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 1921 [PV Esmée et Carlisle]

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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Lun 26 Avr - 0:29

Charles Evenson

Ainsi Esmée Evenson tu pensais avoir pu m’échapper ? Ainsi tu croyais avoir pu quitter librement mon foyer et courir le monde en te croyant libre comme l’air ?

Tu t’étais trompée.

Tu savais pourtant que j’étais obstiné. Tu savais que je pouvais remuer ciel et terre pour te retrouver. Et ça, je l’avais fait dès ta disparition. J’avais fouillé toute la ville pour te récupérer. Mais tu m’avais surpris en ayant réussi à partir plus loin que les habitations qui avaient servies de décors à toute ta vie. Tu croyais réellement que tu pouvais te faire oublier de Colombus ? De moi ? Non. Tu rêvais trop. En 1919, j’avais signalé ta disparition aux autorités, mais, elles étaient trop peu efficaces, j’avais dû agir seul pour te suivre. J’ai cherché ta famille, j’ai trouvé ceux que tu aimais et chez qui tu étais allée. En bon soldat, j’ai utilisé toutes mes ressources, prévenus tous mes amis et envoyés ta photo. J’étais sûr qu’un jour quelque chose bougerait. J’avais retrouvé ton cousin, à Madison. Je te traquais, tu pouvais te cacher autant que tu voulais je te débusquai. Et bien que tu me filais toujours entre les doigts, je suivais ta piste. En silence, et dans l’ombre. Comme le soldat dans sa tranchée, qui suit la progression de l’ennemi avant de passer à l’action. D’ailleurs, ton cousin avait vite été coopératif après que je l’eus menacé de lui faire mal. Il m’avait dit que tu partais vers le nord. En montrant ton joli minois à tous les hôtels, et parfois aux habitants des villes où tu avais laissé des souvenirs, je reconstituais peu à peu ton itinéraire. Mais ta trace, je l’avais perdu à Ashland.

On disait que tu étais partie, loin, loin…Là où tu aurais pensé que je ne pouvais pas te suivre ? Et bien si. La preuve : j’étais là. Au fil des mois, au fil des indices et des pistes qui s’entrelaçaient pour tisser ton voyage, ma colère grandissait, mon euphorie aussi. Je me sentais toujours plus près de te retrouver, te récupérer. Parce qu’après tout tu étais ma femme, Esmée. Tu étais celle qui avait choisi de vivre avec moi jusqu’à la mort. Et tu me trahissais ! Ce péché t’était impardonnable ! Toi, la femme la plus prude que j’avais pu connaître, la plus naïve… Tu devenais une garce !

Mais on ne me jouait si facilement des tours, on ne me riait pas au nez sans en subir les conséquences. Et tu savais ce qui t’attendait. J’allais te faire amèrement regretter d’avoir fuis ton rôle de femme au foyer, tes responsabilités, de m’avoir fui moi !

* * *
Je finissais de siroter un whisky dans un bistrot d’Ashland. Les glaçons fondus depuis de longues minutes me laissaient seulement voir le liquide brun que je faisais tournoyer. Je pouffai un instant devant mon verre, la couleur de la boisson me rappelant celle de tes cheveux. Depuis près de trois mois, ton image tournait dans ma tête en continu. Tu me causais des nuits blanches. Je ne pensais qu’à toi, non pas en amoureux perdu sans sa lumière, mais en mari ayant le devoir de te ramener à la maison. Je t’avais égaré, je devais te récupérer, où que tu sois.
Le téléphone à l’accueil sonna. Une femme sortit d’un bureau et décrocha le combiné. Ecoutant son interlocuteur, elle leva les yeux vers moi. Bonne nouvelle. Elle m’appela. J’avalai d’un trait mon fond de whisky et posai le verre d’un geste vif sur la table. Arrivé à l’accueil, je me saisis du combiné.

- Allô, oui ?
- Charles ? C’est Eddy.
- Eddy ? Mon vieux, ça fait longtemps qu’on ne s’est pas parlé…Euh…
- Trois mois en fait, rit l’homme à l’autre bout de la ligne.
- Ouais, ouais…soupirai-je. Alors, qu’est-ce que tu veux ?
- Ta voix est bizarre, t’as pas un peu trop bu ?
- T’occupes. Allez, accouche…

Je me frottai le sommet du crâne et laissai mes doigts se rejoindre juste entre mes yeux. Si, j’avais bu, et pas qu’un petit verre. Mais ça me détendait, alors je ne voyais pas pourquoi j’allais me priver…

- C’est à propos de ta femme. Esmée.

Mon cœur bondit dans ma poitrine et je bondis sur mes deux pieds. Ma femme ? C’était inespéré d’entendre ça. Mon enquête était au point mort alors que tu avais quitté Ashland et filais à travers le continent pour…allez-savoir-quoi-faire. Esmée…Ton prénom, simplement prononcé me faisait frémir, non pas de joie, pas d’amour – certainement pas ! – mais de rage. Je me contins au téléphone bien que l’alcool dont je me sentais un peu imbibé n’était pas pour m’aider.

- Ah oui ? Tu…tu sais quelque chose, Ed’ ?
- Et bien figure-toi que je l’ai vu !

Vu…Vu ? Vu ! Je n’étais pas sourd et ne perdais pas mes esprits. J’avais toujours su que tu ne t’étais jamais suicidée, tu n’aurais jamais osé, pas avec mon enfant. Il n’y avait jamais eu de corps retrouvé, jamais de mort signalée nulle part. Tu étais en vie, et l’affirmation d’Eddy me provoquait une bouffé d’adrénaline. Si j’avais su où te trouver, j’aurais directement raccroché et pris le premier train pour le lieu-dit. Et je ne me fis pas prier pour l’apprendre.

- Non ! Tu plaisantes ! Où est-elle ?
- Dans la même ville que moi, mon cher !
- Eddy ! pestai-je.
- D’accord, d’accord : London, région de l’Ontario, au Canada. A l’est des grand Lacs qui font frontières...

Si j’avais eu la possibilité et le temps, je lui aurais demandé ce qu’il était allé foutre dans un endroit pareil. Mais au lieu de ça, je raccrochai immédiatement et enfilai mon manteau ainsi que mon feutre. Le soir même je faisais ma valise et le plein de ma voiture. Etant sûr de ne pas trouver le sommeil, même le plus léger, je conduisis de nuit en suivant les grands axes. Hors de question que je m’aventure dans ses plaines marécageuses pour aller plus vite, parce que j’aurais eu vite fait de continuer à pied. Le soir, lorsque le sommeil était trop pesant, je m’arrêtai au bord de la route, et me couchai sur la banquette arrière pour dormir. Lorsque j’arrivais à Madison, je payai une chambre d’hôtel pour me nettoyer et manger un peu. Le lendemain, je ne traînai pas et repris immédiatement la route. Je fis le plein à Milwaukee pour arriver à Sheboygan le lendemain.
Chaque jour, je me rapprochai de toi, chaque jour, un peu plus. Comme le loup qui allait sauter sur sa proie pour ne plus jamais la laisser partir. Et c’est ce que je comptais faire. Te reprendre peu importe comment, mais ne plus jamais te laisser partir. Tes rêves te faisaient t’envoler – je le voyais à chaque fois - même si ton corps était encore entre mes mains, ton esprit ne m’appartenait pas. Et je ne le supportais pas.
Tu avais fuis, tu es partie, tu m’avais laissé seul, tu avais renié tes vœux, tu m’avais sali, bafoué ! Tu ne méritais que la punition que je rêvais de te donner. Ma prise se serra sur le volant recouvert de cuir brun, à un point que mes jointures devinrent blanches. Tu m’appartenais, Esmée, tu étais à moi et à personne d’autre. Je restai dans mon véhicule pendant toute la traversée du lac, vers Muskegon. Je fus le premier sorti de la navette et pris la route, risquant des excès de vitesse pour te rejoindre toujours plus vite. A mesure que j’avançai, une boule se formait dans mon estomac, j’étais heureux…heureux de pouvoir récupérer ce qui m’appartenait, ce pourquoi j’avais dépensé beaucoup d’argent, et ce pourquoi je ne dormais plus depuis des mois.

La veille, je me payai une chambre d’hôtel à Lansing dans laquelle je fis les cent pas pendant des heures avant d’accepter le sommeil qui forçait mes paupières à se clore. Je me réveillai le lendemain et cherchai un téléphone pour rappeler Eddy. Des questions se bousculaient dans ma tête. Trop. Je devais avoir des réponses avant que mon crâne n’explose et que je ne fasse une bêtise. Parce que mon but était de te ramener, non de te détruire.

- Allô, Eddy ?
- Charles…ça va ? T’as encore bu…
- Oui, oui… Mais qu’est-ce que ça peut te faire ! Arrête avec ça !
- D’accord je me tais. Pourquoi tu m’appelles au juste ?
- Tu as vu Esmée il y a une semaine à peu près, non ?
- Oui, pourquoi ça ?
- Je suis à Lansing, mais j’ai besoin de savoir des choses…
- Comme… ?
- Elle s’est arrêtée quelque part, où ?
- Dans la ville, elle est au Kingdom Palace*.

Je notais tout sur un papier. Il me fournit l’adresse et l’itinéraire pour y aller à partir du centre-ville. Puis j’abordai un sujet déjà plus délicat mais dont je devais absolument parler :

- Est-ce qu’elle…

Je m’étais interrompu, n’osant t’imaginer avec quelqu’un d’autre que moi. C’était impensable, impossible. Si tu l’avais fait, jamais je ne t’aurais pardonné. Si tu avais eu le culot d’avoir pris un amant, si tu me trompais, jamais je n’arriverais à retenir mes gestes… La vois d’Eddy tinta dans le combiné, un peu altérée par la basse qualité de la communication. Il avait deviné ma question :

- Euh…Oui…Désolé.

Ma respiration s’intensifia alors que mon poing frappa le comptoir violemment. Impossible…

- La garce ! m’écriai-je au téléphone, plus pour moi que pour Eddy.
- Je sais, vieux. Je voulais te le dire l’autre jour mais tu m’as raccroché au nez…
- Je sais, je sais…Bon j’y vais.
- Au rev…

Je raccrochai. J’avais besoin d’un verre…

Le lendemain, je repris la route en regardant droit devant moi. Les sourcils froncés, je roulai sans m’arrêter de la journée. Dans ma tête, des milliers d’autres questions se bousculaient : Qui était cet homme ? Qui osait poser sa main sur toi, sur ma femme. A moins que tu n’aies voulu t’amuser ? Pour m’oublier ? Dans ce cas, combien de sales types avaient fini dans tes bras ? Combien de fois avais-tu joui dans les bras d’autres hommes que moi ? Mon sang bouillonnait alors que je passais le panneau qui indiquait London. Si je pouvais aller plus vite... Et à quoi ressemblait-il ? (i]Qui était-il ?[/i] Ce salopard…

J’entrai dans la ville et me débrouillai pour en atteindre le centre. Je me garai comme je le pus sur le bord d’un trottoir et sortis mon papier. L’itinéraire était listé, et écris avec une telle frénésie que je ne reconnaissais pas mon écriture. Je déchiffrai les rues en plissant les yeux et retrouvai les endroits un à un. Je conduisais comme un chauffard, mais qu’importe, dans peu de temps tu serais dans mes bras, Esmée. Dans peu de temps…Et qu’importe que cet autre homme soit là ou pas, je te reprendrai à lui. Et s’il décidait de s’y opposer, un ou deux coups de poings dans le nez le refroidiraient sûrement.
Je pris sur Dundas Street et cherchai le fameux hôtel. Je tombai dessus au bout d’une dizaine de minutes.

Le Kingdom Hotel…Bel établissement en pierre blanche orné de grilles noires finement ouvragées. De larges fenêtres flanquées de rideaux perçaient la pierre blanche et illuminaient l’intérieur du bâtiment. Je me garai dans la rue adjacente et remontai à pied jusqu’à l’hôtel. Je passai les portes vitrées et me rendis directement à la réception.

- Bonjour, puis-je vous aidez ? intervint un réceptionniste.
- Oui, dis-je en m’appuyant sur le guichet, contenant ma colère qui menaçait de déborder. Je voulais savoir si une femme avait réservé une chambre ici…Une certaine Mrs. Platt.

Il était évident que tu n’allais pas garder le nom que tu t’étais décidé à porter, n’est-ce-pas, traîtresse ? Ce serait crier au monde où tu étais, et tu savais parfaitement que les échos me reviendraient…

- Effectivement, constata l’homme vêtu de rouge. Chambre 27.
- Quel étage ?
- Deuxième, monsieur.

J’allai pour partir lorsqu’une dernière interrogation me traversa l’esprit :

- Euh…Vous rappelez-vous si elle était accompagnée ?
- Hmmm…Je crois. Elle était avec un homme…
- Ca ira, merci.

Et je m’en allai. J’allai prendre l’ascenseur mais je me ravisai. Non pas que je voulais faire durer mais l’escalier allait me ma calmer. Je gravis les marches deux à deux. Tu étais là, tout près de moi, presque à portée de main. Mais il y avait cet homme…Ah ! et pourquoi serais-je tranquille et attentionné après ce que tu m’avais fait ? Non, Esmée, je n’allais pas te ramener avec ces mots doux et ces promesses en l’air. De toute façon, tu ne devais plus y croire. J’allais te prendre, te cueillir dans ta chambre et te ramener chez nous de gré ou de force !
D’ailleurs j’atteignais le deuxième étage. Je quittai l’escalier, mes poings se serrant à mesure que chaque pas me rapprochait un peu plus de toi.

Chambre 27.

Enfin. Je frappai. Trois coups retenus. Le verrou cliqueta et le battant s’ouvrit. Et derrière…toi. Toi et ton visage que j’adorais avoir entre mes mains, toi et tes cheveux que j’adorais caresser sans limite. Ta peau si belle et douce…
Mais je devais me reprendre, te reprendre, ma belle !

- Ainsi c’est là que tu te caches ! dis-je en frappant la porte de mon poing, si fort qu’elle alla s’abattre sur le mur.

Je fis un pas. Tes yeux brillaient comme je les avais toujours vus briller. Mais quelque chose avait changé…je ne savais pas quoi. Ton regard était différent. Je fis un nouveau pas.
Oui c’est ça crains-moi !

- D’abord tu t’enfuis, ensuite tu te fais passer pour morte ! Mais qu’est-ce qui te prends à la fin ? Tu as bafoué tes vœux, détruis mon honneur !... (je relevai la tête vers un homme qui s’avançait. Assez grand, blond…Lui) Et en plus tu me trompes ?! Espèce de salope…crachai-je.

Mes nerfs lâchaient, heureusement que je n’avais pas prévu de te récupérer d’une certaine manière, ça m’aurait encore plus énervé de ne pas y parvenir. Je baissai les yeux sur tes mains, remarquant quelque chose de brillant. Ma colère réussit à grimper d’un cran.

- Et tu fiances en plus !!! explosai-je. Et tu t’es tapée combien de types avant de te décider à en choisir un ? Ce n’est pas parce que tu as réussi à te faire passer pour morte que nous ne sommes plus mariés !

J’étais fou de rage. J’avais atteint les sommets de la colère. J’en découvrais encore, moi qui croyais avoir tout imaginé…Mais non, encore une surprise :

- Mon fils…Mon enfant…murmurai-je d’abord en regardant ton ventre puis en te toisant, comme dégouté. Où est-il ? Où est mon fils ?!! (je m’arrêtai un instant) C’est bon…tu viens, on rentre !

Je t’attrapai par le bras, ne prêtant même pas attention à l’homme qui s’était imperceptiblement avancé. Ma main rencontra ta peau et je levai vers toi des yeux étonnés. Froide comme la glace et dure comme de la pierre. Ma prise restait ferme sur ton avant-bras néanmoins.

- Qu’est-ce que…




_ _ _ _ _ _ _
* Kingdom Palace : Après de longues et énervantes recherches, j'ai dû inventer cet hôtel. Alors ne cherchez pas ce quatre étoiles sur une carte !
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Esmée Cullen
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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Mar 27 Avr - 6:42

Le Kingdom Hotel était un endroit magnifique. Il y avait quelques hôtels dans cette ville à ce que j’avais pu comprendre, mais c’était celui que nous nous étions fait conseiller par le chauffeur de taxi qui nous avait reconduits. Certes, il y avait peut être un arrangement entre le chauffeur et l’hôtel, qui sait. Mais nous n’avions aucun autre opinion, et pour mon avis, la question était que peu importante. Nous sommes heureusement tombés sur un endroit charmant. Il n’y avait aucun doute que l’établissement devait être bondé en période haute. Nous étions donc chanceux d’arriver en saison basse, et ainsi profiter de réserver deux chambres pour plusieurs semaines sans trop de soucis.

Le vent commençait à se lever sur la ville, avec une odeur particulière. Il semblait venir en annonçant un peu de mauvais temps. Mais l’air n’était pas encore emplit de pluie, donc aucun risque de se faire tremper. De toutes manières, il ne nous restait qu’une rue à traverser pour arriver à l’établissement. Arrêtée sur le bord du trottoir, j’eus soudainement un étrange sentiment. Un long frisson traversa mon corps. Rien à voir avec ceux qui me faisaient trembler de délice lorsque Carlisle m’effleurait la main… C’était désagréable. Comme si je venais d’entendre un cri horrible qui me faisait dresser les poils sur le corps. Je fronçai les sourcils légèrement en inspirant profondément… Décidément, il y avait quelque chose dans l’air… Peut être n’étais-je simplement pas habituée aux odeurs de ce coin de pays. J'étais cependant... troublée... Très troublée...

Nous entrâmes donc dans l’hôtel, le jeune portier nous tenant la porte avec une timide salutation. D’après ce que j’avais vu, il avait une petite faiblesse lorsqu’il se trouvait en présence de femmes. Inutile de vous dire que lorsque je passais, il ne tenait presque plus sur ses pieds. Lorsque j’en avais le temps, que Carlisle allait vérifier si nous avions des messages à la réception par exemple, j’en profitais pour aller lui parler un petit peu. Qui sait… Cela allait peut être l’aider à se dégêner. Je lui fis un petit signe avec un sourire aimable, avant de poursuivre notre chemin vers l’ascenseur. Une fois la porte refermée, je me tournai vers Carlisle pour murmurer doucement;

"On dirait que quelque chose se prépare dans l’air... Devrions-nous attendre pour chasser?"

Les deux étages furent rapidement montés, et nous pûmes sortir de l’ascenseur pour nous diriger lentement vers nos chambres voisines. Lentement… Je tenais à profiter d’être tout contre lui avant de le laisser aller dans sa chambre. Il avait l’esprit un peu ailleurs depuis la requête du pasteur d’écrire nos vœux; je ne serais pas étonnée de le voir se jeter sur du papier et un crayon dès que j’avais les yeux tournés. Malheureusement, nous arrivâmes devant ma porte. Chambre 27. C’était bien ici. Tirant lentement une clé de mon sac, je déverrouillai la porte sans pour autant l’ouvrir. Je me contentai de me tourner vers Carlisle pour l’admirer un peu.

J’avais l’impression que jamais je ne me lasserai de le regarder. Chaque fois que je posais mon regard sur lui, il y avait une bouffée de bien être qui m’envahissait. Une tendre et paisible chaleur qui se diffusait dans mon être comme une trainée de poudre, mais qui ne disparaissait pas. Mes soucis semblaient tous disparaître, comme si j’avais trouvé le remède à la misère. Sans oublier l’amour infini qui me faisait rêver de choses fantastiques. Ses yeux, ses joues. Son nez, ses lèvres. Ses cheveux, la forme de sa mâchoire… Ses mains, ses bras. Son corps entier; refuse paisible. Je levai la main vers son visage en soupirant profondément…

Mais d’un coup, un nouveau de ces horribles frissons me traversa. Mon regard quitta le sien, et je le détournai vers le bout du corridor. Que regardai-je? Rien du tout… Mon regard était fixe sur la plante qui décorait la table d’appoint près de l’ascenseur. Je ne comprenais pas ce qui se passait… Ma main était figée près de son visage. Il y avait quelque chose de troublant dans l’air, mais je n’arrivais pas à mettre un nom sur la chose. Ce ne pouvait plus être la météo; nous n’étions plus à l’extérieur et il faisait encore trop frais pour ouvrir les fenêtres… Non… C’était… C’était comme un souvenir lugubre qui donnait la chair de poule. Et qui m’alertait.

J’inspirai à nouveau. L’odeur semblait devenir plus forte… Non, je n’aimais pas cela. Je sentis un vent de panique monter en moi, mais pourquoi! Quelle était cette odeur! Je la connaissais, donc! Mais je ne l’avais jamais sentie aussi finement… Ma main tomba le long de mon corps et je reculai le pas qui me séparait de la porte pour m’y appuyer. Quelle que soit cette odeur, elle ne me semblait pas de bonne augure. Pas du tout. Mon être semblait y réagir comme d’un réflexe, comme s’il le reconnaissait d’un passé qui m’était si vague maintenant. Mon regard resta dans le vague plusieurs secondes avant de se tourner vers Carlisle. Ma main glissa le long de la porte à tâtons pour essayer de la poignée, que je tournai aussitôt;

"Veux-tu… entrer avec moi, s’il te plaît…"

Avec un dernier regard vers l’ascenseur, je me risquai à me tourner pour pénétrer dans la chambre. L’odeur était toujours présente, mais elle ne semblait plus croître. C’était... C’était bon signe non?... Mais, j’étais tout de même en alerte… Sinon en panique. Je reconnus alors que l’odeur appartenait à une personne… Aussitôt Carlisle entré, je refermai la porte derrière en la verrouillant. Ce geste me semblait étrangement familier… Devoir m’enfermer dans une pièce en priant… Priant qu’il passe tout droit… Qu’il m’oublie…

L’odeur revenait… Plus forte… De whisky bon marché et de vieille fumée. Un mélange amer entre le pin et l’odeur animale et boisée du musc. Mon corps trembla violemment et je glissai mes bras autour de ma taille en la resserrant dans un geste que je voulais réconfortant… Mais je ne le supportai pas longtemps. Avec un geste rageur, je décroisai les bras… Je l’avais trop fait, ce geste… Je l’avais trop fait, avant. C’était avant! C’était terminé maintenant! Ma respiration s’accéléra malgré moi, et je me mis à faire des allers-retours dans la pièce. Ma panique grandissait en même temps que la puissance de l’odeur. La personne s’approchait… Un homme…

Mais qui étais-ce! Autant il y avait une voix qui murmurait la vérité, le reste de mon être refusait tout bonnement d’y croire. Et naïvement, je restais dans la semi-vérité, tout simplement incapable de faire face à la vérité pure et dure. Une chose était certaine; la voix de la panique était tout simplement trop puissante. Je serrai les poings le plus fort possible avant de les lever pour les poser contre mon front. En fermant les yeux dans un rictus désemparée, je murmurai;

"Non… C’est impossible…"

J’oubliais tout. J’oubliais ce que j’étais. J’oubliais où j’étais, avec qui j’étais. Autant la présence de Carlisle avait un effet relaxant sur moi, autant en ce moment précis, il était totalement absent. Je n’étais qu’une femme perdue dans ses cauchemars… Et dans mes cauchemars, je suis seule…Je sursautai brusquement en entendant les trois coups à la porte. Mes poings retombèrent le long de mon corps, et je montai une main sur ma bouche. Je devais ouvrir la porte… Je devais me prouver que ce que je verrai de l’autre côté ne serait pas ce que je fuyais depuis si longtemps. C’était tout simplement impossible que cela soit ça, et je devais le voir de mes yeux. J’étais morte! J’étais… J’étais morte!! Je pris une grande inspiration flageolante. Lentement, je fis un pas vers la porte en murmurant à nouveau, en une prière suppliante;

"C’est impossible…"

Le porte s’ouvrit en éclat et, dans un réflexe que je connaissais que trop bien, je sautai vers l’arrière pour me coller vers le mur à une vitesse effarante.

- Ainsi c’est là que tu te caches !

Le bruit de la porte contre le mur me fit sursauter encore. J’eus l’impression que la pièce devenait entièrement noire… sauf pour l’homme qui se trouvait devant moi. Mes jambes tremblèrent brusquement avant que je me tienne contre le mur, et je n’arrivais pas à détourner mes yeux du visage furieux qui se dressait devant moi.

"Charles…"

Il avança, et je tremblai un peu plus. Ma respiration devint saccadée et je n’arrivais pas à faire autre chose que le regarder, les yeux emplit de terreur. Je tentai de me reculer à nouveau mais je n’arrivai à rien. Un bras encore plus dur que le mur encercla ma taille, et m’attira vivement à lui. Un ombre supplémentaire entra dans le portrait, et ma vision s’élargit alors pour voir Carlisle qui s’était mis légèrement devant moi. Je le voyais, mais je ne comprenais pas.. Comment pouvait-il être là? Normalement… Normalement il n’y a personne entre Charles et moi…

- D’abord tu t’enfuis, ensuite tu te fais passer pour morte ! Mais qu’est-ce qui te prends à la fin ? Tu as bafoué tes vœux, détruis mon honneur !... Et en plus tu me trompes ?! Espèce de salope…

Ma respiration se transforma en des sanglots discrets et incontrôlables. Je sentais tout venir… Tout comme avant… La colère qui montait… Je pouvais presque sentir les coups venir… Le début était toujours pareil. Il commencerait simplement par une baffe qui me projetterait vers l’autre mur avant de prendre de force mon visage dans ses mains… Il murmurait alors quelques mots que je ne comprenais pas à travers mes sanglots en m’obligeant à le regarder dans les yeux avant de me lancer par terre. La suite variait… Mais… Normalement, il n’y avait pas quelqu’un entre lui et moi…

- Et tu fiances en plus !!! Et tu t’es tapée combien de types avant de te décider à en choisir un ? Ce n’est pas parce que tu as réussi à te faire passer pour morte que nous ne sommes plus mariés !

Fiance… Oui… Oui, j’étais fiancée… J’avais une nouvelle vie maintenant… J’avais un homme qui m’aimait… Je n’avais pas moins peur, mais je commençais à comprendre… Il m’avait cherché. Il n’avait pas été capable de me laisser partir… Il n’avait pas cru que j’étais morte…

- Mon fils…Mon enfant…

Non… Non! Pas ton fils! Ce n’était pas ton fils! C’était mon enfant! Je serrai les poings en sentant une colère sourde monter en moi au travers les sanglots sans larmes qui secouaient mon corps.

- Où est-il ? Où est mon fils ?!! C’est bon…tu viens, on rentre !

Le contact de sa main contre mon bras me ramena à la réalité. Je n’étais plus avec lui. Je ne lui devais absolument rien. Il n’avait plus à m’ordonner des choses, à me traiter comme son jouet. Comme sa possession. Sa main sembla chaude sur mon bras de glace. Je n’étais plus en situation de faiblesse. Au contraire... Alors pourquoi est-ce que je me sentais ainsi? Aussi effrayée, aussi furieuse! J’avais l’impression d’être une souris prise au piège qui cherchait une porte de sortir pour courir sans cesse. C’était plus fort que moi! Tous ces souvenirs, tous ces… horribles souvenirs qui ne cessaient de remonter en moi… J’étais vulnérable… J’étais vulnérable à cause de ces années de traumatismes et d’abus…

Qui était-il pour venir ici après tous ces mois… Après toutes les souffrances qu’il m’avait infligées… Qui était-il pour venir me réclamer de droit… Pour me rappeler que mon fils était mort… Pour venir réclamer mon fils! Un gloussement triste secoua ma poitrine alors que je serrai le poing de mon bras emprisonné. Même vivant, il n’aurait pu toucher à un seul de ses cheveux… Je ne pouvais plus continuer ainsi. Je ne pouvais plus vivre dans la crainte… Je ne le voulais plus, et pourtant… Pourtant, c’était plus fort que moi…

"Non.."

Ma voix était cassée, tremblante. J’avais pris tout mon courage accumulé depuis tant d’années pour dire ce simple mot… Et pourtant, je ne m’en sentais pas mieux. Je libérai mon bras d’un simple geste, hésitant mais sans effort, avant de me rapprocher de Carlisle, non sans crainte de la réaction de mon ex… de mon mari… Posant une main sur le bras de Carlisle, je levai des yeux toujours aussi effrayés vers Charles;

"C’est.. c’est fini, Charles. Je ne… je ne… t’appartiens plus…"

Et je regrettai alors d'avoir ouvert cette porte...

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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Mer 28 Avr - 0:07

J’aimais tellement ces moments où nous étions seuls. Tranquille. J’avais l’impression que la terre ne tournait que pour nous. Je me sentais si chanceux de pouvoir marcher à côté d’elle main dans la main en pleine ville. Certains hommes se retournaient à notre passage mais je n’y faisais pas plus attention. J’étais si heureux qu’il m’en faudrait bien plus pour me mettre en colère. Tout semblait aller pour le mieux. J’avais sa main dans la mienne, sa peau diffusant une douce chaleur jusqu’à moi. Et nous marchions en pleine rue avec des humains tout autour et j’étais sûr que même elle, pourtant si jeune encore, ne ressentait quasiment pas la soif.
Mon sourire s’agrandit amoureusement alors qu’elle posait sa tête sur mon épaule, ses mots reflétant tout à fait ma pensée.

"Je n’arrive pas à croire que nous y sommes presque…"
- Moi non plus. C’est… Incroyable, magique. J’ai tellement de chance…

Je me penchais légèrement sur le côté pour embrasser ses cheveux. Nous étions bientôt arrivé mais je ne savais pas encore ce que nous allions faire. Chasser tout de suite ne serait pas discret. Nous mettre à nos vœux ? Hum… Cela voudrait dire que nous ferions chambre à part… Et j’avais déjà été séparé d’elle toute l’après midi à cause des essayages, alors non…
Peut être pourrions nous aller nous promener dans la ville pour la découvrir un peu plus. Oui… Je lui proposerais une fois à l’hôtel.
Nous nous arrêtâmes à un passage clouté pour laisser passer quelques voitures avant de pouvoir traverser. Mais soudain, je sentis sa main frémir contre la mienne. Aussitôt mon regard se leva sur elle et mon sourire s’évanouit légèrement.
Elle avait le visage fermé, inspirant à grande goulée pour sentir quelque chose. Je l’imitais, inspirant une grande bouffée d’air. Je sentais les différents humains autour de nous. Le béton, les plantes du parc au bout de la rue… Le cuivre des cloches de l’église non loin… Mais rien qui ne soit inquiétant.

Nous repartîmes et je mis cet incident sur le compte d’un humain peut être plus alléchant qu’un autre. J’oubliais souvent qu’elle était si jeune… Encore une nouvelle née. Elle avait encore tant de puissance… Une fois, elle m’avait serré si fort lorsque je rentrais de ma journée que j’avais senti les os de mon dos craquer imperceptiblement. Je n’avais pas pu m’empêcher de lui faire la remarque en riant, ajoutant que si elle me voulait entier devant l’autel, elle devrait doser sa force. Toutefois, je comprenais bien que pour le petit bout de femme qu’elle était, se retrouver avec la force de dix hommes demandait un long temps d’adaptation.

Je saluais d’un signe de tête le portier de l’hôtel et remarquais que ses jambes le portaient à peine alors qu’il fondait devant le sourire d’Esmée. Encore une fois, je ne pouvais pas lui en vouloir. J’allais me marier avec un ange magnifique, alors autant m’habituer tout de suite aux regards de la gente masculine. Et puis, je savais – même si je n’arrivais pas à y croire totalement tant c’était merveilleux – que j’étais le seul dans son cœur. Le seul qui pouvait la faire chavirer d’un regard. Et j’aimais ça.
Nous fûmes rapidement dans l’ascenseur et je me tournais vers elle alors que les portes se refermaient pour voir si elle avait encore ce visage torturé.

"On dirait que quelque chose se prépare dans l’air... Devrions-nous attendre pour chasser?"
- Je n’ai rien senti de particulier, mais à ta guise mon ange. On peut chasser tard dans la nuit si tu veux. Tu sembles si inquiète… Quelque chose ne va pas ?

Je l’attirais un peu plus contre moi mais elle était déjà repartie dans ses pensées. Je n’insistais pas. Je n’aimais pas poser des questions. En général, je laissais les gens me parler s’ils le voulaient. Je les rassurais, les conseillais si je sentais que cela pouvait les aider. Mais en aucun cas, je ne forcerais quelqu’un à me parler s’il ne le souhaitait pas.

Bien trop tôt à mon goût, je dus m’écarter d’elle pour sortir de l’ascenseur et nous arrivâmes bien vite à la chambre. Je la sentais préoccupée, inquiète et je me demandais de plus en plus la raison de son trouble. Ce n’était pas le mariage quand même ?
Arrivé à la porte de sa chambre, je ne pouvais me résigner à lâcher sa main… Et encore moins lorsqu’elle se tourna vers moi, les yeux amoureux.

Elle était si sublime. Si parfaite. Je me laissais transporter par la douceur de son regard. Par la couleur changeante de ses iris, passant de l’or fondu à l’ambre selon la lumière. J’admirais son visage si doux, ses lèvres si séduisantes. Si attirantes que je me demandais ce qui me retenait de ne pas les embrasser. Je voulais sentir leur douceur, et frémir lorsqu’elle me répondrait, les laissant caresser les miennes dans un baiser qui me transporterait dans un océan d’amour comme toujours. Et si cela pouvait la rassurer sur ce qui la tracassait ce serait encore mieux.

J’allais craquer et me pencher sur elle quand sa main monta jusqu’à mon visage et je souris de nouveau à son soupir. Nous étions si ensorcelé l’un par l’autre.
Mais soudain, le charme fut rompu. Elle se tourna vivement vers le bout du couloir, et je fis de même aux aguets, lâchant sa main pour la passer autour de sa taille et la rapprocher de moi. Tous mes sens étaient en éveil.
Visiblement, il n’y avait rien.
Mon audition entendait chaque personne qui parlait ou marchait dans toutes les chambres du couloir. J’entendais de l’eau couler. L’ascenseur monter, dépassant notre étage. Rien de suspect.
Mon odorat ne m’aidait pas non plus. La colle et le tissu de la moquette. La peinture sur les murs. Les lambris. Les différents étoffes dans les chambres. Les fleurs de la plante près de l’ascenseur. Le métal des câbles derrière les portes closes… Et bien sur les humains de l’étage.
A ce moment j’étais définitivement inquiet. Sa main était toujours dans la même position, levée en l’air comme si elle allait me toucher. Je fronçais les sourcils, restant sur mes gardes. Se pouvait-il qu’elle sente quelque chose que je ne percevais pas ? Où était ce une sorte de sixième sens ? En tout cas, je ne doutais pas que quelque chose la rendait fébrile. Ce n’était pas normal.

Elle leva enfin les yeux sur moi, et je la regardais avec inquiétude. Je détestais la voir ainsi. Dussions-nous tout laisser et partir d’ici sur le champ que je la suivrais sans hésiter. Peu importait le mariage à ce moment. Seul son bien-être comptait.
Elle ouvrit la porte en murmurant :

"Veux-tu… entrer avec moi, s’il te plaît…"

Elle ne me l’aurait pas proposé, je serais entré quand même. Elle était trop angoissée, et il m’aurait déjà été difficile de la quitter si elle avait été détendue… Alors là…
Je lui fis un sourire rassurant alors qu’elle me laissait entrer et je me tournais aussitôt vers elle pour remarquer son dernier coup d’œil dans le couloir. J’inspirais de nouveau profondément, et allais à la fenêtre pour regarder dehors. Il semblait ne rien y avoir d’inhabituel. J’entendis le cliquetis d’une serrure que l’on verrouille. Seigneur mais…
Laissant la rue, je tournais de nouveau le regard vers elle en soufflant :

- Trésor, qu’est ce que….

Les mots se bloquèrent dans ma gorge alors que je découvrais son expression. Elle se décomposait à mesure que les minutes… Que les secondes même passaient. Mais qu’est ce qui pouvait bien la terroriser autant ? Elle ne craignait rien. Vraiment rien. Enfin rien qui ne se trouve dans cette petite ville.
Je sentis une coulée de sueur froide couler tout le long de mon dos. Je reniflais encore l’air, son stress étant plus que contagieux. Un homme approchait. Il était probablement saoul vu la forte odeur de whisky mais je ne comprenais pas. La menace ne pouvait pas venir de lui. Comment un humain pouvait seulement alarmer un de nous. Ils étaient si fragiles…

J’observais intensément ma future femme. Elle tremblait mais ne pouvait pas bouger de la porte, croisant et décroisant ses bras. Au moment où sa respiration s’accéléra je repris le contrôle de mon corps qui était figé sous la surprise de sa panique. Je fis un pas vers elle, mais elle entama des cents pas.

- Mon amour… Dis moi…

Je l’observais faire ses allers retour, interdis. Je voulais la prendre dans mes bras mais je n’osais pas. Je ne comprenais rien. Et puis excédé, je l’attirais doucement, l’attrapant par la taille.

- Esmée…

Elle serra les poings, ferma les yeux. Sa panique m’envahissait. Je me sentais si impuissant.

- Parle-moi… Qu’y a-t-il ?
"Non… C’est impossible…"

Un plomb sembla tomber dans ma poitrine. J’hésitais à la laisser pour aller vérifier le couloir moi-même. Aller voir dans toutes les chambres s’il le fallait. Mais je rechignais à m’éloigner d’elle alors qu’elle était dans cet état.

Elle fit un bond si fort que je la lâchais par réflexe. Ses traits étaient si apeurés. Seigneur, je ne lui avais jamais vu une telle expression. C’était encore pire que lorsqu’elle avait craqué et tué des humains au début. Du moins différent. Comme une peur irraisonnée. Une phobie. Elle ne se contrôlait plus.
Je ne sais même pas pourquoi je la laissais ouvrir la porte. Probablement que j’étais tellement certain que nous étions invincible. Il ne pouvait rien lui arriver…. Et je ne comprenais pas ce qui était impossible…

Elle ouvrit la porte avec une lenteur exagérée et je me tendis aussitôt à sa réaction. C’était un humain… Cet humain saoul que j’avais sentis qui était là devant nous. La porte rebondit contre le mur alors qu’il hurlait. Qui était-il celui là à venir comme ça ? Un voleur ?
Esmée dû se tenir contre le mur pour ne pas sombrer, et ma patience atteignit totalement ses limites. Je traversais la pièce pour la rejoindre alors qu’elle murmurait :

"Charles…"

Ce fut comme si on allumait la lumière dans mon cerveau. Toutes les pièces du puzzle de ses réactions se mirent en place. Charles… Impossible… Comment ?
Une vague de fureur sourde m’envahit alors que je la voyais paniquer encore un peu plus. Je connaissais l'essentiel de son histoire avec cet homme, mais j’étais persuadé qu’elle ne m’avait pas tout raconté. Et ce que je savais était déjà bien assez pour que je comprenne la terreur qu’elle éprouvait… Et pour que je le haïsse. J’accélérais mes pas pour me retrouver derrière Esmée, et passer un bras autour de sa taille pour l’attirer à moi. J’expirais lentement pour retenir un grondement et soufflais juste pour elle :

- Je suis là….

Avec douceur, je me mis légèrement devant Esmée pour la protéger.
Je l’observais cet homme que j’avais mainte fois imaginé.
Il était brun, les yeux noirs de fureur. Son visage mal rasé ne cachait pas la colère qui émanait de lui. C’était comme si chaque pore de sa peau laissait sortir son courroux, alimentant le mien. Ses vêtements semblaient avoir été porté souvent. Il puait véritablement le whisky. Il aurait eu trois bouteilles ouvertes dans les mains, l’odeur n’aurait pas été moins forte. Il était mauvais. Terriblement mauvais.
Et il osait l’insulter… Je ne pus m’empêcher de grogner imperceptiblement sur lui, inspirant profondément son odeur pour la graver à jamais dans ma mémoire. Qu'il ose se remontrer devant moi un jour...

Je le laissais parler, ne sachant pas si je devais intervenir ou pas. J’osais croire qu’Esmée aurait la force de lui dire de partir et de lui claquer la porte au nez. Elle aurait même pu lui sauter dessus et le tuer que je ne sais pas si je l’aurais stoppée. Elle avait le droit de se faire vengeance pour tout ce qu’elle avait subi.
Ma respiration se coupa quand il parla de mariage. Oui.. Il avait raison. Elle était encore mariée à lui. Mais elle ne le voulait plus. Et elle était morte aux yeux de tous. J’avais tout fait pour cela.
Pendant sa transformation j’avais signé son certificat de décès et ensuite, pour justifier la disparition de la dépouille, j’avais fait une déposition à la police pour le vol du corps. Je l’avais déjà vu… Parfois les corps étaient volés pour je ne sais quelle raison… ça arrivait. Rarement certes mais assez pour que ce ne soit pas suspect. Je n’avais pas rencontré la famille d’Esmée, la police s’en était chargée. Et je pensais l’affaire réglée…

Et il osait lui parler de son fils… Mais…Il osait la toucher…
Dans mon esprit je me voyais si clairement lui sauter dessus pour le plaquer contre le mur du couloir. J’entendais les os de son dos craquer sous la pression du béton. Je me délectais de son cri de douleur. Je m’entendais lui grogner agressivement qu’il n’avait plus le droit de la toucher. Jamais. Que je ne voulais plus jamais sentir son odeur… Que je le laissais vivre juste parce que je ne voulais pas me salir les mains de son sang… Oh oui je lui disais tout cela dans mon esprit… La partie monstrueuse de moi…
L’autre partie était tout aussi furieuse. J’avais beau chercher, je ne trouvais pas la compassion qui était si souvent mienne. Il n’avait aucun droit de la rechercher. Pas après ce qu’il lui avait fait.

"Non.."

Mon regard était figé sur la main de l’homme qui emprisonnait le poignet d’Esmée. S’il ne la lâchait pas dans les prochaines secondes, je jurais que je lui cassais. Mais elle se libéra elle-même. J’avais envie de lui rappeler qu’elle était une vampire. Si forte… Qu’elle ne craignait rien. Mais je ne voulais pas encourager le monstre en elle. Elle se rapprocha de moi et je passais mon bras devant elle en profitant pour me mettre un peu plus entre eux deux. S’il voulait l’atteindre de nouveau, il devrait me passer sur le corps. La main d’Esmée sur mon bras m’apaisa un peu cependant, m’aidant à ne pas assouvir les pensées que j’avais eues un peu plus tôt.

"C’est.. c’est fini, Charles. Je ne… je ne… t’appartiens plus…"

J’avançais légèrement vers lui, l’obligeant à reculer pour retourner totalement dans le couloir en me redressant de toute ma taille. Jamais je n’avais autant usé de cette impression que l’on pouvait avoir sur les gens. Cette peur irraisonnée qui entrait en eux quand ils nous voyaient. Je ne cachais plus que je pouvais être très très dangereux. Mon regard ne laissait plus transparaître la moindre émotion autre que la haine que je lui vouais. Mes pupilles s’étaient sensiblement assombries sous l’émotion et je le regardais vraiment comme si c’était une proie. Ce regard presque sauvage… Et pourtant Dieu sait qu’il aurait été le dernier sur lequel je me serais nourri.
Je levais les bras, posant chacune de mes mains sur l’encadrement de la porte, lui barrant le passage.

- Vous l’avez entendu ? Elle ne veut plus de vous. Partez monsieur Evenson…

Mes mains serrèrent les montants qui craquèrent un peu sans que je le veuille. Il n’était plus question de laisser Esmée se défaire elle-même de cet homme. Il était trop abject et vu l’emprise qu’il avait sur elle, ce serait trop difficile… Même pour moi… Je ne supportais pas de la voir dans cet état.

- Partez avant que cela ne dégénère. Je vous assure que vous n’êtes pas en position de force… Votre honneur, vous l’avez bafoué vous-même, la première fois que vous avez levé la main sur elle. Ne perdez pas ce qu’il vous reste en me laissant le plaisir que je vous raccompagne moi-même jusqu’en bas !

Plusieurs scénarios me venaient en tête. La plupart se terminaient par sa mort, diverse et variée. J’étais même prêt à lui proposer qu’on aille régler cette histoire dehors.
Le plus sage qui garantirait sa vie sauve et notre fuite serait de lui claquer la porte au nez, de verrouiller et de nous enfuir par les toits. Mais Esmée serait-elle capable de courir ? Elle semblait si pétrifiée.
Je voulais qu’il parte. Qu’il nous laisse en paix afin que je puisse la rassurer. Va au diable que je puisse m’occuper de la femme que tu ne mérites pas. Que tu n’as jamais mérité.

Je fis un vif pas en avant pour le surprendre et le convaincre de nous laisser, alors qu’un sourd grondement montait dans ma poitrine… Je perdais patience.

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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Mer 28 Avr - 11:29

Si la colère était encore là, ancrée en moi, et qu’elle bandait tous mes muscles, la surprise de ce contact si froid, glacé en fait, coupa mon élan. Je relevais sur toi des yeux incrédules.

- Non… soufflas-tu presque imperceptiblement.

Mes sourcils se froncèrent de nouveau, me rappelant que je n’étais pas là pour m’étonner du froid de ton corps, mais pour te reprendre. Je m’avançai un peu pour planter mon regard dans tes yeux brillant d’horreur, espérant ainsi te rappeler sur terre.

- Quoi ? m’écriai-je.

Mais déjà, l’autre homme s’était planté entre nous deux après que tu te sois dégagée d’un geste léger qui manqua de me tordre les doigts. J’allai m’avancer pour te rattraper mais quelque chose me dit de ne pas le faire. Le regard de cet imbécile, devant moi ? Peut être. Toujours était-il que tu renchéris, cachée dans son dos.

- C’est…c’est fini, Charles. Je ne…je ne…t’appartiens plus…
- Si, tu m’appartiens ! hurlai-je. Tu avais oublié ça, hein ? rageai-je en levant la main où se trouvait mon alliance, anneau que je n’avais pas quitté depuis ta disparition. Et la tienne est dans ma poche, elle n’attend que ta main !

Et comme si se fut un ordre pour ton chien de petit ami, celui-ci avança d’un pas, me faisant perdre du terrain et reculer jusqu’au pas de porte. Non, le couloir. Mes yeux rageur le dévisagèrent de bas en haut jusqu’à ce qu’ils se posent sur…sur…ces…yeux.
Une montagne sembla fondre en deux secondes. Ses yeux…C’était incroyable. Ils étaient totalement…noirs. C’était effrayant. Horrifiant. Et tu pensais que tu allais mieux vivre avec lui ! Avec ce type qui arrivait me faire peur ? A moi ?!
Sauvagerie, colère…haine. C’est ce que je pouvais lire sans qu’il n’ait à s’expliquer. Mes jambes flageolèrent imperceptiblement. Deux balles noires qui étaient venus réduire en miettes le vitrail de ma colère. Il paraissait plus grand, plus imposant que tout à l’heure. Ou c’était moi qui me rendais compte comme j’étais petit ? Il leva les bras pour achever de m’expulser, ses doigts se saisirent du cadre de la porte. Comme des barrières qui m’interdisaient d’entrer, des barrières que je pouvais briser…ou pas.

- Vous l’avez entendu ? Elle ne veut plus de vous. Partez monsieur Evenson…

Sa voix était assurée, mais néanmoins tremblant d’une colère sourde. Mes yeux revinrent sur les tiens, qui me redonnèrent quelque peu courage.

- Ce n’est pas à ton chien de m’affronter ! Viens ici !

Ses doigts raffermirent leur prise sur le bois et le serrèrent si bien qu’il craqua. Moi qui m’apprêtais à l’affronter du regard, mes yeux descendirent sur ses mains aux jointures blanchies par la rage. Je compris que je ne devais pas m’attarder…à moins qu’on aille régler notre différend dehors. J’aurais voulu qu’il craquât me balançât son poing à la figure. J’aurais eu la dose d’adrénaline nécessaire pour lui démolir son joli minois et ne plus jamais donner envie à une femme de le toucher. Mais cet homme faisait preuve d’un excellent self-control, chose que je ne possédais pas, hélas. Sa voix tonna bientôt, rageuse, mais posée :

- Partez avant que cela ne dégénère. Je vous assure que vous n’êtes pas en position de force…Votre honneur, vous l’avez bafoué vous-même, la première fois que vous avez levé la main sur elle. Ne perdez ce qu’il vous reste en me laissant le plaisir que je vous raccompagne moi-même jusqu’en bas !

Quelque chose au fond de moi me disait de le prendre par le col de sa chemise et fermer la porte pour lui faire regretter ses paroles en toute tranquillité. Mais une autre petite voix, elle, me hurlait que si je le touchais, c’était moi qui allais finir à l’hôpital. Il émanait de cet homme une puissance incroyable, une sorte d’aura de danger, de risque, une aura noire…de mort. Et ses yeux parlaient bien assez. Un regard mortel, foudroyant, obsédant. Une magnificence dangereuse et forte. Il avait un quelque chose qui vous faisait plier.
Mais moi, je ne l’étais pas totalement. Je me rapprochai de lui.

- Et vous êtes qui pour me dire ce que je dois faire ? lui soufflai-je en retenant mon poing.

Mais il bougea, et les ruines de mon assurance ne furent plus que poussière. Une pas en avant, avec ce regard si perturbant. Et pire. Un bruit sourd que j’avais cru percevoir tout à l’heure monta de sa gorge, oui, de sa gorge. Un grondement, rauque, animal. L’alerte sonna dans mon esprit, je devais partir, te laisser à lui. Mais pourquoi j’avais si peur ? Pourquoi tant de crainte alors que tu allais céder si facilement ?

Laisse tomber, laisse tomber…Laisse tomber ! me hurlait quelque chose venu du plus profond de mon être.

Je te jetai un dernier regard haineux puis le dévisageai avec ces mêmes yeux. Je fis demi-tour dans le couloir et me dirigeai vers les escaliers, comme le vieux loup vaincu qui quittai la meute la queue entre les pattes. Je n‘avais pas fait deux mètres, néanmoins, que ma voix hurla dans le couloir une dernière fois :

- Ne rêve pas ! Il ne t’offre qu’un autre enfer !!

Conscient que les grooms allaient rappliquer pour me rappeler qu’on ne devait pas crier dans les couloirs, je m’engageai dans les escaliers.
Arrivé à la réception, c’était comme si l’hôtel entier avait entendu notre altercation. Tous me dévisageaient. Mais je les rembarrai rapidement en leur envoyant un regard rageur, animal. Je quittai l’hôtel pour reprendre la voiture. Deux options s’offraient à moi : frapper, ou me détendre.

Je roulai à pleine vitesse jusqu’à la maison d’Eddy. Je frappai nerveusement à la porte, me concentrant pour ne pas changer sa maison en ruine. Il ouvrit mais son sourire radieux et amical s’évanouit en me voyant. Il avait compris et était surpris que j’eus échoué. Ses yeux me demandaient des explications. Je n’avais jamais perdu face au monde, encore moins face aux hommes qui convoitaient ma femme. Mais là…J’avais pris la plus grande raclée de ma vie.

- Salut…
- Salut, Ed’…
- Ca va pas fort, tu veux rentrer ?
- Ouais, s’il te plaît…
- Esmée n’est pas avec toi ?

A l’appel de ce prénom, mon regard se vrilla sur le sien, sombre colérique, haineux. J’allai haïr toutes les Esmée de ce foutu monde, toutes le femmes…

- Elle est morte, OK ?
- Mais pourtant je…
- Elle est morte !
- OK, OK…Viens t’asseoir.
- Merci.

Je pris place dans un sofa et me calai contre le dossier. Eddy quitta le salon, la mine sombre. Seul, mes pensées tournèrent dans mon esprit perturbé. Et je repensai à ce type, avec son regard…monstrueux.



J’avais besoin d’un verre.
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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Mer 28 Avr - 23:54

Ses paroles ne faisaient qu’attiser la colère qui couvait en moi. Comme un feu qui commence à prendre et sur lequel on fait doucement tomber des gouttes d’essence. Il était si arrogant. Comme si Esmée était une chose qu’on lui avait volé. Mais non ! Elle était partie d’elle-même et elle ne voulait plus de lui ! Il n’avait donc plus aucun droit sur elle.
Et il m’insultait, mais j’étais déjà au-delà de la colère alors ses mots ne me touchaient même pas.
Je le voyais me dévisager et surtout je sentais sa peur. Ce petit piquant dans son odeur, qui excitait mon instinct de chasseur. J’avais envie qu’il se mette à courir pour que je puisse le poursuivre. Que je le rattrape aisément et que je lui montre ce que ressent une souris entre les griffes d’un chat. Que je m’amuse avec lui…
Au fond de moi je jubilais de sa peur. C’était très satisfaisant de le voir se décomposer de cette façon. Qu’il tremble autant qu’Esmée le faisait derrière moi ! Qu’il sache ce que ça fait de craindre pour sa vie ! De fermer les yeux et de ravoir cette sensation de terreur. Oh oui, je voulais qu’il me craigne. Et pas qu’aujourd’hui. Jusqu’à la fin de sa vie !
Mais je devais avouer qu’il m’étonnait. Il se rapprocha de moi…
Il était courageux, je devais l’avouer. Ou fou ? Ou totalement saoul qu’il ne reconnaissait pas le danger… Les trois peut être…

- Et vous êtes qui pour me dire ce que je dois faire ? Souffla t-il, m’envoyant des relents d’alcool prédigéré dans le nez. Je retins ma respiration, dégoûté. Il était vraiment répugnant.

- Je suis son mari et je protège ce qui m’est cher. Partez !

Il me regarda de nouveau et je plongeais mon regard dans le sien. Je voyais bien qu’il me jaugeait. Qu’il cherchait à savoir s’il pouvait me battre. Je n’étais pas particulièrement musclé. Juste ce qu’il fallait mais pas trop… J’étais plutôt grand, mais sans ma force de vampire, nul doute que le combat aurait été disputé.
Mais là, il n’avait aucune chance. Aucune. Ne le voyait-il pas ? Allait-il donc se décider à partir ?
Enfin, je le sentis faiblir. Son corps donnait tous les signes de celui qui va fuir. Et ce regard haineux qu’il lançait sur Esmée fit monter l’urgence de son départ encore plus. Dans ses prunelles, la défaite transparaissait cependant… Pour mon plus grand plaisir.

Il fit demi-tour et avança dans le couloir. Lâchant la porte, je fis deux pas à a suite comme si j’allais l’accompagner. Je dus me retenir de ne pas m’avancer plus encore vers lui. Je n’étais plus sûr de ne pas vouloir quand même l’escorter jusqu’en bas. Mais je sentais qu’Esmée avait besoin de moi. Je devais rester auprès d’elle, aussi je le regardais partir, faisant appel à tout mon contrôle pour rester sur place. Mon instinct me disait de le rattraper, et de l’éliminer. Il resterait un problème tant qu’il serait vivant. Mais pourtant, je n’écoutais pas le monstre. Je l’avais laissé une seconde m’aider mais c’était terminé. Il fit du zèle une dernière fois, hurlant :

- Ne rêve pas ! Il ne t’offre qu’un autre enfer !!

C’est ça, cause toujours. Va donc y voir en enfer si nous y sommes. Tu nous attendras longtemps. J’avais envie de lui hurler que je pouvais tout à fait l’y emmener en enfer. Un mot de lui et il avait un aller simple !
Tendu, je l’observais s’éloigner, restant jusqu’à ce que la porte de la cage d’escalier soit bien refermée. En pensée je descendis l’escalier avec lui, le suivant par sa respiration et ses pas qui résonnaient sur les murs. J’attendis qu’ils aient disparus complètement de l’hôtel et patientais encore quelques secondes pour être sûr.

Soupirant, je revins dans la chambre et me tournais pour refermer la porte en silence. J’étais particulièrement lent pour me permettre de retrouver mon calme et mon expression habituelle. Mes pupilles firent comme lorsque la lumière est soudainement aveuglante. L’ambre revint dominer l’ébène et une fois que je me sentis plus calme, je me retournais.
J’observais Esmée une seconde, mon cœur se serrant d’angoisse en découvrant toute l’immensité de sa peur. Incroyable l’emprise qu’il avait sur elle… J’inspirais profondément pour me calmer, sentant la haine m’atteindre de nouveau et en un clignement d’yeux j’étais près d’Esmée.
Mes bras passèrent autour de sa taille pour l’attirer vivement contre moi. Je la serrais. Je la serrais si fort, comme si ça pouvait la faire entrer en moi. La garder à jamais en sécurité… Qu’elle ne connaisse plus la peur.

- C’est fini mon amour… C’est fini… Je suis là…

Elle tremblait si fort contre moi que la colère remonta encore. J’avais l’impression d’être instable. Comme si je pouvais m’enflammer dans la seconde. Je n’aimais pas ça. Il ne fallait pas que je le rencontre dans la rue cet homme… Jamais…. Je ne sais pas si je pourrais faire preuve d’autant de calme que plus tôt.

Mes mains montèrent dans son dos pour l’accompagner vers le lit où je la fis asseoir en douceur et l’attirais à nouveau contre moi.
Inspirant profondément son odeur apaisante, je caressais ses cheveux pour la rassurer. J’étais là. Pour l’éternité je serais à ses côtés. Il m’avait été si naturel de dire à Charles que j’étais son mari. L’évidence même. Même si nous n’étions pas encore marié, je l’étais bien plus que lui. Je l’aimais tant. Et je l’étais depuis tant de mois virtuellement parlant.
Mes sens restaient en éveil tout de même dans le doute où il voudrait revenir mais je ne pus m’empêcher de redresser doucement son visage pour plonger mes yeux dans les siens. J’aurais voulu faire disparaître cette peur juste par un mot ou un regard. Qu’elle oublie cette soirée à jamais. Lentement je vins coller nos fronts, en prenant son visage en coupe entre mes mains.

- Je t’aime.

J’attirais son visage à moi avec douceur pour déposer un très léger baiser sur ses lèvres et murmurer avec toute la douleur et l’angoisse qui me serrait le ventre de la voir ainsi.

- Je t’aime tellement.

Je repris ses lèvres, un peu plus longtemps cette fois, espérant la calmer en même temps que moi. Même dans cette situation, dans tout ce stress environnant, je savourais son goût comme si c’était la première fois. Elle me faisait chavirer à chaque fois. Seigneur, était-ce seulement possible d’être heureux en cet instant ? Juste par ce baiser ?
Je l’éternisais un peu plus, ne voulant plus me reculer. Plus jamais. Je voulais garder ses lèvres pour toujours… Et pourtant… Je me redressais légèrement, revenant à notre position de départ, front contre front.

- Mon ange… Partons d’ici. Partons loin. Dans un endroit où il nous retrouvera jamais….

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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Mar 11 Mai - 5:42

- Quoi ? Si, tu m’appartiens !

Ses paroles me percutèrent, faisant tomber le faible mur que je venais de bâtir. Comment, aussi rapidement, je pouvais oublier que j'étais une vampire... Une créature morte-vivante se nourrissant de sang... avec la force de 10 hommes... Que j'avais trouvé une raison de revivre... Plutôt, de réellement vivre. J'oubliais que je n'étais plus seule. Carlisle était là cette fois, si près. Alors pourquoi je n'étais pas rassurée.. Son odeur venait caresser doucement mes narines comme toujours, mais étrangement elle semblait être si lointaine comme si elle n'était qu'un souvenir sur les vêtements que je portais. Mon coeur, qui avait enfin découvert comment aimer, allait se cacher quelque part si profondément en moi que je n'arrivais pas à le trouver. Et ce coeur, il aimait Carlisle... Je l'aimais! Oh, je savais que je l'aimais. C'était une certitude qui ne me quitterait jamais... Mais j'étais simplement trop terrorisée pour que mon coeur se laisse à le ressentir...

Parce qu'il y avait Charles. Il était en colère.. Je le mettais encore plus en colère... C'était la première chose à ne pas faire, à éviter.. Sinon... Je penchai la tête pour l'enfoncer un peu plus entre mes épaules, cherchant à me protéger. Sa voix était trop forte à mes oreilles. J'avais le goût de les couvrir pour ne plus entendre... Je ne me sentais plus respirer mais j'étais consciente de ma poitrine qui se soulevait irrégulièrement. Dans mon esprit, plusieurs parties de notre histoire étaient si floues... Je me souvenais de notre rencontre, de notre mariage... Je me souvenais de la solitude, des coups... De l'alcool. Certains aspects m'étaient si clairs, et d'autres n'étaient rien d'autre que des scènes embrouillées, vestiges de terreur.

- Tu avais oublié ça, hein ?

Avec une lenteur extrême, je levai les yeux vers lui. Je n'en avais pas envie.. Mais quelque chose en moi savait ce qui se passerait si je ne le faisais pas. Ou peut être simplement ce qui se serait passé... Et s'il me frappait.. J'avalais brusquement la salive dans ma gorge. Je n'arrivai pas à croiser son regard. Ses yeux... Mais je vis quelque chose briller sur sa main gauche; une alliance large en or. Aussitôt, je sentis mon coeur se briser dans ma poitrine. Comme si, ce simple coup d'oeil venait d'éclater en morceaux tout ce que j'avais jamais espéré. Il avait raison.. J'étais encore mariée...

Je... Je lui appartenais encore...

- Et la tienne est dans ma poche, elle n’attend que ta main !

La mienne... Je levai les yeux vers Charles pour la première fois depuis plusieurs secondes, tentant de trouver une trace de pitié dans son regard.. Le mien était implorant, et le sien... toujours aussi dur. Aussi froid. Impitoyable. Mon alliance... Je l'avais laissé sur la table de la cuisine. Sans cérémonie. J'étais simplement partie.. J'avais coutume de me raccrocher à cette alliance pour me permettre de survivre, de résister à partir. Un objet béni par Dieu. Selon Sa volonté. C'était l'objet qui me gardait accrocher à l'enfer sur Terre...

Je n'arrivais simplement pas à croire que j'étais revenue à la case départ. J'eus l'impression que mes épaules retombèrent dans un geste de désespoir, d'abandon. Comme avais-je pu croire que je pouvais espérer une nouvelle vie..

*Non.. Esmée, arrête... Ta vie ne peut pas être comme avant. C'est impossible. Réellement impossible... Reprend-toi.. Ressaisis-toi... *

Mais comment me ressaisir alors que la peur qui me tiraillait au plus profond de mes entrailles était elle-même irrationnelle. Je me remis à trembler un peu plus, sanglotant plus fort avant de serrer mes deux mains ensemble au niveau de mon ventre dans une prière silencieuse et désespérée.

Je n'étais pas brave. Je n'étais pas audacieuse. Je n'étais qu'une petite femme qui n'avait jamais eu la crainte de se faire briser avant de se marier. Qui avait vu son esprit d'aventure et sa détermination se faire écraser par la puissance physique d'un homme. Qui avait sentit toute sa confiance et son indépendance s'évaporer sous le poids des ses paroles... Qui n'avait fait que camoufler ses blessures physiques et psychologiques aux yeux de tous, tentant elle-même de les fuir. Qui avait eu une lueur d'espoir, mais qui s'était fait rattrapé trop vite par la cruauté de la vie.

J'avais réussit à me redécouvrir au court des derniers mois. Mais tout ce que j'avais accompli semblait s'être écrasé en présence de Charles. Il ne me restait plus rien de ma confiance... Je vis que Charles reculait vers la porte.. et que Carlisle avançait. Mais j'étais simplement trop figée pour faire quoique ce soit..

- Vous l’avez entendu ? Elle ne veut plus de vous. Partez monsieur Evenson…

Mon regard bougea rapidement vers Carlisle. Je ne le voyais que de dos, mais je voyais son être entier qui s'était tendu. Et sa voix était si froide... Je ne l'avais jamais entendue aussi glaciale. Il était dangereux... Je voulais le protéger, lui dire de ne rien faire... Qu'il ne devait pas, qu'il... Mais peu importait, je n'en étais pas capable. Je crois que je n'aurais pas été capable de bouger même s'il avait attaqué Charles... Aurait-ce été un grand drame?

- Ce n’est pas à ton chien de m’affronter ! Viens ici !

Je frissonnai brusquement en ne quittant pas le dos de Carlisle du regard... Mon chien; comment osait-il... Mes sourcils s'arquèrent un peu plus et je serrai les yeux douloureusement. Pourquoi n'arrivais-je à prendre toute cette colère, toute cette haine.. Pourquoi ne pouvais-je pas lui cracher dessus comme je rêvais de lui cracher dessus...

- Et vous êtes qui pour me dire ce que je dois faire ?

Il soufflait, mais j'entendis comme si sa voix rauque résonnait à mon oreille. Mon coeur se gonfla légèrement et brièvement d'amour.. Son regard horrible me fit frémir, mais je pouvais quand même continuer à savourer le simple mais doux battement que mon coeur venait de faire avant de se recamoufler...Qui était-il... Qui était-il...

- Je suis son mari et je protège ce qui m’est cher. Partez !

Je fermai alors lentement les yeux, laissant ma tête partir vers l'arrière... Elle toucha le mur, qui me sembla aussi doux qu'un oreiller. Mon corps demanda une trêve, et tous mes muscles se relâchèrent dans un soupir de soulagement. Même mes sanglots se calmèrent, et mes tremblements se calmèrent un peu.. La réalité venait de me frapper de plein fouet. Je n'étais plus la petite femme fragile qui tremblait... Je devais maintenant le croire... Et, comme par miracle, l'odeur qui me faisait tant paniquer s'éloignait...

- Ne rêve pas ! Il ne t’offre qu’un autre enfer !!

Je soupirai profondément en serrant un peu plus les mains ensemble. L'enfer lui-même ne serait jamais pire ce qu'il m'avait fait vivre... Et Carlisle?.. Je voulais bien me damner pour l'aimer et être aimée tous les jours de ma vie... Mais.. C'était ce que j'avais promis faire avec Charles. L'aimer tous les jours, pour le meilleur et pour le pire... Et s'il n'y avait pas eu de meilleur? Dieu serait-Il en mesure de voir cela? De me pardonner? D'effacer ces voeux vides pour me permettre d'en faire de nouveaux? De pouvoir réellement aimer de tout mon être...

Un long sanglot quitta ma poitrine, et mon corps se remit à trembler. Et s'il ne me pardonnait pas... S'il ne me permettait pas de me marier avec l'homme pour lequel j'étais née... Si jamais été conçue pour l'aimer, et que j'avais fais l'erreur d'épouser Charles avant? Et si j'avais tout gâché. Non... Non, par pitié! Une différente peur venait alimenter mon être alors... Il ne fallait pas...

Carlisle revint à cet instant, lentement... Je le sentais plus calme, mais je ne me sentais pas plus calme. Plus vite que je n'aurais cru, mais pas assez à mon goût, je me trouvai dans ses bras. Sa présence revenait... Je le sentais maintenant avec moi.

- C’est fini mon amour… C’est fini… Je suis là…

Il était là... Enfin.. Sans pouvoir me contenir, je me mis à sangloter encore plus fort, serrant mes mains dans son dos pour le garder contre moi. Oh Seigneur... J'aurais tellement aimé pouvoir pleurer à cet instant...

"Oh Carlisle..."

Je me laissai trainer vers le lit sans un mot, ne quittant pas ses bras. J'avais certes été naïve de croire que notre monde serait seulement beau et magnifique. Que jamais rien n'arrivera à nous toucher tant que nous serions ensemble. J'avais été idiote de croire au conte de fée que toute les fillettes espéraient pour la simple et bonne raison que ce conte de fée n'existait simplement pas. Il allait toujours y avoir des moments plus difficiles, mais jamais, à ces moments, nous serions seuls. Ma respiration se calma légerement, alors que je me laissais envouter par son odeur et sa présence. Les caresses sur mes cheveux m'apaisaient tellement...

Laissant ses doigts guider mon visage, je le montai vers le sien. Je croisai ses yeux du regard, y voyant toute l'anxiété et la souffrance qu'il ressentait de me voir ainsi.. Mon coeur se serra encore plus, mais mes sanglots cessèrent.. Je me sentais incapable de prononcer un seul mot, alors que je voulais lui proclamer mon amour, ma reconnaissance, ma tendresse... ma peur...

- Je t’aime.

Dans un dernier sanglot, je fermai les yeux pour savourer le baiser qu'il posa sur mes lèvres. Mon esprit sembla quitter, l'espace d'une seconde, mon corps. Flottant au dessus de ma tête, je sentais mes soucis si loin. Ceux qui me torturait depuis les quelques minutes qui me semblèrent une éternité. Je me sentais intouchable. Mais la sensation me quitta graduellement en sentant ses lèvres se décoller des miennes. Et je sentais la réalité revenir pour me gifler en pleine face lorsqu'il ajouta;

- Je t’aime tellement.

Le baiser qui suivant fut plus long, me replongeant dans ce sentiment si rare de sécurité et de paix. Mon coeur aimait à ne plus savoir aimer. Je n'étais pas fière de m'enfuir dans ce baiser... de m'échapper de mes soucis dans l'espoir seul de ne pas voir la douleur et la peur revenir. Et pour l'instant, cela fonctionnait. Sans vouloir me reculer de ses lèvres, je répondis à son baiser avec toute la tendresse que j'arrivais à ressentir à ce moment... Malheureusement, le moment ne put durer éternellement. Celui qui se disait mon mari murmura;

- Mon ange… Partons d’ici. Partons loin. Dans un endroit où il nous retrouvera jamais…

Je gardai les yeux fermés encore quelques secondes avant de plonger mon regard dans le sien. Fuir. C'était ce que j'arrivais à faire. Soit je tremblais, soit je fuyais. Je n'avais jamais eu le courage de rester pour ce que je voulais. J'avais toujours eu trop peur. Je m'étais toujours défilée... Mais je ne pouvais plus le faire maintenant... Mon regard était encore apeuré, mais j'espérais que la lueur de courage qui venait remonter mon esprit y était visible également.

"Non.. Carlisle, je ne peux pas... Pas maintenant..."

Je tournai la tête vers la fenêtre dans un soupir triste, mes yeux admirant distraitement les nuages quelques secondes;

"Je ne veux pas toujours fuir à cause de lui... C'est la seule chose que j'ai jamais fait lorsque j'avais le courage de faire quelque chose..."

Je me retournai vers lui, le resserrant à mon tour contre moi. Mes yeux se plongèrent dans les tourbillons ambrés de ses yeux et je murmurai;

"Je t'aime Carlisle... C'est notre mariage... Le notre... C'est l'endroit que nous avons choisis pour notre mariage... Alors ce sera cet endroit... Ensuite, nous partirons pour ne plus jamais revenir.."

Étais-je vraiment certaine de ce que je disais? Non, pas du tout... Et la terreur était toujours présente au plus profond de mes entrailles.. Mais je devais y arriver... Je ne pouvais plus baisser les bras. Je n'étais pas arrivée aujourd'hui, après tout ce que j'ai vécut, pour arriver à ce que j'ai toujours fait... J'allais sans aucun doute marcher dans la rue en surveillant tout autour de moi, craignant le moindre mouvement suspect... Je devais y arriver...

"Mais si c'est possible de... faire vite, je... Je ne dirais pas non..."

†•´*¤*' •††•´*¤*' •†


Dernière édition par Esmée Cullen le Dim 20 Juin - 19:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Lun 24 Mai - 11:43


Charles Evenson


Je n’avais plus assez d’argent sur moi pour dormir dans un hôtel. Eddy et sa femme m’avaient hébergé, peut être plus par pitié que par amitié. Je n’aimais pas ça. J’étais un homme après tout ! J’aurais pu dormir dans ma voiture…Enfin. De toute façon j’avais presque passé une nuit blanche. La scène dans la chambre d’hôtel redéfilait en boucle dans ma tête, cet homme, ce blondinet, qui me met dehors sans même me frapper… C’était incroyable.

Couché sur le lit de la chambre d’amis, même pas défait, et les yeux dans le vide, je me remémorais chaque sentiment, chaque impression que ce type m’avait causé. Ses doigts qui avaient fait craquer le bois du cadre de la porte, cette lueur sauvage dans ses yeux si brillant… Je ne m’expliquais même pas pourquoi j’étais parti, je pouvais être aussi dangereux que lui après tout ! Mes poings se serrèrent. Je ne comprenais pas pourquoi j’avais reculé, pourquoi j’avais eu peur face à cet homme. C’était contraire à tout ce que je savais de moi, surtout qu’il n’était pas aussi massif que moi !

Je passai la nuit à réfléchir sur mon comportement et à établir ce que j’aurais pu faire au lieu de fuir comme une fillette. J’aurais dû briser ses bras, rentrer et reprendre Esmée, voila ce que j’aurais dû faire ! J’aurais dû lui faire comprendre que ça petite démonstration de force ne me faisait pas peur et que je pouvais faire mieux ! A mesure que je peaufinais le scénario de ce qu’aurait dû être cet instant, je sentais en moi grimper l’adrénaline qui me permettait d’affronter tout et n’importe quoi.


Je vais y retourner…oui, je vais y retourner et te récupérer ma belle ! Maintenant que je sais que tu es vivante, rien ne peut m’empêcher de te reprendre. Et s’Il se met en travers de ma route, je le brise comme un morceau de bois !


Je me stoppai une seconde, j’aurais probablement besoin d’une chose dissuasive s’il recommence son petit manège…Je me levai silencieusement alors que toute la maison dormait et descendis les escaliers. Là je marchai à tâtons jusqu’à la porte et l’ouvris pour me retrouver sur le trottoir. Je marchai jusqu’à ma voiture, l’ouvris et m’assis sur le siège conducteur. J’ouvris la boîte à gant et sous la paire en cuir que je possédais, je le sortis, un Smith & Wesson dont je n’avais jamais eu l’utilité, je l’avais laissé là au cas où un dingue m’agresserait dans ma voiture. Aujourd’hui je savais quoi en faire. Je lui flanquerais la trouille de sa vie à ce blondinet ! Ensuite je rentrerai à la maison avec ma femme.

- Charles… ?

Je fis volte-face, le révolver au poing.

- Quoi ?
- Wouh ! t’énerve pas, dit Eddy en levant les mains, ce n’est que moi.
- Oh pardon Ed’…
- C’est rien, sourit-il après que j’eus rabaissé l’arme. Mais évite de pointer ça dans la maison, tu sais bien que Rachel et moi on n’aime pas ces trucs…

Oui, oui…

Je reposai l’arme dans la boîte à gant et fis claquer le battant. Je sortis et fermais la voiture.

- Qu’est-ce que tu comptes faire avec, me demanda Eddy, tu ne vas tout de même pas descendre… ?
- Non, non, t’inquiète pas, ce n’est pas elle que je veux tuer…

Il ne chercha pas plus loin.

- Tu comptes te faire son copain ?! s’exclama mon ami.
- Je veux juste le mettre à genoux pour qu’il me laisse récupérer Esmée !
- Mais je croyais que tu avais laissé tomber…
- Non, finalement, le coupai-je. Je veux la récupérer, je l’aurais !

Nous retournâmes nous coucher, mais pas avant qu’Eddy ne m’ait sermonné sur la prudence dont je devais faire preuve, mon emportement facile, et l’alcool. Je lui promis que je serais « sage » et retournai dormir.

Oui je savais ce que j’avais à faire désormais.

* * *

Je prenais rapidement le petit-déjeuner avec Eddy et sa femme. Une bonne tasse de café avec quelques pancakes arrosés de sirop d’érable et j’étais prêt à retourner sur le champ de ma défaite. Je les remerciai de m’avoir hébergé et rassemblai mes affaires après être allé me doucher. Je quittai les lieux peu avant onze heure et conduis rapidement, droit vers le Kingdom Palace. Les rues étaient bondées. Je me garai dans la même rue adjacente que la veille et enfilai un manteau avant de descendre. Je remontai le trottoir jusqu’à l’avenue en caressant le métal froid du revolver qui n’avait jamais tiré de coup de feu au travers du tissu. Il était dans une poche intérieure de mon manteau et serait facile à dégainer si besoin. Mes yeux fixaient les grands murs blancs de l’hôtel avec une lueur un peu folle, pourtant je n’avais rien bu, j’étais sobre ! J’allais agir en toute froideur, je devais faire ainsi. Mes pas me rapprochèrent de l’entrée de l’hôtel, si bien que je pus le repérer. Un peu à l’extérieur, il se tenait tout près des portes vitrées grandes ouvertes pour permettre à tous les clients d’aller et de venir, et ils se réunissaient en une foule presque compacte devant le bâtiment. Je fendis la multitude. Ma colère commençait à monter, je ne voyais plus que lui, comme un prédateur se focalise sur sa proie. Je repérai rapidement Esmée quelques mètres plus loin, elle allait avoir une sacrée surprise quand elle verrait qui l’attendait à la sortie de l’hôtel !

J’arrivai dans le dos de la jolie tête blonde et posai brusquement une main sur son épaule. Je le tournai vers moi.

- Il faut qu’on cause, nous deux…



[pardonnez-moi, ce retard est inexcusable ! >
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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Lun 31 Mai - 21:15

A l'avoir dans mes bras, le temps sembla se ralentir... Je l'observais, plongeant mon regard encore angoissé dans le sien. Je donnerais cent fois ma vie pour ne plus qu'elle revive le cauchemar qu'il lui avait fait subir. Chacun de ses sanglots faisait tomber en moi, une goutte d'épouvante mêlée à de la colère... Encore cette colère... Et de l'incompréhension... Comment pouvait-on vouloir la faire souffrir ? Comment pouvait-on ne serait-ce qu'oser penser lever la main sur elle ?

"Non.. Carlisle, je ne peux pas... Pas maintenant..."

Je ne suivis pas son regard, préférant continuer à la contempler. J'allais lui dire que ce n'était pas le moment de rester... Que c'était trop dangereux... J'imaginais sans peine Charles revenir, et que l'un de nous perde le contrôle... Il mourrait... Et même si ce ne serait pas une grande perte pour l'humanité, je savais à quel point celui qui craquerait s'en voudrait... Non... Nous devions partir... Et puis, je ne voulais plus la voir dans cet état...

"Je ne veux pas toujours fuir à cause de lui... C'est la seule chose que j'ai jamais fait lorsque j'avais le courage de faire quelque chose..."

Oui... Mais... Oh Seigneur... Je soupirais doucement en retrouvant ses yeux magnifiques. Ma si courageuse Esmée. Doucement, je montais ma main à son visage pour caresser sa pommette de mon pouce, comme pour essuyer des larmes invisibles. Je tremblais légèrement, alors que l'appréhension coulait le long de mon dos... J'avais si peur pour elle.

"Je t'aime Carlisle... C'est notre mariage... Le notre... C'est l'endroit que nous avons choisis pour notre mariage... Alors ce sera cet endroit... Ensuite, nous partirons pour ne plus jamais revenir.."

Je fronçais légèrement les sourcils... Etait-elle sûre ? Après tout que l'on se marie ici ou autre part, la finalité serait la même... Il était vrai que cette ville avait un sens mais...

- Tu es sûre ? Vraiment ?

Je la connaissais assez bien pour voir les vestiges de la terreur puissante qui l'avait étreint. Oh... J'étais tellement certain qu'elle ne m'avait pas tout dit... Je n'osais même pas imaginer ce qu'elle avait pu me cacher. Ce qu'il avait pu lui faire subir... Cet homme... Il n'abandonnerait pas comme ça... Je lui avais fait peur certes mais, probablement pas assez...

"Mais si c'est possible de... faire vite, je... Je ne dirais pas non..."
- D'accord mon amour... Nous irons voir le Père Matthew demain...

Soit. Si tel était son souhait nous resterons. Mais il était fini le temps de l'insouciance ou nous marchions main dans la main dans la rue. Je savais que dès demain nous serions tous les deux sur nos gardes, cherchant à le cacher à l'autre sans succès... S'il ne réapparaissait pas d'ici le mariage nous pourrions nous détendre un peu mais... En attendant...
Je l'attirais à moi, m'installant un peu mieux dans le lit, jusqu'à nous recouvrir des lourdes couvertures. De nouveau, je la pris contre moi, reprenant les caresses de ses cheveux en silence. Il ne servirait à rien de reparler de ce qu'il s'était passé. Nous avions chacun découvert une facette cachée de l'autre. Je me jurais intérieurement de tout faire pour ne jamais revoir cette expression sur son visage. Je serais là à jamais pour elle... Et à ce moment précis, je pris conscience d'une chose que je n'aurais jamais cru possible... Je tuerais pour elle... Je pourrais aisément devenir fou s'il lui arrivait quelque chose... Dieu, dans sa grande mansuétude m'avait offert cet ange si parfait... Elle était ma force... Ma vie.. Et ce soir je découvrais à quel point, elle pouvait être mon point faible aussi... Le point sensible pour me faire plier. Mais peu importait... Elle était tout pour moi... Elle m'apportait tant...

La nuit fut si longue... Je ne cessais de réfléchir. Je m'emmurais dans un silence pour ne pas lui demander toutes les minutes comment elle allait. Je m'inquiétais tellement que je ne relâchais à aucune seconde mon étreinte de son corps. Et je ne cessais pas mes caresses. J'avais rarement souhaité aussi ardemment de pouvoir dormir. Juste pour avoir quelques heures de répit. Mais non... Je ne le pouvais plus depuis si longtemps déjà... Alors je réfléchissais. Je pensais à la manière dont le pourrais m'y prendre pour que l'on se marie plus rapidement. Nous étions fin Avril... Le mariage était pour le 14 Mai, pour reprendre le jour où nous nous étions rencontrés pour la toute première fois... Ce 14 Juin 1911... Et nous avions poussé le prêtre a accepter de nous marier à 15h47 précise. Et le mois de Mai nous rappelait la chanson sur laquelle je l'avais demandé en mariage...
Tout avait été si réfléchi... Tout aurait dû être parfait... Mais attendre trois semaines serait trop long...
Au moment où le soleil pointait doucement de ses rayons encore rouges, ma voix souffla...

- Le premier Mai ça t'irait ? Dans cinq jours ?

Je m'étonnais moi même d'avoir parlé. Comme si c'était mal après autant d'heures de silence. Je me redressais légèrement pour poser un regard profondément amoureux sur elle. Je ne pus résister à l'appel de ses lèvres, et je me penchais doucement sur elle pour venir déposer un long baiser de toute ma tendresse.

- Allons régler ce petit détail de date...

M'obligeant à sourire, je me redressais après avoir déposé un doux baiser sur le bout de son nez. Je me levais, ignorant le déchirement à devoir la laisser.
Je pris rapidement des vêtements propre et disparus dans la salle de bain. Dans la douche, l'eau brûlante semblait emporter les dernières traces de colère, pour me laisser juste inquiet. Je restais plus longtemps que d'habitude, la tête noyée sous l'eau comme si elle me rechargeait. Et puis je fermais les robinets en soupirant, m'entourant d'une large serviette avant de passer ma main sur le miroir pour me regarder.
Avec tout cela, nous n'avions pas été chasser, et mes yeux me le rappelaient ce matin. Des humains ne remarqueraient rien avec leur lumière artificielle mais je voyais bien que l'ambre était devenu olive.... Ceci étant dit ce n'était pas pour moi que je m'inquiétais le plus. A me voir les yeux plus sombres que d'habitude, je ne pus m'empêcher de me souvenir de ma réaction de la veille. Je me demandais à quoi je ressemblais dans cet état là... Sans vraiment vouloir le voir. Je soupirais de nouveau en me passant la serviette sur le visage, en obligeant mon corps à se détendre. Pourquoi tout devait être si compliqué ? Même quand tout devrait être beau, merveilleux et simple...
Je m'habillais rapidement, et retournais dans la chambre. J'attendis Esmée durant ses ablutions et nous sortîmes aussitôt. Il était encore tôt...

Nous arrivâmes à l'église encore vide. Je me signais en entrant, lançant une prière muette pour que Dieu protège Esmée. Qu'il me permette de l'aimer et de la chérir comme jamais aucune femme ne l'a été... Je murmurais un "amen" avant de parcourir la courte nef jusqu'au chœur. Le père Matthew sortait justement de ses quartiers à ce moment là, portant une coupe de vin pour l'office du matin.

- Père Matthew... Bonjour...
- Bonjour monsieur Cullen.

Il posa la coupe sur l'autel, le regard interrogateur.

- Puis-je vous aider ? Nous n'avions pas tout réglé hier ?
- Si mon père... Mais... Je lançais un regard vers Esmée, ma main venant chercher la sienne. Nous avons appris une malheureuse nouvelle... Nous allons devoir avancer notre mariage si cela vous est possible...
- Oh... Rien de grave j'espère... Il fronça les sourcils et alla ouvrir une armoire pour en prendre un agenda.
- Rien d'insurmontable... Mais c'est embêtant... Vous serait-il possible de nous marier pour le premier Mai ?

Je m'approchais doucement, mon regard suivant le sien sur les lignes de l'agenda.

- Je suppose que oui... C'est une petite cérémonie que vous souhaitez... Par contre ce ne sera pas à l'heure que vous vouliez... Je n'ai que 11h...
- ça ira très bien mon père... Je vous remercie infiniment...

Je le saluais et le remerciais une nouvelle fois. En retournant vers la sortie, je récitais tout le long des "notre père". Je détestais tellement mentir et encore plus dans une Eglise ! Seigneur pardonnez moi... J'avais demandé une dizaine de fois pardon avant que nous retrouvions l'air de la ville.
Heureusement, le temps était nuageux. De ce ciel blanc que j'aimais tant. Je pensais à la manière de prévenir Edward du changement de date... Peut être si j'appelais à Nikolaï, une caravane pourrait être chez nous à temps pour le prévenir. Il ne lui faudrait pas plus d'une journée pour nous rejoindre...
Comme à l'aller, j'inspirais profondément, me servant de tout mon odorat pour repérer l'odeur de Charles. Je voulais savoir s'il était encore en ville... Apparemment non... Mais je restais prudent...
Nous rentrâmes lentement. Je n'avais pas lâché la main d'Esmée, mes doigts restant étroitement entrelacés aux siens. Distraitement mon pouce caressait sa paume, mais je savais qu'il en faudrait bien plus pour l'apaiser. Nous allions rentrer pour nous changer, et je l'emmènerais chasser. Même si nous étions en pleine journée... Après tout dans la forêt profonde par un temps pareil, les humains n'étaient pas si nombreux. Il serait aisé de les éviter...
Nous flânâmes un peu dans la ville pour tenter de nous détendre, mais il y avait trop de monde. Nous étions samedi, et chacun sortait pour profiter de la fin de semaine. Au bout d'une heure, nous rejoignîmes l'hôtel. Au moment d'entrer, un groupe de personne passa les portes en sens inverse. Esmée voulu aller à gauche, moi à droite... Nos doigts se désunirent, et bientôt nous fûmes séparés par une dizaine d'humains. Le stress monta d'un coup dans mon ventre. Je n'aimais pas ça... Non... Laissez moi la rejoindre... Je la cherchais des yeux, en proie à une angoisse que je n'aurais pas eu d'habitude.
Et pire.. D'un coup l'odeur tant redoutée arriva à mes narines. Il était là... Le groupe d'humains ne cessait de s'agrandir, ce devait être un départ pour une cérémonie et ils s'attendaient tous... Mais faites le plus loin par pitié...
Je sentais son odeur, mais je ne pouvais pas la localiser précisément... Il y avait trop de gens... Mon odorat était saturé... Quand soudain, une main se posa sur mon épaule, et me tira en arrière.

- Il faut qu’on cause, nous deux…

Etonnement, mon premier reflexe fut d'être soulagé... Je préférais qu'il en ai après moi plutôt qu'il aille agresser Esmée. Je ne pus empêcher un léger sourire en me tournant un peu plus vers lui. Je cherchais de nouveau Esmée des yeux, me demandant si elle l'avait vu. Elle était petite alors, je ne la vis pas, et le groupe augmentait toujours... Mais mon attention revint d'un coup sur l'homme alors qu'un détail dans son odeur m'interpelait. Il était armé. Je sentais l'odeur du métal froid... De la poudre... Seigneur, il y avait tant de monde... S'il tirait maintenant, la balle ricocherait sur moi... Une personne serait blessée.... Le sang... Esmée... Non...

- Je vous suis...

De nouveau je tournais la tête vers l'endroit où je pensais que se trouvait Esmée. J'espérais qu'elle verrait mon regard censé la rassurer mais dans le doute, je murmurais, sachant qu'elle pourrait m'entendre.

- Je reviens...

Je retins mon envie de prendre l'homme par le col pour l'emmener plus vite loin de la foule. J'avisais une impasse vide et m'y dirigeais. S'il voulait me parler, il le ferait où je le voudrais. Je ne voulais pas d'accident. Je m'enfonçais profondément dans l'impasse et me retournais soudain. Je me forçais à respirer normalement. Esmée ne craignait rien. Moi non plus. Le seul en danger ici, c'était lui, et il n'en avait même pas conscience.

- La discussion sera courte, je suis occupé. Et puis, il me semble que tout à été dit hier, mais, je peux me répéter...

Je croisais les bras, le regardant droit dans les yeux. Je n'avais pas peur de lui. De nouveau je pris une longue inspiration. Il ne servirait à rien que je me mette en colère maintenant. Cela ne ferait qu'attiser la sienne, et je ne voulais pas qu'il me tire dessus...Il saurait... Il saurait que je n'étais pas humain, et je devrais le tuer... Ce serait si regrettable...

- Votre arme ne me fera pas changer d'avis. Esmée ne veut plus de vous. Laissez la partir, c'est le mieux pour tous...

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†•´*¤*' •†Carlisle's fascination †•´*¤*' •† †•´*¤*' •†Peter Facinelli France †•´*¤*' •†


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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Mer 23 Juin - 16:37

- Tu es sûre ? Vraiment ?

Un étrange rire monta dans ma gorge pour s’évanouir à l’entrée de mes cordes vocales. Je n’avais que la certitude d’être sûre de rien. Par le fait même, je n’étais certaine de rien. Allais-je me lever demain matin avec une idée complètement différente en tête? Non, je ne pouvais pas... Je devais rester forte. Je devais puiser mon énergie dans l’amour qui émanait des bras autour de moi. Prendre mon courage dans les caresses sur mon visage.

Pour l’instant, je me contentais de rester couchée dans ses bras... À peine une heure avant, la tentation à rester dans ses bras toute une nuit aurait sans doute été trop forte pour que nous puissions le faire. Malgré nous, nos corps s’appelaient. Mais autant ces sensations étaient fortes, autant en ce moment, le simple fait de rester contre lui enlevait toutes les mauvaises sensations qui s’emparait de mon cœur. Hier, il y aurait eu la passion. Aujourd’hui, il y avait la paix... Du moins, plus que si je n’étais qu’avec mes couvertures...

- D'accord mon amour... Nous irons voir le Père Matthew demain...

Nous restâmes en silence; je n’arrivais pas à formuler d’autres mots qui auraient été simplement de trop. Nous étions tous les deux dans une réflexion que nous connaissions à l’autre. Les questions se bousculaient dans mon esprit sans aucune relâche. Comment avait-il pu me retrouver? Pourquoi ne croyait-il pas que j’étais morte. Était-il le seul à ne pas croire à ma mort? Et s’il revenait?... Mais aussi... Pourquoi n’arrivai-je pas à contrôler toute la colère qui brûlait en moi pour la lui renvoyer. Je pourrais tellement le faire souffrir... En un seul mouvement, lui causer toute la douleur qu’il m’avait causée. Mais je ne pouvais simplement pas. M’abaisser à son niveau me dégoutterait trop, si ce ne serait que cela qui m’en empêchait...

La nuit semblait si longue et en même temps si courte. Je ne voulais pas que le matin arrive, je ne voulais pas devoir quitter ses bras. Et même si mon attention était constamment portée au couloir et aux odeurs qui s’approchaient, je ne me sentais pas en danger tant que j’étais contre lui. Les fantômes du passé pouvaient venir me harceler mais ils ne m’atteindraient pas... Mais la lueur du soleil réapparut dans la fenêtre, accompagnée de la voix d’un ange;

- Le premier Mai ça t'irait ? Dans cinq jours ?

Je levai les yeux vers Carlisle, m’écartant à peine de contre son torse pour plonger mon regard dans le sien. Cinq jours... Cela me semblait si court, et pourtant je n’arrivais pas à m’en réjouir encore. Oui... Le premier mai. Le premier mai, nous allions nous marier... Un léger sourire à cette pensée étira mes lèvres juste avant d’accueillir les siennes. Je me laissai envelopper par son goût si délicieux et la délicatesse de son baiser, mon cœur sembla donner un coup dans ma poitrine pour me montrer qu’il vivait toujours. Je me replongeai rapidement dans la réalité lorsqu’il éloigna son visage.

Je me dégageai lentement de ses bras pour le laisser partir, le baiser sur mon nez me tirant un sourire sincère mais douloureux. Alors qu’il se dirigeait vers la salle de bain, je ne bougeai pas du lit. Sous les lourdes couvertures, je me sentais... Pas en sécurité, non... Mais disons que j’étais plus rassurée que si je devais les quitter. Le bruit des gouttes d’eau sur le corps de Carlisle qui ne me faisait pas danser comme toujours. Aujourd’hui, cette musique me rappelait simplement qu’il n’était pas avec moi. J’avais besoin d’être avec lui, bien plus que de savoir qu’il était là. Je ne pouvais pas me résoudre à rester loin de lui... Je devais être avec lui...

Lorsqu’il revint dans la chambre, je me levai à contrecoeur pour aller prendre ma propre douche. Je me retins de le prendre dans mes bras, incertaine de pouvoir le laisser partir ensuite, me contentant de prendre une robe au hasard dans ma penderie et de fermer la porte derrière moi. La douche semblait presque agressante, me tapant sur le corps en de multiples stimuli qui ne cessaient de me laisser en garde comme si je me faisais attaquer par une pluie de fléchettes. Je coupai donc la douche au minimum, évitant de ma laver les cheveux pour ne pas devoir les faire sécher avant de partir. Le parfum du savon, cependant, me rassura. Cette odeur si douce et naturelle de détergeant mélangé à la flagrance si subtile d’un savon sans parfum venait m’envelopper et me ramener un peu à la réalité. La crasse pouvait partir et ne laisser qu’un délicat arôme... C’était une leçon de vie à laquelle je pouvais m’accrocher.

Après m’être séchée, j’enfilai la robe que j’avais tirée, légère et d’un rose lilas très délicat, avant de rapidement coiffer mes cheveux pour libérer ma nuque. Aussitôt sortie de la salle de bain, nous partîmes. La ville se réveillait doucement, et les rues étaient calmes… C’était aussi bien ainsi. Le trajet vers l’Église se passa rapidement, et je ne quittai pas les bras de Carlisle jusqu’à ce qu’il se signe. J’en fis autant, levant les yeux vers la croix. Il m’avait mis sur la route de Carlisle, j’en étais certaine. Alors Il avait surement mis Charles sur ma route également. Je ne comprenais pas la leçon que je devais tirer de mon malheur, et j’implorais qu’on me guide vers la réponse. Je ne souhaite que l’aimer de tout mon être. Alors pourquoi toute cette souffrance aujourd’hui?

M’avançant avec Carlisle vers l’autel, je le laissai cependant parler avec le Père. Vu mon air dépité, l’histoire qu’il raconta ne devrait être bien difficile à gober… Mentir à un prêtre, dans la maison de Dieu. Je levai à nouveau les yeux vers la croix en implorant le pardon pour ce péché... La vérité aurait été trop difficile à entendre, même pour un homme de Dieu... Je me rassurai au contact de la main de Carlisle autour de la mienne. C’était... C’était sans doute mieux ainsi.

Je soufflai un remerciement au Père Matthew avant de suivre Carlisle en direction de l’hôtel. Les rues s’animaient déjà beaucoup plus, et je me sentais nerveuse malgré moi de peur de trouver une odeur beaucoup trop familière. Carlisle m’emmena dans les rues marchandes, et j’essayais de me changer les idées devant les tables colorées que les vendeurs avaient sorties sur le trottoir. Les mètres passaient, et je ne me détendais pas. Rendue face à l’hôtel, mes épaules tombèrent dans un soupir de soulagement comme si je venais de traverser l’épreuve. Peut être était-il parti, alors? Oui... C’était sans doute cela. Il était parti.

Un bourdonnement, comme dans une ruche, émanait de l’hôtel. Aux bribes de conversation que j’arrivais à saisir, une énorme famille d’origine italienne se déplaçait en groupe pour un mariage. Je n’avais pas su prédire l’énergie de ces italiens à se déplacer en prenant plus d’air que nécessaire pour respirer, et je fus surprise d’être aussi bousculée. Un homme d’une trentaine d’année, plutôt imposant par son poids, se dirigeait directement vers nous sans donner l’impression de nous avoir vu. En évitant vers la gauche, je me séparai de Carlisle. J’aurais tout aussi bien pu garder ma main jointe à la sienne, bloquant brusquement l’immense homme sans la moindre difficulté, mais cela n’aurait pas été idéal.

Je me laissais donc écarter, non sans une pointe d’inquiétude. L’homme semblait être accompagné d’un village sicilien entier, la foule s’épaississait à vue d’œil alors que je perdais Carlisle de mon champ de vision. L’inquiétude se transforma en panique en sentant l’odeur que je recherchais depuis le matin même.

Non...
Non, non!

"Carlisle..."

Il était encore là. Il n’était pas parti! Il n’était pas parti! Je tentais de me faufiler sans pousser, sinon je risquais de faire tomber la nouvelle Italie au grand complet sur le pavé de pierre. Où était-il? Où était Charles?

"Carlisle?"

- Il faut qu’on cause, nous deux...

Non... Laisse le tranquille! Je jouais du coude le plus doucement possible, montrant une force assez puissante tout de même pour une personne de ma stature. Mais la détermination de rester en troupeau de ces foutus italiens m’empêchait de rejoindre Carlisle. Je l’entendais à peine par-dessus le brouhaha cacophonique qu’ils laissaient échapper avec force de leur accent chantant.

- Je vous suis...

Une vague de panique hurla dans mes oreilles, rendant le bourdonnement encore plus envahissant encore. Mon souffle se bloqua, ma respiration s’écourta. Je sentis même le peu de chaleur quitter mon visage. Je m’immobilisai, me laissant bousculer mollement par les passants.

- Je reviens...

À ces mots, je repris contrôle de mon corps. Je devais me rendre à eux. À lui. Un coup de coude plus fort que je n’aurais voulu s’enfonça dans les abdominaux surdéveloppés d’un grand homme, qui se retourna immédiatement. Criant des bêtises à l’homme derrière moi, croyant que c’était lui qui l’avait frappé, il s’approcha en me serrant entre les deux hommes. Ils se mirent à se bousculer, bombant le torse avec dignité. Le combat de coq commençait, et j’étais prise. Je ne pouvais quand même pas montrer qu’une poule pouvait faire mieux qu’eux. Bon sang!

"Non! Non!"

Je ne criais pas pour eux, mais les deux sangs chauds s’arrêtèrent de se bousculer pour se rendre compte de ma présence. Ils baissèrent les yeux pour regarder mon visage au niveau de leurs torses, leurs yeux s’illuminant alors. Oh non, non... Ce n’était pas le moment, mais pas du tout. Je regardai leurs plus beaux sourires avec un air aussi paniqué qu’agacé. Comment pouvaient-ils essayer de me séduire après m’avoir coincée entre deux tas de testostérone! Comme si piéger les gens au milieu d’une foule était le passe-temps favoris des italiens!

Je me défilai en me faufilant sous les bras, tentant de retrouver mon chemin vers les deux hommes. J’étais désorientée, et je n’arrivais pas à trouver leurs odeurs par-dessus la fumée de cigare bon marché et de sueur. Je faisais du plus vite possible, sentant les sanglots remonter en moi. La voix brisée, j’hurlai à nouveau;

"Carlisle!"

Depuis combien de temps cherchai-je mon chemin? En tournant en rond autour des gens pour les contourner, j’en perdais la notion du temps. La foule se dissipa presque entièrement au moment où j’en atteignis les extrémités. Tournant la tête avec un air paniqué, j’inspirai profondément pour les repérer.

La petite ruelle.
Carlisle...

Combattant avec moi-même pour courir à une vitesse humainement acceptable, je me précipitai vers l’endroit. L’odeur de Carlisle dominait mes sens, suivie aussitôt par celle tellement moins agréable de Charles. Je m’arrêtai à l’entrée de l’impasse, figée à la vue des deux hommes. Que voulait-il? Que se passera-t-il? J’avançai lentement, mon corps se remettant à trembler à la vue de mon ex-mari. D’une voix tremblante et suppliante, je soufflai;

"Charles... Charles, laisse-nous tranquille... Va t’en, je t’en prie..."

L’odeur de métal me monta au nez, me figeant sur place. Que cachait-il dans son vêtement? Un couteau, une arme? Littéralement pétrifiée, je le regardai sans être capable de démêler mes pensées. Que faire... Que voulait-il faire?...
Carlisle...

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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Ven 25 Juin - 20:02

- Je vous suis…

J’aurais presque voulu qu’il refuse pour me faire le plaisir de le malmener. Mais il avait l’air trop docile pour ça. En plus il ne voulait pas en venir aux mains même s’il savait se montrer menaçant. Mon flingue en poche, j’étais sûr de le faire plier ! Il se tourna vers la foule pendant quelques secondes avant de me suivre. Je l’entraînais vers l’angle de la rue mais il prit les devant et partit dans une impasse derrière l’hôtel, là où on sortait les poubelles. Si ce n’était pas très chic comme lieu pour une transaction, ça l’était déjà plus pour un règlement de compte. En le voyant prendre ainsi les devant, l’envie de lui enfoncer mon poing dans la figure me titillait, si bien que je devais garder une main dans ma poche. Je finissais encore deuxième, ça m’énervait ! Il me fit soudainement face, après que je me sois arrêté à deux mètres de lui. Je l’avais avisé, cherchant l’endroit idéal pour le blesser méchamment sans le tuer… en attendant que ça soit nécessaire.

- La discussion sera courte, je suis occupé. Et puis, il me semble que tout a été dit hier, mais, je peux me répéter…

Il s’était posté sur ses jambes, les bras croisés, à la manière des statues grecques. C’était le genre teigne, il n’allait pas bouger tant que je ne le chopperais pas par le col. Ses yeux jaunes étaient braqués sur moi, comme prêt à me tirer dessus. Ca pouvait paraître impressionnant, mais le tireur c’était moi. Je bougeai de ma place et vint directement à lui. J’avais compris que mon arme serait la première carte à jouer, je n’avais pas le choix. Il avait l’air encore plus obstiné que la veille, mais moins en colère. Je l’attrapai par le col et tirai vers moi. Nos visages étaient si proches que j’aurais pu lui mettre un coup de tête. Dans le même mouvement, je sortis mon arme et plaquai le canon sous sa mâchoire, exerçant une petite pression pour qu’il sente bien le métal froid sur sa peau. Sa peau… Il avait bizarrement froid. Comment faisait-il avec sa veste ? Trêve de question, j’avais une femme à récupérer.

- Ecoute-moi bien, Dom Juan…

Il me coupa dans mon élan :

- Votre arme ne me fera pas changer d’avis, dit-il posément, comme s’il s’y attendait. Esmée ne veut plus e vous. Laissez-la partir, c’est le mieux pour tous…

Je serrai les machoires et fronçai les sourcils :

- Arrête de te foutre de moi ! Hier, j’étais peut être un peu bourré mais là je suis parfaitement net. Je sais ce que je fais et ce que je compte faire si tu rechignes encore. Je te le dis une dernière fois : si tu tiens à ton intégrité physique et à ta petite face d’angelot, je te conseille de me rendre Esmée, et de me la rendre tout de suite, sinon je te promets que tu vas morfler. Et je suis près à aller plus loin que les mains…

Je tournai un peu le canon de l’arme contre sa peau pour qu’il comprenne de quoi je parlais.

- Alors qu…

Une voix familière, tremblante, implora dans mon dos :

- Charles…Charles, laisse-nous tranquille…Va-t-en, je t’en prie…
Je me retournai, non sans lâcher le teigneux, un sourire aux lèvres.

- Tu m’en pries ? Ahah ! Attends que j’en aie finis avec lui, je m’occupe de toi, ensuite je vous laisserai « tranquille ».

Je m’étais retourné vers lui mais m’adressais toujours à ma femme.

- Je ne sais pas comment vous avez fait pour rester incognito si longtemps mais c’est fini. Toi, récupère tes affaires et attends dans la voiture. Et bien, qu’est-ce que tu fous ?!
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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Sam 26 Juin - 2:10

"Carlisle!"

Cette voix... Sa voix... Esmée... Bien qu'un instant plus tôt toute mon attention était sur l'homme devant moi, mon esprit s'intéressa soudain à cette voix que je pourrais reconnaitre entre toutes sur Terre. Cette fois si chantante qu'elle me rendait heureux juste à l'écouter. Cette voix qui me brisait le coeur lorsque j'y reconnaissais les accents de la tristesse. Et qui, comme à ce moment, vrillait mes entrailles tant l'angoisse transparaissait. J'allais lui répondre. Lui dire que j'étais là mais qu'elle ne devait pas venir. J'aurais dû savoir qu'elle me suivrait. Comment aurait-il pu en être autrement ?

Les mots allaient passer mes lèvres, quand, profitant de mon inattention, Charles m'attrapa pour me tirer à lui.
Je baissais les yeux sur lui, mon regard se faisant apeuré, mais pas à cause de lui... Pas pour moi... J'avais peur pour Esmée. Je ne voulais pas qu'elle le revoit. Je voulais la préserver de cette épreuve. Elle avait déjà assez souffert toute sa vie d'humaine et hier...

Le dévisageant, je pus suivre une à une chaque veine sur son visage. Je voyais comme sous une loupe chaque ride de colère qui déformait ses traits... Chaque pulsation de coeur qui faisait bouger le sang sous sa peau. La bête en moi m'hurla une solution... Une solution si simple...
Je sentis un bout de métal tiède - pour moi - être posé contre ma peau. Comment réagissaient les humains en pareil situation ? Comment agit-on quand votre tête tient à la bonté de l'homme en colère en face de soi ? Crie-t-on ? Pleure t-on ? Quel rôle devais-je jouer ?
Je n'en avais aucune idée... Et à y penser, ne pas le savoir n'était pas si grave... Parce que parfois il est temps d'agir avec sa vraie nature... Parce que je ne pouvais pas le laisser tirer... Parce qu'Esmée était là et que je ne pouvais pas la laisser voir ça...

Je tentais une dernière fois de calmer le jeu comme souvent. J'avais toujours trouvé de grandes solutions dans la diplomatie et la non violence. Mais il n'écoutait plus rien d'autre que lui même apparemment.

- Arrête de te foutre de moi ! Hier, j’étais peut être un peu bourré mais là je suis parfaitement net. Je sais ce que je fais et ce que je compte faire si tu rechignes encore. Je te le dis une dernière fois : si tu tiens à ton intégrité physique et à ta petite face d’angelot, je te conseille de me rendre Esmée, et de me la rendre tout de suite, sinon je te promets que tu vas morfler. Et je suis près à aller plus loin que les mains…

Je sentis le canon râcler ma peau sans l'écorcher. Je me mis à penser à l'époque où les combats entre hommes étaient de vrais combat. Où la valeur d'un homme se mesurait à l'épée et non à la taille de l'arme à feu. Quelle décadence...
Mon esprit cherchait une solution. A cette époque j'aurais pu lui mettre une raclée à l'épée et le déshonneur aurait fait le reste. Mais aujourd'hui... Comment faire plier un homme sans être obligé de le tuer ? Le duel marcherait-il quand même ?

- Alors qu…
- Ecoutez, je...

Mais Esmée nous coupa. Elle était là, juste là... Relevant les yeux, je la vis, tremblante mais présente. Le suppliant de nous laisser. Elle était là pour moi. Elle affrontait son pire cauchemar pour moi. Oh mon ange...
Mon corps se tendit un peu plus et pourtant une douce chaleur m'envahissait. Elle était là... Elle était là... Je n'imaginais qu'à peine l'épouvante qu'elle devait ressentir juste à ce représenter devant lui.

Et moi ? J'aurais pu mille fois le tuer alors qu'il se retournait pour professer encore des menaces. Je ne sais ce qui m'en empêcha. Peut être de voir Esmée incapable de bouger... Peut être de peur qu'elle voit le monstre que je cachais si bien...
Cependant, mon hésitation ne dura que quelques secondes. Ses menaces pénétrèrent mon cerveau avec force. Je ne supportais plus qu'il menace ma femme et je n'étais pas de ceux que l'on impressionne avec des mots. J'en avais trop vu pour cela.

Ma main monta jusqu'au bras de l'homme, pour se poser juste en dessous de son épaule. Je serrais légèrement pour attirer son attention.
Gagné... Il se retourna vers moi. Mais il jouait bien, il n'y porta même pas un regard...

- Je ne sais pas comment vous avez fait pour rester incognito si longtemps mais c’est fini.

Je serrais un peu plus... Il ne se retourna pas vers Esmée, continuant de me dévisager, mais sa voix sembla légèrement dérailler comme soudain prit d'une urgence... Comment ça Charles, vous voulez déjà partir ?

- Toi, récupère tes affaires et attends dans la voiture. Et bien, qu’est-ce que tu fous ?!

Je profitais de sa distraction du moment alors qu'il s'énervait contre la créature la plus douce sur Terre.
Mon autre bras fusa à une rapidité irréelle, et j'empoignais le canon de l'arme pour lui arracher. Je la lui montrais, la faisant tourner dans ma paume comme si c'était la chose la plus facile du monde que de la lui reprendre.
Je plongeais un regard dur dans le sien. Froid comme l'acier. Et avec une lenteur exagérée, je détachais un à un ses doigts de mon col. Enfin, je me reculais d'un pas, l'arme dansant toujours dans ma main.

- Savez-vous que les menaces ne mènent jamais à rien ? Si vous vouliez vraiment la reprendre vous auriez tiré... C'est vous qui aviez l'arme n'est ce pas ?

Je baissais le bras, le gardant plié en angle droit vers lui et faisant tourner de plus en plus rapidement l'arme. Je l'arrêtais parfois sur lui, à l'instar des cowboy d'autrefois.

- Je crois que vous allez devoir vous faire une raison monsieur Evenson. Je ne veux même pas m'énerver parce qu'en vérité j'ai pitié de vous. Je sais combien je souffrirais si elle devait partir et je comprend votre envie de la retrouver. Mais voyez vous...

A la vitesse vampirique, je le rejoignis en deux pas et cette fois, ce fut moi qui le prit par le col. Après un regard inquiet pour Esmée, je le soulevais, pivotais vers le fond de la ruelle où je l'emmenais tranquillement. Il avait beau se débattre, ma poigne était si forte sur sa chemise que je l'étranglais presque. Arrivé au bout de la ruelle je le collais contre les briques, posais l'arme contre le mur juste à côté de son cou et me penchais de l'autre côté, comme si j'allais le mordre.

De nouveau, mes yeux ne purent s'empêcher d'observer quelques secondes la palpitation saccadée de son artère et le venin monta le long de ma gorge en voyant le flux sanguin courir... Si je n'avais pas été médecin... Si voir du sang n'avait pas fait parti de mon quotidien, j'aurais pu craquer sous le désir d'en finir qui me consumait. J'aurais pu tout gâcher juste pour mettre fin au calvaire d'Esmée... Mais je luttais depuis trop longtemps contre moi même pour que mes instincts les plus vils reprennent le dessus si facilement. Aussi, je ne fis que rapprocher mes lèvres de son oreille, ma voix murmurant doucereusement, si bas qu'Esmée aurait du mal à entendre.

- ...Je ne suis pas prêt de vous laisser me la prendre et je n'ai pas besoin d'arme pour me faire comprendre. Elle ne fait plus partie de votre monde. Elle fait parti du mien à présent, et moi je pourrais vous tuer pour ce que vous lui avez fait subir. Je ne vous ferais pas ce plaisir cependant... Je vais juste vous laisser croupir dans la honte de l'avoir perdu...

Je le lâchais, non sans l'avoir poussé un peu plus contre le mur pour lui faire comprendre que je ne plaisantais pas. Lui tournant le dos, je remontais doucement la ruelle pour rejoindre Esmée, mon poing, se retenant de tordre le métal de l'arme. Je l'envoyais dans un coin de la ruelle avant de lever les yeux vers elle, inquiet...

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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Mer 14 Juil - 22:40

Sa main était montée jusque sur mon bras, imperceptiblement. Je crois que ce fut ce qui me fit me retourner pour lui parler. Je ne savais pas ce qui avait été le pire dans mon comportement, ma déconcentration ? Ou bien ma lenteur à agir ? Je restais quand même un parfait idiot. Le bras du blondinet c’était resserré autour du mien, comme un boa enserrait sa proie, l’immobilisait. Et son autre bras avait fusé vers mon revolver. Aussi rapide qu’un cobra. Mon poing fut forcé et mon arme arrachée. Comment était-ce possible ? J’étais plus fort que la moyenne des gens ! Comment pouvait-il me maitriser ainsi ?! Comment avait-il pu reprendre le dessus comme ça ? Ce fumier n’était pas normal. Il avait quelque chose d’inhumain, ça se voyait dans ses yeux, dans son contact, froid comme la glace. Ses yeux luisaient d’une lueur dorée, pas le mordoré qu’on pouvait voir dans les yeux de certaines personnes, non. C’était des yeux vraiment dorés, le genre qu’on ne voyait nulle part.
Et il ne se gênait pas pour se montrer. Il me fixait avec cet air rageur, animal, pendant que sa main libre jouait avec l’arme. Je me sentais à sa merci alors que je le tenais toujours pas le col de sa chemise. Il n’avait pas l’air content, mais en même temps, son expression ne laissait rien vraiment transparaitre. Petit à petit, je sentis des serpents de glace glisser sur ma main qui saisissait le tissu blanc de son vêtement. Lentement, très lentement, comme pour bien me faire gouter à l’échec, il détachait mes doigts de leur prise. Un à un, coup par coup. Je le sentais grandir, et moi, perdre la face.

Je voulais réagir, mais comment ? Je ne trouvais rien alors que ses mots fusaient :

- Savez-vous que les menaces ne mènent jamais à rien ? Si vous vouliez vraiment la reprendre vous auriez tiré… C’est vous qui aviez l’arme n’est-ce pas ?

Oui, oui c’était moi qui l’avais…l’arme. Mais elle était passée entre ses mains. Je ne comprenais d’ailleurs plus comment. Tout s’était déroulé si vite… Mais je gardais contenance. Je pouvais toujours la lui reprendre, même si tout me disait le contraire. Dans sa main, là, comme si elle me narguait par ses petits pas de salsa, mon arme tournait, virevoltait entre ses doigts, comme un duo de danseurs éternels, qui se connaissaient parfaitement. De temps en temps, son unique œil noir se stoppait une seconde sur moi avant de repartir danser avec la main gelée de ce petit enfoiré. Je ne fixais plus qu’elle, prêt à me jeter dessus pour la reprendre, l’arracher de sa prison de glace. Mais pourtant…pourtant…Je ne me sentais pas capable. La façon dont il la faisait tourner…

- Je crois que vous allez devoir vous faire une raison monsieur Evenson. Je ne veux même pas m'énerver parce qu'en vérité j'ai pitié de vous. Je sais combien je souffrirais si elle devait partir et je comprends votre envie de la retrouver. Mais voyez-vous...

…si rapidement que s’en était inquiétant. Ce n’était pas normal. Ses paroles me ramenèrent à la raison alors que je relevai la tête. Il s’était rapproché d’elle, d’Esmée. Sa mine médusée m’informait qu’elle ne bougerait pas d’ici. Je me réintéressai à son compagnon d’opérette lorsque je réalisai qu’il était juste devant moi.
Je ne l’avais pas vu bouger. Il avait été rapide. Et mon mouvement de recul ne vint que trop tard, il avait déjà choppé ma chemise. Mes jambes reculèrent trop tard. Il tourna vite fait la tête vers sa petite connasse de protégée, protégée qui allait vite prendre une rouste une fois que je me serais libérée… Mais je sentis bientôt mes pieds quitter le sol. Je m’accrochai au bras de mon agresseur dans un réflexe. Je me rappelai soudainement comme je n’aimais pas ne pas sentir le sol sous mes pieds… Et ce salopard prenait son temps pour me mener là où il voulait, un endroit situé dans mon dos, que je ne voyais pas.

- Lâche-moi espèce d'enf…!

Je me débattais comme un fou pour qu’il me laisse redescendre. N’importe quel autre homme aurait déjà lâché, lui non. A l’instar d’une grue, sa poigne restait ferme, son bras tendu, comme s’il soulevait seulement ma chemise. Qui était donc cet enfoiré ?! Carlisle…C’était tout ce que je savais de lui, à part qu’il était vraiment étrange, vraiment anormal.

Cette force, cette vitesse, ce froid incroyable, comme s’il était mort. Et ses yeux ambrés qui…qui…s’étaient assombri. Ils ne semblaient plus que brun ou ocre. Je ne comprenais pas, je ne comprenais plus rien de lui, j’avais affaire à quelque chose de différent, pas à un humain. Je lançais encore et encore des ordres de me lâcher, de me laisser tranquille. Des menaces sortaient de ma bouche comme le flot ininterrompu d’une rivière. Mais comment faire ? Comment faire face à cet océan de glace qui s’imposait en un raz-de-marée, m’emportant comme une brindille ? Je perdais tout simplement pieds.

- Repose-m…!

Un bruit sourd. Je sentis mon dos heurter un mur, mais plus comme si j’avais couru vers ce dernier pour me jeter dessus. Mes pieds ne touchaient toujours pas le sol, mais j’avais appui quelque part, ce qui me permettait de reprendre un peu mes esprits. Un cliquetis … il avait posé l’arme sur ma gauche, contre le mur et tourné vers moi. Je la regardai un bref instant avant que la surprise ne s’empare de moi de l’autre coté de mon cou.

- Qu’est-ce que… ?!

Du froid sur mon épaule, sa tête penchée sur mon cou, de façon à ce que je ne le vois pas. C’était inquiétant, affolant, qu’est-ce qu’il allait faire ? Il ne pouvait pas tirer tant qu’il avait sa tête ici, il se prendrait la balle en même temps que moi ! … Mais après tout…Qu’était-il capable de faire ? Mais il ne fit rien, juste me murmurer à l’oreille :

- ...Je ne suis pas prêt de vous laisser me la prendre et je n'ai pas besoin d'arme pour me faire comprendre. Elle ne fait plus partie de votre monde. Elle fait parti du mien à présent, et moi je pourrais vous tuer pour ce que vous lui avez fait subir. Je ne vous ferais pas ce plaisir cependant... Je vais juste vous laisser croupir dans la honte de l'avoir perdu...

Je restai hébété. Je laissai les mots résonner dans ma tête, comme la sonnerie de fin de combat. Et justement, j’étais à terre, et je n’avais rien fait pour me défendre contre ce type. Mon dos me faisait souffrir, il m’avait presque imbriqué dans le mur en me lâchant. Lui s’éloigna comme si cela n’avait été qu’une fois de plus. Il jeta mon arme quelque part dans un coin sombre. Moi je me remettais de mes émotions. Mon dos me faisait mal, et je tremblais comme une feuille. J’avais…j’avais…

Peur.

J’avais peur de ce type. Mes yeux restaient fixés sur lui, prêts à la voir quand il viendrait me porter le coup de garce. Mais il se contenta de rejoindre cette garce d’Esmée. Impuissant, presque comme un enfant qui commençait à peine à marcher, je me levai. Je restai plusieurs secondes sans bouger, avec l’impression d’être encore en l’air. J’exerçais quelques pressions avec mes pieds, pour m’assurer de la présence du sol. Droite, gauche, droite, gauche… Je marchai doucement, vers un but et un seul : mon revolver. On ne pouvait pas m’humilier impunément ! Ce petit salopard allait crever ! A mesure que j’avançai, mes pensées devenaient plus claires, comme le ciel qui se dégage, pour ne laisser qu’une certitude, qu’une conviction, qu’une envie : tuer ce type !

J’arrivai devant le revolver, me laissai tomber à genoux et tendis le bras pour le prendre. Cet idiot me tournait le dos ! Il allait le payer de sa vie ! Je ramassai le flingue en silence et me relevai. Je tenais mieux sur mes jambes. Je tendis les deux bras qui enserraient la même poignée de revolver, appuyai sur le chien pour placer une balle dans le canon, je fermai un œil pour viser, inspirai…

- Mange ça…

BLAM !!!

Le recul me fit tanguer mais je restai debout malgré tout, pressé de voir ce qui se passait. Je contemplai le résultat de mon tir… Mais quelque chose n’allait pas. Ma mine adopta une moue surprise en voyant le blondinet toujours debout…
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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Sam 31 Juil - 21:05

J'étais faible. J'étais fragile.
C'était ce que le regard de Charles me dictait. Ce qu'il me faisait comprendre en me tordant les entrailles violemment, faisant monter en moi une nausée insupportable. Son sourire était si malsain... Si mauvais. Trop lucide. Il n'avait pas bu. Je pouvais que trop bien voir qu'il était sobre, car la lueur sadique dans ses yeux brillait plus franchement que la veille.

Et moi, Esmée... la petite... la faible Esmée... Dans sa robe rose en soie... Avec son air si innocent... Terrifiée... Terrorisée...

- Tu m’en pries ? Ahah ! Attends que j’en aie finis avec lui, je m’occupe de toi, ensuite je vous laisserai « tranquille ».

J'étais incapable de bouger, mes deux pieds me semblaient enfoncés dans le sol. Mes poings saisirent ma robe alors que mon regard horrifié se déplaçait jusqu'à l'arme que tenait Charles. L'arme qu'il pointait sous la mâchoire de Carlisle. Que comptait-il faire? Que voulait-il dire, d'en finir avec lui? Non.. Pas Carlisle... L'air n'arrivait pas à trouver son chemin jusqu'à mes poumons, ma gorge prise dans un étau serré. Ses paroles me percutèrent comme les glaçons tranchants du Nord qui s'effondraient au sol sous les vents violents. Et je me trouvais aussi impuissante que la veille.

J'essayais de retrouver la raison. De me mettre une bonne fois pour toute dans la tête que je ne risquais rien. Que j'étais blindée. Surpuissante. Et qu'un rien pouvait animer une force sadique et destructrice en moi. Que j'avais déjà tué. Que je me nourrissais de sang. Et que son sang pourrait couler par mon vouloir... J'étais la créature la plus dangereuse sur terre... Un prédateur redoutable. Et je ne devais pas me laisser avoir... Je voulais faire taire l'Esmée faible... La fragile. Mais il y avait Charles...

Sa simple vue faisait remonter en moi les fantômes de souvenirs que je n'arrivais pas à entièrement visualiser, en plus de tous ceux qui me faisaient encore trembler aujourd'hui. Si longtemps, j'avais eu peur de regarder l'ombre au risque de le voir en sortir. Combien de fois avais-je sursauté en entendant le bruit d'une bouteille qui se fracassait? Pour combien d'années l'odeur de l'alcool m'avait-elle donné l'envie de vomir?

Mais pas depuis que Carlisle était dans ma vie. Depuis qu'il m'aimait, Charles n'avait été qu'un mauvais souvenir que j'avais essayé de terrer dans un coin inaccessible de mon cœur. Qu'un vieux nuage orageux qui était jadis passé devant le magnifique soleil qui brillait maintenant dans ma vie. Sauf que le nuage décidait de revenir me hanter...

- Je ne sais pas comment vous avez fait pour rester incognito si longtemps mais c’est fini. Toi, récupère tes affaires et attends dans la voiture. Et bien, qu’est-ce que tu fous ?!

Alors qu'un frisson glacial remontait le long de ma colonne vertébrale, je dus lutter contre le reflex de suivre ses ordres pour éviter d'attirer ses foudres. Sans même que je m'en rende compte sur le moment, une partie de mon esprit planifiait déjà comment retourner à l'hôtel assez vite pour prendre mes possessions avant qu'il ne fasse du mal à Carlisle. Mais, mes deux pieds plantés au sol, il y avait cette voix, cette raison qui m'empêchait de bouger. Un cri lucide à l'arrière de mon esprit qui me hurlait qu'il n'était plus que l'ombre de la menace qu'il avait été pour moi. Qu'il fallait, que cette fois, je commence à croire que cette vie, avec cet homme, était chose du passé! Que je me foute des baffes s'il le fallait, mais qu'il fallait que je me rende à l'évidence que ma réalité était devant moi! Avec l'homme qui... tenait désormais l'arme dans sa main.

- Savez-vous que les menaces ne mènent jamais à rien ? Si vous vouliez vraiment la reprendre vous auriez tiré... C'est vous qui aviez l'arme n'est ce pas ?

J'avais pu voir le mouvement dans toute sa précision. Comment il avait tourné le bras pour prendre le révolver, le tirant d'un coup sec hors de la poigne de Charles pour ensuite la faire tourner au creux de sa main. Un mouvement si rapide que personne d'autre présent n'avait pu le voir. N'aurait pu le voir. Et je commençais à vraiment comprendre qui j'étais vraiment... Car j'étais comme lui.

- Je crois que vous allez devoir vous faire une raison monsieur Evenson. Je ne veux même pas m'énerver parce qu'en vérité j'ai pitié de vous. Je sais combien je souffrirais si elle devait partir et je comprend votre envie de la retrouver. Mais voyez vous...

Le regard de Carlisle se posa sur moi, et je pus me plonger dans ses yeux quelques fractions de secondes avant de devoir le quitter. Ma respiration reprit à une vitesse, cependant, plus rapide qu'à l'habitude. Si mon cœur aurait pu suivre, il taperait contre ma poitrine plus fort que les cloches qui se mirent à résonner dans la ville. Mais le seul bruit de coeur qui résonnait contre les murs en briques était celui de Charles. Je n'aimais pas cela...Voir Carlisle ainsi me donnait la chair de poule. Il était si doux, si aimant... La personne la plus tendre qu'il m'avait été permis de rencontrer. La violence et la froideur de ses gestes le transformaient en un homme que je ne connaissais pas. Et pourquoi? Parce qu'il était inquiet pour moi... Parce qu'il me protégeait...

Et de mon côté? Je n'arrivais pas à bouger, ou dire quelque chose alors qu'il risquait bien trop pour moi. Il risquait tout ce qu'il avait passé sa vie à construire. La colère nous rendait si vulnérable à notre instinct de prédateur. Trop vulnérable. Et malgré son contrôle, rien ne disait que ce ne serait pas le peu qu'il lui manquait pour craquer... Sa faiblesse... Je devenais sa faiblesse...

Mon esprit se remit brusquement en route lorsqu'il se pencha vers le cou de Charles. Une vague de panique monta en moi, alors que j'imaginais déjà le pire. Non... Ce n'était pas possible! Mes muscles se bandèrent aussitôt, mon coeur faisant un bond dans ma poitrine. Il ne pouvait pas! En un pas, je traversai la moitié du chemin qui nous séparait avant de m'immobiliser aussi sèchement que j'avais commencé à bouger. On aurait pu croire que je m'étais simplement téléportée plusieurs mètres à l'avant, ou même que j'avais été à cet endroit depuis le début.

Les sens en alerte, je ne notai pas une seule goutte d'hémoglobine dans l'air à mon plus grand soulagement. Même si mon souhait le plus cher serait de me débarrasser une bonne fois pour toutes de Charles, je ne pus m'empêcher d'être paniquée en croyant qu'il allait se faire tuer. Aucune tendresse ne m'animait; seulement de la compassion. Une compassion que je ne pouvais faire taire malgré tout ce qu'il avait fait. Je désirais - étrangement - sauver la vie de l'homme qui avait détruit la mienne. Et surtout... Je ne voulais pas que Carlisle perde tout ce qu'il est pour un homme aussi minable...

En tendant l'oreille, je pus comprendre très faiblement la fin du commentaire de Carlisle alors que je fixais son corps tendu;

- ... je pourrais vous tuer pour ce que vous lui avez fait subir. Je ne vous ferais pas ce plaisir cependant... Je vais juste vous laisser croupir dans la honte de l'avoir perdu...

Alors c'était fini. Mon regard glissa alors du dos à Carlisle au visage de Charles. Son visage terrifié. Terrorisé. Non... Ce n'était plus moi qui tremblait maintenant. Je n'étais plus la plus faible de nous deux.
Et une certitude naquit dans mon esprit; il allait sortir de ma vie, et je n'allais plus le laisser y pénétrer.

Cette certitude sembla se confirmer d'elle-même lorsque Carlisle se retourna vers moi. Ses yeux inquiets se posèrent sur moi, et mon cœur soupira de lui-même. Je soupirai en tendant la main avec la sensation qu'il me rejoindrait plus vite ainsi, un grand soulagement s'emparait alors de moi. Je ne quittai pas son regard jusqu'à sentir mon bras se glisser dans son dos, risquant alors un regard vers Charles qui titubait en essayant de se relever. Je détournai rapidement le regard en regardant devant moi, me disant à chaque pas que j'étais en train de m'éloigner... De fuir... Enfin...

Mais alors que mon corps commençait à se relaxer contre Carlisle, un étrange bruit attira mon attention. Un cliquetis étrange... Alertée, mes instincts reprirent le dessus en un rien de temps. Aussitôt je me retournai rapidement en posant mon regard paniqué sur Charles. J'eus simplement le temps de le voir, les bras tendus avec le revolver que...

BLAM !

Mes yeux dorés se tournèrent quelques millièmes de secondes sur Carlisle, voyant le trou qu'avait fait la balle dans ses vêtements avant de ricocher sur sa peau de diamant. Puis, mon regard revint noir sur Charles.
Une rage sourde monta en moi. Le moindre de mes muscles étaient plus tendus qu'un arc bandé. La brulure de la colère gonflait dans mes entrailles, me faisant trembler de la tête aux pieds. Il n'y avait qu'une petite voix dans mon esprit qui disait que nous avions rien à craindre d'une balle, que Carlisle allait bien. Toutes les autres hurlaient dans un interminable chaos qu'il avait osé essayer de lui faire du mal. Un faible grognement monta dans ma gorge alors que j'enlevais mon bras du dos de mon fiancé.

Si rapidement que Carlisle ne put rien faire pour me retenir, je me jetai sur Charles en nous projetant contre le sol. J'atterris contre lui, appuyant mon genou contre son abdomen pour le garder immobile, plongeant mon regard sauvage dans le sien. S'il y avait encore des doutes, dans mon esprit comme dans le sien, à savoir si j'étais encore la faible Esmée, j'osais espérer qu'ils venaient de disparaître. Si le visage de Carlisle n'avait gardé qu'un petit air bestial, mes traits étaient eux animés par une fureur brutale, fureur que je devais maitriser pour ne pas trop le blesser... D'un violent coup contre son poignet, je libérai l'arme à feu de la main dans laquelle elle était rendue avec autant de facilité que Carlisle pour l'envoyer valser jusqu'à ses pieds.

Un ange dans une robe en soie n'aurait jamais été plus jolie. Un ange de la mort, jamais plus terrible. Le prenant par les épaules, je le secouai brusquement en faisant un effort surhumain pour ne pas l'étrangler de mes propres mains. La voix qui quitta mes lèvres était sèche et froide, dépourvue de la douceur qui s'y trouvait en temps normal;

"Qu'est-ce que tu ne comprends pas dans laisse-nous tranquille!"

Ces simples mots s'échappèrent de moi en faisant augmenter ma colère. J'enfonçai mon genou avec un peu plus de force dans son ventre, me penchant encore plus de lui avec un air presque sadique;

"Je ne sais pas si tu peux deviner, mais je pourrais t'écraser comme un misérable insecte si j'en avais envie. Alors si j'ai déjà été ta femme, je ne le suis certainement pas aujourd'hui."

Je me remis sur mes pieds à vitesse vampirique, le soulevant avec moi en le tirant par le col de sa chemise comme Carlisle avait fait. A la seule différence qu'il tenait au sol que sur la pointe des pieds. Le prenant à deux mains par la chemise, je le secouai brusquement;

"Esmée Evenson est morte! Morte! Ton fils est mort! Les deux sont morts! Par ta faute, et ta faute seule!!"

Ma colère diminua brusquement à la première phrase, remplacé par un grand désespoir. Je ne compris pas comment on pouvait déterrer autant de souvenirs douloureux dans un simple souffle, mais je savais maintenant que je pouvais le faire. Mon coeur se serra dans ma poitrine, et je sentis la rage quitter mon corps alors que je reposais Charles par terre. Je le fixai encore plusieurs secondes, explorant son regard, recherchant en moi une trace de la terreur qui m'avait jadis animé en sa présence. Mais elle avait tout simplement disparue. Comme je désirai maintenant qu'il fasse.

"Alors si ton souhait n'est pas de les rejoindre, disparait...", ajouta ma voix glaciale et sans émotion. "...Et tu ne garderas de cette journée que le souvenir d'avoir frôlé la mort..."

Mes mains tombèrent le long de mon corps alors que, la tête levée pour croiser son regard, je le fixais sans ciller. Je pris alors conscience de la brûlure dans ma gorge, soif que sa proximité me provoquait dans un état pareil. Mais je me contrôlais, en serrant les poings. Je ne bougerai pas tant qu'il ne bougera pas... Et gare à lui si ce n'était pas pour s'enfuir...

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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Dim 22 Aoû - 0:13

Je n’avais vu que le trou dans le manteau, déjà caché par les plis qui retombaient sur son dos. Je restai immobile, l’arme en avant mais le canon pointant. Allait-il s’écrouler ? Quand allais-je voir le sang de ce salopard couler sur le sol ?
Il n’en fut rien. Le destin ne me laissa pas cette possibilité. Je ne vis pas ce qui se produisit ensuite. Une force colossale me plaqua contre le sol, si bien que je me demandais comment j’avais pu me retrouver ainsi en quelques secondes. Et la personne qui me broyait les côtes avec son genou, c’était Esmée.

Je ne comprenais pas, je ne pigeais rien. Comment avait-elle fait ? Comment, sans que je la vois ? Sa force de femme au foyer s’était changé en une puissance monstrueuse. Son visage ne reflétait plus qu’une colère sourde. Et ses yeux…

Oh mon Dieu…

Ses yeux ! Noir comme la mort…Mon regard restait figé au sien, comme aspiré. Ses mains, devenues puissantes comme les serres d’un aigle, avaient refermé leurs prises fatales sur mes poignets. De celle qui avait été ma femme émanaient des grognements, comme une bête sauvage. Mon bras armé se tordit d’un coup et fut abattu violement contre le sol, ouvrant mes doigts. Ma seule possibilité de salut s’était échappée pour atterrir à un endroit que je ne voyais pas. Les yeux écarquillés, je ne pus que la regarder me prendre par les épaules et me secouer comme une poupée de chiffon, sa prise manquant de me broyer les épaules.

- Qu’est-ce que tu ne comprends pas dans laisse-nous tranquille !

Je ne pensais pas qu’une telle haine pouvait déformer un visage à ce point, mais je découvrais à présent que ça pouvait aller plus loin encore. Ses yeux noirs me fixaient toujours avec une haine indescriptible. Son genou pressa un peu plus mon abdomen, me coupant le souffle.
Mon corps entier tremblait sous le spectacle dont je faisais partie. Mes yeux voulaient se fermer mais ils n’arrivaient pas à bouger. Mes bras voulaient se débattre mais restaient paralysés. Mon corps entier ne répondait plus à mes ordres, mon cœur s’emballait. Une sensation étrange émana de mon entrejambe. Quelque chose de chaud et d’humide. Mais je n’eus pas le temps de réaliser vraiment, Esmée parlait de nouveau…D’une voix que je ne lui connaissais pas… une voix effrayante :

- Je ne sais pas si tu peux deviner, mais je pourrais t'écraser comme un misérable insecte si j'en avais envie. Alors si j'ai déjà été ta femme, je ne le suis certainement pas aujourd'hui.

Je me sentis porté à vitesse éclaire jusqu’en l’air. Enfin presque. Le froid du sol ne m’avait pas quitté que je me retrouvais pratiquement debout, touchant le sol de la pointe des pieds, juste assez posé pour ne pas perdre la tête et me mettre à pleurer. Non, elle peut tout me prendre, mais jamais cette garce ne me verra pleurer ! Le contact de ses mains dans mon cou était glacé, comme si un cadavre remplaçait sa main. Ou bien avais-je trop chaud ? de nouveau, ses serres firent trembler mon organisme. Que se passait-il ? Pourquoi cette si grande force soudainement ? Pourquoi ces yeux noirs ? La colère et la haine pouvaient-elle nous changer à ce point ?

- Esmée Evenson est morte! Morte! Ton fils est mort! Les deux sont morts! Par ta faute, et ta faute seule !!

Ma bouche s’ouvrit plusieurs fois pour répliquer, mais aucun son ne sortait. Je devais me l’avouer, j’avais peur, peur d’elle. Peur du monstre glacée et pourtant bouillant de colère qu’elle était devenue. Et si elle pouvait être si monstrueuse, alors que pouvait faire le blond lorsqu’il s’y mettait ?
J’avais peur. Les mots d’Esmée résonnaient dans mon crâne, assourdissaient toutes mes pensées, les brouillaient complètement. Je n’avais que son visage en tête, celui de cette harpie déchaînée qui crachait sa colère. Mais le visage d’Esmée se radoucit brusquement.
Elle me relâcha au sol. Peut être une mauvaise idée. Mes jambes fléchirent dès que je dus forcer et je me retrouvais à terre. Comme un idiot. Hébété, je regardais la femme qui me fixait avec mépris. Mon dos butait contre un sac d’ordures. Je m’y appuyais presque pour rester un tantinet dressé, pour faire face.

Mais je savais que tenter quoi que ce soit maintenant, c’était signer mon arrêt de mort.

Les rôles s’étaient inversés, j’étais le soumis et elle la victorieuse, c’était elle qui frappait, non moi.

- Alors si ton souhait n’est pas de les rejoindre, disparais…Et tu ne garderas de cette journée que le souvenir d’avoir frôlé la mort…

Ses yeux noirs me fixaient toujours, comme ceux d’un démon. Je ne pouvais croire ce que je venais de vivre. Je la regardai toujours, effrayé, paralysé.

Je compris rapidement que la tache foncé sur mon pantalon et l’odeur infecte qui se dégageait était le résultat de ma terreur, je m’étais pissé dessus…

Ce monstre... Esmée. Je ne pouvais le croire. Et pourtant elle avait raison. C’était moi qui étais au sol, qui avait mal. C’était moi, le puissant mari qui avait été battu par sa femme, à plate couture. Je devais me faire à l’évidence. Ma tête le pencha en avant, mon regard fixa le sol sale. Ce visage horrible, cette peau froide, ces yeux noirs, cette haine dans la voix…

Non c’était clair : Esmée, la femme que j’avais épousé, était morte. Et cette horreur qui lui ressemblait n’était pas mon épouse…
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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Mer 25 Aoû - 4:27

Un plomb tomba dans ma poitrine après mes menaces. Cela ne me ressemblait tellement pas d'être aussi agressif. Oui, cet homme avait anéanti la femme que j'aimais plus que tout au monde en la traitant horriblement. Oui, j'aurais aimé le lui faire regretter de la pire manière possible. D'autant qu'il était revenu la chercher et que l'altercation de la veille ne lui avait pas suffit... Mais ce que j'avais fait là, même si je m'étais contenu, n'était tellement pas dans ma nature que je me demandais encore une fois qui de l'homme ou du vampire avait parlé... Et surtout agi. Mais peut être que justement c'était l'homme qui avait guidé mes actes. L'homme amoureux et en colère...
Les pas qui me menèrent à Esmée furent difficiles. J'aurais tellement préféré qu'elle ne me voie pas ainsi. Qu'elle ne garde de moi que l'homme et n'aperçoive jamais le monstre.
Mes yeux se levèrent vers elle, terriblement tourmentés et embués de honte. Elle était plus proche que je ne l'aurais pensé. Avait elle tentée de m'arrêter ? Avait-elle eu peur que je ne le tue ?
Elle tendait la main vers moi, m'encourageant à la rejoindre. Oh, j'aurais voulu qu'elle soit déjà dans mes bras et que je l'emmène loin d'ici... Loin de lui...
Nos doigts se frôlèrent et je soupirais doucement en la prenant contre moi, relâchant ma vigilance. Tout irait bien.. Nous allions rentrer et tout cela serait un mauvais souvenir...

- ça va aller mon an...

Clic !!!

Je ne me retournais pas en même temps qu'Esmée, mais passais rapidement mon bras au devant d'elle pour la protéger. Je l'attirais contre moi pour me mettre entre elle et l'arme. Geste certes futile, mais instinctif.
Mes yeux se fermèrent soudainement en sentant le choc dans mon dos, assez puissant pour me faire un peu vaciller par la vitesse du projectile mais sans que je ne ressente la moindre douleur. Une légère chaleur se fit sentir et je me retournais à vitesse vampirique pour voir, comme au ralenti, la douille tomber au sol dans un bruit métallique qui résonna longuement à mes oreilles. Je retins un long grognement, l'étouffant dans ma gorge.
Je regardais le sol plus longtemps qu'il ne l'aurait fallu, un peu choqué de m'être fait tiré dessus, même si c'était sans conséquence.
Et comme dans un cauchemar, je sentis le bras de ma fiancée, glisser dans mon dos. Je l'entendis grogner et je la vis se jeter sur lui, sans que mon corps ne parvienne même à bouger.

- Esmée ! Non !

Je fis un pas en avant, prêt à l'empêcher de le tuer, mais enfonçant son genoux dans son ventre, elle le désarma. Je m'immobilisais. Si elle avait voulu le tuer, elle l'aurait déjà fait. D'au moins dix façons différentes.
Ce qui me tint figé par la suite fut la colère dans sa voix. Si elle ne m'avait jamais vu en colère réellement - et ce soir, je m'étais retenu - je ne l'avais jamais vu non plus. Tout son corps semblait comme transformé, dégageant une aura que je n'aimais pas. Qui n'était pas la sienne. Il y avait tant de haine dans ce petit corps.. Dans cette voix habituellement si chantante. Et pourtant, même en la voyant écraser plus au sol, le pauvre homme, je ne pus que penser que c'était justice. Toutes ces années, il lui avait fait endurer milles tourments, abusant d'elle de toutes les manières possible, aussi bien mentalement que physiquement. Je ne pouvais pas l'empêcher de lui rendre un peu la pareille alors qu'elle venait de trouver enfin la force de se battre contre lui.
Je ne pouvais que la regarder alors qu'elle le soulevait, la voyant presque trembler de haine. Je ne savais même plus si elle le secouait ainsi de colère ou pour cacher son trouble.

"Esmée Evenson est morte! Morte! Ton fils est mort! Les deux sont morts! Par ta faute, et ta faute seule!!"

Par cette phrase, mon corps sembla retrouver l'usage de ses jambes. Je me rapprochais d'eux, doucement, une tristesse profonde sur mon visage. Elle n'aurait pas dû avoir une vie aussi difficile. Pas elle. Mon esprit s'était souvent imaginé ce qu'il se serait passé si je l'avais emmené avec moi ce jour de Juin 1911... Mais nous ne connaîtrions jamais ce que le futur nous aurait réservé...
Je sentis plus que vis, son comportement changer. J'en profitais pour me glisser derrière elle lentement, ma main frôlant son dos. Faiblement, je soufflais:

- Esmée...

Elle reposa l'homme à terre, mais je savais que ce n'était pas de mon fait. Il n'y avait plus de colère en elle... Juste de la tristesse... Un profond et inexorable chagrin. Tendrement, je l'enlaçais alors que Charles tombait au sol. L'odeur d'urine était plus forte encore près de lui, et je sentis un élan de compassion serrer ma gorge. Il avait dû avoir la pire peur de sa vie.
Je vins coller mon torse contre le dos de ma fiancée, mes mains glissant sur son ventre pour la resserrer contre moi alors que mon regard se baissait sur son ex mari. Je pouvais sentir chaque parcelle du corps de ma future femme tendue au maximum. Elle avait soif, je pouvais le sentir. Et malgré la colère, malgré l'envie de vengeance, elle avait tenu. Mon regard n'affichait plus que de la pitié pour l'humain. Mais au fond de moi j'étais fier d'elle. Fier qu'elle ait pu vaincre sa peur de lui, et surtout fier de sa retenue.

Je soupirais doucement, mes mains remontant sur les épaules d'Esmée avec amour, pour la faire pivoter.

- Oubliez nous... C'est ce que vous avez de mieux à faire...

Je le regardais, le remord pénétrant en moi. Je me demandais si son poignet n'était pas cassé et si je ne serais pas en mesure de l'aider... Mais je me retins, laissant ma compassion de côté pour une fois. De toute manière, il ne m'aurait pas laissé faire.
Je ne m'inquiétais pas du fait qu'il pourrait deviner ce que nous étions. Les vampires de nos jours étaient trop connus pour être des créatures chimériques pour qu'un terre à terre comme Charles fasse le lien. Cependant, il était évident que nous n'étions pas normaux... Mais, qui le croirait ?

Me retournant, je passais mon bras autour des épaules de ma fiancée alors que nous marchions pour sortir de cette allée. Au loin, j'entendais déjà arriver une voiture de police usant sans hésiter du klaxon horriblement assourdissant pour passer plus vite à travers le trafic. Je me tendis légèrement. S'ils nous trouvaient là, ce serait plus facile pour Charles de leur faire croire qu'il s'était fait agresser par exemple. Surtout qu'il était le plus apeuré de nous trois... Et déjà, je sentais des humains approcher... Des petites commères qui voulaient juste assouvir leur soif d'horreurs en vérifiant la présence d'un cadavre ou voir ce qu'il se passait.. Ils arrivaient lentement, juste pour observer.... Pas un ne se dépêchait pour venir au secours d'un éventuel blessé...Je ne pus m'empêcher de soupirer...
Faiblement je soufflais, de telle manière à ce qu'Esmée soit la seule qui m'entende.

- On ne peut pas sortir par ici... Un attroupement se forme déjà... Suis-moi...

Je vérifiais d'un coup d'œil l'entrée de la ruelle. Les gens n'étaient pas encore visibles, mais nous n'avions que quelques secondes... Rapidement je tournais la tête vers Charles, jugeant le risque de ce que j'allais faire.. Tant pis... De toute manière, il en avait déjà bien vu ce soir... Nous n'étions plus à ça près.
Levant la tête, je jaugeais la hauteur du bâtiment à une dizaine de mètres. J'expirais doucement, regardant une nouvelle fois avec angoisse, l'entrée de la rue.

- Ainsi soit-il...

Je reculais de deux pas pour prendre de l'élan et bondis, attrapant la corniche cinq mètres plus haut avant de me hisser pour redonner une impulsion afin de parcourir la distance jusqu'au toit de l'immeuble. Aussitôt je m'accroupis, retrouvant des réflexes que je croyais avoir perdu. Les toits étaient un peu comme un second monde pour moi. Je les avais pratiqué pendant bien longtemps.. Même si l'époque n'était pas la même alors... Je regardais en bas, voyant la foule s'approcher encore.... Je chuchotais:

- Esmée... Vite...

Je tendis la main, l'incitant à me rejoindre. D'ici, on pourrait même vérifier ce qu'il dirait aux policiers... Et déjà, dans mon esprit, se dessinait la manière de rentrer dans notre chambre sans être vu par le maître d'hôtel et ainsi faire croire que nous l'avions réintégré bien avant le coup de feu... Charles pourrait dire ce qu'il voulait, aucun témoin ne viendrait corroborer ses faits...

†•´*¤*' •††•´*¤*' •†
†•´*¤*' •†Carlisle's fascination †•´*¤*' •† †•´*¤*' •†Peter Facinelli France †•´*¤*' •†
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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Sam 4 Sep - 1:50

Je résistais. Je ne savais pas comment je faisais, mais j’y arrivais. Mes ongles me rentraient dans les paumes, et j’aurais pu jurer qu’ils les perçaient. Sans parler de mes mâchoires, si serrées l’une contre l’autre que les muscles de mes joues ne savaient plus où donner de la tête. Mes yeux ébène le regardaient, comme un prédateur regarde sa proie. J’avais l’impression qu’au moindre mouvement qu’il ferait, j’allais lui sauter dessus comme un vautour sur une souris. Car ce n’était rien de plus qu’une misérable souris en cet instant précis...

Et le monstre aimait cela. Les muscles de mon corps tirés au maximum, prêts à réagir à la moindre vibration... L’adrénaline, ou ce qui le remplaçait dans notre système, qui me sortait du moindre pore... Je me sentais puissante. Je me savais redoutable. Et, malgré moi... j’aimais cela...

Je ne pouvais ignorer la terreur dans le regard de mon ex-mari. Je sentais la peur comme si elle faisait partie de son odeur habituelle, et son corps se crisper sous les vagues de douleur que je lui causais. Je le regardais, le regard hautain, s’effondrer au sol sans la moindre trace de pitié... Si un jour, il avait été à ma place, plus jamais il ne pourra penser à moi sans se revoir tremblant de peur, accroupie sur le sol d’une ruelle dans sa propre urine. Et j’aimais cela...
Non... Sans doute pas moi... Mais bien la bête en moi aimait cela...

Les battements rapides de son cœur résonnaient contre les murs de la ruelle autant que contre mon crâne. Et chaque vague de sang que le muscle pompait dans ses artères comme un soufflement était une dose de désir supplémentaire dans mes propres veines. Comme si quelqu’un me soufflait à chaque fois l’odeur de l’hémoglobine sous les narines.

Étais-ce possible que la peur et la terreur qui parfumait son liquide vital me donnait encore plus envie de le lui voler? La créature dans ma tête, celle qui voulait se venger depuis le tout début, devenait de plus en plus agressive alors que la soif grandissait dans ma gorge. Mon regard noir le fixait avec un éclat tellement sauvage que cela m’étonnait moi-même... Je ne voulais pas le tuer, non... Mais j’en avais tant envie en même temps... C’était une sensation tellement jouissive de le voir écraser au sol... devant moi. Par ma faute. Une euphorie malsaine animait mes pensées, étrange écho à la colère sourde qui occupait les autres. Un étrange frisson chatouillait ma nuque au quasi-bonheur de le voir paralysé, terrorisé...

Je savais que je n’étais pas entièrement moi-même. Je ne contrôlais pas mon corps, me contentant de l’empêcher de faire quoique ce soit pour de ne pas faire quelque chose que je regretterais. Certes, toute cette rage m’appartenait; elle avait été terrée si longtemps au fond de moi-même, cachée derrière ma propre peur. Mais avant, je n’avais rien à espérer au monde. Je ne me sentais pas la force de regarder devant moi pour affronter ce qui m’empêchait d’avancer... Et simplement parce que j’avais l’impression qu’il n’y avait rien pour moi plus loin, que tout était derrière.

Mais maintenant... Maintenant j’avais quelqu’un. Quelqu’un m’aimait. Et j’avais un avenir, et une chance de faire de ma vie un succès. J’allais pouvoir oublier toutes les horreurs que j’avais vécu et me concentrer à aimer ma nouvelle famille. Mais on voulait m’en empêcher, et je ne le supportais pas. On attaquait celui que j’aimais. Et c’était la personne qui avait fait de ma vie un enfer au départ... Oh non, je ne pouvais laisser cela se passer ainsi. Certainement pas!

Je serrai les poings un peu plus en grognant un peu plus fort, mes instincts gagnants du terrain. Il fallait que je me calme... Je devais le faire, sinon je lui sautais dessus... Je sentis au même moment la présence de Carlisle tout près. Je ne l’avais pas senti approcher... Était-il là depuis longtemps? Plus j’y pensais, plus je remarquais les petites choses qu’il avait fais dans les dernières minutes pour essayer de me raisonner... Sa main dans mon dos, mon nom dit si doucement...

Un étrange pincement me serra le cœur lorsque je sentis son torse me coller à lui, ses bras m’enlaçant doucement... Que penserait-il de moi après cela... Ses bras étaient tendres autour de moi, mais serait-ce suffisant pour oublier ce que je venais de faire... Je venais de montrer une partie de moi que je ne me connaissais pas... et que je ne voulais pas connaître. M’aimerait-il toujours après m’avoir vu ainsi... La colère dont il avait fait preuve n’arrivait pas à la cheville de l’expression de la mienne... Je n’étais pas restée moi-même...

Mon corps lutta contre ses mains qui voulaient me faire détourner de Charles... Je ne voulais plus lui tourner dos... Je me méfiais trop, je ne voulais pas le faire sortir de mon champ de vision. Mais... Je me laissai faire, en essayant de relaxer mes muscles. Ceux-ci tremblèrent légèrement avant de s’assouplir quelque peu.

- Oubliez nous... C'est ce que vous avez de mieux à faire...

La tête à moitié tournée vers Charles pour le guetter du coin de l’œil, je laissai Carlisle me guider vers l’entrée de la ruelle. Il y aurait sans doute pu avoir des dizaines de personnes que je ne l’aurais même pas remarqué. Par contre, j’entendis un véhicule d’urgence approcher... Comment ne pas le remarquer lorsqu’il faisait autant de bruit... Mais ce que je remarquai le plus était le bruit des cœurs qui battaient de plus en plus fort. Des gens approchaient... Beaucoup de gens... Approchant comme une vague étouffante d’odeurs alléchantes que je ne pourrai supporter longtemps..

- On ne peut pas sortir par ici... Un attroupement se forme déjà... Suis-moi...

Et je le suivis sans le regarder, les yeux rivés sur Charles toujours. Je ne détournai mon attention que lorsque Carlisle lâcha mes épaules pour reculer de quelques pas. Intriguée, je le regardai avant de tourner rapidement la tête vers les ombres qui commençaient à se dessiner à l’entrée de la ruelle. Mes yeux revinrent alors sur Carlisle à temps pour le voir s’élancer pour sauter. Surprise, je restai immobile à le regarder grimper aussi agilement sur les toits que dans un arbre.

- Esmée... Vite...

Mes lèvres s’ouvrirent mais aucun son n’en sorti. J’étais encore sous le choc de mon retour à la réalité, mon cerveau devant recommencer à fonctionner normalement... Quoi? Il voulait que je saute sur le toit? Bien sur... Pour éviter les policiers et les piétons... Je levai des yeux inquiets vers Carlisle en grimaçant légèrement avant de souffler;

"Mais je... Je ne sais pas comment..."

Je n’avais jamais vraiment passé beaucoup de temps à essayer de découvrir ce que je pouvais faire avec mes habiletés vampiriques. Je me savais plus forte, et plus rapide... Mais est-ce que je pouvais sauter aussi haut? Peut être étais-ce seulement de la pratique... Et appart m’agripper dans des arbres quand j’étais petite, je n’avais pas d’expérience d’escalade...

Je n’avais cependant pas le choix... Déjà raisonnait le bruit des freins de la voiture. Avec un dernier coup d’œil derrière moi vers l’entrée puis à Charles, je pris mon élan plus rapidement qu’il aurait du le voir pour sauter. Je m’agrippai à la corniche à mon tour, levant ensuite un bras pour saisir la main de Carlisle pour me hisser sur le toit. Aussitôt installée, je me laissai tomber sur le dos dans un long soupir. À peine une seconde plus tard, j’entendis des pas précipités dans la ruelle en bas.

"Levez les mains!", s’écria un homme à la voix grave qui devait sans doute être un policier. "Levez les mains que je puisse les voir!"

Je fermai les yeux, cependant, trouvant inutile de regarder alors que mes autres sens pouvaient tout aussi bien me servir. Et puis, j’imaginais que trop bien Charles, à moitié accroupi contre les ordures... Une seconde voix s’éleva, plus aigue mais encore masculine;

"Kyle, il y a une arme à feu ici..."

Un grattement me montra qu’il venait de repousser l’arme à l’autre extrémité de la ruelle, d’où la voix de son coéquipier venait, de son pied. En me mordant les lèvres, je me tournai sur le ventre pour regarder ce qui se passait dans la ruelle. Je pus voir le policier qui venait de parler prendre Charles par la manche pour le tourner et le plaquer contre le mur. Son bras passa derrière ses coudes, les soulevant vers ses omoplates pour l’immobiliser.

Kyle, de son côté, faisait un tour dans la ruelle, sans doute pour trouver un corps ou un blessé. Après avoir fait le tour avec précaution, la main éternellement posée sur son arme, il revint vers son coéquipier avec un air interrogateur;

"Il n'y a rien du tout... Lâche le, Doug... Mais gardez les mains dans les airs."

Ce dernier le fit d’un geste brusque avant de regarder Charles, les mains sur les hanches avec un air sérieux;

"C’est vous qui avez tiré avec l’arme?"

Je fis distinctement le nez de Kyle se plisser, et ses yeux descendre jusqu’à l’entre-jambe de mon ex-mari avant d’ajouter avec un air clairement dégouté;

"Que s’est-il passé ici?"

†•´*¤*' •††•´*¤*' •†
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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Lun 6 Sep - 19:59

Son bras d’acier me reposa. Sans aucune douceur. Sans aucune attention, elle avait tout perdu de ce qu’elle avait été, une femme prévenante, docile… Elle n’était plus rien.

Morte, oui elle l’était. Car ce monstre, je me le répétais, n’était pas Esmée. Cette chose n’était plus rien. Esmée n’avait pas d’yeux noirs, elle ne me soulevait pas du sol… Non.

Oui elle était morte. Je le comprenais maintenant. Et le salopard qui l’acc… qui accompagnait cette bête de foire, qui ressemblait vaguement à ma femme, semblait le plus à même de la maîtriser.

Mes talons touchèrent le sol, et je pensais tenir debout. Mais non.
Mes jambes se dérobèrent sous moi, les lâches. Je tombai piteusement au sol, dans la flaque de ma propre urine, dans les ordures laissées là. Mes poumons se replissaient nerveusement, profitant de chaque goulée d’air comme s’il s’agissait de la dernière. Comme s’ils respiraient les derniers pans de vie, les dernières secondes. Je m’attendais à ce qu’ils m’achèvent, car j’en avais trop vu, j’étais un témoin gênant après tout… mais ils n’en firent rien. Le double monstrueux d’Esmée se retrouva dans les bras de son tendre maître, me laissant aux ordures de la ruelle. Et tandis qu’il la consolait, il me regardait d’une manière qui m’aurait d’ordinaire révolté – et je lui aurais volontiers écrasé mon poing sur la figure pour ça -, mais à cette heure, je ne pouvais pas bouger et cherchais plus comment retrouver une respiration normale que le fonctionnement de mes jambes. Ses mains caressaient ses épaules alors qu’un souffle sortait de sa bouche, une chose toute bête, et que j’enregistrais malgré moi.

- Oubliez-nous… C’est ce que vous avez de mieux à faire…

Il me dévisagea quelques secondes de plus puis commença à cheminer avec sa Succube en direction de l’entrée de la ruelle. Alors que je reprenais doucement mes esprits, que mes jambes semblaient retrouver un peu de contenance et que ma respiration se calmait, j’entendis les sirènes de police et le vacarme des klaxons par-dessus. Une dure remontée vers la conscience. Et plus près de nous, la foule. Des centaines de personnes qui approchaient, alertées par le coup de feu. Tous allaient nous voir, comprendre ce qui s’était passé. Ou bien inventer des faits avec ce qu’ils verraient… Mais rien ne ferait pour me dégager de cette situation. Au mieux j’étais la victime, au pire l’agresseur… Mais comment allais-je tout expliquer aux flics ? Le couple de monstres s’immobilisa avant de revenir sur ses pas et de se poster devant une façade d’immeuble. Puis le blondinet pris un élan assez peu conséquent pour le saut qu’il exécuta.
La moitié de la façade. Il avait sauté jusqu’à atteindre la moitié de la façade… Il bondit de nouveau pour atteindre les toits. Esmée… Sa compagne diabolique l’imita quelques secondes plus tard et ils s’évaporèrent comme s’ils n’avaient jamais existé. Les voitures freinèrent alors que je me mettais à peine debout. En me levant une vive douleur acheva de me ramener sur terre. Mon poignet droit… Qui tenait l’arme. La douleur me lançait jusqu’à l’épaule ! Je lâchai un râle alors que des flics arrivaient sur place, revêtus de leur bel uniforme.

- Levez les mains ! s’écria le premier, braquant son flingue sur moi.

Je ne saisis pas tout de suite, mon esprit restait un peu étourdi, je l’entendais et le comprenais mais mon corps ne réagissait pas. Je ne voyais que tout ce qui s’était déroulé précédemment. La scène entière redéfilait devant mes yeux qui fixaient le policier sans le voir. En état de choc… C’était peut être ça… Après tout j’avais regardé les deux… les deux s’enfuir comme un débile regarderait passer les gens sans bouger.

- Levez les mains que je puisse les voir ! aboya de nouveau le flic.

Toujours muet, je levai lentement les mains, en proie au doute. Qu’allais-je leur dire ? Comment leur expliquer ce qui s’était passé ? Comment donner une explication alors que rien de ce que j’avais vécu ne relevait du possible ? J’étais piégé, quoique je dise, je perdrais la face… Ils m’avaient bien eu ces enfoirés…

- Kyle, il y a une arme à feu ici…

Un frottement métallique attira mon regard. Le type en uniforme dégagea mon arme d’un coup pied. Je n’avais pas fini de lever les mains que l’autre devança mon geste visiblement trop lent à son goût. Il approcha en rangeant son flingue, passa dans mon dos alors que je fixais le sol et me poussa violemment contre le mur avant de me tordre le bras droit pour m’immobiliser. J’avais beau serrer les mâchoires, je ne résistai pas et hurlai tout ce que je pus.

L’enfoiré !

Le fameux Kyle lui, main sur son arme, scrutait toute la ruelle sous les yeux curieux des vieilles qui se racontaient déjà ce qui s’était passé, à la recherche de preuves de ma culpabilité. Mais tout s’était enfui par les toits. Il revint vers son collègue qui m’écrasait contre le mur crasseux tout en aggravant ma blessure au poignet droit.

- Il n’y a rien du tout…Lâche-le, Doug… Mais gardez les mains dans les airs, dit-il.

Comme si ça m’était encore possible. Dès que l’autre m’eut lâché, je poussais un autre cri perçant en me tenant le poignet, comme pour contenir la douleur. Je ne pouvais plus rien faire à présent. Ma main droite était HS, plus la peine de me tenir en joue !

- Ca va, ça va… grognai-je, vous risquez rien…

- C’est vous qui avez tiré avec l’arme ?

Je restais muet, espérant stupidement que la question cruciale leur échapperait. Mais après que Kyle ait constaté la faiblesse que j’avais eue en fronçant le nez avant de voir la tache à mon entrejambe, celle-ci vint :

- Que s’est-il passé ici ?

Indubitablement. Réellement. Comme une fatalité. J’avais presque cru que ce que j’avais vécu ces dernières minutes, ces derniers mois, n’avaient été qu’un cauchemar et que j’allais me réveiller. Mais pourtant tout était réel, la douleur dans mon poignet, la trace de poudre et la petite brûlure entre mon pouce et mon index que je sentais à peine.
Juste un cauchemar. Un mauvais rêve dont j’allais me réveiller.
Mais non. Je comprenais à présent. J’avais affronté une chose qui me dépassait, une force qui ne se révélait pas au grand jour, Un secret que gardait chaque témoin de cette chose, malgré lui. Parce que ceux qui sont de l’autre côté du miroir tueraient ceux qui n’ont pas à y être et que ceux qui sont ici ne croiraient pas ces témoins, et qu’ils finiraient à l’asile s’ils ne mentaient pas.
Et que tout ce qu’ils avaient vécu les hanteraient jusqu’à leur mort.
Je comprenais aussi que poursuivre ces deux êtres était une perte de temps et d’énergie, une entreprise vaine. Le mieux que je pouvais faire…

« Oubliez-nous…C’est ce que vous avez de mieux à faire… »

- Il ne s’est rien passé… réussis-je à dire en me forçant à desserrer les dents. J’ai…fait le con, c’est tout…

Les deux flics me dévisagèrent, incrédules. Ils attendaient plus, que je leur dise où était le corps, pourquoi j’avais fait ça…

- On va aller à l’hosto, proposa celui qui s’appelait Kyle.
- Fais gaffe Kyle, il a la main en purée, constata son collègue.

Ils me prirent chacun par une épaule après m’avoir menotté, et nous marchâmes jusqu’à leur voiture. En chemin, le prénommé Doug se pencha vers moi, alors qu’on fendait la foule en liesse.

- Tu veux vraiment pas nous dire ce qu’il s’est passé ?

Je le foudroyai franchement du regard avant de lui dire, peut être un peu fort :

- J’avais cru voir un fantôme… Ne cherchez pas plus loin.

Je montais sans broncher dans la voiture, direction l’hôpital…
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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Sam 11 Sep - 3:53

"Mais je... Je ne sais pas comment..."

Même si je restais sérieux, mes yeux souriaient. Je me souvenais encore de mes toutes premières fois. Quand même après plusieurs mois avec ces nouvelles possibilités, on parvient encore à en apprendre sur soi même. C'était déroutant et passionnant à la fois. Mais le temps n'était pas à la rêvasserie alors je murmurais avec tendresse:

- Fais toi confiance... Suis ton instinct...

Elle n'en aurait peut être pas eu besoin d'ailleurs puisque je la vis se reculer pour sauter avec la grâce d'un ange. Je soupirais de soulagement en sentant sa main revenir dans la mienne. Comme si je redevenais entier.
Je la tirais légèrement pour l'aider à me rejoindre la récupérant dans mes bras avant de la laisser s'allonger dans un long soupir. Mon cœur aurait voulu l'admirer pendant de longues minutes mais mon esprit, trop angoissé, obligea mes yeux à se tourner vers le sol à l'arrivée des policiers. Je me tassais un peu plus, m'allongeant sur le ventre au côté d'Esmée.
Je regardais l'interpellation avec inquiétude, le corps tendu au maximum, prêt à bondir pour rejoindre notre chambre le plus rapidement possible dans le cas où la discussion tournerait mal pour nous.

"Kyle, il y a une arme à feu ici..."

Je ne pus m'empêcher de frémir au hurlement que poussa Charles alors que le policier l'écrasait contre le mur. Mon corps se tendit vers l'avant malgré moi. Oui j'avais envie de l'aider... J'avais envie de leur dire de faire attention à son poignet... Le médecin en moi hurlait d'aller le soigner... Mais ce n'était qu'une faible voix, bien vite tue par la colère qui m'habitait quand je repensais à ce qu'il avait fait à Esmée.
Pour ne plus y penser, je suivis des yeux l'autre gardien de la paix qui cherchait des preuves quelconques. Mon esprit cherchait ce qu'il aurait pu éventuellement trouver, mais constata avec soulagement que nous n'avions laissé aucune trace. Pendant quelques seconde je ne suivis pas ce qu'il se passait dans la ruelle alors que je me repassais en tête les derniers événements. Et puis la voix du policier rattrapa ma conscience, me rendant de nouveau anxieux.

"Que s’est-il passé ici?"

Je me tapis un peu plus, prenant la main d'Esmée pour entrelacer mes doigts aux siens afin de nous rassurer. En moins de deux minutes nous pouvions être dans notre chambre à jouer le rôle que nous voulions. Mais je ne pouvais m'empêcher de frémir à l'idée de ce qu'il pourrait dire...
Et si, cet humain prétentieux disait avoir été agressé par un homme blond qui s'était enfui par les toits.. Et s'il disait qu'il savait où j'habitais ? Non, je ne devais rien craindre, il n'y avait aucune preuve contre moi... Et puis s'il commençait à parler de force phénoménale, de yeux noirs et de vitesse surnaturelle, les policiers le prendraient certainement pour un fou à lier.
Non vraiment... Nous n'avions rien à craindre n'est ce pas ?

- Il ne s’est rien passé… Murmura t-il avec difficulté. J’ai…fait le con, c’est tout…

Je me surpris à expirer profondément. Je n'avais même pas eu conscience d'avoir arrêté de respirer. Malgré moi je resserrais légèrement les doigts d'Esmée, réellement soulagé avant de les attirer à moi pour les embrasser légèrement.

- Bon... ça va aller...

Mon attention se dissipa alors que les policiers l'embarquaient dans leur voiture.
Je me redressais, restant assis à admirer la vue qui dominait toute la petite ville. Au loin, une trouée dans les nuages faisait descendre les rayons du soleil comme une fenêtre sur le paradis. La vue était sublime... Et au fond de moi c'était comme si de voir cette éclaircie me promettait la fin de nos problèmes. Une lueur d'espoir...

Soupirant, je me recroquevillais, ramenant les genoux sous mon menton en les entourant de mes bras. Tout était presque silencieux ici, me rendant pensif. Le vent jouait avec mes cheveux et je me surpris à fermer les yeux pour profiter de la quiétude de l'instant. Il y avait près de deux siècles que je n'avais pas pris le temps de rester sur les toits. C'était une étrange impression... Un peu de mélancolie aussi. D'autant que j'avais l'impression que mon monde tournait plus vite depuis quelques temps. Je ne m'en plaignait pas, bien au contraire... Mais ce qu'il venait de se passer, perdre presque le contrôle ainsi... ça ne m'était jamais arrivé... Pas autant du moins. Alors, m'arrêter quelques instants m'apaisait plus que je ne l'aurais cru.

De longues minutes passèrent. J'appréciais de pouvoir analyser mes réactions pour ne pas les reproduire plus tard en particulier mon emportement face à cet homme. Et puis celui d'Esmée. Nous étions si liés. Nul doute que chacun de nous mourrait cent fois pour l'autre. Il deviendrait le pire monstre pour sauver l'autre. Et cette pensée, bien que terrifiante en un sens, me faisait l'aimer encore plus.
Souriant légèrement, je tournais la tête pour admirer celle qui m'honorait de sa présence chaque jour. Mon regard rencontra le sien, et j'ouvris un bras pour l'inviter à me rejoindre. J'embrassais sa joue d'un geste infiniment tendre avant de souffler.

- Comment ça va toi ? Tu tiens le coup ? Tu veux aller chasser ?

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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Ven 8 Oct - 20:14

Je regardais la scène, sachant pertinament qu'elle était réelle et qu'elle se déroulait devant mes yeux. Mais quelque part au fond de moi-même, je ne pouvais imaginer que c'était la réalité. J'avais plutôt l'impression d'être en train de regarder une scène d'une pièce de théâtre du haut d'une loge... J'entendais les paroles, je voyais les gestes. Je ne pouvais ignorer le hurlement... Alors pourquoi tout cela semblait me toucher si peu... Comme une mauvaise interprétation qui me donnait envie de quitter la représentation. Ou alors, peut être étais-ce ma manière de ne pas écouter le monstre qui s'écriait entre mes deux oreilles que ce n'était pas trop tôt. Que ce minable homme aurait du être arrêté bien avant pour avoir ruiné ma vie! Car, oui, les agressions devraient être des crimes. Que j'espérais qu'ils le laissent moisir dans son urine pendant des années au fond d'une cellule humide, même si je savais que ce ne pourrait jamais être le cas. Accusé de quel crime... D'avoir tiré dans le vide? Pour quels chefs d'accusation? Pollution sonore, et gaspillage de munition? Ne sois pas ridicule d'espérer autant... Bien que je pourrais bien lui cracher une derrière fois dessus avant qu'il parte.

Ou peut être étais-ce pour ne pas que l'envie de pleurer prenne le dessus sur la volonté de ne rien ressentir. Pour essayer d'ignorer tout ce que sa vue venait ramener comme souvenirs. Pour ne pas penser que les rares souvenirs qu'il me restait de ma vie humaine étaient misérables par sa faute... Parce que je pouvais encore sentir les coups, entendre les insultes. À quoi bon m'apitoyer davantage sur mon sort? Il avait ce qu'il méritait, non? Un poignet cassé, et la peur de sa vie?... Ou bien, étais-ce vraiment suffisant... ou nécessaire...

Je n'avais pas véritablement le désir de le faire souffrir. Du moins, pas à ce moment là. Pas en le regardant se faire embarquer par la voiture de police. À vrai dire, je ne ressentais rien. Je n'avais pas de satisfaction, pas de soulagement. Ni même en le voyant quitter ma vie à jamais, ni en sentant la main de Carlisle dans la mienne. Au contraire, ce fut lui qui a réagit en entendant le hurlement de Charles, alors que je restais complètement immobile. Il fut celui qui cessa de respirer de peur qu'on se fasse prendre, et qui planifiait sans doute comment rentrer à l'hotel incognito. Je ne fus pas soulagé lorsque Charles annonça qu'il ne s'était rien passé. Pas moi, mais lui oui...

En sentant ses lèvres tièdes sur mes doigts, je tournai la tête vers lui. Il regardait la voiture s'éloigner, et les curieux s'en aller en murmurant. Mais je le regardais, lui. Et mon coeur, endormi, donna un petit coup dans ma poitrine pour signaler qu'il vivait toujours. Le soulagement sur son si beau visage. Et j'imaginai le mien déformé par la colère... Sa voix si douce et angélique qui flottait toujours à mes oreilles. Et la mienne si froide et morte en train de cracher sur mon ex-mari... Son contrôle, et mon manque. Il ne m'en fallu pas plus pour détourner les yeux en regardant pour regarder la ruelle maintenant vide.

Bon, certes... Je n'étais plus la créature qui avait attaqué et tué des personnes, et qui venait d'agresser Charles... J'avais plus de contrôle de moi-même, maintenant. Et pourtant, j'avais tout perdu en entendant le coup de feu. Ou peut-être, au contraire, avais-je gagné tout ce que je n'avais pu trouver avant... Mais une chose était certaine; c'était maintenant terminé. Alors, où était la joie, le soulagement? Surement caché derrière les pensées qui tournoyaient dans mon esprit.

- Comment ça va toi ?

Me tournant, sur le côté, je reposai un regard sur Carlisle. Sur son sourire, sur la tendresse dans son regard. Et je retrouvai comme ressentir. L'amour se réveilla lentement, bientôt rejoint par toute la tristesse dont j'essayais de me protéger depuis tout à l'heure. Soit. Je pouvais bien être triste aujourd'hui, je pouvais le supporter un peu... Parce que je savais que bientôt tout s'en irait. Plus rien n'était et ne serait comme avant. Aussi douloureux cela puisse être, je tirais un trait permanent sur mon passé... À son invitation, je me redressai pour aller rejoindre ses bras, secouant négativement la tête.

- Tu tiens le coup ?

Son inquiétude et le baiser sur ma joue me tira un petit et bref sourire. Je dus, cependant, prendre quelques secondes pour répondre;

"Je crois..."

Je collai à mon tour mes genous contre ma poitrine, laissant ma tête tomber contre son épaule.

- Tu veux aller chasser ?

Cette fois, ma réponse fut immédiate et ma voix faible;

"Non... Je veux laisser le vampire tranquille un petit moment..."

Le vent me faisait étrangement du bien, venant effleurer mes joues délicatement. Comme si quelqu'un venait caresser mon visage pour me rassurer... Essayer de chasser toutes mes peines, toute ma douleur. Et pour me dire, hey, regarde... Tout ne fait que commencer... Hey, regarde dans quels bras tu es... Aujourd'hui, tu as mal... Mais tout ira bien... Oh ce n'était peut être pas plus le vent que l'amour qui se dégageait de Carlisle, mais ce petit éclat d'espoir me fit soupirer sans pour autant chasser mes soucis;

"Je n'ai pas été capable de le contrôler... Je suis désolée.. je... J'espère ne pas t'avoir... dégouté..."

†•´*¤*' •††•´*¤*' •†


Dernière édition par Esmée Cullen le Mer 3 Nov - 19:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Mar 2 Nov - 1:48

Je ne m'étonnais pas plus que cela du manque de réaction d'Esmée. La pauvre devait être en état de choc, et je me promis de tout faire pour lui rendre ce sourire que j'aimais tant. Je ne pouvais imaginer ce qu'elle pouvait ressentir. Pour ma part, j'étais si fier d'elle. Elle aurait pu faire tellement de mal à cet homme. Mais elle n'en avait rien fait à part perdre un peu le contrôle, certes. Mais franchement, s'en sortir vivant après une rencontre avec deux vampires en colère et en ressortir qu'avec un poignet cassé... Il était plutôt chanceux.
Alors que la voiture de police qui emportait Charles tournait au loin, je ne m'inquiétais plus de lui une seule seconde.
Seule Esmée importait. Je détestais tellement voir ce visage si magnifique, si joyeux d'ordinaire, se refermer pour être triste ou se déformer sous la colère. Ces sentiments ne lui allaient pas. Pas du tout... Elle,toujours si paisible et souriante. Et même si elle mit plusieurs secondes à me répondre, je sentis mon coeur cogner un coup sous le faible sourire dont elle m'honora.

"Je crois..."

Je soupirais légèrement en sentant sa tête se poser contre moi, ma main montant aussitôt lentement pour venir caresser ses cheveux en un geste apaisant. C'était dans ces moments là, où le poids du monde semblait sur nos épaules que je souhaitais le plus dormir. Pouvoir oublier... Au moins quelques heures.

"Non... Je veux laisser le vampire tranquille un petit moment..."

J'acquiesçais en silence, regrettant d'avoir posé la question. C'était une question purement pratique alors que je savais bien qu'elle était loin d'avoir soif...

"Je n'ai pas été capable de le contrôler... Je suis désolée.. je... J'espère ne pas t'avoir... dégouté..."

Je tournais rapidement la tête vers elle comme si elle avait parlé une langue étrangère tout à coup. Je la regardais en silence plusieurs secondes, longues secondes. Non elle ne riait pas. Comment aurait-elle pu d'ailleurs ? Je me mis alors à sourire doucement, comme on sourit à un enfant pour le rassurer et passais mon bras par dessus ses épaules pour la prendre tout contre moi.

- Oh mon ange...

J'embrassais plusieurs fois le sommet de son crâne cherchant rapidement comment formuler le tourbillon de mots qui fusaient en moi depuis sa remarque. Une boule tombait dans ma gorge rien qu'à la pensée qu'elle croie qu'elle me dégoute.

- Comment pourrais tu seulement me dégoûter ? C'est simplement impossible...

Je repris mes caresses dans ses cheveux, mon regard se perdant au loin pendant quelques temps alors que je faisais une pause. Je laissais mon esprit repartir dans le passé, cherchant une seule fois où une telle chose aurait pu arriver... Les personnes qu'elle avait tué... Jamais, au grand jamais je n'avais ressenti le moindre dégoût. Encore moins aujourd'hui alors que la vengeance, bien que ce soit une mauvaise chose, était compréhensible. Et elle n'avait rien fait de monstrueux au final...
Je repris la parole en la resserrant contre moi. Aro m'avait expliqué un jour combien nos émotions pouvaient être puissantes et incontrôlable parfois. Combien de vampire s'y étaient laissé prendre, préférant aller le voir pour qu'il les tue plutôt que vivre sans l'être aimé...

- Les émotions et en particulier l'amour sont forts chez nous... Je crois que je ne t'apprend rien. Il y a des vampires qui parcourent ciel et mer pour venger un amour perdu... Et crois moi que le meurtrier s'en sort moins bien qu'un petit poignet cassé.

Je tournais le visage vers elle, mes yeux brillants d'un amour infini. Dévastateur.

- Je ne déroge pas à la règle. Probablement que toi non plus. Et pourtant tu as fait preuve d'une maîtrise exemplaire ce soir... Je ne sais pas si j'aurais pu en faire autant si c'était sur toi qu'il avait tiré...

Je lui souris doucement, mes doigts venant effleurer son visage avec lenteur.

- Tu as l'impression d'avoir perdu le contrôle, mais si tu l'avais vraiment fait, il serait exsangue en bas... Ou pire... Tu étais furieuse et pourtant tu ne lui as rien fait. Alors, je t'en prie, ne dis pas que tu n'as pas été capable de le contrôler. Tu as le droit d'avoir des émotions. Tu as le droit d'être en colère, d'être paniquée... C'est normal...

Je me tus en plongeant mon regard dans le sien. Je ne voulais pas lui faire un sermon, mais je pensais vraiment ce que je disais. Au fond de moi j'étais presque flatté de sa réaction, montrant, même si je n'en doutais pas, la profondeur de son amour pour moi. Moi même avait failli dépasser les limites ce soir. Un mot d'elle et je le tuais, à coup sûr. Je ne le lui dirais pas bien entendu, mais j'avais vraiment failli le faire...
Ma main glissa le long de son cou jusqu'à son épaule avant que je ne reprenne la parole.

- Peut être veux-tu rentrer, trésor ?

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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Mer 10 Nov - 22:24

Immédiatement après mes paroles, je détournai le visage pour éviter son regard. Je savais qu'il allait chercher le mien, et je ne me sentais pas capable de le soutenir. Une immense boule tomba dans ma gorge, et même en déglutissant, elle ne semblait pas vouloir partir. Je baissai les yeux pour regarder dans la ruelle en bas à nouveau, sentant bien son regard sur moi. Je me sentais trop honteuse... Ou peut être étais-ce une partie de moi qui désirait être martyre et ne pas l'entendre me rassurer. J'aurais sans doute très bien accepté qu'on me dise que j'étais mieux de ne pas recommencer... peut être même plus que les paroles qui, je savais, venaient. Son bras vint entourer mes épaules, me gardant contre lui. Comme si en même temps de vouloir me rassurer, il voulait m'empêcher de m'enfuir de ce qu'il avait à me dire. Peut être sentait-il que je ne voulais pas entendre ce que je devrais entendre... Je ne voulais voir son sourire, mais je l'entendais dans sa voix.

À chacun de ses baisers, la boule remonta un peu plus pour venir presque s'appuyer contre mon palais. Si tout à l'heure je ne voulais ressentir la moindre émotion, en quelques secondes je me faisais surprendre par une tristesse acusatrice auto-mutilante ainsi que par un sentiment profond et désespérant d'impuissance face à ce que je ne voulais pas être.

- Comment pourrais tu seulement me dégoûter ? C'est simplement impossible...

Impossible... Je fermai les yeux à ses caresses, ne parlant pas à haute voix mais ma voix me résonna dans la tête. Il m'avait été jadis impossible de passer ma vie avec Carlisle, ou d'être sauvée d'une tentative de suicide. Il m'avait été déja impossible d'aimer à nouveau. Et pourtant, j'étais là. Encore et toujours. Lui plus que quiconque devrait savoir que rien n'est impossible. Je secouai légerement la tête de gauche à droite avec un petit soupir. J'avais tellement honte que je ne pouvais me résoudre à tout croire... Je ne me faisais plus confiance, car j'avais l'impression d'avoir brisé celle que Carlisle avait mis en moi. J'entendais encore son cri lorsque je m'étais jeté sur Charles, me disant de ne pas le faire... Et pourtant je l'avais fais...

- Les émotions et en particulier l'amour sont forts chez nous... Je crois que je ne t'apprend rien. Il y a des vampires qui parcourent ciel et mer pour venger un amour perdu... Et crois moi que le meurtrier s'en sort moins bien qu'un petit poignet cassé.

Peut être... Dieu sait que j'étais capable de scruter le monde entier à la loupe pour lui... Ma vie n'avait eu de sens que les moments que j'étais avec lui, le reste n'ayant été qu'une série de pertes et d'atrocités... Je rouvris les yeux, plongeant mon triste regard dans le sien si amoureux. Et... je pouvais commencer à croire que... que je n'avais pas été si horrible...

- Je ne déroge pas à la règle. Probablement que toi non plus. Et pourtant tu as fait preuve d'une maîtrise exemplaire ce soir... Je ne sais pas si j'aurais pu en faire autant si c'était sur toi qu'il avait tiré...

Avec un soupir triste, je baissai les yeux en murmurant;

"Maîtrise exemplaire... Carlisle, non... Je..."

Je m'interrompis en sentant ses doigts glisser le long de ma joue, la caresse soyeuse et tendre me tirant un second soupir. Comment faisait-il... Avec toutes les émotions contradictoires que je ressentais depuis la veille, comment arrivait-il à rendre mon amour pour lui plus fort que le reste simplement en frôlant mon visage comme une plume... Je levai une main pour la poser sur ses doigts, accentuant la pression contre ma joue.

- Tu as l'impression d'avoir perdu le contrôle, mais si tu l'avais vraiment fait, il serait exsangue en bas... Ou pire... Tu étais furieuse et pourtant tu ne lui as rien fait. Alors, je t'en prie, ne dis pas que tu n'as pas été capable de le contrôler. Tu as le droit d'avoir des émotions. Tu as le droit d'être en colère, d'être paniquée... C'est normal...

Je levai les yeux pour le regarder, explorant son regard comme pour confirmer ses dires. Je libérai ses doigts, les laissant couler dans mon cou, me faisant frissonner doucement;

"Ce n'est jamais normal de vouloir tuer quelqu'un... Ce n'est pas qui je suis... Et pourtant, aujourd'hui... Aujourd'hui, parce qu'il a eu l'intention de te tuer, je voulais le détruire..."

Je m'arrêtai quelques secondes pour replacer mes pensées en ordre avant de poursuivre;

"Je savais qu'il n'allait pas pouvoir te tuer, mais le coup de feu m'a fait perdre la raison. J'ai perdu le contrôle, Carlisle. Il a ruiné mon existence. Je met ma mort et celle de mon bébé sur sa faute. Mais jamais je n'ai désiré sa mort... J'ai toujours espérer qu'il disparaisse de ma vie, mais je ne voulais pas le savoir mort."


Je laissai tomber mes genoux, allongeant mes jambes devant moi, ma voix sortant plus difficilement de ma gorge;

"C'est juste que... Je déteste tellement cette montée de rage en moi... Je me trouve ignoble de... d'avoir utiliser ma... supériorité pour... pour me venger... Je me trouve dégoutante d'avoir... d'avoir aimé le terroriser.. "

- Peut être veux-tu rentrer, trésor ?

Avec un soupir, j'acquiesçai en me hissant sur mes pieds;

"Oui rentrons..."

Je fixai l'horizon quelques secondes. C'était terminé... Il fallait passer à autre chose et arrêter d'y penser... Après tout, j'avais un mariage à préparer...

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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Lun 10 Jan - 19:50

Sa réponse avait quelque chose de terriblement réaliste. Je savais que d'un côté, elle avait raison. Que vouloir la mort d'une personne n'était pas normal. Et pourtant, à travers le voile de mon amour, je pouvais tout lui pardonner. Cet homme lui avait fait subir tellement de chose que j'estimais son droit de lui rendre la pareille. Et avec les émotions que généraient notre condition, des envies de meurtres n'étaient pas une surprise. Ou bien peut être que j'y étais tout simplement habitué... J'avais probablement passé trop de temps avec les envies meurtrières du monstre en moi... Ou bien ce n'était pas si étonnant pour un homme élevé dans les chasses et la vengeance de l'espèce humaine sur les "monstres".
Dans un soupire, juste avant qu'elle n'accepte de rentrer, je murmurais.

- Contrôler ses émotions prend du temps... Tu y arriveras...

Je lui souris et passais mon bras dans son dos pour rentrer à l'hôtel. J'aurais aimé pouvoir oublier l'incident, mais la rage que j'avais ressenti m'avait plus ébranlé que ce que je ne voulais admettre. Je comprenais tout à fait le dégoût que ressentais Esmée, mais je n'en montrais rien cependant... J'aurais du temps pour y repenser...

**

Plus de peine. Plus de douleur. Plus de colère. Seul coulait dans mes veines un sentiment de bonheur. Un bonheur indicible, puissant, enivrant tout mon être avant même que ce qui me rendait ainsi ne commence réellement.
Je levais les yeux sur le miroir qui se trouvait devant moi pour mettre bien droit le nœud papillon noir qui agrémentait ma chemise. Je passais une main dans mes cheveux parfaitement coiffés avant d'ajouter une petite fleur de muguet dans la poche qui se trouvait sur mon cœur. Enfin, j'étudiais quelques secondes mon reflet.
Cet homme blond, athlétique, aux yeux brillants et un sourire presque permanent sur les lèvres ne pouvait pas être moi. Esmée m'avait souvent dit que j'étais son ange, je pouvais presque y croire aujourd'hui alors même que j'avais l'impression que ma peau luisait légèrement sous la lumière de la lampe. Mon costume noir contrastait agréablement avec ma peau et la blondeur de mes cheveux, et faisait ressortir le contour légèrement plus ambré de ma pupille dont les profondeurs ressemblaient à de l'or fondu. Ils brillaient sans pouvoir s'arrêter, l'amour et la félicité explosaient en eux. Car aujourd'hui était le plus beau jour de ma vie. Aujourd'hui j'allais me marier. Et je ne parvenais pas encore à y croire.

Edward était derrière moi souriant légèrement soit pour ce qu'il lisait dans mes pensées soit parce qu'il partageait mon bonheur. Probablement les deux d'ailleurs. Et pourtant, il était plus nerveux que moi.
Ces derniers jours, lorsque je m'imaginais le Jour, je me voyais nerveux, ne sachant pas quoi faire et me posant mille questions sur ce que ressentait Esmée. Et pourtant, aujourd'hui, je ne ressentais qu'une paix plus immense que tout ce que j'avais connu jusqu'ici. Je n'avais jamais été aussi certain d'une chose de toute ma vie. Je voulais m'unir à elle... Jusqu'à la fin des temps.
Je pris une grande respiration et me tournais vers Edward. Il acquiesça en souriant et je lui tendis la boite en velours qui contenait l'alliance d'Esmée. Edward était notre témoin à tous les deux. J'aurais bien invité quelques amis que j'avais rencontré durant mes voyages, mais je ne me voyais pas les déranger pour cela, et encore moins faire envahir cette petite ville tranquille de vampire.

Un léger coup d'œil à l'horloge m'indiqua qu'il était l'heure. J'étais partagé entre l'impatience qu'elle soit mienne et l'envie de savourer la cérémonie. Je voulais graver à jamais tous les détails. Mais surtout, j'avais hâte de la voir. Je ne l'avais pas vu de la journée puisqu'elle avait été "kidnappée" par la femme du gérant du magasin de robe qui l'avait pris en affection. Elle avait été outrée d'apprendre qu'elle serait seule pour s'apprêter aussi s'était-elle fait un honneur de l'aider. Pour ma part, je n'avais plus l'habitude d'être séparé si longtemps d'Esmée et son absence me pesait, surtout en ce jour si important pour nous deux.
Je levais une nouvelle fois les yeux vers l'horloge... Enfin, nous pouvions y aller...

Onze heure sonna. J'entrais dans l'église par la grande porte dans un silence parfait. L'église était remplie de fleurs et un tapis blanc recouvrait les dalles de pierre tout le long de l'allée qui menait à l'autel. Edward attendit à l'entrée, puisqu'il serait celui qui l'amènerait jusqu'à moi. Je me signais, puis marchant seul jusqu'au prêtre, je parvenais à peine à croire ce qui allait se passer. Je serais la main de l'homme d'Eglise qui m'accorda un sourire avant que son regard ne retourne vers l'entrée. Il attendait un signe d'Edward pour lui même prévenir le joueur d'orgue qu'il devait entamer la marche nuptiale. Je me tournais vers l'entrée, et tout comme lui, me mit à fixer Edward pour capter le moindre changement de posture... J'attendais... J'attendais de recommencer à vivre...

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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Jeu 17 Fév - 20:02

"Mais respirez, ma petite mademoiselle. Vous avez à peine pris une bouffée d'air depuis que nous sommes arrivés.."

Mon regard, plongé dans le reflet de mes propres yeux, se tourna brusquement vers le bout de femme qui dépliait soigneusement un voile délicat en dentelle fine. Aussitôt, je pris une longue inspiration avant d'esquisser un petit sourire. Les joues de la couturière se creusèrent de jolies fossettes qui lui enlevaient 10 ans d'âge, et elle reporta son attention à enlever chaque plis du voile. J'étais si nerveuse que j'en oubliais de respirer... Au moins, elle n'avait pas remarqué que cela faisait depuis le matin même que je ne respirais plus... ou presque. J'avais pas pu m'empêcher de soupirer profondément avant d'entrer dans l'église..

J'avais passée la nuit allongée sur le lit de ma chambre à regarder les étoiles par la fenêtre. J'essayais de ne plus penser à rien. D'ignorer l'impatience qui faisait bondir mon coeur, et la peur qui m'enserrait les entrailles. J'étais tiraillée entre le désir de voir cette journée commencer, et celui de repousser l'aube encore de quelques heures. Ce n'était même pas une question d'hésitation face à mon désir de me marier... Ou peut être que oui. Je voulais me marier, pour pouvoir l'aimer librement.. Quoique nous étions déjà marié civilement... mais pour l'instant, je portais mon nom de jeune fille, donc je n'étais pas mariée... Donc nous devions nous marier pour vrai cette fois, afin d'être... mariés à nouveau. Mais cela ne mène à rien du tout! Voila que je me remettais à réfléchir à ces bêtises à nouveau!

Je me tournai vers le miroir de la chambre de l'église, posant mes coudes sur la minuscule coiffeuse pour me prendre le visage entre mes mains. Toute la nuit, je me demandais pourquoi j'avais peur sans pouvoir trouver une répondre logique... même si la réponse ne pouvait être plus logique! J'avais eu un premier mariage catastrophique, un mari épouvantable, et remettre une alliance à mon doigt me foutait la trouille. Et pourtant, je savais que tout serait différent car je me mariais cette fois à quelqu'un que j'aimais et qui m'aimait plus que tout au monde. Pourtant, cette inquiétude continuait à me torde le ventre.

"Mademoiselle, attention à ne pas défaire votre coiffure avec vos doigts."

J'enlevai aussitôt mes doigts en levant la tête à nouveau vers la dame, qui terminait d'arranger les pinces sur le voile. Elle avait passé un temps incroyable à tortiller chaque mèche de mes cheveux caramel pour les croiser dans une coiffure élaborés, remplis de muguets pour célébrer le début de mai. J'osais à peine bouger pour ne pas que tout tombe. Sans parler de cette robe qu'elle m'avait confectionnée... sublime. Cette fois, je lui répondis la voix basse;

"Je tiens à vous remercier de tous vos efforts, madame Walsh. Ils sont énormément appréciés... Tout est si magnifique, je ne pouvais espérer mieux. Je ne sais pas ce que j'aurais fait sans vous."

Avec un petit signe, la couturière tenta de me faire croire que ce n'était rien, mais je voyais bien à son regard et ses pommettes rouges que cela la touchait énormément. Puis, pour faire passer l'émotion, elle s'approcha de moi. Avec un geste expert, elle secoua le voile vers l'arrière et le pinça dans ma chevelure avant de souffler;

"C'est vous que je dois remercier d'avoir été le modèle de mes rêves, miss Platt. Je n'aurais jamais pu faire quelque chose d'aussi beau sans vous."

Un petit sourire ému étira mes lèvres alors que je posais mes mains blanches sur ses bras couverts;

"Si vous insistez, alors nous sommes quittes."

Je vis son regard briller alors qu'elle acquiesçait en laissant tomber la légère étoffe sur mon visage. Comme si ce geste signait un retour à la réalité, la présence de Edward se fit sentir dans le corridor. Dans de grands pas silencieux, il s'avançait vers nous... L'heure était venue. Avec un profond soupir, je me tournai vers le miroir une dernière fois alors qu'un petit toc timide se faisait entendre à la porte. J'entendis à peine le coeur de la couturière bondir dans sa poitrine en ouvrant la porte, mais j'entendis bien clairement les quelques mots de Edward;

"Vous êtes prête."

Avec un doux sourire, je me tournai vers celui que j'aimais comme mon propre enfant pour me plonger dans ces yeux si expressifs. Ce n'était pas une question, qu'il avait posé. C'était un fait. J'étais prête. Mais je répondis tout de même, en me levant;

"Oui."

Comme si elle se réveillait d'un long sommeil, la couturière s'exclama;

"Allez attendre vers l'entrée, elle vous y rejoindra."

Avec un sourire mystérieux, Edward acquiesça avant de revenir vers la porte de l'Église au moment où onze heures sonna. J'entendis la porte s'ouvrir, mais je savais que ce n'était pas mon fils qui sortait.. Carlisle. Je fermai les yeux en croisant les doigts de mes deux mains ensemble, les posant ensuite contre ma poitrine. C'était le moment. Ses pas, que je pouvais reconnaître à travers d'une foule, résonnaient le long de l'allée. Je ne me l'imaginais pas encore... Et bientôt, ce sera à mon tour.

Avec un profond soupir, je me tournai pour prendre le bouquet de roses blanches tenues ensemble par un petit ruban de soie rose qui reposait sur la coiffeuse en me regardant une dernière fois dans la glace. Lentement, je replaçai une mèche bouclée derrière mon oreille avant de me laisser tirer vers la porte.

"Prenez une grande inspiration, et allez-y. Vous allez voir que tous vos doutes disparaîtront en le voyant."

Avec un signe de tête et un petit sourire inquiet, j'ouvris la porte. Si seulement elle savait tout.. Mais personne ne peut savoir. Un pas, et je vis Edward près des grandes portes au bout du corridor. Mes mains se resserrèrent autour du bouquet alors qu'il faisait signe au balcon dans un autre pas. Puis un autre, et les premières notes se firent entendre. Je soupirai en fermant les yeux, chaque pas m'approchant de plus en plus de Edward.. et de mon destin.

Mes paupières s'ouvrirent aussitôt en sentant le bras de Edward venir doucement entourer le mien. Et en pivotant d'un quart de tour vers l'autel, je levai les yeux pour regarder ce qui m'attendait au bout de l'allée. Mon coeur, qui n'avait jamais été aussi vivant que depuis ma mort, se mit à bondir dans ma poitrine dès que je le vis. Je me remis brusquement à respirer, mes doigts se resserrant autour du bouquet. Il était juste... parfait. Merveilleux. Mien.

Un grand sourire étira mes lèvres sous la douce barrière du voile en dentelle, mais je savais qu'il pouvait le voir aussi clairement que si mon visage était à la lumière du soleil. Il avait toujours été beau, mais ce moment battait tout. Son costume impeccable était sobre et pourtant, il semblait faire ressortir encore plus sa beauté. Ou alors étais-ce peut être la raison pour laquelle il le portait qui troublait mes pensées. Il le portait pour moi, comme je portais cette robe pour lui. Comment la trouverait-il?

Quasiment entièrement en dentelle, le bustier remontait jusqu'au dessus de ma poitrine et épousait ma taille jusqu'à mes hanches. C'est là que la dentelle devenait plus libre et se fondait dans la soie blanche de la jupe qui tombait jusqu'au sol dans une courbe qui accentuait mes formes subtiles. Pour couvrir mes épaules, j'avais insisté pour porter un châle fait de la même dentelle que le voile qui couvrait mon visage. Il couvrait la moitié de ma gorge délicatement avant de s'étendre jusqu'à mes poignets et de rejoindre le bustier.

Nous avancions vers lui lentement, au rythme de la musique qui me donnait des ailes. Le temps s'était simplement arrêté. Avais-je douté? Avais-je eu peur? Tout cela me semblait impossible devant la vérité criante qui me déchirait presque le coeur; cet homme, lui là-bas qui me regardait, était l'homme de ma vie, de ma mort et de tout ce qu'il voudrait de moi. Je l'aimais, je l'aimais à en avoir mal dans le ventre, je l'aimais à ne plus savoir aimer autre chose autant que lui.

Plus vite que je n'aurais imaginé, mais beaucoup trop lentement à mon goût, Edward s'immobilisa devant Carlisle. Lâchant doucement mon bras pour prendre l'une de mes mains, il me ramena à la réalité en déposant un baiser sur le dessus de mes jointures. Et, dans ce geste symbolique qui me coupa le souffle, il posa ma main dans celle de mon fiancé, de mon amour, de mon âme. Je sentis presque des chocs traverser mon bras au simple contact de sa peau. Je l'avais touché encore et encore, mais cette fois était pourtant bien différente.

Je levai les yeux vers Carlisle -les avais-je réellement quitté?- pour me plonger dans ces prunelles dorés. Au même moment, le prêtre se racla la gorge, presque mal à l'aise, et sa voix s'éleva;

"Chers amis, nous voici réunis aujourd'hui dans la maison du Seigneur pour joindre par l'union sacré du mariage ces deux personnes. Cette union ultime les liera à jamais dans l'amour inconditionnel de l'autre."

Je ne pus m'empêcher de sourire un peu plus, serrant doucement ses doigts.

"Par le mariage, ils s'engagent à respecter l'autre dans toutes les situations et à offrir un support moral et émotif dans les moments plus difficiles. A jamais, ils s'engagent à rester ensemble à travers les épreuves qu'ils croiseront sur le chemin de la vie. Telle est la volonté de Dieu."

L'homme d'église fit une pause avant de poursuivre;

"Ces voeux éternels ne peuvent être brisés une fois prononcés. Si quelqu'un s'oppose à cette union, qu'il le dise maintenant ou qu'il se taise à jamais."

Un long frisson traversa mon échine alors qu'un silence aussi léger qu'une plume s'installa dans l'église une fois les échos de la voix de l'homme eurent disparus... Aucun bruit. Pas de Charles.. Je retins un soupir en me contentant de refermer mes doigts doucement autour de ceux de Carlisle. Il était tellement tout pour moi... Et plus jamais je n'allais le quitter.
Et le moment arriva enfin. Mon coeur attendait impatiemment la réponse à une question...

"Carlisle Cullen. Vous engagez-vous à prendre cette femme pour épouse? A l'aimer, la chérir et la protéger dans la richesse comme dans la pauvreté, dans la joie comme dans la tourmente jusqu'à la fin des temps"

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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Jeu 3 Mar - 23:18

Si je n'avais pas été bien certain que mon coeur était mort depuis des siècles, j'aurais pu jurer qu'il battait à tout rompre. C'était sûrement l'effet de mon imagination mais j'avais l'impression qu'il résonnait à mes tempes.
Si pour le prêtre, j'étais aussi immobile qu'une statue, je me sentais au contraire, bouillonnant et sans cesse en mouvement. A chaque seconde, je devais me retenir de faire un pas en avant, ou de me pencher pour voir si elle arrivait. Comme si cela allait la faire venir plus vite.
Pour me calmer, je fermais les yeux, m'obligeant à respirer posément malgré toute la tension accumulée dans mes muscles. Je me contraignis à me détendre et fis tomber mes épaules dans une longue expiration silencieuse. Enfin, je retrouvais un semblant de sérénité... Vite rompu par la clenche de la porte suivit aussitôt par le grincement léger des gonds. Elle arrivait ! Aussitôt, comme un appel impossible à ignorer, je rouvris les yeux, et me redressais, le souffle coupé.

Et je la vis. De profil d'abord et je la détaillais aussitôt, appréciant le courbé de son dos, rehaussé par la longue traîne qui la grandissait. Le voile voletait doucement à chacun de ses pas, tout comme les quelques boucles libres sur ses tempes.
Ce n'était pas un sourire amoureux qui vint sur mes lèvres à ce moment là, mais bien de la pure vénération. Elle était tout. Tout ce que j'aimais, tout ce que je voulais chérir. Et ce sourire s'agrandit plus encore alors qu'elle se tournait vers moi et, au bras d'Edward, entamait la longue et interminable marche jusqu'à moi.

Je me rendis compte que je ne respirais plus en prenant une longue bouffée d'air alors que je la découvrais totalement. Elle était parfaite. La plus pure des créatures qu'il m'ait été donné de voir. Je la trouvais un peu crispée lorsqu'elle m'était apparue, mais le sourire qu'elle me lança et que je vis plus que distinctement, me coupa de nouveau le souffle. J'avais l'impression d'avoir les jambes en coton et que soit je m'effondrais, soit je courais jusqu'à elle. Pour me retenir, je laissais de nouveau mon regard couler langoureusement sur la robe. Elle était si belle, qu'elle aurait pu rivaliser avec celle qui le portait. Ou bien était-ce tout simplement Esmée qui la sublimait.
Soudain, je ne pus plus attendre et fis un pas en avant, le même sourire sur les lèvres. J'avais si hâte de sentir sa main dans la mienne de nouveau, de sentir sa chaleur, son parfum dont je sentais les premières flagrances. Au final, je profitais de ces quelques minutes pour me perdre dans sa contemplation de nouveau. La terre aurait pu s'arrêter de tourner, l'église s'écrouler autour de nous, je ne l'aurais pas remarqué. Car elle était là.

Et soudain, elle fut à ma portée. Si c'était encore possible, mon sourire s'agrandit encore, si bien que j'en avais presque mal aux joues. Je regardais Edward baiser sa main dans un mélange de joie et d'exaspération. Allait-il donc me la donner ? Au fond de moi je souris de mon impatience. Je n'avais jamais été aussi empressé qu'en ce jour...
Et lorsqu'enfin, je sentis la douceur de ses doigts contre les miens, j'expirais doucement, tout l'air que j'avais amassé. Comme mus par un choc électrique, mes doigts se refermèrent et se resserrèrent doucement. Dans mes yeux, on pouvait lire une joie indicible et un amour sans fin. J'étais tout simplement comblé.

J'entendis le prêtre se racler la gorge. Je ne pus m'empêcher de penser qu'il devait regretter son vœu de chasteté en présence de la Beauté même. Ou peut être était-ce l'amour qui nous unissait, cette révérence plutôt qui était peu commune, d'autant plus dans ce monde où les mariages étaient bien souvent arrangés.

"Chers amis, nous voici réunis aujourd'hui dans la maison du Seigneur pour joindre par l'union sacré du mariage ces deux personnes. Cette union ultime les liera à jamais dans l'amour inconditionnel de l'autre."

L'amour inconditionnel de l'autre... Au minimum... Je m'obligeais à reprendre une inspiration. Jouer les humains... Jouer... Ne pas se laisser distraire par... Seigneur, elle est si belle...

Je n'écoutais que distraitement la tirade sacrée, toute mon attention étant sur celle qui allait partager ma vie à jamais. J'attendais juste d'entendre les mots clés qui me lieraient enfin à elle. Je ne doutais pas une seconde que personne ne s'opposerait à cette union. Et autant être clair, il aurait été très mauvais pour Charles de se présenter à ce moment... Il ne fallait pas abuser tout de même, nous avions assez fait preuve de clémence. En tout cas aujourd'hui, je ne l'aurais pas supporté... Mais imaginant les tourments que devait ressentir Esmée, je me mis à caresser ses doigts, mes yeux captant les siens comme pour lui faire oublier toute pensée qui ne fut pas pour moi.

Et enfin la question que j'attendais arriva enfin.

"Carlisle Cullen. Vous engagez-vous à prendre cette femme pour épouse? A l'aimer, la chérir et la protéger dans la richesse comme dans la pauvreté, dans la joie comme dans la tourmente jusqu'à la fin des temps"

Je laissais passer quelques secondes tant j'étais absorbé par l'admiration de ma future femme. Non, de ma femme... Aujourd'hui.... Ce n'était pas un silence de doute, loin de cela, puisque mes yeux et mon corps entier hurlaient la réponse. Elle me semblait si évidente...

- Oui, je le veux... A jamais...

Je pris une nouvelle inspiration en resserrant encore un peu plus mes doigts. Mon sourire montait jusqu'à mes oreilles, à tel point que je me demandais si j'avais déjà sourit ainsi. Certainement pas. J'étais totalement transporté.

"Esmée Anne Platt. Vous engagez-vous à prendre cet homme pour époux? A l'aimer, le chérir et le protéger dans la richesse comme dans la pauvreté, dans la joie comme dans la tourmente jusqu'à la fin des temps"

Mon pouce glissa lentement le long de son annulaire ou bientôt, il y aurait le symbole de notre union mais où déjà se trouvait celui de notre amour. Sa bague de fiançailles, étincelait, rouge sang ressortant encore plus sur la blancheur de sa peau. Mais je ne pouvais pas la voir réellement. Je ne voyais que ses prunelles, et notre avenir...

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Esmée Cullen
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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Dim 2 Oct - 22:27

Je ne m'habituais jamais à la joie que je ressentais en voyant mon bonheur dans son regard. Il y avait tellement d'amour dans ses magnifiques yeux dorés que je pouvais presque en être gênée qu'il soit que pour moi. Le méritais-je vraiment? La question ne se posait pas. Car cet amour-là, comme celui qui brillait dans mes pupilles, était simplement et purement inconditionnel. Et surtout l'amour qui nous unissait en cette journée, créant des fils pétillants que je pouvais jurer voir, qui se tortillaient autour de nous et nous enveloppaient, ne pouvait jamais être détruit. Il nous définissait entièrement, tout ce que nous étions. La seule façon de le voir disparaître serait que nous disparaîtrions.

Je sentais ses yeux sur moi, couler comme un glaçon qui glissait sur une peau fiévreuse en m'ébranlant jusqu'au plus profond de mon âme. Je me voyais la plus belle femme dans ses yeux. Il me rendait parfaite, bien plus que l'exquise dentelle qui me couvrait. Existait-elle encore, ou me voyait-t'il directement à travers celle-ci? Quelle importance... Je me sentais bien plus que magnifique sous son regard, muse éblouissante. J'aurais normalement été gênée de cette attention, mais à quoi bon l'être... N'était-il pas lui-même plus radieux que tous les plus somptueux dieux que les humains s'étaient imaginés au travers des siècles?

Je le regardais, l'admirait alors que chacun de mes pas me menait toujours plus près de lui. Alors que je profitais du moment presque interminable en savourant chacune des secondes de ce moment si incroyable, je voyais qu'il avait de la peine à tenir en place. Son impatience m'attendrit, et je ne pus empêcher un petit rire silencieux lorsqu'il fit un pas dans ma direction, incapable de résister. Je me serais bien volontiers lancée dans ses bras pour le rejoindre, mais je me contentai de suivre Edward en serrant un peu plus le bouquet.

Et soudain, il n'existait que nous deux et les paroles de l'homme d'Église. La question, des mots si simples et qui pourtant allaient changer notre vie à jamais. La réponse que nous attendions avec tant d'impatience et de crainte à la fois. Y avait-il encore un doute en la réponse? Et pourtant, ce fut quand même avec soulagement que les longues et même interminables secondes que Carlisle prit pour répondre s'écoulèrent pour laisser sa voix résonner contre les hauts plafonds;

- Oui, je le veux... A jamais...

Mon sourire s'étira encore plus, rejoignant celui éclatant de Carlisle. Dieu que je l'aimais. Tout simplement. Sans beaucoup, ni vraiment. Des mots, ce ne sont que des mots. Nous n'en avions pas besoin pour nous le dire. Il suffisait qu'on se regarde comme en cet instant-là et tout était dit. Dans toutes les langues qu'il existe. La voix du prêtre s'éleva à nouveau, mais cette fois pour moi;

"Esmée Anne Platt. Vous engagez-vous à prendre cet homme pour époux? A l'aimer, le chérir et le protéger dans la richesse comme dans la pauvreté, dans la joie comme dans la tourmente jusqu'à la fin des temps"

Je ne pris pas autant de temps pour répondre, me contentant de tourner la tête vers le prêtre en lui souriant. Il n'avait pas idée de ce qu'il était en train de faire pour moi. Je me retournai vers Carlisle avec un doux sourire, frissonnant en sentant la douce caresse sur mon doigt. Comment avais-je pu douter... Et sans même m'en rendre compte, j'entendis ma voix dire;

"Oui, je le veux."

Avant de souffler que pour lui;

"Et même plus longtemps."

Pendant que nous nous perdions dans les yeux l'un de l'autre, l'homme d'Église fit signe à Edward de s'approcher. Ce dernier fit quelques pas lentement, tendant vers nous le petit tapis de velours où étaient posées deux alliances dorées. Le vieil homme souleva le coussin vers l'autel;

"Le cercle. Symbole de l'éternité. De la perfection. De l'absolu et de l'infini. Il représente le Tout fini et infini, l'unité et le multiple, le plein et la perfection comme l'est le Créateur de l'Univers. Bénis soient ses anneaux, représentant l'amour du Seigneur Dieu. Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen."

Interpellée par le silence soudain dans l'Église, et surtout par l'absence de mouvement autour, je quittai le refuge confortable des yeux de mon fiancé pour poser le regard sur un prêtre assez mal à l'aise. Il tenait le coussin devant Carlisle, qui ne bougeait pas du tout pour prendre mon alliance, et ne semblait pas du tout savoir quoi faire maintenant. Je me tournai quelques secondes vers Carlisle, qui regardait les muguets dans mes cheveux sans se rendre compte de ce qui se passait. Décidément, il avait oublié que sa part n'était pas encore terminée

Amusée, je tendis mon bouquet de roses à Edward et me retournai alors vers le père, prenant l'alliance de Carlisle. Ce dernier me lança un sourire soulagé avant de se racler discrètement la gorge pour poursuivre;

"Tel un pacte avec cet homme et notre Seigneur, répétez ces mots: Moi, Esmée Anne Platt, te prend, Carlisle Cullen, pour mari et, de cet anneau, t'épouse."

Heureusement, Carlisle avait sembler retrouver ses esprits et me regardait les yeux pétillants lorsque je pris sa main et que lentement, je glissai l'anneau à son doigt en soufflant;

"Moi, Esmée Anne Platt, te prend, Carlisle Cullen, pour mari et, de cet anneau, t'épouse."

Ma voix était douce mais sûre. Plus sûre que je croyais pouvoir l'être. Mes mains n'avaient pas tremblés comme je l'avais imaginé. Au contraire, la caresse légère de mes doigts le long de son doigt alors que j'insérais délicatement l'alliance me rassurait. La dernière fois que j'avais prononcé ces mots, je signais mon arrêt de mort. J'avais imaginé qu'ils seraient plus difficiles à dire. Et pourtant, au contraire, ce fut tellement facile. Tellement naturel. Comme si nous ne faisions qu'écrire sur papier ce qui était déjà visible dans les millions d'étoiles de la galaxie.

J'inspirai alors profondément, le coeur en paix. Pas d'inquiétude, pas de nervosité. Plus maintenant. C'était le signe que j'attendais du ciel pour me dire que j'avais fait le bon choix. Que je n'avais pas besoin d'être pardonnée pour quoique ce soit. Si Carlisle et Edward étaient des cadeaux venus directement du ciel, cette paix était la bénédiction finale de Dieu.

"Tel un pacte avec cette femme et notre Seigneur, répétez ces mots: Moi, Carlisle Cullen, te prend, Esmée Anne Platt, pour femme et, de cet anneau, t'épouse."

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MessageSujet: Re: 1921 [PV Esmée et Carlisle]   Aujourd'hui à 20:12

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