phonographe et y déposais le disque.

- Je l’ai entendu à la radio à Nikolaï…

*

Comme si cela pouvait donner une raison pour avoir fait trois magasins différents pour trouver cette chanson. Je la trouvais si belle… Et j’avais tellement pensé à Esmée quand je l’avais écouté… C’était comme si elle avait été à côté de moi.
Je me tournais lentement vers elle et lui tendis la main.

- Me ferez vous l’honneur ?


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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Mar 26 Jan - 2:43

Assise dans le canapé, je restai immobile. Le rire qui m’avait secoué quelques instants plus tôt s’était évanoui, laissant à peine l’ombre d’un rictus sur mes lèvres. En fait, je crois même qu’il avait totalement disparut de mon regard. Mon cœur était si léger quand j’étais avec lui. La douleur semblait vestige d’un passé lointain. Alors pourquoi fallait-il que cette tristesse m’envahisse à nouveau. Que je recommence à penser aux enfants que je n’aurai jamais, et à l’amour impossible qui dévastait tout dans ma poitrine. Il était là! Je ne voulais pas être triste. Je voulais profiter du temps avec lui, de ces précieuses minutes que j’attendais malgré moi toute la journée. Je voulais cacher mon trouble derrière un léger sourire et une voix douce

"Un regard de mère. Heureuse de pouvoir rester un tant soit peu maternelle."

Je posai mes deux mains sur mon genou, sommet de mes jambes croisées avant de me tourner vers la fenêtre. Il faisait un peu plus sombre, mais j’avais l’impression de voir le petit garçon passer en courant encore, ces petits yeux bridés étirés par un rire si éclatant qu’il le rendait unique.

"Il est adorable, ce petit…"

…Mais… Il y avait un mais. Même sans le dire, il flottait quand même dans l’air. Même sans le pouvoir d’Edward, j’étais certaine que Carlisle l’avait entendu. Et il se doutait probablement même de quoi il s’agissait. Je ne pouvais pas me donner la chance de trop m’attacher au garçon, de trop m’en approcher. Je m’étais quelques fois surprise en train de mijoter un plan pour attaquer une des enfants des voisins. J’étais effarée. Outrée. Suite à cela, j’étais restée plusieurs jours enfermée à l’intérieur sans vouloir sortir, me gardant bien de dire pourquoi à Carlisle. Je ne sortais que pour chasser le soir, lui permettant de m’accompagner. Il remarqua assez rapidement que je me nourrissais beaucoup plus que d’habitude, ne laissant pas le moindre soupçon de soif me contrôler. Cela en était bien assez pour moi d’avoir envie de tuer un enfant, s’il fallait en plus que mes craintes ne se réalisent.

Il m’avait évidemment questionné. Je ne sus pas combien de jours il avait du réfléchir à comment me poser la question, mais elle semblait si construite lorsqu’il la posa que je savais que ce n’était pas instinctif. Une autre bonne chose à passer beaucoup de temps avec lui; je commençais à le connaître. Et à nouveau, je l’avais fait entrer dans ma tête. Je quittai brusquement mes pensées en ramenant mon regard vers Carlisle.

Je le suivi des yeux lorsqu’il se leva pour allumer le feu. Je le regardai faire comme si souvent. À vrai dire, j’admirais le moindre de ses gestes. Comme si souvent. Ils étaient si gracieux, si précis. Je continuais toujours à m’époustoufler de voir à quel point le simple geste de gratter une allumette arrivait à me faire apparaitre la plus gracieuse des danses comme un dandinement ridicule. Certes, il y avait notre nature de vampire qui aidait, et rien ne pouvait effacer cet… avantage sur la précision et l’élégance.

Mais encore plus que cela, cet homme m’hypnotisait. Je pouvais regarder les doigts de Edward virevolter sur les touches de marbres pendant des heures, complètement subjuguée par la danse qu’ils faisaient. Mais ce n’était rien à comparé au magnétisme qui m’attirait inconditionnellement et irrésistiblement vers Carlisle. Je n’y pouvais rien. Si je ne me retenais pas, je sais que mon corps à lui seul se dirigerait vers le sien dans l’espoir de le toucher sans cesse. Et même mon esprit n’attendait que ce moment. Il s’emballait en attendant le prochain moment où nous allions pouvoir sortir… Où il allait embrasser ma joue, ou simplement appuyer sa joue sur ma tempe. Je fermai les yeux une fraction de seconde pour me remémorer la sensation qui avait traverser mon corps la dernière fois qu’il l’avait fait.

- Je ne pense pas que j’irais. Je ne veux pas être loin de vous aussi longtemps…

Je relevai les yeux vers lui, croisant mes doigts ensemble. J’aurais pu jurer que mon coeur avait battu. Un simple battement. Sourd. Et s’il ne l’avait pas fait physiquement, je l’avais sentit vibré dans tout mon corps. Il ne voulait pas être loin de moi… Il… Une baffe virtuelle claqua mon esprit en plein visage alors que, dans un sourire masquant ma déception, mon excitation retomba d’un seul coup encore plus bas qu’elle était déjà. Vous. Edward et moi. Pas que moi… Vive les joies de la syntaxe… Je devais revenir sur terre. Arrêter de rêvasser. Ça en devenait ridicule…

- Oh, ça me rappelle!

Revenant au monde réel, je le regardai sortir un disque de son sac pour le faire jouer dans le salon. Une douce musique de cuivre s’éleva dans le salon, suivit d’une douce mélodie qui m’était pourtant inconnue. La pièce était toute simple, et magnifique dans sa simplicité. Les paroles débordaient de foi et de belles promesses. Des promesses d’amour.

- Me ferez-vous l’honneur?

Et avoir la chance de me retrouver dans ses bras? Comment pouvais-je maintenant revenir sur terre, au monde réel, alors que mon esprit divergeait déjà vers des espoirs et des désirs impossibles et que je m’étais interdit. Mais je ne pouvais lutter. Comme un aimant, je courrais vers lui… Maintenant, je devais voir si je courrais à ma perte. Mais pas maintenant. Un sourire ravi éclaira mon visage alors que ma poitrine se resserrait devant le mélange d’émotions qui déferlaient en moi. De la crainte, de l’espoir… De l’amour. Je le sentais présent dans mon regard, et je n’avais pas la force de l’effacer.

"Avec joie."

Je me levai, avançant vers lui un pas à la fois. Je mesurais mentalement la distance qui diminuait. Il restait exactement quatre pas avant que j’arrive à une distance raisonnable de lui. Trois pas. Ma respiration s’accéléra légèrement sans raison précise alors que je plongeais mon regard dans le sien. Deux pas. Mon bras se tendit vers l’avant et, lentement, je glissai ma main dans la sienne.

Comme à toutes les fois qu’il prenait ma main, une étrange vague de frisson traversa mon corps. J’avais souvent l’impression que c’était un courant électrique qui me faisait trembler, comme si le simple contact de sa peau sur la mienne excitait mes nerfs d’une manière exceptionnelle. Un pas. Mes doigts se refermèrent lentement autour de sa main, alors que je levai l’autre main pour la poser sur son bras. En faisant le dernier pas, je laissai glisser lentement ma main jusqu’à son épaule.

J’avais la gorge serrée, la nervosité nouait mes entrailles. Et pour détendre l’atmosphère, je soufflai avec un petit sourire amusé;

"Dommage que nous soyons déjà mariés. Ce sont de si belles paroles. De si belles promesses."

†•´*¤*' •††•´*¤*' •†


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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Mar 26 Jan - 6:53

Comme dans un rêve, je la vis se lever et venir vers moi. J’avais proposé cette danse sur un coup de tête, presque certain qu’elle refuserait poliment.
Parfois, comme à l’instant, elle semblait bien, presque heureuse, et puis perdait soudain toute gaieté. Je savais bien d’où la blessure venait, et je me maudis intérieurement d’avoir transmis la remarque de Miki.
Le petit chenapan avait traversé le village avec moi ce matin là, et nous avions parlé de chose et d’autre. Il m’avait demandé quand est ce qu’il reverrait aga.
Je n’avais pas fait le lien sur le moment, mais quand il vit mon air incrédule il murmura le nom d’Esmée. La traduction du mot me revint aussitôt, comme une évidence… Ce simple mot m’avait donné une réflexion pour la journée.
Cette simple phrase montrait combien nous avions été accepté par le village. Même si Esmée sortait vraiment peu, ils avaient appris à la connaître et à l’aimer. Pour moi c’était son don. Se faire aimer par quiconque… En la voyant, on ne pouvait que vouloir la chérir.
Malheureusement, son grand défaut restait le manque de confiance en elle. Elle avait si peur de tuer. Je le comprenais tout à fait. Aussi, je la laissais gérer ses chasses comme elle l’entendais, l’accompagnant à chaque fois plus pour passer du temps avec elle que par prudence.

Je ne pus retenir un léger frémissement lorsque ses doigts frôlèrent les miens avant de se refermer dessus. Et un autre lorsqu’elle toucha mon bras. Seigneur, faîtes qu’elle ne les sente pas…
Je me sentis soudain nerveux. Je n’avais jamais fait cela. Comment demandait-on en mariage une femme à notre époque ?
Mon père allait me choisir une femme juste avant que je ne devienne un vampire... Je m’étais longtemps demandé quel aurait été son visage si j’avais pu la rencontrer… Comment je lui aurais fait ma demande pour obéir à mon père… Quelle vie nous aurions eu ?
Plusieurs années plus tard, quand les souvenirs étaient si lointains que je devais faire des efforts pour y avoir accès, j’avais découvert que j’étais amoureux d’une femme alors qu’un bateau m’emmenait loin d’elle. Comment aurais-je pu savoir qu’un vampire pouvait aimer ? Comment reconnaître quelque chose que l’on n’avait jamais connu ?

Mais aujourd’hui je savais. Je savais que non seulement je pouvais aimer, mais que cette femme là, Esmée, faisait naître en moi plus d’amour que je n’en avais jamais eu depuis deux siècles.
Je me serais damné – si je ne l’étais pas déjà - pour un simple regard de sa part, de ce regard dont elle m’honorait parfois et où je jurerais voir de l’amour. J’étais quasiment sûr que ce n’était pas mon imagination, mais j’étais aussi bien trop timide et prudent pour ne pas poser la question.
Qu’arriverait-il si je me trompais ? Si elle éprouvait juste un peu d’affection amicale et que je lui faisais ma demande ? Comment pourrait-elle continuer de jouer le jeu ensuite en sachant les sentiments que j’éprouvais pour elle et qui n’étaient pas réciproques ?
Ce serait gâcher ce que nous avions construit depuis tout ces merveilleux mois qui m’avaient été donné en sa compagnie… Et je ne pouvais pas me le permettre.

Je posais ma main libre sur sa hanche, juste dans un effleurement tant j’avais peur de la brusquer. J’allais ordonner à mon cerveau de commencer à valser, comptant les pas consciencieusement quand elle souffla…

"Dommage que nous soyons déjà mariés. Ce sont de si belles paroles. De si belles promesses."

Nous nous mîmes lentement à danser mais mon souffle était coupé dans ma poitrine. Aucun son ne voulait plus en sortir. Quand je pensais qu’il allait falloir que je lui avoue mes sentiments, je n’avais pas imaginé que ce serait ce soir. Mais l’occasion était trop belle. Nous n’étions pas réellement marié… Alors.. Etait-ce une invitation de sa part ? Nous n’avions même pas eu de cérémonie puisque ce n’était qu’une mascarade pour passer inaperçu.
Toutes à mes pensées, je ne m’entendis parler qu’après que les mots furent sortis de ma bouche…

- M’attendriez-vous ?

Nous tournoyions dans le salon mais je n’en avais pas conscience. Ma respiration reprit, rapide, presque erratique quand je me rendis compte tout à fait de la portée de mes mots. Je resserrais légèrement ma prise sur sa main, rapprochant nos corps jusqu’à ce que mon visage touche ses cheveux. Je baissais la tête pour pouvoir poser ma joue tout contre sa tempe.
J’inspirais profondément, bien trop heureux de pouvoir le faire pour trouver cela déplacé. Les mots étaient lâchés et puisque c’était fait, autant profiter de ce moment.
Alors, je la pris simplement contre moi… Comme cette fois là dans le lac. Je m’étais promis de ne plus craquer… De ne plus nous faire souffrir tout deux. Mais de toute manière après ce que je venais de dire, soit elle partait et je la perdais, soit elle restait et dans ce cas, cette étreinte ne ferait de mal à personne.
D’une main, je la serrais contre moi tendrement, alors que de l’autre, je cherchais ses doigts pour les entrelacer aux miens. J’eus soudain peur qu’elle ne veuille reculer… Je ne voulais pas la perdre.

- Ne partez pas Esmée… Restez avec moi pour l’éternité… J’ai tant besoin de vous… Je…

Je fermais les yeux, tentant vainement de reprendre un rythme respiratoire normal. Je devais finir ma phrase… je devais le faire avant qu’elle ne me coupe et peut être réduise à néant mes espoirs de l’avoir près de moi pour toujours.
Je rouvris les paupières et ma main sur ses hanches monta jusqu’à son visage pour le caresser tendrement. Avec une légère hésitation, je posais mon front contre le sien, et plongeais dans ses prunelles devenues presque dorées.

- Je vous aime…
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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Mer 27 Jan - 7:06

Mon estomac fit un étrange bond dans mon abdomen. Je sentais son corps frémir sous mes doigts, alors je tentais de ne pas y faire attention. Mais malgré moi, les pensées et les craintes se bousculaient dans mon esprit. Il ne voulait pas que je le touche et se forçait sans doute pour être poli. Après tout, il avait acheté un disque et, pour être gentil, il me l’avait fait écouter. Et se sentait obligé de me demander à danser? Non, cela ne pouvait être vrai… Alors mes doigts étaient trop froids sur sa peau? Idiote, il a la même température corporelle que la tienne… Peut être que je lui rappelais autant de souvenirs désastreux de relation amoureuse que ceux que j’avais. Qui sait… Il ne me parlait jamais personnellement de lui, ou que très peu. Je savais d’où il venait et connaissais beaucoup plus de sa formation médicale que sur sa propre personne.

Le temps s’arrêta alors, et le doute s’approfondit dans mon esprit lorsqu’il toucha ma hanche. Toucher, c’était un bien grand mot. Il ne me touchait à peine. Un frôlement si léger que je me demandais si ce n’était pas mon imagination… Du moins, si je n’avais pas des frissons incroyables dès qu’il effleurait mon corps, je n’aurais pas su que c’était le cas. Avait-il si peur pour ne pas risquer le contact. Je dus refouler le désir d’alléger ma prise sur son épaule et celle dans sa main au dépend de les retirer complètement. Et aussi un gémissement attristé en sentant tout briser dans ma poitrine. Mon cœur en miette pouvait donc briser encore? Mes rêveries pouvaient donc me faire du mal aussi rapidement… Et pourtant, j’espérais que ce soit moi qui me faisais mal à moi-même… que ce n’était que le fruit de mon imagination. Que je ne vivais pas réellement que pour le voir, pour sentir son odeur. Que mon cœur mort ne s’emballait pas vraiment lorsqu’il murmurait près de mon oreille, ou que je me tenais tout près de lui. Que je n’aimais pas réellement… Il fallait que je croie que je ne pouvais aimer… Que c’était physiquement impossible pour moi…

Une seconde sembla passer alors. Son souffle était coupé, tout comme le mien. Autant je désirais respirer son odeur et savourer sa présence si près de moi, autant le trouble qui m’envahissait m’empêchait de penser correctement. Et malgré l’immense tourbillon de pensées, je savais qu’une seule sortait du lot. Et c’était justement celle que je ne voulais pas écouter. Je l’aimais, je l’aimais. Je l’avais toujours aimé. Depuis la première fois que je l’avais rencontré, j’en étais tombée follement amoureuse. Un amour de jeunesse, un fantasme d’adolescente qui n’avait jamais voulut me quitter. Au contraire. Il continuait de grandir dans mon cœur à toutes les secondes qui passaient. Et le destin m’avait remis sur son chemin. La vie… plutôt la mort, venait-elle me donner la chance d’être enfin heureuse? Est-ce que le Seigneur avait décidé de m’offrir une vraie vie? Je tentais de chercher au fond de moi quelque chose qui m’aurait mérité l’enfer que j’avais vécu. Je ne trouvais rien. Je ne demandais qu’une raison, une seule, qui n’était jamais venue…

Je baissai les yeux pour regarder son torse. Devais-je faire confiance en Dieu pour qu’il m’offre quelque chose d’aussi puissant, d’aussi beau. Quelque chose qui ne m’avait jamais été donné de chérir. Avec Charles, j’avais essayé. Mais comment contrôler l’amour? Il n’y avait rien eu d’autre entre nous que la crainte, la peur, la douleur… Je ne valais rien à ses yeux. J’étais ni plus ni moins qu’une de ses possessions. Il avait eu ce qu’il voulait; qu’est-ce qu’il pouvait bien en avoir à faire de moi maintenant? Il avait son alcool; son seul véritable amour. Être marié n’avait été que de malheur. Des mensonges.

L'aimeras-tu, la consoleras-tu, l'honoreras-tu, dans la maladie, comme dans la santé, et renonçant à toute autre union, lui resteras-tu fidèle jusqu'à la mort?
Et j’y avais cru?

Le mariage même avait été un mensonge. De belles paroles… De belles promesses. Et au fond, pourquoi? Pour rien. J’avais toujours essayé d’être une bonne chrétienne. Une bonne épouse. Mais est-ce la volonté de Dieu que mon corps et mon cœur portent maintenant tant de cicatrices? Les marques s’effacent, les blessures guérissent. Mais la douleur ne s’en va jamais. Et je n’avais jamais senti autre chose que cela avec Charles. Et si Dieu pardonnait, je ne crois pas que j’y arriverais un peu.

D’un autre côté, Carlisle n’était pas Charles. Il était impossible de les comparer, mis à part leur sexe. Il était encore plus que son contraire. Rien n’était comparable à ce que je ressentais en la présence de Carlisle. Le moindre de ses frôlements sur ma joue créait en moi plus de sensations que toutes celles que je n’avais jamais ressenties avec mon ex-mari lorsqu’il touchait mon corps entier. En avais-je déjà ressentis..? C’était cela aimer, donc. Sentir un poids qu’on ne savait même pas avoir sur la poitrine s’envoler dès qu’on le voit. Et le voir revenir encore plus réel lorsqu’il nous quittait… De pouvoir danser ainsi en ayant l’impression d’être dans un monde imaginaire… Un monde merveilleux…

Je me laissai entrainer dans les douces vagues de la musique, guidée par ses bras. Mon esprit tournoyait comme nos corps. Et j’étais bien. Comme à toutes les fois que j’étais en sa présence. Je ne pouvais plus continuer à laisser mon passé me tuer… C’était plus qu’un fait. C’était une certitude. Je l’aimais. Et je devais embrasser cet amour une bonne fois pour toute, et cesser de le nier. À quoi bon puisque je savais qu’il n’allait jamais me quitter, comme il ne l’avait pas fait depuis ma tendre adolescence. Encore faut-il maintenant que j’arrive à l’avouer. Mes pensées se brisèrent brusquement lorsque sa voix s’éleva.

- M’attendriez-vous ?

Je l’entendis reprendre brusquement sa respiration alors que la mienne restait encore plus coincée dans ma gorge. Mon esprit se figea quelques secondes avant de pouvoir analyser les mots qui venaient de résonner à mon oreille. L’attendre? Une fraction de seconde, je me questionnais à savoir où il allait. Puis, un long souffle quitta mes lèvres avant d’inspirer à nouveau pour retenir encore mon souffle. L’attendre… Comment pouvais-je trouver les mots pour lui dire… Lui avouer… Je l’attendrais toute ma vie s’il le fallait, où qu’il aille, quoiqu’il fasse…

Mais les mots se coincèrent dans ma gorge en sentant sa main se refermer sur la mienne. Nous ne faisions plus que danser, et je le sentais… Nous étions tout simplement ensemble. Et ce mot suffisait à tout décrire. Il ne prenait ma main que lorsque nous étions au village. Un long frisson traversa mon corps… Seigneur… Et il n’appuyait sa joue contre ma tempe que lorsque nous étions en public. Lorsque nous devions être amoureux. Qu’est-ce que cela pouvait bien signifier. Mon souffle se libéra de ma poitrine pour s’accélérer, le reste de mon corps incapable de bouger autrement que pour suivre les pas de danse. Et je compris alors que nous ne devions pas simplement l’être… Nous l’étions.

La danse ne dura pas plus longtemps. Il m’attira à lui. Ma tête retrouva l’endroit contre son torse qu’elle avait pris une fois jadis. J’étais incapable de bouger. Cependant, mon cœur était plus vivant qu’il n’avait jamais été. Tout semblait si irréel dans mon esprit. J’étais prise dans un nuage dense. Je ne comprenais pas vraiment ce qui se passait. Mais mon corps savait ce que je voulais et m’aider à trouver le chemin. Ses doigts cherchaient les miens, et les trouvèrent rapidement. Délicatement, je tournai la main pour facilité leur union.

- Ne partez pas Esmée… Restez avec moi pour l’éternité… J’ai tant besoin de vous… Je…

Il y avait des choses qu’on espérait. Des fantasmes, des rêves fantastiques. Et s’il y avait une chose que j’avais toujours espéré, toujours voulut, c’était bien ce qui ce passait en ce moment. Et jamais je n’aurais cru voir ce rêve se réaliser. Pendant toutes ces années, je m’étais accrochée à l’espoir que Carlisle Cullen veule de moi un jour, et me sauve de mon enfer sur terre. Ce jour était arrivé… et il avait fait bien plus que me sauver de l’enfer. Il m’avait offert un paradis.

Un montagne de bonheur emplit mon être. Je n’avais jamais été aussi heureuse. Je frémissai sous sa main, savourant la caresse qui remonta jusqu’à mon visage. Et comme j’étais naïve de croire que le rêve ne pouvait être plus magnifique, plus magique, il ajouta;

- Je vous aime…

Lentement, je levai les yeux vers lui pour les plonger dans son regard. Mon front contre le sien, mon regard amoureux dans le sien, nous étions figés dans le temps. Je ne pourrais dire combien de temps nous restâmes ainsi. Je venais de plonger dans les tourbillons dorés de ses yeux, la bonté de son âme. Lentement, mon esprit reprenait ses esprits. Je l’aimais dans aucun doute possible. Il m’aimait aussi… C’était vrai. Nous nous aimions. Et je devais le lui dire. Lui apprendre que nous nous aimions. Que je l’aimais.

"Pour l’éternité… "

Est-ce que je répondais à combien de temps j’étais prête à l’attendre? Est-ce que j’affirmais que je ne partirai pas, que je resterai avec lui pour l’éternité? Toutes réponses étaient bonnes. Mais je voulais surtout dire une chose. Dire les mots, les bons mots, une bonne fois pour toute pour me libérer. Ma voix se coupa quelques secondes, et je rajoutai en murmurant encore plus doucement;

"Je vous ai toujours aimé…"


Le temps reprit son court pour quelques secondes. À peine quelques secondes. Les secondes qu’il me fallut pour me décider. Pour étirer le cou. Quelques secondes pour venir effleurer dans une caresse, légère et douce comme celle d’une plume, ses lèvres des miennes. Et le temps s’arrêta à nouveau.

†•´*¤*' •††•´*¤*' •†
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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Jeu 28 Jan - 5:20

La première chose que je remarquais à ma première question fut sa respiration bloquée. Un bloc tomba dans ma poitrine, mais je l’ignorais le plus possible. Elle semblait si tendue, que j’hésitais un millième de seconde à me taire. Mais puisque j’étais lancé, autant terminer ce que j’avais commencé.
Ce bloc se dilua instantanément lorsqu’elle expira alors que je posais légèrement ma joue tout contre elle. Elle ne me repoussait pas ! Et mieux, je sentis qu’elle m’aidait à entrelacer nos doigts, faisant par là même gonfler mon cœur d'espérance.. Ellel avait toujours été là, mais je l’avais inlassablement bien maîtrisée pour me protéger au cas où. Et là l’espoir fondit sur moi, écrasant presque tout mes doutes sur son passage. Avais-je été si aveugle que je n’avais pas vu qu’elle m’aimait aussi ? Je pouvais bien croire que l’amour rendait aveugle, mais à ce point même que l’on ne voyait pas les sentiments de son aimée ?
Chaque regard, chaque geste qu’elle m’avait accordé repassa dans mon esprit. Le fait que nous soyons mari et femme pour passer inaperçu m’avait induit en erreur. Ainsi, ces attitudes étaient réelles ? Tout comme les miennes ? Etait-ce possible ?

Lorsque j’eus finis de lui révéler mes sentiments, une petite boule tomba dans ma gorge sèche. Et si… Et si la peur l’empêchait de se laisser aller ? Et si le traumatisme subit avec Charles était plus fort que l’amour qu’elle semblait avoir pour moi ?
De nouveau, lorsque son regard s’accrocha à moi toutes ses questions volèrent dans le lointain. La boule s'évapora elle aussi pour faire place à une seule certitude. Ce regard là… Je ne l’avais jamais vu aussi profond, aussi aimant. J’appuyais un peu plus ma main sur sa joue en souriant faiblement. Seigneur, elle m’aimait. J’essayais vainement de retenir le bond de mon cœur, mais c’était peine perdue. Elle n’avait encore rien dit, mais je le savais. Je le voyais dans ses yeux. Et ses mots libérèrent totalement mon corps entier.

"Pour l’éternité… "

Tout était dit. Je ne me posais même pas la question de savoir à quoi elle répondait. Ma main se serra légèrement sur la sienne par réflexe. Je dus me retenir pour ne pas la coller un peu plus à moi sous l’émotion. Et puis de nouveau sa voix, si douce, s’éleva jusqu’à moi.

"Je vous ai toujours aimé…"

J’en restais sans voix. Que dire, que répondre quand ce que vous avez souhaité depuis des mois vous est donné d’une manière aussi belle ?
Mon amour avait commencé à croître dès que je l’avais revu. Je m’étais aussitôt souvenu de cette jeune fille attachante que j’avais soignée. Je n’avais tout simplement pas pu la laisser mourir, et une fois la transformation terminée, quand elle s’était réveillée, j’en étais tombé aussitôt irrévocablement amoureux. Cet amour n’avait cessé de grandir sans que je ne puisse faire quoi que ce soit.
J’avais pourtant essayé de m’en protéger en me disant qu’elle ne pourrait pas aimer celui qui l’avait empêché de rejoindre son enfant par pur égoïsme. Celui qui l’avait transformé en monstre assoiffé de sang. Et lorsque la soif la faisait tant souffrir qu’elle avait craqué et tué, cela n’avait qu’attisé cette impression.
Mais au fond de moi, je voulais la protéger, je voulais la chérir. Ma pire crainte était qu’elle ne décide de partir, loin de moi. Je savais que je ne pourrais pas la retenir, ayant bien trop peur de lui avouer mes sentiments. Et la situation était restée ainsi pendant des mois, chacun de nous ayant peur de la réaction de l’autre.

Je n’arrivais pas encore à croire que le rêve se réalisait. Je n’aurais pas pensé pouvoir me laisser aller si simplement dans ses bras. Et je n’y crus d’abord pas quand son visage s’approcha du mien.
Je n’y crus vraiment qu’à l’instant où ses lèvres touchèrent les miennes, laissant couler de douces sensations le long de mon dos.
Ses lèvres sur moi avaient un goût légèrement sucré. Son odeur m’enveloppait tout entier et je me retrouvais soudain en train de flotter dans un nuage de bonheur. Je laissais échapper un petit gémissement, mon esprit bien trop embrouillé pour penser correctement et le retenir. Mon cœur fit un bond dans ma poitrine, déversant en totalité, l’amour si longtemps contenu.
Mes bras se refermèrent plus fermement autour d’elle, alors que je fermais les yeux en répondant à son baiser.
Je laissais mes lèvres caresser les siennes doucement, encore timide. La terre aurait pu cesser de tourner… Même se mettre à tourner à l’envers, je ne l’aurais pas remarqué. Il n’y avait plus qu’elle… Il n’y avait plus que ses lèvres et les effets qu’elles provoquaient dans tout mon corps.
Je n’avais jamais ressenti ça. J’avais l’impression que plus rien ne pouvait me blesser ou même m’atteindre. Qu’à jamais je serais protégé par un ange merveilleux qui m’offrait sa vie.
Chaque partie de mon corps se réveilla sous le flot d’émotions qui coulait en moi. Je ne m’étais jamais senti aussi vivant de toute ma vie, même en tant qu’humain. Je pouvais sentir chaque terminaison nerveuse, chaque pore réagir. Une douce chair de poule m’enveloppa, et je me surpris à frémir légèrement.
Mus par un instinct que je ne me connaissais pas, mes mains montèrent lentement dans son dos, pour la coller un peu plus contre mon corps. Ma langue vint goûter ses lèvres avec une petite hésitation. Plusieurs petits chocs électriques me secouèrent et j’allais un peu plus en avant, allant cajoler la sienne avec délicatesse. Je verrouillais le plus possible le désir qui montait en moi, préférant que ce baiser ne contienne que l’amour que je lui vouais sans être gâché par une impatience inutile.
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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Lun 15 Fév - 5:47

Il eut un instant où j’entendais une voix crier dans mon esprit. Une voix paniquée qui me criait ; Mais que fais-tu ! Aussi certaine que je l’aimais, et aussi certaine qu’il m’aimait, je n’arrivais pas à étouffer cette voix. Mon visage avançait vers le sien, et je n’avais qu’une seule envie ; de la faire taire à tout jamais. Cette voix effrayée de mes sentiments, d’ouvrir mon être. Moi, une personne qui a si peu à cacher. J’aimais tant m’ouvrir aux autres, accueillir les joies, les peines. Partager mon bonheur et le leur. Mais il y avait eu un moment dans ma vie où j’ai commencé à refuser tout accès à l’amour. À l’instant même où je ne croyais plus pouvoir vivre. Encore moins aimer.

Et pourtant, me voila. Plus vivante que jamais, animée entièrement par ce qui venait de sortir de la pénombre. J’ignorais la voix. Je ne voulais plus l’écouter. Et même si je sentais dans ma gorge un trémolo d’inquiétude, je la ravalais en fermant les yeux. Je ne pouvais plus reculer. Je ne voulais plus reculer. Je l’aimais tant. J’embrassais cet amour en moi. Et j’allais embrasser mon amour. Mon nez frôla lentement le sien avant de poser mes lèvres contre les siennes.

Mon corps eut une réaction immédiate. Et surprenante. Un frisson descendit brusquement dans mon dos, ralentissant pour s’attarder dans le creux de mes reins. Il se diffusa également le long de mes bras, chatouillant ma nuque au passage. Instinctivement, je cambrai les reins sous ce stimulus que je ne reconnaissais pas. Ma peau se couvrit de chair de poule, comme si je n’avais plus cette immunité au froid et que je me trouvais en pleine tempête. Son gémissement décupla cette sensation de blizzard dans mon corps.

Je sentais mes sens entiers réagir à ce nouveau contact avec une puissance que je n’avais jamais ressenti. Le moindre frôlement de la peau de ses lèvres contre les miennes envoyait mon esprit dans un brouillard épais qui m’empêchait de réfléchir. Et faisait taire à tout jamais la voix dans ma tête. Ce brouillard ne cessait de s’épaissir, alors que son odeur s’infiltrait directement dans mon cerveau pour me rendre encore plus enivrée par lui.

Et son goût… Un profond soupir quitta mes lèvres. C’était si… Tellement… C’était plus que je n’avais jamais imaginé. Mon corps semblait fondre littéralement, mes jambes menaçant de se dérober sous mon poids. Seigneur… Il y avait sur ses lèvres un goût qui me faisait penser à celui que j’imaginais que le paradis aurait. Le paradis que je rejoignais depuis quelques secondes. Je n’arrivais pas à décrire son goût… Ce n’était déchiffrable comme les composantes d’un parfum. C’était lui. Son goût. Simplement… Une saveur aussi douce que celle du miel, et qui venait se répandre dans mon être dans une sensation de chaleur agréable. Un goût un peu épicé qui venait rendre mes lèvres brûlantes et encore plus avide de sa peau. Et qui me rendait curieuse de découvrir si le goût de sa peau changeait aux endroits où son odeur variait légèrement…

Je vins me coller le plus possible contre son corps. Un gémissement quitta mes lèvres alors qu’un étrange chatouillis traversa mon ventre. Une autre sensation… Un nouveau désir. Un désir que je n’avais jamais ressenti. C’était comme si mon corps oubliait tout le reste pour répondre à son corps. J’aurais sans doute pu être entourée d’humain qui me touchaient presque alors que je n’avais jamais été aussi assoiffée que je n’aurais même pas remarqué leur présence. Mon corps appelait le sien dans un cri passionnel que je n’arrivais à comprendre.

J’étais certaine depuis si longtemps que je l’aimais. De tout mon cœur, de toute mon âme. Mais je n’avais jamais pensé qu’il y aurait ce… magnétisme physique. Je n’avais d’envie que d’être dans ses bras, pour me sentir tout contre lui toujours un peu plus. De goûter ses lèvres, son corps. De sentir sa peau sous mes doigts frémissants de passion. Je sentais ma respiration s’accélérer de plus en plus. Je n’avais plus besoin d’oxygène pour vivre et pourtant mon cerveau semblait en avoir besoin pour continuer à rester lucide.

En vain. Dès le contact de sa langue contre mes lèvres, je perdis toutes pensées. Je me plaquai un peu plus contre lui, posant mes mains sur chaque côté de sa taille. Mon corps se détendit entièrement dans un soupir de plaisir. Ma tête tournait toujours un peu plus, et encore un peu… Se laissant faire d’elles-mêmes, mes lèvres s’écartèrent légèrement en sentant sa langue se glisser entre elles… Hmmm… Instinctivement, je laissai ma langue frôler la sienne avant de venir la caresser avec un peu plus d’ardeur… Elle avait un goût si… Et son souffle mélangé au mien était… Aussi ses mains contre mon dos… Son odeur… Son corps… Ne remplaçant pas l’amour pour autant, je sentais ma passion couler dans ce baiser de plus en plus…

Non… Je ne devais pas me laisser aller à ces sensations… C’était merveilleux, plus merveilleux que je n’aurais pu croire possible. Mais c’était aussi mal… Le désir du plaisir charnel était plus qu’évident en moi, coulant dans mes veines en écho à cet amour infini qui venait animer mon être. Mais je ne pouvais y succomber. Qui étais-je, misérable être damné pour avoir foi. Je n’étais que moi. Et si Dieu m’avait mis sur son chemin pour que je puisse enfin ouvrir mon cœur pour le chérir jusqu’à la fin des temps, alors la moindre des choses que je pouvais faire c’était de la remercier en respectant Sa volonté.

Dans un gémissement étouffé et un effort presque surhumain, je reculais la tête. Mes yeux étaient fermés, et j’étais encore étourdie par ce baiser. Ces sensations ne semblaient pas vouloir me quitter alors que son odeur continuait de m’enivrer. Mes mains se refermèrent un peu plus sur sa taille alors que je laissai aller ma tête contre sa poitrine. Je respirais si vite, comme si je venais de traverser l’océan en nageant.

Je me sentais incapable de parler et dire quoique ce soit. Mais j’avais si peur qu’il ne quitte mes bras car je m’étais dégagé de son baiser. Je devais lui dire. Mais comment lui expliquer que je ne pouvais plus l’embrasser trop longtemps au risque de ne plus pouvoir m’arrêter… et d’aller trop loin. Que mon corps habitait un désir aussi insurmontable qu’irrésistible du sien. Certaines ne mes pensées ne devraient même pas être pensées.

Je laissai mes mains se loger dans le creux de ses reins alors que je le serrai un peu plus à moi. Dans un murmure presque inaudible, je lui dis;

"C’est…C’est plus fort que je ne l’aurai imaginé…"

Je levai la tête alors très lentement pour le regarder quelques instants. Je n’y croyais pas… Il était si beau… Et il faisait rebattre mon cœur plus fort que jamais. Un doux sourire étira mes lèvres alors que mes yeux brillaient d’un amour et d’une joie sans fin. Je dus faire un effort incroyable pour ne pas rejoindre ses lèvres encore une fois. Maintenant que je savais ce qui m’attendait, je n’avais plus d’autres envies que de l’embrasser. Mais je n’aurais sans doute pas la force de me contenir…

Je me contentai donc d’appuyer mon front contre sa joue en soufflant;

"C’est magnifique… Je vous aime."

†•´*¤*' •††•´*¤*' •†
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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Dim 21 Fév - 7:02

Je ne savais comment décrire comment je me sentais en cet instant précis. Comment expliquer la plénitude absolue de l’assouvissement de mon plus grand désir ? Comment mettre des mots sur l’indicible ?
Je pouvais juste me laisser couler dans ses bras en souhaitant ne plus jamais en partir. Juste me laisser envahir par l’euphorie puissante que m’apportait le goût sucré de sa langue sur la mienne. Cela semblait être le goût le plus parfait, rien que pour moi. Comme si c’était celui de toutes les saveurs que je préférais, réunies en un seul et même endroit.
Et ce désir qui ne cessait de grandir entre mes reins en dévorant la moindre pensée lucide que mon cerveau tentait de formuler. Comme celle de ne pas la serrer trop fort… De ne pas approfondir plus encore le baiser. Deux choses que je ne réussis pas à faire.
Il était d’autant plus difficile de le combattre alors que je sentais son corps réagir autant que le mien… Alors que ses gémissements et ses soupirs semblaient la plus belle mélodie à mes oreilles… Alors que je ne souhaitais plus qu’une chose, en entendre plus… Lui donner du plaisir… Lui donner tout ce que j’avais… Parcourir son corps… Découvrir les parties les plus sensibles pour lui procurer le plus de bien-être possible. Je voulais la combler de tout l’amour dont elle avait tant manqué.

Je frémis de tout mon être à ses doigts sur ma taille… Et plus encore à son corps qui se rapprochait du mien. Ne pas ouvrir le dos de sa robe… Ne pas caresser sa peau, devenait une lutte de chaque seconde. J’avais tellement envie d’elle. Etait-ce seulement normal ? C’était un désir aussi impérieux que celui de la soif. Ne devrais-je pas, tout comme l’autre, le combattre ? Il était impensable que je puisse satisfaire cette envie, du moins pour le moment… Dieu aurait tôt fait de m’enlever le cadeau qu’il m’avait fait…
Mais c’était si difficile… Rien que la pensée de devoir me dégager de ses bras était une torture.

« Heureusement » elle eut plus de volonté que moi. Je gémis en même temps qu’elle de souffrance, alors qu’elle reculait son visage. Je la contemplais aussitôt, pour essayer de bien prendre conscience de ma chance et de ne plus penser au manque de ses lèvres sur les miennes. Impossible… Seul le temps y parviendrait.
Je l’accueillis contre mon torse en soupirant de bien être, me léchant la lèvre discrètement pour sentir encore son goût. Une certitude absolue venait de germer dans mon esprit. Elle était mon essentiel. Tout ce dont j’avais besoin…. Plus indispensable pour moi que le sang… Elle qui occupait déjà les trois quarts de mes pensées quotidiennes, aurait à présent l’exclusivité… Je l’aimais tellement… Qui pourrait croire que l’amour pouvait être douloureux ? Et pourtant, le mien me dévorait de l’intérieur, et chaque petite pensée d’être loin d’elle devenait insupportable…

Nos respirations étaient à l’unisson. Comme si nos souffles ne faisaient plus qu’un. Rien que l’idée faisait monter une bouffée d’amour dans mon cœur. Je resserrais légèrement mon étreinte presque persuadée que je mourrais si elle sortait de l’enceinte de mes bras.
Mais non, bien au contraire, je sentis ses doigts, se glisser avec une douceur infinie dans le bas de mon dos, envoyant au passage une longue suite de délicieux frissons qui montèrent jusqu’à ma nuque.

"C’est…C’est plus fort que je ne l’aurai imaginé…"

Je frémis de nouveau. Ainsi, ce n’était pas que moi… Ses mots ne firent qu’attiser un peu plus la convoitise de ses lèvres. Je laissais ma main monter pour aller se perdre dans ses cheveux en les caressant tendrement, alors que mon autre bras restait enroulé autour de ses hanches.
Elle leva son regard merveilleux vers moi, et mon cœur se consuma d’amour alors que je plongeais dans ses prunelles. Elle était si belle… Si parfaite… Si heureuse… Ce bonheur si semblable à ce qu’elle pouvait lire dans mes yeux. Cette certitude que tant que nous serions ensemble, le mot souffrance n’existait même plus.
Mes doigts descendirent lentement jusqu’à son visage, et avec douceur, je caressais sa tempe. Je passais sous son œil avant de faire un tour sur sa pommette et de descendre sur ses lèvres, dont je dessinais le contour, comme si cela pouvait m’empêcher de l’embrasser.
Et je coupais mon souffle alors qu’elle approchait son visage du mien pour…Poser son front contre ma joue… Seigneur… Il allait être particulièrement difficile de résister à ces nouvelles pulsions.

"C’est magnifique… Je vous aime."

- Oh Esmée, je vous aime tellement…

Je pris délicatement son visage entre mes mains, et collais nos fronts ensemble, pour de nouveau me laisser aller dans son regard. J’étais le plus sérieux du monde.
Je n’avais jamais été aussi sûr de moi qu’en cet instant. Je ne pouvais plus vivre sans elle.

- Esmée… Mon amour.. Voulez-vous être mienne ? (Do you want to be mine ? )

Je ne bougeais pas d’un millimètre, mon regard ne cillant pas une seule seconde. Je n’avais aucun doute de sa réponse… Je la lisais dans ses yeux… Mais alors, pourquoi cette légère appréhension dans mon ventre ?

- Voulez-vous m’épouser ?
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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Dim 21 Mar - 17:45

À ce moment, j’avais l’impression de revenir dans le passé de plusieurs mois. Revenir à quand la soif me déchirait le ventre, me brûlait la gorge. Revenir au combat mental entre la partie de moi qui voulait résister et celle qui exigeait d’assouvir ses désirs. Le combat entre l’humaine et la bête. Entre la volonté et les pulsions. L’envie de succomber malgré la certitude qu’il ne fallait pas… même si ça serait si bien…

Mais si j’avais soif en ce moment, ce n’était pas du sang d’un humain. Non, cette soif était assez bien contrôlée. Et elle ne me venait pas une seconde à l’esprit… Car il était là. Et il était bien plus appétissant, si on peut le dire ainsi. C’était bien de lui que j’avais soif. De son goût, de ses lèvres. De son odeur, de son corps… Tout mon être tendait vers lui, l’exigeait avec une force que je n’avais jamais ressentie avant. Une nouvelle partie de ces instincts bestiaux s’était réveillée, trouvant la passion et le désir en moi pour me rendre complètement dingue… Dingue de lui. Et je l’avais seulement embrassé…

La caresse de ses doigts sur mon visage me fit soupirer profondément, et je ne pus empêcher de fermer les yeux. Je sentais mon esprit s’envoler dans ce nouveau brouillard si confortable. Je m’émerveillais de voir l’effet qu’une simple caresse, que juste le contact de ses doigts sur ma peau, avait en moi. J’avais l’impression d’être sur le point de me liquéfier de plus en plus alors qu’il venait effleurer le reste de mon visage.

Mes lèvres s’écartèrent mollement sous les caresses, sentant le peu de volonté que j’avais me quitter. Mon ventre se serra brusquement sous le désir de l’embrasser… J’approchai mon visage du sien, mais je sus résister. Non sans difficulté. Je me mordis brusquement la lèvre en fermant les yeux un peu plus fortement, arrivant cependant à rester immobile, mon front contre sa joue. Je ne pouvais croire qu’un jour je devrais me battre mentalement pour ne pas l’embrasser… Ces pulsions que je trouvais toujours traitresses devenaient soudainement si irrésistibles…

Il referma ses bras autour de moi, et je me laissai aller contre son corps sans me faire prier. Au contraire, je sentis un agréable frisson venir chatouiller ma nuque avant de se propager dans le reste de mon corps. J’avais découvert que les émotions et les sensations chez les vampires étaient plus intenses que celle des humains, comme si nous avions accès à de nouvelles parties de notre esprit. Si je l’aimais et le désirais avec force avant ma transformation, ce n’était rien maintenant à comparer à ce qui s’emparait de moi.

J’aurais pu rester ainsi des heures, juste profitant de la douce sensation de plénitude. Je sentais lentement la bulle du rêve s’évanouir pour laisser la place à la réalité. Ils ne faisaient plus qu’un maintenant. Et je n’arrivais pas à croire que ce rêve, déjà si merveilleux, pouvait être encore plus beau une fois réalité… La caresse dans mes cheveux ne fit qu’accentuer cette sensation..

Comme pour me convaincre la partie sceptique en moi, je le regardai. Aussitôt mon regard posé sur lui, je sentis une bouffée d’amour m’envahir. Rien ne pouvait être plus parfait que cet instant, que cet amour, que lui. Je ne pus m’empêcher de sourire en voyant la tendresse et la joie dans son regard qui libéra une vague de douce chaleur dans ma poitrine comme si l’amour se diffusait à travers mon être.
Il attira mon visage au sien en soufflant les plus beaux mots qui me furent donnés d’entendre… Il m’aimait… Et il pouvait le dire encore des milliers de fois que jamais je ne me lasserais de ce doux son, mais aussi des étranges chatouillis qu’ils créaient dans ma poitrine. Il m’aimait… Et je l’aimais… Plus que tout. Je me laissais bercer par la douceur de ses yeux, par la tendresse de ses gestes. La tête dans les nuages…

- Esmée… Mon amour.. Voulez-vous être mienne ?

J’eus l’impression de retomber lourdement au sol, comme si l’apesanteur venait de disparaitre d’un seul coup de l’atmosphère.

- Voulez-vous m’épouser ?

Mes yeux s’écartèrent un peu de surprise et d’émotion alors que je le regardais, tentant d’analyser les mots qui passaient par mon esprit. J’inspirai brusquement, mon souffle se coupant quelques secondes dans ma poitrine avant de me remettre à respirer rapidement. Est-ce… Il?... Mon corps entier s’était figé, et j’explorais son regard. À la recherche de quoi, je ne savais pas… Je cherchais une lueur de malice, n’y trouvant de l’amour. Un amour si puissant qu’il me bouleversait.

Et je réalisai soudainement que je cherchais le regard que Charles avait eu lorsqu’il s’était mis à genoux devant moi, sous le regard digne de mes parents et sous mon propre regard désemparé. Un regard de satisfaction, de fierté. Il avait ce qu’il voulait, mon père avait accepté de lui donner ma main… Un regard hypocrite, plein de promesses en l’air. Froid, désireux. Aucune trace de cet amour que je voyais dans celui de Carlisle.

Il n’avait pas posé de question. Il avait seulement affirmé que je l’épouserais. Alors que maintenant, je voyais des promesses dans les yeux dorés qui me fixaient. Les promesses d’un amour inconditionnel et éternel. Mon cœur s’était emballé à sa question et une légère panique venait se cacher derrière la surprise. Mais tout s’effaça pour laisser la place à mon amour lorsque je vis la lueur timide de crainte dans son regard. La crainte de me perdre. La crainte que je ne le laisse pas m’aimer…

La question pénétra alors complètement dans mon esprit, et la réponse revint aussi brusquement. C’était si clair, si évident. Je n’arrivais pas à comprendre ce qui m’avait fait douter. Comment j’avais pu douter. J’avais la promesse d’une vie de bonheur et d’amour. D’une vraie vie. Éternelle. Je réalisai alors que j’étais restée en silence quelques secondes. Retrouvant l’usage de mes membres, je soupirai profondément avant d’avaler ma salive.

J’hésitai quelques secondes. La réponse me semblait trop simple, et pourtant je ne savais comment la dire… Mais le mot sembla trouver par lui seul, puisque j’entendis ma voix souffler;

"Oui."

Je sentis des larmes invisibles venir piquer mon nez en sentant mon visage s’éclairer d’un immense sourire. Lentement, je posai mes mains légèrement tremblantes sur les siennes avant de sentir un petit rire nerveux quitter ma gorge. Les émotions se bousculaient dans mon cœur… Je n’arrivais pas à savoir si j’étais plus heureuse ou plus amoureuse. Mais une chose était certaine. Je ne pouvais plus m’empêcher de l’embrasser…
Je le regardai une dernière seconde, les yeux brillants, avant d’embrasser ses lèvres avec tout l’amour de mon être. Je reculai légèrement les lèvres, les décollant à peine des siennes pour murmurer une deuxième fois;

"Oui…"

†•´*¤*' •††•´*¤*' •†
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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Mar 6 Avr - 19:07

"Voulez vous m'épouser ?"... Les mots résonnaient dans ma tête alors que le silence s'épaississait. Si mon cœur avait battu, j'étais persuadé qu'il aurait pu être entendu à plusieurs mètres. Je l'aimais tellement...
Ses yeux se teintèrent de surprise, sa respiration se fit saccadée et malgré moi je frémis. Nos yeux ne se quittaient plus, et j'avais bien la ferme intention de capturer son regard. Je n'avais même pas à y penser pour l'envelopper de tout mon amour, juste en la regardant. Mais son absence de réponse... Même si cela ne faisait que quelques secondes, me faisait douter.

J'avais été trop vite... J'avais voulu précipiter les choses, comme cette fois là, dans le lac, et elle allait se refermer sur elle même. Je venais de tout gâcher, en juste trois mots malheureux qui étaient sortis de mes lèvres.
Il fallait l'avouer, je m'y étais mal pris. Je n'avais même pas de bague à lui offrir, même pas de soirée merveilleuse, qui mène à cette demande devant être romantique, un genou à terre.
Le rêve de toutes les jeunes filles...
Et moi, j'avais fait ma demande après une seule danse, un seul baiser... Et avec juste moi comme présent. Au fond, il était normal qu'elle hésite... Je devais passer pour quelqu'un d'impulsif, qui ne savait probablement pas ce qu'il voulait. Alors que je ne voulais qu'elle... Je n'avais toujours voulu qu'elle..

Du fin fond de ma mémoire, je ne me souvenais pas avoir autant aimé. J'avais déjà aimé certes... Mais cela me paraissait si fade à côté de l'explosion de sentiment qui m'envahissait quand j'étais près d'Esmée. Elle m'était indispensable. Elle était mon tout. Comme si je n'étais entier qu'à ses côtés. La détentrice de mon cœur que sa réponse soit positive ou négative. Parce que je savais que je ne pourrais plus jamais aimer une autre. J'étais né pour elle. J'avais été fait vampire juste pour avoir l'honneur de la rencontrer. Tout semblait plus clair à présent. Depuis des décennies je ne cessais de me demander "pourquoi moi". Et bien, j'avais la réponse devant mes yeux.
Ses prunelles étaient embuées d'une légère crainte. La peur d'être trahie à nouveau... De voir son cœur être déchiré encore une fois. J'aurais voulu lui dire que je la chérirais plus qu'elle ne l'imaginait. Que je ne vivrais que pour elle, l'aimant chaque jour, encore plus que le précédent.
Mais je restais muet. Pas un mot ne sortit de mes lèvres parce que je savais que ce n'était pas une demande qui appelait à une argumentation. Parce qu'il ne s'agissait pas d'un choix à faire comme lorsqu'on hésite entre deux vêtements. C'était une envie qu'elle devait avoir. Un désir profond de vouloir passer sa vie avec moi... Son éternité à mes côtés.

"Oui."

Je restais d'abord interdit, pas vraiment certain d'avoir bien entendu. J'expirais tout mon air d'un coup, alors que l'émotion montait en même temps que le soulagement.
Je me traitais d'imbécile d'avoir douté d'elle, mais pas bien longtemps alors que ses mains tremblantes me faisaient tout oublier. Elle avait juste été surprise. C'était bien normal... Mon rire rejoignis le sien et je montais ses mains jusqu'à mes lèvres pour embrasser ses doigts d'un léger baiser.
Seigneur.. J'allais me marier. Elle allait m'épouser. Vraiment. Pour toujours. Moi, pour toujours auprès d'elle... J'étais presque comme en état de choc alors que la réalité me rattrapait de plein fouet. Etre mari et femme ne serait plus un mensonge. Oh Seigneur... Avais-je seulement connu un moment moitié moins aussi beau que celui ci dans toute ma vie ?
Et ses lèvres se posant sur les miennes pour sceller cette promesse, firent envoler mon esprit jusqu'au cieux. Mes bras la serrèrent de nouveau et j'allais répondre fougueusement à son baiser lorsqu'elle s'écarta... Mais juste pour murmurer ce simple mot qui avait l'effet d'une détonation dans tout mon corps:

"Oui…"

Si je croyais encore avoir mal entendu, voilà qui n'était plus le cas. L'émotion me serrait le ventre, et je posais mon front contre le sien, les yeux fermés. J'aurais pu donner l'impression d'avoir quelques problèmes respiratoire tant ma poitrine se soulevait de manière irrégulière. Un léger sourire s'étalait sur mon visage, alors que je laissais le temps à mon esprit de bien intégrer la merveilleuse nouvelle. Et puis au bout de quelques secondes, je rouvris les yeux pour plonger dans les siens avant de murmurer.

- Je suis comblé... Merci...

Je fermais les yeux de nouveau, mes lèvres délaissant le frôlement pour venir se poser sur les siennes avec toute la douceur et tout l'amour dont j'étais capable. De ces baisers, qui, dans un gémissement, fait couler une rivière de frisson et se répercute dans tout votre corps. De ces baisers que l'on ne voudrait jamais voir finir.
Mes bras se relâchèrent un peu, juste pour rendre le baiser encore plus doux. Une de mes mains monta jusqu'à sa joue pour venir la frôler, presque comme si j'avais peur de la briser alors que mes lèvres caressaient les siennes. Je rapprochais légèrement nos visages en approfondissant le baiser, et mes doigts montèrent se perdre dans ses cheveux. Etonnement il n'y avait plus de traces de ce désir violent qui m'avait pris plus tôt. A cet instant précis, il était totalement vaincu par cet amour profond et inconditionnel qui me guidait à être le plus doux possible.

Je ne sus dire combien de temps le baiser dura. Le temps semblait s'être arrêté juste pour nous, afin de nous laisser profiter. Mais je reculais au bout d'un moment, ne pouvant m'empêcher toutefois de l'attirer contre mon torse, avant d'embrasser ses cheveux. Une remarque que je m'étais faite plus tôt me revint en mémoire, et me fis pouffer doucement.

- Je suis désolé... Je n'ai même pas de bague de fiançailles... Ce soir du moins....

-------------------------------
Avril 1922 - London, Ontario, Canada.

Cela faisait plusieurs jours maintenant que nous étions installés à London, dans un des trois hôtels de la petite ville. Les mois avaient filé à une vitesse surprenante et pourtant si lentement. J'étais tellement impatient de m'unir à elle. Déjà, à chaque fois que mes yeux se posaient sur sa main gauche, je ne pouvais retenir un bond dans ma poitrine en voyant sa bague de fiançailles.
J'avais mis du temps à la trouver, profitant d'être à Nikolai quelques jours après ma demande, pour chercher LA bague qui lui irait. Je ne m'y connaissais pas vraiment en joaillerie, et je ne savais pas ce qu'elle aimait. Mais j'avais décidé de laisser faire mon instinct.
Je me souvenais que j'avais failli choisir une bague en or blanc, serti d'un beau rubis quand mon regard était tombé sur une bague plus petite, mais bien plus belle. Une très jolie bague des années 1900, en or pur, mettant en valeur une pierre de grenat entouré de multiples diamants qui descendaient légèrement le long de la monture. Je restais émerveillé devant cette bague jusqu'à ce que le vendeur vienne à moi. Il m'avait expliqué que le grenat avait pour symbolique la créativité, la sureté mais surtout l'amour et la passion. Avec un sourire il avait rajouté que c'était une pierre qui éveillait l'imagination érotique. Il m'en aurait fallu moins pour la prendre. Je riais tout seul en sortant de la bijouterie, la petite boîte en main... Comme s'il nous fallait une pierre précieuse pour stimuler notre imagination...

En tout cas, Le grenat rouge allait à merveille sur sa peau pâle. Je m'inquiétais un peu de cette couleur, si proche du sang, et de notre nature bestiale. Mais Edward, lisant dans mes pensées, m'avait rassuré en me disant que nous étions liés dans le sang elle et moi. Il avait raison. Cela faisait parti de nous et je ne devrais pas m'alarmer pour une simple symbolique de couleur.
Depuis ce soir là où je lui avais ramené cette bague, elle ne l'avait plus quitté. Et il me semblait que nos mains jointes ne se quittaient plus non plus. La lâcher le matin pour aller travailler relevait de l'exploit. Et dorénavant, alors que le mariage était prévu pour dans un peu moins de deux mois, je ne pouvais plus travailler. Il y avait tant de choses à préparer. Et pourtant nous faisions un mariage discret... Edward serait le seul invité.

Nous avions changé de ville parce que nous étions déjà marié pour les habitants de Medfra. Nous leur avions dit que nous partions en voyage, pour découvrir le Canada. Quand à la ville que nous avions choisis pour nous marier, nous l'avions trouvé au hasard sur une carte. J'avais trouvé cela tellement symbolique de me marier à London.... Et Esmée aimait tellement le Canada. C'était parfait.

Nous venions juste de rencontrer le pasteur. Nous devions écrire nos vœux, et c'était donc l'esprit pensif que je rentrais à l'hôtel, la main d'Esmée étroitement lové contre la mienne. Comment pourrais-je exprimer en quelques phrases l'intensité de l'amour que je ressentais. Est ce qu'il existait seulement des mots assez puissants pour cela ? Il me semblait que non, mais j'allais essayer tout de même. J'imaginais déjà finir par " Je ne peux que te promettre de rester moi même. De t'aimer éternellement et au delà. Mais plus que ces vœux, plus que des simples mots, qui ne peuvent mettre sur papier toute la profondeur de mon amour, je t'invite juste à regarder dans mes yeux... Dans la profondeur de mon âme. Alors tu sauras. "
Un léger sourire naquit sur mes lèvres en inscrivant cette phrase dans ma mémoire. J'aurais le temps de la retravailler plus tard.

J'hésitais aussi sur le costume. J'en avais essayé des dizaines, et je n'étais jamais pleinement satisfait. Peut être parce que la mode ne m'avait jamais vraiment intéressé. Dans cette période de renouveau vestimentaire, de nouvelles formes et couleurs arrivaient quasiment chaque semaine. Et la vendeuse du magasin était visiblement ravie, me faisant essayer tout un tas de nouvelles acquisitions. D'après elle, j'étais le plus beau mannequin qu'elle ait jamais eu, et par je ne sais quel moyen - probablement le regard amusé d'Esmée lorsque nous rentions dans le magasin - J'y retournais toujours. Cela faisait déjà trois fois. Esmée avait choisi et avait fait ajuster sa robe dans le même magasin, qui avait l'avantage d'être en fait, deux magasin couplés en un, mais séparés par un mur pour ne pas que les futurs époux se voient. On ne devait jamais voir la mariée avant le mariage... Et cette règle alimentait mon imagination, alors que je rêvais d'une Esmée, entourée d'une cascade de soie blanche.
Le prochain essayage devait d'ailleurs être le bon. Le dernier. Comme la répétition générale d'une pièce. Dans une semaine...

Mais pour le moment nous rentrions à l'hôtel prendre un peu de repos. Nous chasserions probablement dans la nuit, ce qui nous laissait quelques heures à tuer le temps que le soleil ne se couche... Le temps d'écrire nos voeux probablement.
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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Dim 25 Avr - 16:52

Avril… Nous étions déjà en avril. L’hiver, qui semblait avoir commencé seulement hier, tirait déjà à sa fin et la nature se réveillait lentement pour laisser place au printemps. J’aimais le printemps, lorsque les odeurs changeaient et que les oiseaux revenaient. Le renouveau de la nature. Certes, ici, la plupart des espèces d’oiseaux semblait assez habitués du climat pour ne pas devoir partir dans le sud dès que les premiers vents glacials se pointaient. Ils étaient aussi à l’aise que moi dans ce monde enneigé qui semblait toujours vouloir le rester. Je n’avais pas perdu l’habitude au cours de l’hiver, et un peu plus lorsque le printemps se pointa, d’observer les changements autour de moi. Aussi infimes soient-ils, je m’émerveillais sans cesse devant l’exceptionnelle capacité de la nature de s’adapter aux différentes saisons.

Et comme pour la nature, les saisons avaient été différentes pour moi aussi. Si j’avais déjà eu cette même pensée en Septembre, il était bien clair dans mon esprit que les saisons entraînaient des changements dans nos vies également. J’avais toujours adoré l’automne. Un peu plus que les autres saisons, pourrais-je ajouter. Mais l’an dernier… Elle m’avait apporté bien plus que le simple émerveillement qu’il m’apportait toujours. J’avais trouvé mon tout, ce qui me manquait pour réellement vivre. Même si mon cœur ne battait plus dans ma poitrine, je me sentais maintenant plus vivante que je ne me suis jamais sentie dans ma vie.

Vous connaissez peut être le mythe raconté par Aristophane sur la création de l’amour. Il était dit que les humains étaient jadis créés d’un corps circulaire avec une tête à deux visages, quatre bras et quatre jambes. Ils étaient alors si puissants qu’ils pouvaient rivaliser avec les Dieux. Ceux-ci ne voulant pas de rivaux, décidèrent de les fractionner en deux. Et depuis, l’homme ne cherche qu’à trouver sa moitié manquante pour ne former qu’un seul être à nouveau. Je ne peux trouver d’autres explications… Toutes ces années, c’était comme si je trainais en errance sans le savoir, cherchant un moyen de trouver la partie fractionné de mon âme.

Et maintenant, je l’avais trouvé. Pour la première fois de ma vie, je me sentais entière. En une seule soirée, tous les morceaux du puzzle s’étaient remis en place. J’avais cessé de nier mes sentiments, les plus vrais que je n’avais jamais ressentis de ma vie. Non sans crainte, j’avais ouvert mon cœur. Et je ne le regrettais pas.

Ces derniers mois avaient été les plus merveilleux de toute mon existence. Qu’y a-t’il de plus beau que de pouvoir ouvertement aimer sans avoir peur de retrouver son cœur en mille morceaux. De laisser tomber tous les masques pour faire voir notre véritable visage aux yeux de tous. D’entendre les plus belles et douces promesses formulé que pour soi… D’être heureuse… Enfin. Et nous nous étions promis l’un à l’autre. À jamais. Je ne comprends pas encore comment j’ai pu accepter aussi rapidement, après un baiser, de l’épouser. Il y avait eu tant de doutes dans mon esprit, tout au long de ma vie, sur l’amour. Qu’étais-ce exactement? Est-ce que ça existait vraiment? Les sentiments qui bouillonnaient à l’intérieur de moi n’étaient peut-être qu’une délusion… Mais quand je l’avais eu dans mes bras, quand son amour avait envahi mon être, aucun doute ne pouvait subsister.

Je n’avais plus peur. Plus peur d’aimer, plus peur du futur. Le passé n’était qu’un sombre nuage devant le soleil qui brille dorénavant. Chaque moment avec lui était le plus précieux des moments. Simplement être assis près de lui, son bras m’entourant pour m’attirer délicatement dans ses bras, me comblait de joie. Les rapprochements n’étaient guère plus aventureux que cela… Du moins, la plupart du temps. Il y avait une partie de nous-mêmes qu’il nous était difficile de contrôler. Tout était plus accentué, plus intense vu notre nature... Et les instincts primaux n’en étaient pas épargnés. Si notre amour grandissait avec le temps, notre passion également. Les baisers restaient donc timides; des caresses légères et tendres qui ne nous laissaient toutefois pas indifférents non plus. Mais nous faisions attention… Il restait toujours la crainte de ne plus pouvoir faire demi-tour si nous osions trop. Et il était si tentant de succomber… et plus difficile de résister.

Le plus souvent, je ne faisais que profiter de sa présence et de sa proximité. Mais de plus en plus souvent, je m’aventurais à caresser son visage. Je laissais timidement le bout de mes doigts l’effleurer légèrement comme un souffle. Il me semblait de porcelaine et sa peau était aussi douce qu’une plume d’oie. Je savourais sans doute autant que lui les multitudes de sensations que créait ce simple contact… Il était si dur de résister à plus… Le quitter devenait également de plus en plus difficile plus les jours passaient, surtout sur de longues périodes. Cela n’aidait pas à calmer mes désirs toujours plus ardents de le retrouver… et lorsque je le retrouvais. Mais, le temps aidant, je du m’habituer. Et puis, je savais qu’en le laissant partir, il reviendrait vers moi la minute qu’il le pouvait. Toujours avec un sourire. Souvent avec un baiser. Et une fois avec une bague.

C’était la première fois qu’il s’éloignait longtemps de moi après qu’il m’ait avoué son amour. Je me souviens m’être sentie presque déchirée en moi. Nous passions le plus de temps possible ensemble… Souvent en silence, simplement l’un contre l’autre… Je pouvais le regarder pendant des heures, en admirant son si beau visage sans la moindre crainte de dévoiler trop; il n’y avait plus rien à dévoiler. Je lui laissais mon âme ouverte et j’adorais sentir son regard d’ambre y plonger. À toutes les fois, une sensation de chaleur agréable déferlait en moi dans une vague de velours… Comme la première gorgée d’un chocolat chaud après une longue journée d’hiver.

Comme toujours, je l’attendais avec impatience. Peut être un peu plus même, qui sait… Et lorsqu’il était revenu, je n’avais pu résister à la tentation de me jeter dans ses bras à peine qu’il mit un pied dans la maison. Il m’avait tant manqué… Ses bras, son odeur, sa tendresse, sa voix… Son amour, sa présence… En riant, il m’avait soulevé de terre pour me faire tournoyer avant de couvrir mon visage de baiser. Mon coeur était si léger qu'en ne sachant pas mieux, j'aurais pu croire que c'était lui qui me faisait quitter le sol.

- Accueilli par un ange... Quel chanceux je suis.

Je frissonnai agréablement, comme toujours, un long soupir soulevant ma poitrine, avant de me laisser aller un peu plus contre lui. Je souriais à ses paroles en répondant;

"Pas autant que l'ange..."

J'aurais pu rester ainsi des jours, à me perdre dans l'or de ses yeux... Je me souviens toutefois avoir fermé les yeux en sentant ses lèvres descendre le long de ma joue, mon coeur se gonfla dans ma poitrine avec anticipation. J’avais frissonné soudainement à son gémissement, sentant ma respiration s'accélérer malgré moi. Je n'arrivais pas à comprendre comment il pouvait avoir autant d'effet à la fois sur mon coeur et sur mon corps entier... Tous deux étaient prêts à fondre pour lui... Toutes pensées quittèrent mon esprit alors que timidement, je répondais au baiser, glissant lentement une main sur sa joue.

Heureusement, – ou pas – il eu la force de mettre fin a baiser… Il m’avait alors entrainé vers le salon en me disant qu’il avait quelque chose à me demander. Non sans être intriguée, je le suivis. Je ne me doutais pas du tout de ce qu’il allait poser comme question, et je n’osais y réfléchir pour ne pas aller de scénario catastrophique à un autre. Il semblait presque amusé par l’interrogation et la légère nervosité dans mes yeux. Il prit alors ma main délicatement et y déposa un baiser, comme s’il effleurait les pétales d’une fleur. Et, sous mon regard surpris, il mit lentement un genou par terre.

- Esmée…

J’avais levé ma main libre pour la poser sur mes lèvres, m’interrogeant à toute vitesse. Je n’avais pas rêvé qu’il m’avait déjà demandé en mariage… Non?...

- Esmée... Je... Je sais que je l'ai déjà demandé mais... Enfin, je voulais quelque chose de plus solennel...

Il avait alors sorti de sa poche un petit écrin pour dévoiler ensuite la bague. Et dès la première vue, j’étais restée bouche bée. La bague était si magnifique… Loin des bagues traditionnelles serties de diamants seulement ou de saphir. Le grenat semblait briller de lui-même, fier au milieu de la monture. Incapable de formuler une pensée, mes yeux quittèrent la bague pour se plonger dans les siens lorsqu’il s’était mis à parler;

- Je t'aime de toute mon âme. Jamais je n'ai ressenti une émotion aussi puissante que cela. Tu es tout ce que j'ai toujours espéré. Tu es ma lumière, et si tu me fais l'honneur d'être à mes côtés pour l'éternité, je serais le plus comblé des hommes que la terre ait porté.

Émue, ma main était descendue sur mon coeur inerte mais qui vivait d'un amour infini. Chaque mot me faisait encore plus fondre, et je me sentais si instable sur mes jambes comme si je risquais de m’effondrer.

- Esmée... Veux-tu m'épouser ?

Légèrement tremblante, j’avais soulevé ma main pour la glisser lentement sur la joue de Carlisle si légerement qu'on aurait pu se demander si elle l'avait vraiment touchée. Puis, avalant difficilement la salive dans ma bouche sèche, j’avais murmuré, la voix frémissante d'émotion;

"Oui... Oui, Carlisle... Je veux t'épouser... "


La bague sur mon anulaire ne venait pas, comme je l’avais imaginé, ramener de mauvais souvenirs. Au contraire. C’était une nouvelle page de tournée. J’avais l’impression de la sentir à chaque seconde sur mon doigt, comme l’écho de la caresse qu’elle avait faite lorsqu’il me l’avait mise. Chaque fois que je la regardais, je me souvenais de cette seconde demande, de cette soirée tendre que nous avions passé dans les bras l’un de l’autre.

Les semaines passèrent, et nous nous étions fait une routine ensemble. Même dans les moments les plus banals de la journée, j’avais l’impression de vivre sur un nuage quelques mètres plus hauts que le paradis. Et plus les jours passaient, plus nous nous approchions de notre mariage. Décider de la date avait été assez facile. Nous étions en train de lire ensemble, l’un contre l’autre dans le canapé, lorsqu’il avait levé la tête pour demander simplement;

- Alors, tu as une date particulière en tête pour le mariage?

J’avais alors levé les yeux pour le regarder, surprise, quelques secondes. Puis, nous avions éclaté de rire ensemble avant de fermer nos livres pour décider d’une date. Notre choix était tombé pour une date en mai, afin de suivre la chanson qui nous avait réunis au départ. N’importe laquelle nous était égale tant que c’était dans le mois; nous prendrions celle qui sera disponible.

Ce qui nous emmenait au lieu. L’idée de London était très intéressante, et avait charmé Carlisle. Je trouvais, cependant, que c’était assez près de Columbus. Mais je m’étais rassurée en me disant que c’était dans un autre pays qui était séparé par un énorme lac. Et puis, j’étais morte aux yeux de tous à Columbus; comment est-ce que cela pouvait être différent?

Nous étions donc partis au Canada avec beaucoup d’avance. Le voyage devait sembler crédible aux yeux des habitants de Medfra; il était peu probable de se rendre à London en moins d’une semaine en transport normal et le voyage devait avoir une certaine durée pour qu’il en valle la peine. Bref, maintenant que nous étions sur place, les préparatifs avançaient lentement, et chaque petite décision que nous devions faire m’envoyait aux anges. Il y avait beaucoup moins de chose à préparer que pour un véritable mariage; oublions immédiatement le gâteau, la nourriture, les invitations, les cadeaux, la musique et les lettres de remerciements. Et c’était sans doute mieux ainsi.

Pour l’instant, nous faisions les préparations standards au mariage en même temps de choisir nos habits. Pour cela, nous avions trouvé le magasin idéal. En effet, les propriétaires étaient un couple de couturiers; lui était spécialisé en costume de tous genre, et elle, en robe sur mesure. Inutile de dire qu’ils avaient été ravis de nous voir arriver comme clients, en même temps d’être peut être un peu découragés de devoir trouver quelque chose… à notre hauteur? Les vendeuses étaient charmantes, du moins pour moi, s’amusant à nous faire essayer de tas de différents modèles. D’une oreille curieuse, je suivais comment cela se passait du côté de Carlisle. Le pauvre semblait un peu déboussolé par moment par les tas de tissus que lui jetait dessus la vendeuse.

De mon côté, la couturière venait fréquemment me voir pour me faire essayer de nouvelles créations. Si j’avais bien compris, elle les avait dessiné il y a long moment mais n’avait jamais trouvé l’occasion de les faire porter. Plus les robes passaient, moins elles étaient contemporaines. Les tissus se resserraient de plus en plus autour de ma taille, mes épaules de dévoilant toujours un peu plus. La dentelle devenait plus fine, plus légère. Je m’arrêtai sur un modèle, pour le moment encore grossier, mais qui me plaisait beaucoup. Et puis… j’avais certaine craintes que les prochaines deviendraient plus courtes! Même si la robe en tant que telle était choisie, il restait le reste du trousseau à terminer maintenant…

Nous étions donc sur le chemin du retour pour l’hôtel, l’esprit dans les nuages. Nous avions chacun notre chambre, évidemment, mais cela nous empêchait pas de passer quand même nos nuits ensemble comme toujours. Mais maintenant que nous avions nos vœux à écrire, peut être allions-nous passer un peu plus de temps seuls, perdus dans nos pensées… Pour l’instant, j’avouais que je n’avais pas beaucoup d’inspiration pour dire, en quelques mots, à quel point je l’aimais… Dans l’immédiat, je profitais du doux moment que nous passions ensemble, main dans la main. Soupirant profondément, je penchai la tête vers lui pour l’appuyer contre son épaule en murmurant;

"Je n’arrive pas à croire que nous y sommes presque…"

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1921 [PV Esmée et Carlisle]
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