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 Surprise nocturne [PV : Edward]

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Chale Jenson
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MessageSujet: Surprise nocturne [PV : Edward]   Mar 5 Jan - 21:17

février 2005 (une semaine après "Dure soirée")

Je franchis la porte de mon studio. La journée avait été rude, plusieurs employés avaient manqué à l’appel. J’avais donc dû jongler entre les cuisines et les caisses, prendre les commandes et les préparer. L’ambiance des fast-foods m’étaient déjà stressante en tant que cliente, mais là, j’avais découvert depuis un petit moment, le restaurant du point de vue de l’employé. Autant dire que c’était l’enfer. L’envie même de ne pas se tromper nous induisait en erreur, le patron nous faisait travailler énormément pour répondre aux demandes des clients habituels. Mais en cette période d’été, les touristes montraient leur nez et s’assemblaient par grappes de six devant la caisse. Les jours qui allaient suivre me verraient travailler encore plus dur.

Je me jurais de changer de boulot dès que je pourrais, postuler ailleurs dès que ça me serait possible. Les vapeurs d’huile, les parfums des centaines de femmes que je voyais passer, les appels incessants en cuisine…tout ça me provoquait d’atroces maux de têtes puisque mes sens étaient plus développés que ceux des humains. Lorsque je rentrai chez moi, le silence me faisait presque mal aux oreilles et j’avais l’impression que ma tête allait exploser par la différence de pression et de température.

Je jetai mon trousseau de trois clés sur le lit et l’accompagnait de mon sac. Mon ventre émit son cri de la faim et je me rendis à la cuisine pour trouver quelque chose à manger dans le réfrigérateur. Même lui, je devais le servir ! J’ouvris la porte du frigo et constatai le vide presque total des étagères. Bon sang, comment j’avais pu oublier de refaire les courses ? Comment j’avais pu laisser cette saloperie de frigo se vider sans que je fasse attention ? Je claquai violement la porte et lâchai un juron avant de regarder l’heure : 21h46. C’était certes encore trop tôt pour que les magasins ferment, mais la fatigue semblait rallonger la distance entre Port Angeles et moi et j’étais sûre de craquer avant d’être rentrée de mes commissions. Je me résignais donc à aller chasser, mon ventre était vide depuis le début de la journée. Je jetai un dangereux regard vers la salle de bain, la douche m’appelant, me criant de me laver, de retirer cette écœurante odeur de frites et d’aliments synthétiques de mes vêtements et de ma peau. Mais pourquoi me doucher maintenant puisque j’allais rentrer pleine de terre et de sueur probablement ? Je résistai à l’appel de l’eau chaude et du savon et saisis mon sac que je vidais de son contenu pour le remplacer par un change complet auquel je rajoutai une petite serviette de toilette. Ceci fait, je sortis de chez moi en claquant la porte. Les courses attendraient le week-end.

Les rues ne défilaient pas assez vite à mon goût, l’empressement me faisait me plaindre de ne pas aller plus vite et la fatigue me conseillait au contraire de ralentir. Ce fut au bout d’une bonne demi-heure que j’atteignis l’orée de la forêt de Forks. Effectivement, on ne pouvait pas dire que je m’étais pressé. La nuit était déjà là, avec son obscurité, son ambiance particulière et ces illusions. Je croyais bon de chasser la nuit, ça m’entraînait à être à l’écoute de mon environnement, d’en faire mon allié pour repérer ma proie et mes ennemis. Avec la meute, j’apprenais à utiliser l’ombre à mon avantage, ainsi que le vent. Mes progrès étaient incroyables, en tout cas pour moi. Je mettais moins de temps à dénicher une proie, traquais les lapins pendant des heures sans qu’ils ne me sentissent… bref, je devenais une vraie louve ! De plus, la vie que je partageais avec Ambre et mes frères m’était bénéfique. Je commençais à ne faire qu’un avec la nature, la forêt.

Je pris droit devant moi pendant un temps infini - dans mon état, vingt minutes semblaient être une éternité - et m’arrêtais sous le ramage d’un énorme chêne au pied duquel je déposai mon sac. Le coinçant entre deux racines j’observai les alentours. La voie était libre. Je retirais mes vêtements - hors de question que je m’éternise dans les magasins pour des affaires si facilement conservables ! – et me concentra. Après quelques secondes de sensations étranges, je me retrouvais pourvue d’une fourrure noire comme les plumes d’un corbeau et mes yeux semblaient briller dans l’obscurité. J’étais prête pour le dîner ! Il ne manquait plus que le repas…


Ah ! Mais comment tu veux ne pas te faire repérer avec cette odeur immonde sur toi ?! T’aurais peut être dû aller te doucher !


Effectivement, peut être que la douche aurait été nécessaire, car je ne pensais pas qu’une biche ait été aussi attirée qu’un consommateur massif par des odeurs de frites. A ce train-là je risquais plus d’attirer des chasseurs que de trouver mon dîner. En grognant, je me mis à la recherche d’un point d’eau. Je parcourus six bons kilomètres au petit trot avant de me stopper.

Lointain, murmurant et discret, je percevais le bruit de l’eau roulant sur des pierres. Je suivis le son, encore et encore, jusqu’à parvenir au bord d’un cours d’eau, large et grondant. Je descendis le lit de la rivière et trouvai un coin ou le débit d’eau était peu important et entrai dans l’eau fraîche. Lorsque le niveau arriva à mes « coudes », je me laissai tomber et m’immergeai totalement. Je ressortis quelques secondes plus tard et, revenue près de la berge, je me roulai dans l’eau encore une fois avant de sortir définitivement et de m’ébrouer. Ceci fait, je me trouvai un endroit ou la feuilles laissaient voir la terre et me couchai dessus avant de me rouler dans tous les sens, m’imprégnant (je l’espérais) de l’odeur de la terre fraîche.

Oui, la douche était donc à prévoir en rentrant. Je m’immergeais à présent dans ma peau de chasseur et partais à la recherche d’une proie. Je pris attention à repérer les odeurs avant de me décider.


Alors…un troupeau de chevreuils loin au nord…deux cerrfs deux cents mètres sur ma droite et un lièvre plus à l’est…


Mon choix se fit rapidement. Je partis vers l’est. Veillant au vent, aux mouvements que je générais autour de moi, je me déplaçais en silence, comme une ombre. Après quelques minutes de traque, je trouvais enfin ce que je cherchais. L’odeur était très proche tandis que j’étais dissimulée dans un buisson. Le lièvre était juste derrière. Je levais le museau et l’aperçut dans la posture idéale, soit dos à moi. Mes babines se retroussèrent, mes griffes se plantèrent silencieusement dans la terre avant de se relâcher. Le vent emportant mon odeur dans mon dos, je pouvais bondir sur mon repas sans crainte. Il ne m’entendrait pas, ne me sentirait pas…il n’avait aucune chance. Je m’exécutai. Placée tout en flexion, mes muscles se contractèrent et je fondis sur ma proie. Mes crocs se plantèrent dans son cou sans qu’il n’ait même le temps de me voir. Je lui brisai la nuque d’un coup sec et le laissai choir au sol. Soulagée d’avoir trouvé un repas sans trop de difficulté, je commençai à manger avec appétit, mais sans empressement. Mais alors que je veillais aux alentours – qui savait ce que l’obscurité pouvait dissimuler ?-, je remarquai une colline un peu plus haut et un renfoncement sur le flanc.

* * *

Après une bonne heure de dégustation et toute contente d’avoir enfin le ventre plein, je revins à mon petit camp de fortune et attrapai mon sac dans la gueule avant de retourner vers ma découverte. Je galopai entre les arbres, effrayant des lapins sur ma route et faisant voler des feuilles mortes. Je me posai au pied de la colline et entamai ma retransformation après m’être ébrouée une dernière fois, en croisant les doigts pour qu’il n’y ait aucun visiteur à la gâchette facile…ou pire. Je m’emparai du premier tee-shirt que j’avais porté et frottai ma peau pour retirer la plus grande partie de la terre qui restait collée. Après quoi je mis un tee-shirt propre et un jean gris taille basse. Je n’oubliais pas la veste en tissu épais qui me donnait l’air normale – l’air était frais - et j’ajoutais une écharpe à mon cou, ceci dans le seul but de dissimuler ma cicatrice. Après quoi je rangeai le reste et mis mon sac sur mon épaule. La curiosité m’avait fait retrouver un peu de force et je ne me voyais pas attendre le lendemain soir pour retourner ici et observer les environs. Je gravis donc la petite colline d’une démarche assez souple et vive et plissai les yeux devant ma trouvaille : l’antre béante d’une grotte. L’intérieur était évidement obscur, mais je m’y risquai. Je fis un pas à l’intérieur avant de me figer en me posant une question : est-ce que l’endroit était déjà occupé par un animal ? Les odeurs environnantes m’informèrent rapidement que non. Je pus entrer sans plus d’inquiétude. L’obscurité étant pour moi une chose très peu contraignante, de par ma nature, je n’eus pas besoin d’employer une lampe de poche pour découvrir le trésor sous lequel je me tenais.

La grotte n’était pas très grande – encore qu’il devait être facile d’y placer une cinquantaine de personnes. Le sol penchait légèrement vers le fond et aboutissait contre les parois à de petits plans d’eau ou se mélangeait de la terre. Mes yeux parcoururent un instant la petite pièce circulaire que formait la roche avant qu’ils ne soient accaparés par un petit scintillement au plafond. En levant la tête, je pus m’apercevoir que la voûte était entièrement recouverte de pierres scintillantes violettes.


- S’il y a bien un endroit ou je reviendrais tous les jours, c’est ici… me décrétai-je.

C’était littéralement un ciel d’améthyste qui se dévoilait à moi. Béate (il fallait le dire), je restai un instant en admiration sous ce plafond brillant avant d’être tirée de ma rêverie par une odeur plus qu’immonde mais qui ne m’annonçait, je l’espérais, rien de mauvais.

Je m’empressai donc de sortir de l’endroit et repérai d’un coup d’œil rapide les alentours pour pouvoir y revenir. J’effectuai quelques pas dans l’obscurité en restant sur mes gardes. Par réflexe, mes lèvres commençaient à trembler et je cherchai à les « retrousser ». Après une paire de gifles mentales, je stoppai ses mouvements mécaniques, et au final ridicules, et me rassérénai.


[HJ : Entrée en matière un peu longue, j’avoue. J'ai failli mettre un cerf au lieu d'un lièvre…xD]

†•´*¤*' •††•´*¤*' •†
Chale Jenson

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MessageSujet: Re: Surprise nocturne [PV : Edward]   Dim 10 Jan - 17:19

Une nouvelle journée au lycée. Toute aussi ennuyeuse qu’à l’accoutumé. Une suite de cours, plus accablants les uns que les autres. Des professeurs à l’intelligence limitée, et bornés qui plus est. Ils ne supportaient pas que mes frères et sœurs et moi-même répondions juste à chacune de leurs questions, sans paraître le moins intéressés du monde. C’était comme ça.

Pour parfaire à mon enfer personnel, je n’avais pas vu Bella de la matinée. Nous n’avions pas de cours commun, et j’avais donc dû me contenter des pensées de ses camarades de classe. Jessica était en froid avec Bella, chose dont je la remerciais, elle ne méritait pas une amie comme elle. Angela était, elle, tout aussi attentive aux cours que d’habitudes. Je fus donc, une fois encore, et à mon plus grand regret, obligé d’investir les pensées de Mike. A sa décharge, il s’était calmé ces derniers temps, mais il ne manquait jamais une œillade en direction de mon Aimée quand l’occasion se présentait. Aussi, je m’énervais rapidement et me contentais de brefs regards pour vérifier que tout allait bien.

Je vis défiler les secondes, les minutes, chacune paraissant durer une éternité. Du fait de ma condition de vampire, j’avais appris la patience, mais ces derniers jours, l’ennui était mon pire ennemi, et mon endurance, alliée de tous les jours, me fuyait maintenant.

Ces derniers jours. Cette simple pensée suffit à me faire revivre les évènements, qui, en une soirée, avaient tout changé. Je ne pus empêcher un froncement de sourcil d’apparaître sur mon visage, froncement qui m’attira un regard interrogateur de la professeur d’espagnole. Cependant, je n’en avais cure. Mes pensées étaient ailleurs. Ailleurs et lointaines.

Il ne fallait pas. Je ne devais pas y penser. Pourtant j’en étais incapable. Toute la semaine. Toute la semaine, mes souvenirs, mes inquiétudes n’avaient cessé de m’apparaître, de me tourmenter. Et bien qu’aujourd’hui cela fasse une semaine, je n’avais pas réussi à retrouver la sérénité qui était mienne auparavant.
Une semaine. Il y avait une semaine que cette louve avait fait son apparition à Forks. Une semaine que mon père et modèle avait tenté de l’attaquer, m’obligeant à me battre contre lui pour le protéger. Pour nous protéger… Une semaine que j’avais trahi la famille, manqué de quitter les êtres qui m’étaient les plus chers… Une semaine, oui.

Et Carlisle… Jamais je ne l’avais vu comme ça auparavant. Même assoiffé, il parvenait toujours à se contenir. Comme il avait été facile d’effacer toute ses années de pratique en un instant auprès de cette louve. Je savais qu’il le vivait mal. Je savais qu’il s’en voulait incroyablement. Pour Chale, et pour la famille. Et j’avais beau tenter de l’aider, je n’arrivais à rien. Je supposais que seul le temps lui permettrait d’accepter le fait que cette louve l’attirait tant. Mais j’avais mal de voir mon père ainsi.

Et qui était-elle exactement ? Elle avait dit s’appeler Chale. Mais que faisait-elle seule ici ? Elle semblait s’en vouloir d’un certain nombre de choses. Je ne savais rien d’elle et je n’aimais pas ça. Un loup-garou en ville… Jeune et probablement instable qui plus est. Elle s’était installée dans un studio dans le centre… Et si elle révélait sa condition, mettant, par la même, à mal notre couverture ? Non. Il fallait faire quelque chose. En plus de ça elle risquait de blesser des gens. Si elle blessait Bella…

Je dus réprimer un grognement inquiet. Des regards appuyés et troublés de la professeur m’indiquèrent que mes yeux s’étaient une fois encore assombri. Je devais me contrôler. Contrôler mon humeur pour contrôler mon image.
Mais les doutes… Les doutes et les inquiétudes ne me quittaient plus. J’étais empli d’eux, plus encore que de sang. Et ils remuaient en moi, tanguaient, cahotaient pour mieux se retourner dans une inlassable torture. Aucun répit. Plus un instant de paix.

Les seuls moments où je me sentais mieux étaient quand je retrouvais Bella. Car alors, son visage, si beau, si merveilleux, si parfait, m’accueillait. Et alors je me laissais envelopper par sa flagrance. La mélodie de son cœur me calmait, jusqu’au moment où je ne l’entendais plus. Mais même là, même quand j’étais auprès d’elle, je ne me retrouvais parfois plus. Car quand je plongeais dans ses grands yeux chocolats que j’aimais tant, j’y lisais son inquiétude. Son inquiétude pour moi. Qui étais-je pour provoquer de l’inquiétude à une pareille créature ? Je m’en voulais. De tout ce qui s’était passé, et de ça bien plus encore.
Et les doutes, toujours ! Et l'inquiétude ...Cette semaine, j'avais pu sentir l'odeur de la louve près de la maison des Swans. Que faisait-elle là bas ? Bella ne m'avait rien dit. Mais que faisait-elle près de mon aimée ? Je ne pourrais tolérer qu'elle risque sa vie ...

Quand la cloche sonna l’heure du déjeuner, je faillis sursauter, tant j’étais absorbé par mes pensées. Je me relevais d’un bon et, du pas le plus rapide que je pouvais, me dirigeai vers la salle de mathématiques où Bella avait cours. J’arrivai à l’instant même où elle passait la porte et lui offris un sourire. Je savais que je ne pouvais plus la tromper totalement, elle devait savoir que j’avais encore ressassé, mais je m’approchais d’elle et lui pris la main, posant un baiser au coin de ses lèvres. Je sentis la pression diminuer en moi. Nous prîmes alors la direction de la cafétéria. J’attrapai un plateau que je remplis négligemment, ne la quittant du regard que lorsque je n’avais pas d’autres choix. Nous allâmes nous asseoir à l’écart, et, face à elle, je la regardais manger en silence. Après avoir échangé quelques paroles, dont la sonorité ravit mes oreilles, nous sortîmes de la cafétéria. Je l’accompagnais d’un pas lent jusqu’à la salle du bâtiment 3 où avait lieu son prochain cours. Il nous restait cinq minutes avant le début des cours, j’en profitais pour la prendre dans mes bras un moment. Je m’emplissais de son odeur, de sa chaleur… Elle était ma vie. Je posai ensuite mes lèvres sur les siennes, furtivement, avant de lui murmurer un « je t’aime » à l’oreille. Je la quittais alors, tandis que les premiers élèves faisaient leur apparition, triste de la voir s’éloigner de moi. Une fois encore, je n’avais pas de cours en commun avec elle. Je maudissais notre emploi du temps qui ne nous accordait que trop peu de temps ensemble.

Après avoir compté les secondes tout l’après midi, je me hâtais de quitter l’école, rejoignant Bella à la voiture. Durant le trajet de retour chez elle, nos mains ne se quittèrent pas, comme une promesse d’amour éternel, un lien qui nous unissait, maintenant et à jamais. Des "au revoir" sur le pas de sa porte, chacun de nous ne voulant laisser l’autre, et je regagnai ma voiture. Charlie ne voulait pas que j’entre chez lui. J’étais donc obligé de quitter l’Amour de ma vie jusqu’à ce qu’elle gagne sa chambre où je la rejoignais dans la nuit. Ce soir, elle irait au restaurant avec Charlie. Je la retrouverais donc plus tard que d’habitudes. Le destin s’acharnait contre nous. J’avais l’impression de ne pas l’avoir vu de la journée.

Je pris le chemin de la maison, à vive allure, histoire de me sortir de ma torpeur. Si les journées de lycée étaient trop longues, le reste du jour lui, était trop court, et je n’avais jamais assez de temps pour faire ce que je voulais, ce que je devais.
Arrivé devant la villa, j’arrêtai la voiture dans le garage. Celle de Rosalie n’était pas là. Alice avait dû trouver un prétexte pour les emmener en balade. Je souris à cette pensée. Je me dirigeai vers la porte du salon.
Aucun son. Ni pensée, ni odeur. Rien. J’étais seul.
J’avais espéré voir Carlisle. Mais il devait encore être à l’hôpital. Il avait tendance à y passer plus de temps encore ces derniers jours. Lui aussi avait besoin de réfléchir peut être.

Je ne sais pas.


On ne se croisait que peu. Moi, passant le maximum de temps avec Bella; lui, entre l’hôpital, et la famille… Nous n’avions pas eu l’occasion de reparler depuis la fameuse soirée. J’espérais que s’il avait besoin de moi, il me parlerait.
Ne sachant quoi faire de mon temps, je me dirigeai vers le piano. Je n’avais pas joué depuis un moment. Ouvrant le clapet, laissant apparaître les touches, je m’assis sur le tabouret. J’inspirais un bon coup avant de me laisser emporter dans la mélodie. Après l’air préféré d’Esmée, suivi la berceuse de Bella. Je la jouais puis la rejouais une nouvelle fois. Je m’en rassasiais, me rappelant son visage la première fois qu’elle l’avait entendu. Lorsque j’eu fini de m’en régaler, je jouais du Debussy, le Clair de Lune, un sourire aux lèvres. Jouer était un tel réconfort…

Après plusieurs heures à faire vibrer les cordes du piano, je m’arrêtai, soulagé. Je ne jouais pas assez souvent. La musique était une telle joie, elle m’avait rasséréné.
Je montai ensuite dans ma chambre pour me changer. J’avais prévu d’aller chasser mais après tout, je savais le faire proprement. Au moins, je pourrais rejoindre directement Bella après ça. Je n’aurais pas besoin de faire un détour. Je choisis de mettre un pantalon noir avec une chemise blanche et un gilet noir. J’avais remarqué que Bella appréciait me voir vêtu dans ses couleurs et je ne pouvais m’empêcher de vouloir lui plaire. Je m’habillais, avant de me traiter intérieurement d’imbécile. Je pris la direction de l’extérieur.

La nuit était tombée depuis longtemps. Je pouvais aller chasser à proximité sans risquer de tomber sur un humain. Je partis donc vers le nord, comme je faisais souvent quand je chassais seul. Je laissais mes pieds m’emmener loin dans la forêt. Prenant de la vitesse, j’avançais vite. Furtif, rapide, concentré. Arrivé dans une trouée entre les arbres, je m’arrêtais quelques instants. J’observais un instant autour de moi. L’herbe était gelée par le froid. Les feuilles avaient quitté les arbres, les laissant nus et désolés. Seuls les quelques sequoias présents avaient gardé leurs feuilles. Un oiseau s’envola subitement d’une branche. Je le suivais des yeux, pour fondre mon regard dans le ciel. Il était noir. La lune n’était pas pleine. Quelques étoiles étaient visibles derrières les nuages qui envahissaient le ciel. Les nuages allaient-ils apporter la pluie ? Quelle importance…

Cessant d’observer le ciel avec de vaines questions, je laissais mes yeux plonger dans l’obscurité de la forêt. Ouvrant mes sens, je pus sentir une horde de chevreuils un peu plus au nord. Cependant, je n’aimais pas chasser de tels animaux. M’absorbant plus encore dans mon odorat, je captais dans la brise venu du nord ouest, une essence sucrée et forte de l’odeur de la chair. Un prédateur. Je me coupais de mes pensées, je me coupais du monde, et laissais mon instinct animal prendre le dessus, suivre la piste. En un instant, je me retrouvais prédateur, et ma proie était proche. De longues enjambées silencieuses, et mon ouïe se fit de la partie.

Boum boum. Boum boum.

J’étais particulièrement sensible aux bruits du cœur qui propulsait le sang à travers tout le corps. Ma soif se fit vive, et un grognement sortit de ma gorge alors que je m’approchais. C’était un ours. De bonne taille. Un mâle à la fourrure brune, presque noire. Du sang encore sur son museau, il se retourna lorsqu’il m’entendit et se mit en garde, les yeux fixés sur moi. Il ne pouvait pas savoir qu’il n’avait aucune chance. J’accourus, et avant qu’il n’ait amorcé le moindre geste, passai derrière lui et plantai mes crocs dans sa chair. Son sang inonda ma bouche, coulant dans ma gorge dans de joyeux clapotis qui réchauffaient mon corps. L’énergie s’accrut en moi alors que je sentais son sang se répandre dans chacun de mes membres. Mais trop tôt, comme toujours, son sang se tarit, et il se retrouva vide, inanimé, dans mes bras. Le laissant tomber au sol, je pris un instant pour me ressaisir. Je n’étais pas une bête. Je n’étais pas un prédateur. J’étais Edward, et j’allais aller passer la soirée auprès de ma Bella. Mes pensées reprenant leurs places, mes sens se dispersant au second plan, je retrouvais ma vie. Et mes doutes. N’ayant pas besoin de plus de sang, je décidais de rentrer, sans trop me presser. J’étais en avance.

Je descendis donc vers le sud. C’est alors que je la sentis. Cette odeur qui agressait mes narines. Infâme. Je la connaissais. Oh oui ! Malheureusement je la connaissais. Dans la forêt il y a une semaine, et plus récemment près de la maison de Bella ...Qu’est-ce que cette louve faisait ici ? M’avait-elle suivi ? Non, elle n’était pas tout à côté. Et elle devait être venue chercher ici la même chose que moi. Je décidais de m’approcher. Peut être pourrais-je en apprendre plus sur elle ? Avançant doucement, je perçus alors ses pensées. Elle était en train de se nourrir. Un lièvre, compris-je, un sourire aux lèvres. Ne voulant pas me faire voir, je restais là où elle ne pouvait pas me voir, ni me sentir. J’avais croisé sa piste, mais ce n’était pas son cas. Elle décida de retourner chercher des affaires qu’elle avait laissées plus loin. Je la suivis, de loin, sans aller jusqu’à la voir, me laissant guider par ses pensées et son odeur. Une fois ses affaires récupérées, elle revint sur ses traces. Heureusement que je l’avais suivi de biais sinon elle aurait senti ma piste. Je fis cependant un détour au cas où. Je restais prudent, quoique très curieux.

Pourquoi revient-elle là ?

Elle se retransforma, et après s’être habillée, commença à gravir la colline qui lui faisait face.

Que cherche-elle ici, à cette heure ?

Je vis par ses yeux qu’elle avait trouvé une grotte. Avide de savoir, je m’approchai plus encore, oublieux de mon odeur. Je venais dans les environs depuis des années, et jamais je n’avais vu cet endroit. J’aperçus l’entrée de la grotte, la même que dans ses pensées, juste avant d’entendre sa surprise à la découverte de la chambre de pierre. Ou plutôt je n’entendis plus rien. Elle restait sans mot devant son spectacle, accaparée par les lieux. Je me rendis compte que je m’étais trop rapproché lorsqu’elle sentit mon odeur. Jurant intérieurement, je reculai sous le couvert des arbres. Il était trop tard cependant. Et elle ne semblait pas m’être hostile. Je choisis de rester là, tandis qu’elle sortait de la grotte. Je vis ses lèvres commençaient à se retrousser, dans une prémisse de grognement, suscitant par la même, une réaction similaire en moi. Je me stoppais immédiatement, alors qu’elle faisait de même. Nous n’allions pas nous battre. Non.

Sortant alors doucement du couvert des arbres, je me rapprochai, crispé, sur mes gardes, faisant le bruit nécessaire pour qu’elle me voit. Je me stoppai à 15 bons mètres d’elle. Inutile de risquer une attaque.

Chale, dis-je, en salutations, d’une voix que je voulais neutre.

Mes sentiments à son égard étaient partagés. Je savais qu’elle n’était en rien responsable de ce qui s’était passé mais malgré tout, elle était à l’origine des évènements passés. Mais sa présence ... Pour moi elle était un risque supplémentaire, un danger qui nous menaçait tous.D’un autre côté, elle ne semblait pas avoir une vie facile, j’étais curieux de savoir ce qui lui était arrivé. Et Carlisle… Il s’en voulait tellement. Et il voulait qu’elle aille bien. Il voulait des nouvelles.

Je ne savais trop quoi dire, ni faire. Je n’avais pas voulu la rencontrer. Mais c’était trop tard. Après un instant d’hésitation, je lui demandai :

- Comment vas-tu ?

Puis sentant le besoin de me justifier, j’ajoutai :

- Excuse-moi de t’avoir suivi, je ne voulais pas te déranger mais je t’ai senti. J’étais inquiet. Et curieux… Que fais-tu ici à cette heure-ci ?


Je savais que ça ne me regardait absolument pas. Et elle ne me devait rien. Mais je n’avais pu empêcher la question de quitter mes lèvres. Agacé par moi-même, j’attendis qu’elle daigne me répondre.

[corrigé par Chale]

†•´*¤*' •††•´*¤*' •†


Dernière édition par Edward Cullen le Jeu 28 Jan - 21:13, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Surprise nocturne [PV : Edward]   Mer 13 Jan - 20:32

Un frémissement, cela me suffit à trouver la position de celui qui me suivait. J’avais su dès le premier abord qu’il avait s’agit d’un Cullen, j’avais gardé en moi cette pointe salée qui distinguait leurs odeurs de celle n‘importe qui d’autre. Mais je dus attendre de voir Edward pour savoir que c’était à lui que j’avais affaire. Il sortit d’un talus sur ma gauche, légèrement derrière moi. Je me tournai vers lui d’un bond, maîtrisant mes muscles pour ne pas les laisser sauter sur le jeune homme – je savais parfaitement que mes chances d’en réchapper étaient faibles.

C’était tout de même étrange de me sentir comme ça. Muscles bandés, des voix dans ma tête qui me hurlaient d’attaquer, de le déchiqueter… Ca instaurait une sorte de confusion dont je pouvais difficilement être la maitresse. Je fixai Edward d’un œil que je voulais neutre, peut être même amical. Mais ma part animale trouvait toujours son mot à dire…

Lui aussi semblait tenter de maîtriser ses pulsions. Son attitude était presque comme la mienne, légèrement voûtée en avant, comme prêt à bondir, le regard fixe et les prunelles noires. Je me dis que si nous nous laissions un temps soit peu aller, nous serions en train de nous tourner autour avant de nous jeter l’un sur l’autre.

- Chale, dit-il simplement.

- Edward…Bonjour, répondis-je d’un ton un peu plus guilleret.

Je commençai à maîtriser ma voix, refoulant la bête au fond de moi, reprenant le contrôle de mon corps. C’était dur, surhumain, il fallait dire. Elle plantait ses griffes dans mon âme, mon humeur. Elle cherchait à s’infiltrer partout dans mes membres, mes yeux, mon cœur, mes bras et mes jambes…Je la chassais comme je le pouvais. Elle ne pouvait pas prendre le contrôle face au fils de celui qui m’avait sauvé la vie. Ce serait tellement stupide !

Mon interlocuteur paraissait mitigé, comme pris entre deux feux de son esprit. Il ne semblait pas trop savoir comment s’y prendre pour me parler. Rien d’étonnant ! Comment pouvait-on parler normalement à son ennemi naturel qui en plus arrivait à réduire votre père à l’état de simple animal enragé ? Je me demandais comment il parvenait à réussir à ne pas m’arracher la tête et brûler mon corps…

- Comment vas-tu ?

Il ne résista pas à l’envie d’expliquer sa présence. Si bien que je n’eus pas répondu à sa première question qu’il dit, l’air un peu gêné :

- Excuse-moi de t’avoir suivi, je ne voulais pas te déranger mais je t’ai senti. J’étais inquiet. Et curieux…Que fais-tu ici à cette heure ?

Inquiet ? Inquiet pour qui, Carlisle ?

Je pris quelques secondes pour assimiler ses paroles qui me laissaient tout un tas de suppositions dérangeantes dans la tête…

- Euh…Je…Je vais bien. Carlisle est…dans le coin ? Si je vous dérange je peux partir, je comprendrais qu’il ne veuille pas me sentir…Je…Je visitais la forêt, j’avais repéré une grotte plus haut…

Il fallait bien l’admettre : j’avais peur. Peur que Carlisle soit dans les parages et ne viennent en un éclair achever ma vie. Mais ce n’était pas tellement pour ma peau que je tremblais imperceptiblement, c’était pour lui. Je craignais qu’il ne recommence à culpabiliser, qu’il perde la confiance de ses enfants et de sa femme. J’avais tellement peur qu’il perde sa famille.

Qu’il me tue ou pas, quelle importance ? Au fond je le mérite bien… Mais je ne peux me permettre de détruire sa famille. Une famille…C’est bien la seule chose que personne n’a le droit de perdre…

Je relevai soudainement la tête, me surprenant à regarder le sol. Edward était toujours devant moi.

- Excuse-moi je…pensais.

Je commençai à marcher lentement vers un rocher que le couvert des pins avait épargné des derniers flocons de neige de l’hiver. Je posai mon sac à terre, contre la roche grise et me hissai dessus. Par chance, la pierre était sèche, je n’aurais donc pas les fesses mouillées en rentrant ! Peu élevée, je ne pouvais donner une impression de domination à mon interlocuteur : assise, j’arrivais à peine à regarder son visage sans lever les yeux.

- Au fait…je n’ai pas laissé trop de « traces » dans ta chambre ? J’ai essayé de toucher à rien pour ne pas que ça s’imprègne aux tissus…

Je souris...tristement.

- …Bien que je pense que les draps soient fichus.

Je poussai un soupire. Je devais avoir le don d’embêter les gens autour de moi…ou pire : de leur attirer les pires ennuis qui existent !

Je pris une inspiration que je voulais mesurée et de nouvelles effluves provenant de mon interlocuteur envahirent mes narines d’une odeur qui me fit plisser le nez. Cette odeur… Pourquoi m’était-elle familière ? Je l’avais certes sentie chez lui, dans la forêt, mais il y avait autre chose…

...Chez les Swan… ?

Je lançai un regard interrogateur à Edward.

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MessageSujet: Re: Surprise nocturne [PV : Edward]   Sam 20 Mar - 23:39

Comme souvent, je m’étais laissé emporter. Mais avant même de me répondre, ses pensées furent miennes.

Inquiet ? Inquiet pour qui, Carlisle ?

Elle ne comprenait pas. Je ne lui en voulais pas. Comment le pouvait-elle ? Elle réfléchissait. Elle n’était pas à l’aise. Ainsi, nous étions deux. Par ma faute, la confrontation était là, mais personne, personne ne l’avait voulu. Quand elle eu un temps soit peu réorganisé ses pensées, elle me répondit enfin :

- Euh…Je…Je vais bien. Carlisle est…dans le coin ? Si je vous dérange je peux partir, je comprendrais qu’il ne veuille pas me sentir…Je…Je visitais la forêt, j’avais repéré une grotte plus haut…

Elle était inquiète. Je comprenais. Sa vie était en jeu, du moins le pensait-elle. Mais l’était-elle vraiment ? Oui, à chaque instant passé à proximité de moi, de nous, et de Carlisle … Pourtant, il n’était pas là pour l’instant. Non, il ne viendrait pas l’attaquer. Ce que je ne comprenais pas c’est le peu de cas qu’elle faisait de sa vie. Elle s’inquiétait de Carlisle, mais surtout pour Carlisle. Pour la famille. Elle n’avait cure de sa propre existence. Pourquoi, cette question était toujours un mystère pour moi. Je ne comprenais pas, et ne parvenais pas à trouver la réponse dans le magma bouillonnant de ses pensées. Ses réactions n’étaient pas communes. Etranges. Dérangeantes. C’était à mon tour de réorganisé mes pensées. Je répondis alors :

- Non, non, ne t’inquiète pas. Il ne t’arrivera rien, il est à l’hôpital.

Bien sur que je voulais qu’elle parte. Mais je ne pouvais pas. Pour elle, pour Carlisle … Je ne disais rien et continuais de la regarder. Ses yeux fixaient le sol, mais au fond, elle ne le voyait pas. Elle était absorbée dans un univers autre. Son univers. Soudain, elle sembla s’apercevoir de sa posture et releva la tête vers moi. Un regard long et tout plein des questions qui nous animaient l’un l’autre.

- J’ai vu la grotte. Elle a l’air … spécial. Je ne l’avais jamais vu auparavant.

Elle se dirigea vers un rocher dépourvu de neige, posa son sac, et s’assit dessus. Moi, je restais là, immobile, ne sachant comment nous sortir de cette situation.

- Au fait…je n’ai pas laissé trop de « traces » dans ta chambre ? J’ai essayé de toucher à rien pour ne pas que ça s’imprègne aux tissus… Bien que je pense que les draps soient fichus, me dit-elle alors de but en blanc.

Oui, les draps étaient fichus. Le lit aussi. J’avais acheté ce lit pour Bella. Mon Aimée. Pour qu’elle puisse se sentir bien chez moi. Comme un lien de refuge pour nous. Un endroit où l’on oubliait le monde extérieur. Les loups. Les traqueurs. La famille. C’était pour nous que je l’avais ramené. Et cette louve à l’odeur aussi dérangeante que ses pensées l’avait souillé. Cependant, depuis qu’elle était arrivée en ville, je me contentais de faire de brèves apparitions chez moi, voulant passer un maximum de temps auprès de ma fiancée.

- Ce n’est rien, me contentais-je de dire.

Je pense qu’elle comprenait. Du moins, à un certain point. Elle ne me connaissait pas. Elle ne connaissait pas Bella. Notre histoire. Mais elle était peinée de ce qui se passait. Soudain, elle inspira profondément, et alors qu’elle s’emplissait de mon odeur, ses pensées se souvinrent alors.

...Chez les Swan… ?

Son regard était interrogateur. Le mien n’était que furie. Au nom de mon Amour, mes muscles s’étaient contractés, ma gorge s’était resserrée. Alors j’avais raison. Elle était entrée en contact avec elle. Comment avait-elle pu ? Elle était dangereuse. Je ne voulais pas qu’elle l’approche. Je ne le tolèrerais pas. C’était un prédateur, et Bella …. Elle avait le don pour se mettre dans les pires situations. Pourquoi ne m’en avait-elle pas parlé ? Pourquoi prendre tous ses risques inconsidérés. Je retins difficilement un grognement dans ma gorge. Je ne pouvais pas lui faire du mal. Non, la famille. Carlisle. Bella. En cet instant, je me sentais plus prédateur qu’humain. Un seul mouvement, une seule parole inconsidérée de sa part et je serais submergée. Cette odeur que je haïssais tant. D’une voix tonnante, exacerbée et inquiète, je lâchais :

- Ne t’approche plus jamais de cette maison. Plus jamais. Si tu touches à un seul cheveu de ses occupants …, je me tus, incapable de formuler ses menaces.

Une fois encore, ma colère prenait le dessus. Je ne lui voulais pas de mal, me répétais-je sans fin. Non. Mais Bella … Il me fallait la protéger. Souvent, elle me disait que j’étais son ange gardien. Mais ce rôle était difficile. Difficile de lutter, de la protéger quand elle mettait tant d’ardeurs à se mettre en danger. Que s’était-il passé ? Avaient-elles discuté ? L’avait-elle menacé ?
J’inspirais profondément, à la recherche d’air frais qui calmerait mes sens. Je devais me contrôler pour savoir. Pour comprendre. Pour la sauver. Les sauver peut être. Mais son odeur. Si chaude. Brûlante comme le soleil. Ou plutôt comme l’air sulfurisé des abysses. Une odeur immonde, insupportable.

Je fermais les yeux. Bella. Elle était ma raison de vivre. Je devais rester calme… Pour elle. Au moins pour le moment. Son image m’apparut clairement. J’aurais pu la reconnaitre au milieu d’une foule. Ses cheveux détachés sur ses épaules. Son visage aux formes magnifiques. Son teint pâle. Ses yeux. Ô oui ses yeux à la profondeur infini derrière lesquels se cachaient une âme pleine et forte. Mais si secrète. Encore une fois, mon incapacité à mêler mes pensées aux siennes étaient une véritable torture. Je m’en voulais, de ça et bien plus encore.

Rouvrant les yeux, mon regard accrocha celui de la louve. Essayant de contrôler autant ma parole que mes expressions, je lui dis, d’une voix plus froide que la glace.

- Dis-moi ce qui s’est passé. Dis-le
, répétais-je. Tout de suite.

Je restais là à attendre sa réponse, attentif au moindre mouvement, la moindre brise annonciateur de malheur. Je devais savoir. Et elle, devait comprendre. Elle ne pouvait pas s’approcher de Bella. Elle ne devait pas. Mes inquiétudes s’étaient avérées fondées. J’aurais tellement voulu me tromper. Mais c’était trop tard.

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MessageSujet: Re: Surprise nocturne [PV : Edward]   Dim 21 Mar - 2:04

J’avais visiblement tapé juste. Trop juste. Et sans savoir comment… Le corps d’Edward se tendit comme un arc prêt à décocher une flèche. Son regard se durcit, l’ambre qui coulait dans ses iris sembla se figer, luire comme s’il se chargeait de colère. Ses yeux qui luisaient d’un éclat certain de colère et de dédain envers moi s’étaient embrasés de haine. Qu’avais-je fais ? Quel nouveau faux pas avait attiré ses foudres ?

Je suis maudite, c’est pas vrai…

Je ne comprenais pas. Mon visage se mut en une mine surprise. Pourquoi se mettait-il sur la défensive…Enfin l’offensive ? Qu’avais-je dit ou fais pour le faire réprimer un grognement et probablement tout l’assentiment qu’il avait envers moi plus difficilement que d’hab… ?

- Ne t’approche plus jamais de cette maison. Plus jamais. Si tu touches à un seul cheveu de ses occupants …

Il aurait pu le hurler. Au lieu de ça, il l’avait lâché posément, comme des paroles inconsidérées. Il n’alla pas jusqu’au bout, regrettait-il ? Mais de quelle maison parlait-il ? Des Swan…Comment savait-il que… Je compris soudainement. J’avais parlé des Swan, de leur maison où je m’étais arrêtée en arrivant. Je compris que ce jeune homme …

Il peut lire les pensées…Comme moi.

Et évidemment, mes réflexions allaient sans que je puisse les retenir. Mais je ne me voyais pas les masquer en cet instant en récitant un truc idiot.
Mais je ne trouvais rien à répondre. A par des questions qui n’auraient fais que l’énerver encore plus. Je restais figée là, assise sur mon rocher, en fait, je n’osais même pas bouger. Il se tut une longue minute, comme en proie à ces doutes, ses réflexions contradictoires. Je retenais aussi l’envie d’être transformée pour savoir ce qu’il pensait. Ce serait idiot de le faire, ce serait même suicidaire.

Mes instincts hurlant me rappelèrent que j’étais au final à la merci d’Edward. Et petit à petit, il lâchait sa haine, il laissait échapper toute la pression. J’avais aussi vu juste dans ce cas : La fameuse Bella était sa copine. Je calculais tous les ennuis que je m’étais inconsciemment mis sur le dos. Je le regardais du coin de l’œil, honteuse. Il respirait profondément et je le voyais pourtant clairement suffoquer. Il y avait quelque chose aux alentours qui le gênait, et ce n’était difficile de savoir quoi : moi. Mon odeur…

J’allais lâcher un « désolée » lorsqu’il rouvrit la bouche, encore plus froid que tout à l’heure, comme si c’était possible.

- Dis-moi ce qui c’est passé. Dis-le. Tout de suite.

Ses iris s’étaient gelées, et tout l’air semblait glacé autour. Moi-même je frémis. Mais pas de froid, de peur. Pourquoi me prenait-il pour la coupable d’un crime que je n’avais pas commis ? Ou alors quel était ce crime ? Lentement, au ralenti pouvait-on dire, je descendis du rocher. Je respirais à fond une fois, deux fois. Je ne trouvais pas beaucoup d’air, je tombais aussi sur ce relent écœurant que dégageait Edward. Je serrai les mâchoires avant de vriller mon regard au sien. Un geste courageux ou suicidaire ? tant pis, moi qui rêvait tant d’en finir…Je me lançais dans l’explication, laissant les images précéder les mots.

- Je suis arrivée à Forks il y a quelques jours à peine. Je cherchais l’adresse d’un studio à louer, mais personne ne savait où ça se trouvait. Alors, j’ai frappé à une porte au hasard…

Je veillais à sa réaction, pesait chaque mot et restais directe. Et puis à quoi aurait-il servi que je mente ?

- Son père n’ouvrait pas, alors elle y est allée. (je haussais les épaules comme pour signifier que rien de tout cela n’étais contre la loi…enfin ce devait être relatif). Bref je lui ai montré la feuille et demandé où se trouvait le studio. Elle m’a répondu. Je me suis présentée, elle aussi.

Pouvais-je me permettre d’utiliser son prénom ou bien m’égorgerait-il sur place si j’avais l’audace de le faire ? J’avais la vague et inquiétante impression que mon récit se retournait contre moi.

- Ensuite elle a reçu un message, je l’ai laissé répondre. Et puis j’ai senti ton odeur sur son chemisier…

Je m’arrêtais là parce que ce moment avait été le plus percutant de l’anecdote, de mon point de vue. Pour la suite, la mémoire me faisait défaut. Je cherchais les souvenirs de la fin de notre rencontre en surveillant ses réactions.


[HJ : Pour la fin du récit, il faudra attendre de ta bien-aimée conclut le fameux rp. Sinon bravo : tu me fais peur !]

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MessageSujet: Re: Surprise nocturne [PV : Edward]   Lun 29 Mar - 19:44

Je la vis serrer les mâchoires. Elle semblait comme pétrifiée. Cependant je devais savoir. Son regard plongea dans le mien, mais la réponse tarda à venir. Ma patience commençait à diminuer. J’étais tellement à bout depuis une semaine, que mon contrôle n’était que partiel. Cette louve était vraiment un catalyseur. Ma tête tournée, pleine de questions. Des images défilaient. Carlisle. Bella. La louve. Esmée. Alice. Alice attaquant Carlisle. Moi attaquant Carlisle. Carlisle attaquant la louve. Et la louve, inanimée dans les bras de mon père. Trop. C’était trop… Et pourtant … Carlisle attaquant la louve. Moi attaquant Carlisle. Moi attaquant la louve. Non ! Sa voix me ramena soudain dans l’instant présent.

- Je suis arrivée à Forks il y a quelques jours à peine.

Ça je le savais bien. Comment l’oublier …

- Je cherchais l’adresse d’un studio à louer, mais personne ne savait où ça se trouvait. Alors, j’ai frappé à une porte au hasard…

Et le téléphone, ça n’existe pas ? Cette excuse me semblait déficiente. Je ne l’acceptais pas. Elle devait me cacher quelque chose. Comment faire confiance à une louve. Jeune et instable en plus, semblait il. Et puis, pourquoi fallait-il qu’elle s’installe ici, à Forks. A l’endroit où nous vivions. Où Bella vivait …
Et … Une porte au hasard hein ? Étonnamment, celle de Bella.
Un grognement empli ma gorge mais je gardais les lèvres closes.

- Son père n’ouvrait pas, alors elle y est allée. Bref je lui ai montré la feuille et demandé où se trouvait le studio. Elle m’a répondu. Je me suis présentée, elle aussi.

Elle ne prononça pas son nom. Heureusement. Elle sembla comprendre que je n’aurais probablement pas pu supporter la perfection dans sa bouche. Cependant ses explications mettaient le jour sur l’odeur que j’avais senti chez le chef. Mes soupçons … Pourquoi Bella m’avait-elle caché sa rencontre ? Pourquoi ne pas m’en avoir parlé ? Ne me faisait-elle pas confiance ? Avait-elle peur ? Toutes ses interrogations … Elles me rendaient malade. Malade. Et dangereux. Mes muscles bandés, je tremblais presque sous la pression de ses découvertes.

- Ensuite elle a reçu un message, je l’ai laissé répondre. Et puis j’ai senti ton odeur sur son chemisier…

Elle avait senti l’odeur. Elle avait été assez proche pour sentir son chemisier. D’autres images apparurent face à moi. Bella en sang, un loup au dessus d’elle. Bella plus pâle que la mort elle-même, hormis où le sang envahissait sa peau. Je ne voulais pas voir ça. Je déglutis alors qu’un afflux de venin envahissait ma bouche.

- Non ! Tu ne peux pas ! répétais-je, explosant soudainement.

En une fraction de seconde je me retrouvais face à elle, la colère dans la gorge, et la douleur dans l’âme. Rien ne se passait jamais comme il devait. Encore et encore, de perpétuels risques venaient troubler la sécurité de mon Aimée. Je ne pouvais pas le permettre.

Non, ne cessais-je de me répéter, alors que mes yeux brûlant d’une colère glaciale, fondaient sur la louve.

Ses yeux bleus, aussi froids que ceux de Bella étaient chauds. Un grognement tonna entre nous, sourd, profond.
Mon humanité disparaissait, laissant libre court à mon instinct. Mes sens se dispersèrent au loin, pour converger vers la louve. Vue. Odeur. Cette même odeur qui me révulsait toujours en présence des chiens. Elle agressait mes sens, irritait mon âme. Ouïe. Son cœur raisonnait entre nous, bien que différemment de celui de Bella. En cet instant, ses battements aussi étaient irréguliers. Qu’étais-je en train de faire ? Le martèlement dans sa poitrine me rappelait Bella. Ma si douce et parfaite Bella. Non, je ne devais pas. Un être vivant … Pas ça … Je devais me contrôler. Bella était toujours en vie après tout. Je n’étais pas un monstre. Non. Il fallait rester calme.

Je soupirais profondément, expulsant cet air chargé de son arôme. D’une voix tremblante, chargée de colère mais également d’inquiétudes, je réussi à dire, en gardant mon calme autant que faire se peut :

- Tu dois comprendre que ta présence près d’elle est proscrite. Il est hors de question que tu l’approches.

Le simple fait de l’évoquer mettait mon contrôle à rude épreuve. Je fulminais. Cherchant à me distraire, ne voulant pas me pencher plus avant sur tout ce qui aurait pu se passer, tout ce qui pourrait se passer, je lui posais alors une question :

- Pourquoi venir à Forks ? Pourquoi venir ici, au milieu de vampires dont au moins deux risquent de te faire la peau ?

La sentence sonna. Condamnation. Réflexion. Je venais d’avouer une possible envie de meurtre. Tant pis. En cet instant, j’étais empli d’une colère sourde. Sourde au monde. Et sourde aux lamentations de mon cœur. Mon inquiétude. Oui, parfois j’avais des pensées inconsidérées. Parfois je n’étais pas juste. Je n’étais pas quelqu’un de bien. Alors, tant pis si elle avait peur. Peut être qu’elle s’enfuirait. Ce serait mieux. Pour elle. Pour nous. Pour tout le monde.

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MessageSujet: Re: Surprise nocturne [PV : Edward]   Lun 5 Avr - 14:36

Je m’étais interrompue en voyant sa réaction. Mes mains tremblaient, il voulait sortir pour attaquer, mais je le réprimais du mieux que je le pouvais, presque totalement. Je pouvais le repousser.

- Non ! Tu ne peux pas !

Je crus un instant que mon don avait débordé sur ma forme humaine, que je pouvais entendre les pensées des gens alors que je n’étais pas transformée. Mais je compris bien vite que c’était en fait Edward qui explosait de rage à mon encontre. Il s’était si sensiblement rapproché de moi d’un coup que j’avais reculé presque d’un bon et m’étais acculée à un arbre. Mes doigts agrippaient l’écorce, tremblantes. Son visage était encore à une vingtaine de centimètres du mien, ses yeux brûlant comme le soleil semblant disloquer l’azur de mes iris. Son regard vrillait mon âme même, s’en était effrayant. Et presque fascinant. Mon cœur battait à tout rompre, et je le sentais presque qui allait me lâcher. Durant les quelques secondes de silence et d’immobilisme qui suivirent, j’avais l’impression que ses coups irréguliers étaient les seules perturbations du silence. La forêt même s’était tu face à la rage protectrice d’Edward. Je voulais en faire autant et disparaître dans ce tronc d’arbre que je serrais entre mes doigts. Mais son regard me paralysait. Si je bougeais d’une quelconque manière il m’arracherait la tête.

Et puis à quoi bon ? J’étais un obstacle au bonheur de sa fiancée, alors pourquoi ne pas me détruire tout de suite ? Après tout je n’avais amené que des malheurs autour de moi. Ma famille, mes amis…Même Adrian, C’était moi qui lui avais provoqué cet accès de folie qui avait fait basculer nos vies…

Un grognement s’éleva. Je ne sus pas s’il venait de moi ou d’Edward, probablement du vampire, parce que moi, je n’arrivais même plus à respirer. Je me rendis compte qu’Edward, qui me dominait d’une demi-tête, était toujours aussi près et qu’une de ses mains s’était aussi crispée sur le tronc, juste à côté de ma tête…

A croire qu’il a raté son coup…je ne l’avais même pas vu venir.

Néanmoins, je voyais son visage figé dans le temps et crispé de colère se détendre un tout petit peu. Un soupire d’air glacé et d’une odeur on ne peut plus répugnante sortit de sa bouche. Je pris sur moi et ne sourcillai pas un instant. Les rapports entre Vampires et Loups-garous ne pouvaient être QUE compliqués ? C’était révoltant ce genre de déterminisme.
Edward reprit la parole. Sa voix laissait transparaître son contrôle difficile sur sa colère, elle transpirait l’inquiétude et la rage.

- Tu dois comprendre que ta présence près d’elle est proscrite. Il est hors de question que tu l’approches.

Sous sa chemise et sa veste, je crus voir ses muscles se tendre… Je relevai directement les yeux à sa seconde phrase. Une question…on ne peut plus désagréable !

- Pourquoi venir à Forks ? Pourquoi venir ici…

Mon cœur eu un sacré raté. Mécaniquement, mes mensonges se mettaient en place dans ma tête. Il savait que j’étais un loup mais il ne savait pas ce que j’avais fais. Mes mensonges tiendraient toujours, et je me cantonnerais dans le silence s’il insistait…

- …au milieu de vampires dont au moins deux risquent de te faire la peau ?

Alors on en était là ? Deux vampires qui voulaient me tuer…Comme si je n’avais pas assez de problèmes… La peur se mua en un bain d’inexpression. Je baissai les yeux et fixais le vide. Pourquoi venir ici ? Pourquoi…
Je me posais aussi pas mal de questions, même si celle-là n’en faisait pas partie. Je me posais beaucoup de pourquoi, oui…

Je me décalai du tronc en fixant le tronc. Le loup en moi s’était tu. A croire que la question lui avait fermé le clapet. Je fis quelques pas assez flou, sans aucune brusquesse. J’avais soudain un doute. Il était Vampire, est-ce qu’il pouvait comprendre ? Peut être…Ou peut être pas. Il ne tuait pas, il n’avait pas les yeux rouge des tueurs. Moi j’avais les yeux bleus comme l’azur, et pourtant j’étais pire que lui…peut être. Est-ce que je pouvais lui parler ? On se haïssait par pur instinct, mais au fond on était les mêmes…
Dos à lui, je tournai à peine la tête, pour le voir du coin de l’œil.

- Je m’excuse, je ne savais pas qu’il y avait des vampires ici. Quoique j’aurais dû m’en douter…

Au fond, trois personnes pour me faire la peau…ça na sera pas plus mal…

Je fis quelques pas en regardant les arbres.

- Pourquoi Forks ? Parce que je rends visite à ma tante…
Je me rendis compte que j’avais fait l’erreur de « penser tout haut » ce qui ne collait absolument pas avec mon mensonge. Je serrais les dents. Néanmoins mon ton était plutôt sûr, bien que presque mécanique, ce qui ne facilitait pas les choses. Je me jurais de ne plus penser.
Je me tournais vers Edward :

- Est-ce un crime ?

La fausse note résonna sur « crime ». J’enchaînais les boulettes, décidément. Je devais apprendre à être correcte avec les vampires maintenant.

Ahah ! N'importe quoi ! constatai-je mentalement.

Dos à Edward, un sourire se dessina sur mes lèvres. La vie, la mort ? Je ne savais même plus ce que je voulais...La vie des autres et ma mort ? La mort des autres et ma vie ? Zut alors...Non. Je crois que je voulais mourir et faire en sorte que cette famille reste une famille et ne se détruise pas. Oui c'est au moins ça que je voulais : que mon influence néfaste sur eux ne les détruise pas. Quant à mourir, je ne savais pas si je n'en avais pas le courage, ou pas la lâcheté...
Mon poing se posa sur un tronc.

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MessageSujet: Re: Surprise nocturne [PV : Edward]   Dim 11 Avr - 21:29

J’avais posé cette question sans vraiment grand intérêt. Ou plutôt, dans des circonstances normales, la curiosité m’aurait prise, mais en cet instant, en cet instant la colère emplissait mon corps, et l’inquiétude, mon âme. Pourtant, malgré tout, les ratés de son cœur attisèrent l’intérêt que j’y portais. Pourquoi ? Toujours cette question. Instantanément, toute une histoire envahit ses pensées, précise, comme calculée. Son expression passa de la terreur à rien. Ses yeux s’éteignirent. Je l’avais perdu. Elle baissa le regard, semblait parti dans le néant. Son âme pourtant, reflétait le trouble que ma question avait créée en elle. Et son esprit aussi était plein de questions.

Elle se déplaça doucement, comme si elle avait peur que je l’attaque. Oui, peut être. Mais la curiosité avait apaisé ma colère. Un petit peu. C’était très pénible. Je pouvais lire ses pensées, mais son esprit me restait inconnu. Elle semblait perdue. Moi aussi.

Restant dos à moi, elle me répondit alors :

- Je m’excuse, je ne savais pas qu’il y avait des vampires ici. Quoique j’aurais dû m’en douter…

Je ne comprenais pas. Pourquoi aurait-elle du se douter de la présence de vampire ici ? Certes, on en rencontrait partout mais pourquoi spécifiquement ici ? Les résidences permanentes étaient chose rare pour mes congénères. Incompréhension. Agacement. Toute une panoplie de sentiments qui exprimaient ma frustration. Face à cette louve perdue et malgré tout attachante. Elle était telle une partition de moderne. Un assemblage d’harmonies qui ne se mariaient pas. Et pourtant, on en écoutait. Mais elle ne devait pas, non, elle ne devait pas fréquenter Bella.

- Pourquoi Forks ? Parce que je rends visite à ma tante…, me dit-elle, en avançant vers les arbres, comme à la recherche de la meilleure réponse.

Cette réparti ne me convenait pas. Pourquoi tant d’assurance pour un fait des plus simples ? Pourquoi ce ton, presque de défi. Non, cette réponse n’était pas la bonne. En plus, elle ne collait pas avec ce que nous savions d’elle. Enfin, je pensais.

- Est-ce un crime ?

Elle était agacée par sa propre réponse. Et l’accélération de son cœur me laissait supposer que sa question renfermée plus de choses qu’il n’y paraissait. Mais … Comment ?

Ahah ! N'importe quoi !, pensa-t-elle.

J’avais raison. Elle mentait. Mais pourquoi ? Pour qui ? Qui était-elle ? Toujours ses mêmes questions. Et plus la curiosité emplissait mon être, plus la colère diminuait, remplaçait par la frustration de ne pas savoir. De ne pas comprendre. Elle devait me dire. Etait-elle un danger pour Bella ? Outre le fait qu’elle était louve, risquait-elle d’amener de nouveaux dangers à Forks ? Il y avait toujours quelqu’un ou quelque chose pour venir troubler la faible tranquillité qui nous envahissait parfois ma fiancée et moi. Risques. Animosités. Dangers. C’était un quotidien qui ne me convenait pas.

J’étais perdu dans mes pensées. Doutes et inquiétudes ne me quittaient pas. Au loin, je voyais Chale. Je l’entendais. Pour elle, mourir ne serait pas une mauvaise chose. Comment pouvait-elle penser ça ? Et bien qu’elle sache que sa vie ne tenait qu’à un fil, elle arrivait encore à se préoccuper du bien-être de notre famille. La musique moderne. On ne l’aime pas. Et pourtant on l’écoute encore et encore. Son poing se posa sur un tronc d’arbre. C’était de la frustration ? Ou la fin. Mais de quoi ? La fin des mensonges peut être. Nous habitions deux univers différents, et pourtant, quelque part je la comprenais. Je comprenais les doutes, les questions et les peurs qui l’habitaient. J’en étais perpétuellement la victime.

Victime, me dis-je, un sourire aux lèvres.

- Je sais que tu mens. J’en ignore la raison mais je le sais. Je le sens, en quelque sorte. Tu as raison, c’est n’importe quoi. Tu n’as pas de tante ici. Ou peut être en as-tu une mais tu ne la visites pas. Alors pourquoi ?

D’un ton ironique mais implacable, je continuais :

- Si je t’attaque ce soir et que tu meurs, quelle importance si je connais ton histoire ? Et puis si je ne le fais pas, nous sommes ennemis par le sang qui coule dans nos veines. Ou du moins, dans les tiennes. Ca ne peut pas être pire que ça … Je dois savoir. Je veux savoir, dis-je en me rapprochant d’elle, d’une voix d’autorité.

Je m’arrêtais, réfléchissant. Je ne savais plus ce que je voulais. Les doutes étaient mon cauchemar. Cette louve n’avait définitivement pas sa place ici. Et pourtant … Je lui en voulais d’avoir risqué la vie de Bella. Toutefois, l’avait-elle réellement risqué ? Oui, je le pensais, même si mon Aimée n’aurait pas été d’accord. Un loup était un risque. Jeune, plus encore.

Je la contournais et allais me planter face à elle, forçant le contact de nos regards. Je laissais paraitre toute la confiance que je n’avais pas réellement, toutes les certitudes qui me faisaient défaut. J’étais un bon menteur. Et je voulais savoir. Je l’agrippais, m’accrochais à son âme, en l’attente d’une réponse qui me conviendrait. Et seulement après, seulement après je déciderais. Etait-elle un danger ? Sa présence ici nous nuisait elle à tous ?

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MessageSujet: Re: Surprise nocturne [PV : Edward]   Jeu 22 Avr - 12:39

Je restai le poing fermé contre le tronc du pin. Toujours dos à Edward alors que le loup tournait la tête de tout côté pour le voir, le surveiller. Si Edward se décidait à me sauter dessus, je n’aurais qu’à me laisser faire. Même transformée, je ne mettrais pas longtemps à succomber. Un long silence laissa ma phrase en suspend dans les airs. On ne pouvait distinguer que le vent qui caressait les feuillages des arbres. Les oiseaux dormaient, moi je n’étais pas fatiguée. Je ne bronchai pas. Il allait devoir bouger s’il voulait me voir, je ne me laisserais pas dominer par lui, même si j’ai la faiblesse d’être lue comme un livre ouvert.

- Je sais que tu mens. J’en ignore mais je le sais. Je le sens, en quelques sorte. Tu as raison, c’est n’importe quoi. Tu n’as pas de tante ici. Ou peut être en as-tu une mais tu ne la visite pas. Alors pourquoi ?

Ses dires que firent baisser la tête, ma main s’aplatit sur le tronc et mes doigts agrippèrent l’écorce. Il ne savait pas de quoi il parlait, il ignorait tout…Et ça lisait dans les pensées !

- Si je t’attaque ce soir et que tu meurs, quelle importance si je connais ton histoire ? Et puis si je ne le fais pas, nous sommes ennemis par le sang qui coule dans nos veines. Ou du moins, dans les tiennes. Ca ne peut pas être pire que ça...Je dois savoir. Je veux savoir.

Son ton était ironique et autoritaire, le genre de vois qui faisait frissonner tout votre système nerveux. Ses pieds foulèrent le sol dans ma direction. Quelques pas seulement. Son esprit tendait vers moi, il cachait sa curiosité derrière sa colère première. C’était…intéressant. Je me tournai vivement vers lui et le toisai avec un regard durci, un visage fermé. Je devais me contrôler, ou le loup prendrait le dessus. J’avais deux combats à mener, un contre lui, et un contre moi. J’en avais marre. J’inspirai profondément, réprimai l’animal, le bridait, c’était dur mais j’y parvins.

- M’attaquer ? Viens, je n’attends que la mort, et tu le sais. Je l’ai déjà frôlé de par le passé et j’attends impatiemment de la toucher. Ca aussi tu dois pouvoir le lire dans mes pensées…

…N’est-ce pas ? achevai-je ma phrase.

Je le jaugeai quelques secondes. Je marchais sur des œufs, Edward ne voulait pas tuer quelqu’un, mais je devais prendre en compte le fait que j’étais un loup. Et cela, ça pouvait faire basculer la balance à mon…désavantage.

- Pour ta Belle, sache que je n’ai rien fait qui puisse la mettre en danger. Je devrais même dire, sans vouloir te rendre jaloux, que son arôme naturel (comment l’appeler autrement ?) est très apaisant. Je ne viens pas dans cette ville pour faire une hécatombe, Edward ! Et je ne suis pas aussi jeune que tu le penses !...

J’allai me lancer dans une explication mais j’aurais tout brisé.

- Sache juste que je suis seule dans ce cauchemar, et que j’ai appris seule à me maîtriser. Alors ne me sous-estime pas !

Je m’étais imperceptiblement approché de lui, quelques pas en avant, pas plus. J’étais encore à distance respectable. Je me stoppai pour ne pas qu’il se sentit trop en danger pour riposter. Ma respiration était forte, mon cœur battait ma poitrine. Et je remarquai que j’étais sur le point de craquer.

Non ! Chale Melyssa Jenson !! Pour la paix de cette famille…ta gueule !

Bien évidement, Edward devait avoir tout entendu mais qu’importe, je devais me murer dans le silence. C’était incroyable ce qu’une discussion avec votre pire ennemi pouvait vous remettre vous-même en doute. Qu’est-ce que je cherchais réellement. Mon but premier était d’aller dans un endroit reculé pour…l’éloigner. Mais maintenant, la donne changeait : il y avait cette famille de vampires et cette jeune fille, liée à eux. Tout changeait, tout.

A présent que j’avais loué ce studio, je n’avais plus un sous en poche. Donc passer la frontière serait dure…Quoiqu’en loup je n’aurais pas eu de problème…
Et si…

Je relevai les yeux sur Edward, me mordant les lèvres. Si le destin avait décidé de frapper à ma porte ?

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MessageSujet: Re: Surprise nocturne [PV : Edward]   Sam 8 Mai - 17:25

Elle se tourna vers moi. Le regard flamboyant et pourtant d’une froideur mortelle. Brûlure glacée. Je voyais le loup au fond de ses yeux. Je voyais l’être qui l’habitait. Le danger qu’elle représentait. La raison de mon inquiétude. Ma colère… Qui s’agrippait à moi tel les crocs dans la chair. Je ne bougeais pas. Colère et curiosité se disputaient en moi, tiraillant mon esprit de part en part. Mais je tenais bon. Le contrôle … J’étais bon pour ces choses là. Peut être …

Elle inspira profondément. Comme pour se contrôler. Ou se donner du courage. Je savais qu’il ne faudrait pas grand-chose pour qu’elle perde toute maîtrise. Tout comme moi …

- M’attaquer ? Viens, je n’attends que la mort, et tu le sais. Je l’ai déjà frôlé de par le passé et j’attends impatiemment de la toucher. Ca aussi tu dois pouvoir le lire dans mes pensées…

…N’est-ce pas ?


Oh comme c’était dur ! Pourquoi ne l’écouterais-je pas ? Après tout, elle était louve, mon ennemi. Notre ennemi. Et elle me priait de l’achever sans attendre. Elle me provoquait. Hum … Ce parfum … Si envoutant … Pas à la manière des humain. Non ! Pestilentiel. Corrosif. Mais si éprouvant. Excitant. L’envie de mordre. Oui, d’y mettre fin. Cette chaleur suffocante. Mais non … Quelque chose n’allait pas. Un frein à ce sentiment. Ce désir. Ce caprice. Elle était louve oui. Mais elle n’était pas mauvaise. Elle avait frôlé la mort oui. Comment ? Et pourquoi ? Elle ne le pensait pas. Au fond d’elle, elle ne le pensait pas, j’en étais sur. Mais tant de détresse … si jeune …

- Si tu le souhaitais tant que ça, tu ne l’aurais pas juste frôlé n’est-ce pas ? Si tu voulais vraiment mourir … C’est si simple quand on est humain … Finalement, tu te bas malgré tout pour rester en vie, dis-je, sans faire disparaître le dédain de ma voie.

Moi qui avait tant aspiré à la mort … Je savais ce que c’était. Mais ça ne marchait pas pareil pour nous … Non, c’était quelque chose qui nous était refusé, la plupart du temps …

- Pour ta Belle, sache que je n’ai rien fait qui puisse la mettre en danger.

Tu n’as rien fait pour la mettre en danger ? C’est toi le danger. Peut être pas cette fois, mais une autre fois, ça arrivera
, pensais-je.

Je n’aimais pas cette froideur. Je n’aimais pas cette douloureuse maitrise qui durcissait ses traits. Je n’aimais pas l’image de cette fille, cette louve, peu importe, en présence de mon Aimée. Non. Tant de sauvageries …

- Je devrais même dire, sans vouloir te rendre jaloux, que son arôme naturel est très apaisant.

Oui, tu as raison … Jalousie … Hum, dure chose à combattre. Bien plus qu’un ennemi de chair et de sang.

- Je ne viens pas dans cette ville pour faire une hécatombe, Edward ! Et je ne suis pas aussi jeune que tu le penses !...


Non ? Et pourquoi viens-tu alors petite louve égarée ? Qui es-tu ?


Toujours ces questions. Cette curiosité qui mêlait à mes doutes, mes instincts, augmentait ma confusion. Le trouble. Le chaos de mon âme. J’aurais voulu crier. Crier pour rétablir l’ordre. De mes pensées. Et des siennes. Elle devait me dire les choses. Elle devait me convaincre. Convaincre de l’épargner. Convaincre de l’aider.
Elle avança alors vers moi, et les yeux dans les miens, me dit :

- Sache juste que je suis seule dans ce cauchemar, et que j’ai appris seule à me maîtriser. Alors ne me sous-estime pas !

Tant de menace dans ses propos. Et dans son attitude. Le loup veillant au sein même de ce corps de jeune fille. Menaçant même. Mes muscles se tendirent imperceptiblement. Chaque cellule de mon corps la mettait en garde. Ne pas s’approcher plus.
Deux jeunes gens face à face. Deux prédateurs se tournant autour, dans une danse mortelle. Deux ennemis aux aguets. Tant de choses. Et bien plus encore. Cette curiosité. Ces doutes. Et cette compréhension, quelque part au loin, si ce n’est de nos actes, de notre nature profonde. Bien plus troublante que le reste.

Mon regard vrillait son âme. Froid et pénétrant. Tel le blizzard d’hivers qui s’immisce partout. Elle allait craquer. Elle le savait. Le sentait.

Non ! Chale Melyssa Jenson !! Pour la paix de cette famille…ta gueule !

Tout empli de mes certitudes, je lui vouais toute la haine qu’il se doit. Je m’approchais d’elle plus encore. Son souffle inondant mon nez de ses relents, son cœur, submergeant mon ouïe de ses fracas. Elle était partout.

Et pourtant, pourtant … Cette curiosité toujours. Et cet attachement, qui malgré moi s’emparait de mon être. La pierre peut elle se fendre ? Pour cette créature en détresse. Je n’étais pas bon prédateur. Les choses m’échappaient toujours. Elle releva la tête, se mordant la lèvre. A mon tour, je soufflais. Pour me reprendre. Pour me calmer. Si, elle était aussi jeune que je pensais. Jeune et seule. Un cauchemar … Je connaissais ça. Ce refrain. Pourtant, je n’avais jamais été seul. Même au fond du trou, il y avait toujours eu quelqu’un pour me tendre une échelle. Et elle, qui avait-elle ?

De froid, mes yeux devinrent tièdes. De cruauté, commisération. Si l’agressivité baignait toujours en moi, elle se teinta d’indulgence. Pour cette petite abandonnée. Loin de tout et de tous. Et même si les foudres de mon esprit tendait toujours mon corps, je réussi à articuler, non sans quelque dureté dans la voix:

« Parle-moi Chale… Que crains-tu pour fuir dans un coin aussi reculé que Forks ? »

Alors qu’une part de moi voulait désespérément la tuer, une autre s’inquiétait, malgré tout, pour cette frêle jeune femme. Pourquoi ? Je n’aurais su le dire. Pourtant, je ne pouvais pas la tuer. Je ne devais pas. Pire, je voulais l’aider. Je soupirais.

« S’il te plait…, dis-je, pressant. Je ne veux pas te tuer. »

« S’il te plait
, repris-je, donne-moi une raison de ne pas le faire… Laisse-moi t’aider ! »

Mes yeux au fond des siens, je la laissais voir. Je ne trichais plus. L’envi de la tuer. Elle, cette louve qui menaçait la tranquillité de ma famille. Un combat face à ma curiosité, et ce désir insensé de l’aider. Tout ça, noyé dans mon regard. Ne sachant pas moi-même qui est-ce qui vaincrait. Le monstre ou l’homme ? La bête était féroce, mais l’homme était têtu. Et elle, qu’était-elle ?

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MessageSujet: Re: Surprise nocturne [PV : Edward]   Sam 8 Mai - 23:42

Il avait avancé d’un pas, les yeux vrillés sur les miens. J’avais eu un léger mouvement de recul, restant sur la défensive. Et je ne me faisais plus prier pour plonger dans son regard. Je visitais ses prunelles, faites d’or en fusion. Et quelle fusion ! Je croyais presque apercevoir des éruptions dans ses iris, semblables à celles qu’on pouvait filmer sur le soleil. Un étrange mouvement, violent. Très violent. C’était ce que je déchiffrais. Son regard, agressif au possible, m’envoyait tout ce qu’il avait à dire, à hurler.

Haine, colère, jalousie…Et puis…

Je ne savais pas trop ce que je cherchais dans ses yeux. Une lueur d’espoir ? Peut être pas, ses yeux me conduisaient dans un volcan, une abîme brûlante qui dévorait lentement ses victimes…Mais…Mais il y avait ça…Cette lumière, ce mouvement contradictoire avec sa fureur et sa jalousie. Une sorte de courant inverse, le chaud qui rencontrait le froid. Etait-ce la cause de ses éruptions ? Je ne le savais pas. J’aurais pu en avoir une idée si j’avais pu me transformer – et cette langue de feu qui remontait de mes reins jusqu’au milieu de mon dos me tiraillait pour que je franchisse le pas, elle faisait vibrer tout mon organisme ! – mais je me maîtrisais devant lui. Je retenais le fauve, je l’empêchais de prendre le pas et de le blesser…du moins d’essayer.
Mais ses yeux…Le courant froid, glacé, semblait se diluer. Je n’étais pas sûre…Je m’arrachai à sa contemplation et lui fis dos encore une fois, malgré la brûlure qui léchait la peau de mon dos. Je baissai la tête. Je ne savais plus ce que je faisais. J’étais déroutée, je devais me l’avouer. Trouver de l’aide chez eux, après ce que je leur avais fait subir ? Je soupirai en me trouvant bien stupide. Mais c’était si tentant…pouvoir enfin partager ce que je portai depuis quatre longues années, sortir de cette purée de pois qu’était ma vie depuis tout ce temps. Respirer…Je suffoquais. Et la voix d’Edward fut bien pour m’enfoncer encore dans ce doute, s’élevant comme une mélodie dans l’atmosphère nocturne.

- Parle-moi Chale…Que crains-tu pour fuir dans un coin aussi reculé que Forks ?

Mon prénom…C’était la deuxième fois de la soirée que je l’entendais. Je frémis, mon cœur se serra alors que ses paroles résonnaient toujours dans ma tête. Sa façon de le prononcer me prouvait qu’il avait déjà moins d’animosité envers moi qu’au début de la soirée. Sa voix cassante comme de la glace, semblait se réchauffer. La première fonte du gel qui enrobait son cœur, de sa dureté. Je serrais les mâchoires, malgré ça, ça restait des supplications pour moi…Quoique très peu accentuées. Je ne bougeais plus, coincées dans mes pensées, toutes contradictoires. Ma tête débordait de tous les différents scénarii qui auraient suivi mes différentes décisions. Partir, rester seule, rester avec de l’aide, mourir…Ils défilaient aussi vite que des trains, s’entrecroisant, se percutant…me perdant de plus en plus.

- Tu…ne peux…rien… murmurai-je à peine audible, entre mes dents.

Ma main se saisit du tronc du premier pin à ma portée et je serrai l’écorce au point de la faire craquer. Ma tête baissée ne m’empêchait pas de regarder au loin. Les arbres disposés selon les aléas de la nature, la terre humide qui libérait une odeur si agréable et fraîche. Les feuilles portées par le vent…Les profondeurs inconnues des bois…J’avais envie de partir, de me jeter en avant pour que le loup parte comme une flèche. Qu’importe le combat, qu’importe l’ennemi, il voulait m’éloigner d’ici, de cette influence néfaste et glacée dont je sentais le regard pourtant chaud sur moi…Je devais…Je voulais…Moi ?

- S’il te plaît…, supplia-t-il encore. Je ne veux pas te tuer.

Sa voix se transformait. Ses intonations variaient de la colère à la compassion. C’était à fendre l’âme. Je tins bon, même si je rentrais imperceptiblement la tête dans les épaules.

- Laisse tomber…dis-je en maintenant ma prise exagérée sur le tronc.

Nouveau soupire. Qu’étais-je en train de faire ? Je refusais une aide que j’avais inconsciemment espérée toutes ces années. Je voyais quelqu’un me tendre la main et j’étais en train de cracher dessus. Une lumière perçait le brouillard poisseux et étouffant et je m’en détournais. Avec ça je ne savais plus qui était qui. Pourtant j’avais établi les limites. Il y avait la bête et il y avait moi. Le Loup et la jeune femme. Le loup détestait le vampire, la jeune femme voulait l’aide de l’homme en face d’elle. Alors qui refusait au final ? Le monstre prenait le pas sur l’homme. Ce ne devait pas être ! Mes dents me faisaient mal tant je les serrais.

- S’il te plaît, répéta-t-il, donne-moi une raison de ne pas le faire…Laisse-moi t’aider !

Je fis volte-face plus brusquement que je ne l’aurais voulu. Mes yeux se heurtèrent de nouveau aux siens, à ce regard ambré, tourmenté par le doute, mais qui exhibait tout ce qu’Edward cherchait à cacher depuis le début de la discussion. L’envie de meurtre, de faire couler mon sang. Il y avait la rage, la colère. Les instincts, la jalousie…Mais il y avait toujours cette lumière. Le seul obstacle entre ses crocs et ma gorge. Le pas qui ne se franchissait pas, et que j’hésitais de plus en plus à franchir.
Sa phrase…Une mélodie chantée inconsciemment, me fit chavirer.

« …Laisse-moi t’aider ! »

Je refis demi-tour pour me prouver que j’arrivais encore à tenir debout puis un pas pour vérifier ce que je croyais. Mes yeux étaient embués. Mes larmes s’amoncelaient autour de mes yeux, glissaient le long de mes cils puis un battement de paupières que je ne voulais pas les firent rouler sur mes joues. Et comme la goutte salée se détachait de ma peau pour tomber dans la terre, mes jambes se dérobèrent et je m’affaissai, gardant une parcelle de dignité ne m’asseyant contre le rocher où je m’étais perchée tout à l’heure. Mes nerfs semblaient ultra sensibles à chaque battements de mon cœur, qui s’était calmé. Chaque pulsation semblait plus intense et répandait une sorte de douleur dans mon corps. J’avais l’impression de prendre conscience de chaque mouvement de cet organe, à présent que le reste ne bougeait plus.

« …Laisse-moi t’aider… »

Je ne l’avais plus espéré. J’avais enfoui au fond de moi cette possibilité, sous une solide couche de certitude. Je me l’étais dégagé de l’esprit. J’avançai seule depuis si longtemps, je ne respirais plus depuis tant de temps… Je me recroquevillai et me pris la tête entre les mains pour cacher mes larmes et ma moue torturée. Je me répétais ces mots un à un, je décomposais la phrase, syllabe par syllabe. L’obscurité nocturne devait ajouter au pathétique de la scène.

Je ne sus combien de temps je me laissai aller à mes larmes, mais je me forçai à rester la plus silencieuse possible. Je relevai finalement la tête, essuyai maladroitement mes larmes et les traces de crayon qu’elles avaient emportées puis me relevai. Je respirai profondément puis avisai de nouveau Edward.

- J’ai passé quatre ans sans la compassion d’aucun individu de ce monde… Et voila que toi, tu veux m’aider. Toi…un être que je devrais haïr et vouloir déchiqueter dès que je te sens.

Je fis une pause, rangeant le bazar de mon esprit.

- Je ne peux fuir ce qui me pourchasse, Edward. Ca me suit depuis Los Angeles…

Je m’appuyai au tronc du pin dont j’avais déchiré l’écorce.

- Quant à la raison de ne pas me trucider…J’y pense à présent : me tuer contribuerait à vous mettre en encore plus grand danger que vous ne l’êtes déjà tous.

Je réalisai soudainement l’emploi de ce « il » et me traitai mentalement de tous les noms. Maintenant qu’Edward avait un soupçon de connaissance, il allait vouloir tout savoir. Et essayer de lui faire croire qu’il s’agissait d’un délire aurait été un cruel manque d’intelligence.
Et puis…C’était presque agréable de sentir l’épieu qui me comprimait les poumons se retirer, même si chaque mouvement exercé pour le retirer était douloureux. Je me détournai.

- Tu ne peux de toute façon pas m’aider…

Je commençai à m’éloigner. Des pas lents, dont on se doutait qu’ils étaient résignés. Plus je m’éloignai, plus ma volonté s’effritait. A un point que je me stoppai après dix mètres.

- …A moins que tu ne promettes…non. A moins que tu ne jures de ne rien répéter à ta famille, ni a tes amis, ni à ta copine.

Je serrai les poings, mesurant la grandeur de l’épreuve qui m’attendait, s’il jurait. Je fermai les yeux en attendant sa réponse.

Je venais de faire le grand saut.

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MessageSujet: Re: Surprise nocturne [PV : Edward]   Lun 5 Juil - 10:46

Alors qu’elle s’était tournée, en proie à un âpre combat intérieur, elle fit soudain volte face, ses yeux happant les miens de nouveau. Toujours cette froideur qui scindait mes pupilles. Brûlante. Toujours la bête guettant sous la surface. Mais au milieu, les doutes. Amis redoutables. Crainte, qui ne faisait qu’accroitre la part de l’homme en moi. La colère diminuait en mon sein, aspirée dans le tourbillon de mes pensées. Et bien qu’elle tenait toujours bon en cet instant, elle lâchait peu à peu prise, malmenée, laissant la place à mon envie de l’aider, ma curiosité. Sentiments charitables.

Laisse moi t’aider, criaient mes entrailles. Mon cœur. Chaque cellule. Comme une séquence codée dans mes gènes. Répliquée à jamais. Je me demandais comment elle pouvait ne pas l’entendre. Et pourtant … ses doutes… Les yeux humidifiés, elle fit de nouveau demi-tour. Elle semblait si perdue en cet instant. Incapable de se décider. Quel chemin suivre ? Tiraillée entre deux mondes. Un pas incertain. Un arrêt. Et alors, elle se laissa emporter, s’affaissant sur le sol. Prenant appui contre le rocher, elle sembla s’évanouir. Son cœur, régulier et puissant. Mais son visage. Plus dévasté que jamais, la souffrance y prenant sa place. Et alors qu’elle s’était effondrée, elle avait piétiné ma colère, comme elle avait recouvert les larmes échappées, libérant le torrent de compassion que mon père avait fait naitre en moi des décennies plus tôt. Quel mal l’animait-elle ? Courbant ses épaules de la sorte, abimant ses traits pourtant avenants.

Je n’oubliais pas Bella. Non. Je ne voulais toujours pas la voir auprès d’elle. Je ne voulais pas la voir faire irruption dans nos vies, balayant comme un tas de poussière les fondations que nous avions bâties. Ou dangers et peurs se mêleraient dans une cacophonie qui ne mènerait qu’à des souffrances. Non. Mais … Je ne pouvais pas la laisser comme ça. Seule. Déchirée par ses monstres. Elle avait besoin de quelqu’un. Et j’étais là. Peut être même étais-je une des rares personnes qui pourrait la comprendre. Oui, peut être que malgré son odeur infâme, et cette fourrure qui invitait tant mes crocs à s’unir à sa chair, pouvions nous nous lier par un tout autre serment.

Les larmes inondèrent ses joues. Note salée qui venait apporter une alternative à cette fragrance excessivement sucrée. Elles ruisselaient sur ses joues et venaient s’écraser au sol dans un bruit seulement audible par moi. Bruit qui contrariait les battements de son cœur. Arôme qui entachait l’équilibre sensoriel de la forêt. Mon nez se retroussa, tout comme mon cœur face à cette détresse. Je ne pouvais pas m’approcher tant mes sens étaient envahi par elle. Je ne pouvais pas m’éloigner tant mon âme était submergée par ses pensées. Immobile, je restais là, attentif à ses pensées. Partiellement inconscient au reste du monde. Qui était-elle pour moi ? Pourquoi ces sentiments engourdissaient mes sens, paralysant mon cœur. Je ne le savais pas.

Elle se cacha le visage. Peut être avait-elle conscience du trouble qu’elle avait fait naitre en moi ? Peut être avait elle honte ? Ou tout simplement besoin d’intimité. Cependant, par le don que je possédais, ses pensées m’apparaissaient, claires. Comme un espoir. Une échappatoire que je pourrais éventuellement lui fournir. Par la confidence. Mais la peur était maitre, et lui dictait de ne rien dire. De continuer à vivre. Vivre ? Etait-ce ça la vie ? Souffrance et fuite. Jusqu’à la fin ? Non. Je ne la laisserais pas partir. Pas comme ça. Pas avant de lui avoir parlé.

Nous restâmes ainsi un moment. A l’unisson, dans un tiraillement de pensées. Haine et colère. Peurs et doutes. Espoir et compréhension. Mais enfin ses larmes se tarirent. Les traces de crayons qui avaient laissé leur trace sous ses yeux rendaient compte de l’état de son âme. D’un revers de main elle en effaça toute trace de son visage, se leva, et ses yeux revinrent trouver les miens.

La froideur arctique de ses prunelles me captivait toujours autant. Parfait antagoniste à cette chaleur suffocante que dégageait son corps. Elle me dit alors :

- J’ai passé quatre ans sans la compassion d’aucun individu de ce monde… Et voila que toi, tu veux m’aider. Toi…un être que je devrais haïr et vouloir déchiqueter dès que je te sens.

Je ne pus empêcher un sourire de retrousser mes lèvres.

- Moi, un être que tu hais et que tu veux déchiqueter, reprenant sa phrase, en adaptant le sens pour faire éclater une vérité que nous connaissions tous deux.

Je la laissais continuer.

- Je ne peux fuir ce qui me pourchasse, Edward. Ca me suit depuis Los Angeles…

Qu’est-ce qui te pourchasse petite louve éplorée ?, lui demandais-je intérieurement. Dis le moi …

Je savais que nous approchions du dénouement. Elle allait me parler. Elle en avait besoin. Pour le reste, je ne savais pas ce qui se passerait. Ma rage éclaterait-elle devant le danger qu’elle faisait peser sur nous ? Ou au contraire, la pitié écraserait-elle mon cœur dans son étau. Personne n’aurait pu me le dire. Mais je devais continuer. La suite s’annoncerait à nous bien assez tôt. Aussi, je ne dis rien. Lui laissant le temps d’organiser ses pensées. Faire le choix de ses propos. L’heure de prendre la parole n’était pas encore là. Je la regardais s’appuyer à cet arbre. Ses mouvements reflétaient-ils un agacement ? Envers quoi, ou qui ?

- Quant à la raison de ne pas me trucider…J’y pense à présent : me tuer contribuerait à vous mettre en encore plus grand danger que vous ne l’êtes déjà tous.

Je ne comprenais pas. Encore cette envie de nous protéger. Encore ses affirmations voilées. Elle devait cesser ce petit jeu maintenant. Aller droit au but. Le temps passait et rien ne changerait. Ni mon besoin de savoir. Ni mon envi. Ni sa nécessité. Seuls grandiraient mon impatience, les risques encourus, et surtout, surtout, mon besoin de ma Belle. Elle en avait trop dit maintenant. Elle devait lever le voile. Pour son bien. Et pour le notre.

Elle sembla comprendre qu’elle en avait trop dit. Il fallait qu’elle se laisse aller à la confidence. Mais au contraire, elle répondit :

- Tu ne peux de toute façon pas m’aider…

Mes yeux s’étrécirent. Les divergences de son cœur et de son âme la possédait toute entière. Mais moi je devais savoir. Pourtant elle se détourna, malgré son esprit qui me criait à l’aide. Elle voulait parler. Au fond de son cœur, elle savait qu’elle en avait besoin. Et ne considérait-elle pas les risques supplémentaires qu’elle nous faisait courir à vouloir nous protéger du mal qui la traquait ? Je fis un pas vers elle. Je ne pouvais pas la laisser partir. Et elle le savait bien. Elle s’arrêta dix mètres plus loin, et d’une voix où régnaient à la fois doutes et résignation elle dit :

- …A moins que tu ne promettes…non. A moins que tu ne jures de ne rien répéter à ta famille, ni a tes amis, ni à ta copine.

Je réfléchis quelques instants. Quelle importance avait pour moi ses confidences ? Promettre quelque chose … Je n’avais pas envi de cacher un quelconque danger à ma famille. Ni de mentir à mon Aimée. Ne pourrais-je pas la forcer à me parler ? Pourtant, au fond de moi je savais que je n’y arriverais pas. Non pas comme ça, alors qu’elle avait ravivait une part de l’humain en moi. Plein de commisération. Et je ne pouvais pas partir. Car j’avais besoin de ses confidences, autant qu’elle avait besoin de les révéler. Pas pour les même raisons certes, mais l’impératif était là malgré tout.

Je soupirais, mes yeux dans son dos. Je remarquais sa posture figée, et ses poings serrés, comme pour affronter une bête féroce. Et c’était le cas. La bête qui devait animer ses cauchemars, qui peut être même la faisait trembler à l’état éveillé. Je sentais que ce n’était pas facile pour elle. Se confier. Affronter ses démons. Se révéler à moi. Son ennemi de sang, qui menaçait de sa colère la jeune fille pommée qu’elle était. Mais son démon sembla remporter le combat. Il était plus terrifiant que moi. Acceptant le compromis, j’hochais la tête. Cependant, de dos comme elle l’était, elle ne pouvait pas me voir.
J’ouvris la bouche, sans produire le moindre son, une dernière hésitation dans mon cœur, mais l’image de Bella m’apparut. Frêle jeune femme. Fragile. Elle avait besoin de moi. Et de ma protection. Rien ne m’en empêcherait. Même si je devais lui mentir pour ça. Seule sa survie escomptait.

- Je le jure.

Je m’approchais de quelques pas. Gardant tout de même mes distances, je fis le tour, à la recherche de ses yeux glacés. Je pensais devoir ajouter quelque chose. La rassurer. Lui dire que je la protègerais. Mais je ne pouvais pas. Non, car, je savais au fond de moi, comme me l’avait rappelé l’image de ma moitié, qu’aucun serment, aucun lien ne pourrait m’enchainer, sinon la promesse de la garder en vie. Isabella Swan. Elle et personne d’autre.

Je lui adressais un sourire hésitant, et pour la mettre à l’aise, je m’assis par terre, contre un arbre ou nulle feuille n’apparaissait.

- Raconte-moi, lui dis-je, l’invitant à s’assoir avec moi d’un geste de la main.

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MessageSujet: Re: Surprise nocturne [PV : Edward]   Sam 21 Aoû - 11:22

Mes paupières fermées me permettaient de me projeter chacune de ses réactions et chaque possibilité pour moi d’agir selon ce qu’il allait dire. Je prévoyais même les scénarii musclés, ceux ou il pourrait me plaquer au sol et me briser les côtes une à une pour me faire parler. Mais assez vite je mis ces possibilités de côté… il essayait déjà de se retenir de me tuer, alors pourquoi emploierait-il la force maintenant ? Il ne le ferait pas, il me regardait avec trop de sympathie.
Et s’il disait non ? S’il refusait de se taire et étalait tout cela à sa famille et à d’autres ? Comment pouvais-je espérer le repos s’il voulait tout dévoiler ? Après tout, j’étais responsable de la venue de cette menace à Forks, après tout c’était moi qui mettais les Cullen en danger ! J’étais responsable de tout ça, mais je n’avais pas la tête à prendre mes responsabilités… pas en ce moment. S’il disait non, je n’aurais plus qu’à me taire, à repartir dans l’ombre d’où j’étais venue. Redevenir cette voyageuse anonyme poursuivie par une menace dont elle ne pouvait parler à personne… et que personne ne pouvait éradiquer. Peut être que dans une sens, ce n’était pas plus mal, je n’impliquerais pas plus les Cullen dans mon cauchemar et peut être qu’illes épargnerait…
Un soupir résonna dans mon dos, libérant une autre vague fétide qui titilla mes narines. Je relevai doucement les yeux pour regarder le ciel, d’un noir d’encre. Je devais tant à Edward et à sa famille…La vie.

Je leur devais la vie. Une vie tranquille et aucun danger. Et je faisais tout le contraire.

- Je le jure.

Mes yeux se figèrent sur un rocher. J’aurais voulu lui demander de répéter, peut être une ou deux fois. Il jurait de se taire.
Mais…Pouvais-je vraiment le croire ? Après tout, de nos jours, les promesses étaient brisées rapidement, juste en croisant les doigts au moment de promettre. Aujourd’hui les promesses n’avaient plus aucune valeur, on prêtait serment sans comprendre la valeur du geste. Promettre, jurer… tout ces mots n’avaient plus de sens. On ne pensait plus qu’à un vague attachement à une chose ou une personne, un lien qu’on cassait sans regret si on pouvait gagner plus de l’autre côté…
Alors pouvais-je réellement lui faire confiance ? Edward était un jeune homme qui ne semblait absolument pas né dans l’époque présente. Il avait certes 17 ans, mais depuis combien de temps son corps était figé dans le temps ? Non il n’était pas né de la dernière pluie, c’était sûr… je pouvais donc avoir une chance qu’il prenne ça au sérieux.
Je pouvais espérer que pour lui le mot « jurer » avait encore un sens…

Des bruits de pas résonnèrent dans mon dos puis sur le côté, décrivant un large détour. Edward se plaça devant moi, m’envoyant un sourire qui se voulait rassurant. Il s’assit à terre et se cala contre un arbre mort. Sa main se tendit amicalement pour me dire d’en faire autant.

- Raconte-moi.

Je restais un peu surprise de sa réaction. Je ne savais pas trop comment le prendre, cherchait-il à me manipuler ? L’extrême prudence teintée d’antipathie sur loup en moi faisait émerger ses questions. Mais je devais l’oublier. Une lumière avait émergé de l’ombre, un espoir à portée de main. Je m’approchai en faisant fi des deux adversaires naturels et m’assis à deux mètres d’Edward.

Je m’installai contre un rocher assez haut. Après tout, maintenant, nous avions presque toute la nuit pour discuter, et la présence du vampire m’obligeait à rester éveillée. Au-dessus de nous, le ciel nocturne ne laissait filtrer aucune lumière, on ne voyait ni étoile ni Lune. L’air était frais et le silence avait main mise sur toute la forêt.

Je pris une longue inspiration. Ma bouche s’ouvrit une première fois, sans laisser sortir un seul son. Je ne savais pas trop par quoi commencer, ni ce que je pouvais révéler. Il aurait tout compris si je lui disais tout, mais le pouvais-je ? Je ne devais que parler de ce qui me suivait, et cela m’arrangeait bien, dans un sens…

- Depuis…Depuis quatre longues années déjà, je voyage vers le nord, depuis… Los Angeles, pour éloigner un loup-garou de la civilisation…

Je m’interrompis. Pour regarder sa réaction. Ma vue perçante me permettait de distinguer, même dans le noir, le visage d’Edward, ses cheveux bruns-roux et ses yeux, dont la lueur ne semblait pas avoir baissé avec l’obscurité.

- Je ne comprends pas vraiment pourquoi, mais il est devenu dingue dès sa mutation… Je n’ai jamais réussi à le raisonner, ses pensées sont chaotiques et arrivent à me clouer au sol. Il veut souvent me faire peur, me provoquer ou même me blesser. Je me demande d’ailleurs si ce n’est pas lui qui m’a « guidé » ici. Je ne comprends pas pourquoi il fait ça, ce qui s’est passé pour qu’il veuille me torturer à ce point…

Je repliai mes jambes et regardai le vide. Dans ma tête repassèrent toutes les scènes de ces quatre ans passée seule sur les routes, contre lui, contre le monde entier. Seule avec ma peur, avec mon ennemi intime… Les mêmes questions se posaient depuis tout ce temps : Comment est-il devenu comme ça ? Pourquoi fait-il ça ? Pourquoi à moi ?
L’épieu du secret fiché dans ma poitrine se mettait à tourner douloureusement. Il se retirait petit à petit, et l’air était moins dur à respirer. Mon cœur… Mon cœur s’allégeait peu à peu de tout ce qu’il trainait. Un cœur lourd de souvenirs et de secrets…Lourd de solitude. Un cœur qui avait trop voyagé et en avait trop vu. Je voulais me poser, vider mon sac et me reposer. Edward m’offrait cette opportunité, en tout cas celle d’alléger le poids que représentaient ces années passées en vagabonde mutique.

Sans doute emportée par le désire de parler et de me confier à mon jeune interlocuteur, mes lèvres laissèrent passer des mots que je ne pensais pas dire à quelqu’un un jour, moins encore à lui.

- Il s’appelle Adrian. On était…amis.

Mes yeux se levèrent vers Edward, cherchant quelque part, une petite chaleur dans le doré de ses prunelles. Mes sourcils se froncèrent en une moue triste, inquiète.

- J’ai peur, Edward. Peur de ce qui arrivera….

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MessageSujet: Re: Surprise nocturne [PV : Edward]   Dim 19 Sep - 19:39

Elle me regardait, ses yeux grands ouverts, agrandis par l’étonnement que ma réaction suscitait en elle. Interrogation. Prudence. Suspicion. Mais plus forte encore, l’envie de se livrer. Plus encore. De se délivrer du lourd fardeau qui emprisonnait son cœur et son âme, dans un étau dur, froid. Douloureux. Elle voulait oublier. Oublier qui j’étais pour se confier. Pour peut être, plus tard, accepter les démons de son existence. Se libérer de cette vie d’errance dans laquelle elle s’était enlisée. Très bien. Je voulais savoir. Elle voulait me le dire. Nul besoin de violence. Seulement de l’écoute. De la patience. Et un brin d’humanité.

Elle vint s’assoir contre un rocher non loin de moi, soulignant probablement inconsciemment nos différences. Le chaud. Le froid. L’organique. Le minéral. La proie. Le prédateur. Tant de choses qui nous différenciées. Et qui pourtant en cet instant, allaient nous rapprocher. Elle leva les yeux vers le ciel pour le découvrir, sombre et inquiétant. Enfin, je le supposais. Les humains n’aimaient pas l’obscurité, et ce soir, aucune étoile pour éclairer le ciel. Pas même un rayon de lune. L’obscurité s’étendait partout, nous enfermant dans un monde unique où tout semblait possible. Pas un bruit. Comme si toute la forêt retenait son souffle en même temps que la louve. Le monde était-il si friant de savoir ? Non. Il était stupide de se poser ce genre de questions. Mais les temps étaient difficiles, et comme mon humanité reprenait une plus grande part de moi, les questionnements incohérents refaisaient surface avec eux. Tant d’attente et de douleur. De ressentiment. Mes interrogations restaient sans réponse pour l’instant. Quels risques courrions-nous ? Qu’allais-je devoir faire ? Seule une chose m’apparaissait clairement. Bella. Ma douce et tendre Bella. Rien d’autre ne comptait. Plantant mon regard sur son visage de nouveau, j’essayais de sonder son âme, désireux de savoir. Enfin.

Elle prit une profonde inspiration, probablement à la recherche d’un courage qui lui faisait défaut en cet instant. J’attendis que les mots quittent ses lèvres mais sa bouche resta ouverte et immobile. Je me concentrais pour ne pas l’effrayer d’un geste d’impatience. D’apparence calme, du moins je l’espérais, mon cœur était un volcan en fusion. Je bouillais intérieurement.
Elle, sembla réfléchir et se lança enfin :

- Depuis…Depuis quatre longues années déjà, je voyage vers le nord, depuis… Los Angeles, pour éloigner un loup-garou de la civilisation…

Ces simples mots avaient suffis. Mes muscles s’étaient tendus, ma respiration s’était arrêtée. Elle était poursuivie. Par un loup-garou.
Un loup-garou. Ici à Forks.

Non, ce n’était rien. Je devais rester calme. Il y avait toute une meute de loup. Un de plus, qu’est-ce que ça changeait ?

Je fis un effort incroyable pour ne pas me lever. J’avais envi de la secouer, lui arracher les moindres bribes de secret. Tout savoir, pour faire ce que je devais. Mais je me retins. J’attendais la suite. Plus immobile que le roc. Cherchant par tous les moyens de me contenir. Ne pas flancher en cet instant alors qu’elle m’observait, guettant mes réactions. Non. Je devais me détendre, et afficher cet air passe-partout que je maitrisais à merveille maintenant.

- Je ne comprends pas vraiment pourquoi, mais il est devenu dingue dès sa mutation… Je n’ai jamais réussi à le raisonner, ses pensées sont chaotiques et arrivent à me clouer au sol. Il veut souvent me faire peur, me provoquer ou même me blesser. Je me demande d’ailleurs si ce n’est pas lui qui m’a « guidé » ici. Je ne comprends pas pourquoi il fait ça, ce qui s’est passé pour qu’il veuille me torturer à ce point…

Un loup-garou. Ici. A Forks.
Un loup-garou incontrôlable. Un loup-garou fou furieux. Ici. Non …


Ma lèvre commença de se retrousser, la fureur dans mes yeux autant que dans mon cœur, mais c’est alors qu’elle changea de position, échappant à la scène d’un vampire furieux sur le point de perdre contrôle.

Je n’avais pas peur pour moi, non. Les loups ne m’effrayaient nullement. J’avais peur pour cette fille à l’odeur si particulière, vivant à l’orée de la forêt. Cette fille à l’odeur si particulière qui me faisait chavirer. Cet esprit si singulier. Si magnifique. Bella.

Mais déjà les souvenirs assaillaient la louve. Et connecté à son âme comme je l’étais, je ne pouvais échapper aux évènements qu’elle vivait une nouvelle fois. Et par le don que je possédais, je savais tout ce qu’elle avait vécu. La solitude. L’errance. La peur. Les questions qui tournoyaient en elle et qui aujourd’hui encore restaient sans réponse. Et aussi furieux que je pouvais l’être, je ne pouvais rester insensible à cet être dont l’étau semblait se desserrer au fur et à mesure de ses confidences.

Mes mouvements redevinrent miens, et ma lèvre retrouva sa place. Mes muscles se relâchèrent juste assez pour ne plus être totalement hostile. Mes yeux, s’ils ne pouvaient être chaleureux, perdirent de leur froideur. Je restais là, immobile et muet, contre cet arbre désolé, dans cette forêt silencieuse, écoutant les pensées d’une louve apeurée. Inquiet du futur.

Un désir que tout s’arrête. La fin d’une course. La fin d’un isolement. De l’errance. L’envie de se confier. Et probablement, l’envie d’une vie normale.

- Il s’appelle Adrian. On était…amis.

Amis.
Tant de choses étaient en jeu. Une vie détruite, plusieurs peut être. Et tout ça par un ami. Qui était-il ? Quel homme pouvait provoquer de telles pertes ? J’étais curieux, et la détresse de la demoiselle ne pouvait que me toucher, et aviver ma fureur, quoique différemment. Les mêmes questions qui devaient la terrasser m’assaillirent alors, restant tout autant en suspend. Et de nouvelles encore, plus terribles. Comment tenir ma promesse quand un tel danger pesé sur nos épaules ? Et surtout, comment pouvais-je garantir la sécurité de ma Belle avec un tel monstre dans les parages ? Que devais-je faire ? Cette question, qui ne trouvait jamais de réponse, et tournait, encore et encore au fond de mon être, érodant les parois de mon esprit. Comment ne pas être un monstre, d’une manière ou d’une autre ?

Ses yeux se levèrent vers moi, à la recherche de soutient. Mais j’étais perdu au milieu de mes sentiments et ressentiments. Quoi dire ? Quoi faire ? Mon corps voulait se dresser et écarter de mon chemin les moindres obstacles. Une autre part de moi voulait m’enfuir maintenant, emportant Bella avec moi, au loin. Mais aucune de ces situations n’étaient juste. Correcte. Alors je restais là, immobile et pensif. Je lui adressais un sourire d’excuse, ne sachant que faire d’autre. Comment l’aider tout en préservant ma famille ? Je ne savais pas si c’était possible. Je ne savais pas si j’en étais capable.

Ses sourcils se redressèrent, créant un large sillon sur ce front, comme un geste effectué trop souvent. Elle était inquiète.

- J’ai peur, Edward. Peur de ce qui arrivera….

Plus que ça, elle était effrayée. Et elle me donnait un rôle que je ne pouvais tenir. Non, car aussi attendrissante fut-elle, elle faisait peser une lourde menace sur les miens. Je baissais la tête, et cherchais au fond de moi une solution. Comme si, en creusant suffisamment loin, je trouverais un trésor. L’assurance de la survie de tous. Pourtant, pour l’instant, seule l’obscurité recouvrait les galeries de mon âme. Honteux, je relevais la tête et après un silence pesant je lui dis :

- Je suis désolé.

Et je l’étais. Nul mensonge à l’horizon. Quelques soient les évènements futurs, j’étais désolé pour elle. Mais il y avait une différence entre une envie et un devoir. J’avais envi de l’aider, mais c’était un devoir de protéger Bella. Je ne pouvais passer outre. Les pensées s’agitaient au fond de moi, lourde. Carnassières.

Je ne pus plus me tenir tranquille. Aussi, je me levais, attentif à mes mouvements, ne voulant pas perdre le contrôle. Pas pour l’instant. Pas tant que je le pouvais. M’appuyant à l’arbre un moment, je fermais les yeux, et aspirais l’air à petite goulée, pour ne pas éprouver de trop mes sens déjà exacerbés. Et par des mouvements quoiqu’un peu rapide, contrôlés, je me mis à marcher, tournant en rond. Mes pas me guidant à l’unisson de mes pensées, dans un tourbillon bruyant et puissant. Je devais en savoir plus pour combler mes lacunes. Appréhender la situation. Connaitre mon adversaire. Oui, connaitre mon adversaire pour pouvoir l’affronter. Quel qu’il fut.
Et sans un regard, j’énonçais des questions, avide de savoir. Maladif.

- Qui est-il exactement ? Quand l’as-tu rencontré ? Que s’est-il passé ?

Et soudainement, des scénarios apparaissaient devant mes yeux :

- Est-ce lui qui t’a mordu ?

J’imaginais trop bien la scène. Les frissons envahirent ma peau quand de nouvelles images me montraient Bella en proie à un loup.

- Quelles sont ses habitudes ? S’en prend-il qu’à toi, ou à ton entourage ? Est-il dangereux pour … les habitants de Forks ? demandais-je encore, déglutissant sur la fin, à grand peine. La rage m’habitait pleinement quand j’imaginais une bête sanguinaire dans les parages.

Soudain je m’arrêtais et posais mes yeux sur la louve. Nul secret, nul voile pour cacher mes craintes, mes doutes, mes colères. Et, une dernière question quitta mes lèvres, d’apparence simple et malgré tout si difficile et lourde de sens :

- Que peut-on faire ?

Je ne prononçais rien de plus. Pourtant, j’avais le sentiment qu’elle lisait parfaitement en moi. Que pouvait-on faire avais-je demandé. J’avais laissé la question en suspens, car une question se posait encore. Que ferait-il une fois ici ? Si elle restait, les risques étaient évidents. Mais si elle partait ? Il suivrait sa piste jusqu’ici, et ensuite ? Effectuerait-il quelques infamies ici ? Et la piste … pouvait le mener justement là où je ne voulais pas. Et si je voulais empêcher ça, il fallait l’attirer ailleurs. Et comment l’attirer autrement qu’en chassant sa proie ? Désespoir. Tout se bousculait en moi. La meute. Bella. Le loup. La louve. La jeune fille apeurée. Moi, au milieu du champ de bataille. Et cette odeur qui assaillait mes narines… J’avais besoin de réponses. Pour nous. Et pour elle.

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MessageSujet: Re: Surprise nocturne [PV : Edward]   Jeu 6 Jan - 11:25

Ma voix venait de s’éteindre et les derniers échos se perdaient dans les branches des arbres. Je fixais Edward en silence, respectant la longue minute de silence durant laquelle il réfléchit, intensément. Ses yeux dorés se perdaient dans la contemplation du vide et son visage ne trahissait aucune émotion particulière. Tout en lui s’adonnait à une réflexion intense.

Comment empêcher Adrian de blesser des gens ? Pourquoi me fait-il tout ça ? Je n’avais aucune réponse à fournir, aucune hypothèse à donner pour nourrir ses pensées. Je comprenais qu’il soit ainsi, j’aurais même compris s’il m’avait sauté dessus et demandé en hurlant pourquoi j’avais amené ce monstre dans la ville. J’aurais compris toutes ses réactions…

- Je suis désolé.

Sa voix claire avait brisé le silence qui pesait sur nous, ainsi que l’obscurité de la nuit. Je relevais la tête vers lui, réalisant par la même que je m’étais aussi laissée aller à mes pensées. J’accueillis ses mots avec un petit sourire désolé.

- Tu… Il ne faut t’excuser… Je suis la seule cause de cette menace qui pèse sur toi et les tiens à présent… C’est plus à moi de m’excuser…

Je me relevais difficilement, comme si un vertige m’avait pris. Je venais de tout raconter en quelques minutes à un garçon que je ne connaissais pratiquement pas, et qui avait toutes les raisons du monde de me haïr et je venais d’attiser le feu de sa haine. Je m’étais toujours demandé comment cela se passerait si je devais tout raconter. Je m’étais même préparé, avec des formulations spéciales pour certains passages. Mais au final, les larmes avaient balayé le tout et j’avais tout expliqué comme c’était venu.

- Qui est-il exactement ? Quand l’as-tu rencontré ? Que s’est-il passé ?

Je relevais la tête en direction d’un jeune homme qui me faisait profile et ne me portait aucun regard. Ses questions sortaient de sa bouche sans qu’il ne cilla.

- Euh… Il vivait à Los Angeles, c’était un garçon sympathique, généreux et protecteur. Mais maintenant… Comment le décrire ? Il est… obnubilé par la chasse, il semble poursuivre une proie jusqu’à ce qu’elle s’épuise ou qu’il se lasse, après seulement il lui porte le coup de grâce… Il n’est plus le jeune homme que j’avais connu il y a des années… Il est sadique, obstiné. Imprévisible…

Les autres questions me laissaient perplexe. De quoi parlait-il ? De ce qui s’était passé entre nous ou bien de notre transformation ? Je préférais les oublier…

- Est-ce lui qui t’a mordu ?

Je mis une seconde à me rappeler, bien que cela eut été inutile : mes souvenirs de ma première transformation avaient toujours été flous.

- Et bien… Peut être… On s’était retrouvé dans une forêt à proximité de la ville. Mais on a été surpris par une bande de vampires, je ne sais plus combien ils étaient au total mais… Ce fut radical pour nous. Je crois qu’on s’est transformé devant eux sans qu’ils comprennent quoi que ce soit La suite je ne m’en souviens pas vraiment, mais il m’a probablement mordu lors de cette bagarre, en perdant le contrôle de lui-même…

Edward ne se déparait pas son expression neutre. D’autres questions quittèrent ses lèvres, un peu plus frénétiques que les autres :

- Quelles sont ses habitudes ? S’en prend-il qu’à toi, ou à ton entourage ? Est-il dangereux pour … les habitants de Forks ?

Je comprenais. Je comprenais parfaitement de qui il était question : Bella, son amoureuse. Je comprenais sa colère, son inquiétude. Je le comprenais parfaitement. Ma réponse ne tarda pas à lui parvenir :

- Adrian ne tue pas tout ce qui bouge. Dans la chasse, ce qu’il préfère c’est la traque. Et il traque jusqu’à l’épuisement, ou bien jusqu’à ce qu’il se lasse. Visiblement je ne l’ai pas lassé, et je peux encore courir. Une proie de choix donc… Les habitants de Forks ne risquent rien tant qu’ils ne l’attaquent ouvertement. Mais…

L’hésitation me coupa pendant quelques secondes ou je regardai Edward, presque honteuse.

- Il sait que chasser les vampires le rend plus fort… Par conséquent, s’il sait que des vampires vivent ici – ce qui doit déjà être fait – il cherchera à vous éliminer. Mais d’abord, il… vous traquera… Quant à moi, il ne s’attaque qu’à moi, généralement assez violement pour que je doive quitter l’endroit où je peux me faire des amis. Il veut que je sois seule face lui…

Seule… Complètement seule face à lui… Comme un jeu d’égal à égal…

Les yeux d’Edward se rivèrent soudain sur les miens. Nos iris entrèrent à nouveau en contact, comme de l’eau et du feu qui s’affrontent. Par se simple contact, je pouvais comprendre tout ce qui l’habitait. Tous ces sentiments mélangés, colère, peur, inquiétude… Ses yeux d’ambre liquide les trahissaient, il suffisait de lire. La dernière question tomba comme un poids sur nos épaules :

- Que peut-on faire ?

Comment répondre à telle question lorsqu’on se retrouve confronté à la folie pure d’un animal ? Comment pouvait-on trouver une solution face à un être imprévisible, qui avait tout élaboré pour ne me laisser aucune échappatoire ? Je ne voyais que des impasses…

- Si jamais la traque s’arrête ici, il restera ici à chercher une autre proie, il ne voudra pas se déplacer sans raison. Maintenant, deux solutions s’offrent à nous…

Je laissais couler quelques secondes avant de reprendre, mes yeux se détournant des siens. Je pivotais pour lui faire profile et m’avançais vers un arbre dont je caressais doucement l’écorce.

- Une : Je repars. Je quitte Forks et monte vers le Nord en faisant tout pour qu’il me suive et se désintéresse de vous – ce qui n’est pas une mince affaire – et je disparais à jamais. Deux : Je reste ici, et ensemble nous le combattons pour à jamais le faire disparaître. Sachant que si je pars, il y a toujours un risque pour qu’il revienne. Qu’en penses-tu ?

Je me retournai brusquement pour lui faire face et lire la réponse dans ses yeux.

Je suis la seule chaîne qui l’empêche encore de les mordre..

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MessageSujet: Re: Surprise nocturne [PV : Edward]   Ven 23 Déc - 18:15

J’avais besoin de réponses. Pourtant les mots que prononçaient la jeune louve ne me plaisaient pas. J’aurais voulu qu’elle se taise, pour ne pas avoir à penser que la tuer était la meilleure solution. Quel homme pouvait penser une telle chose ? Un homme qui a tout à perdre, disait une voix au fond de moi. Dans mon cœur, là où Bella occultait le reste. Malgré tout j’écoutais, j’apprenais de mon adversaire, Adrian de Los Angeles. Car la menace qu’il représentait pour tous faisait de lui mon ennemi. C’était un traqueur. Cette seule affirmation suffit à raviver ma haine. Un traqueur, nous en avions déjà connu un. Ô oui ! James ! J’avais envi de hurler tout mon ressentiment. Et déjà un grondement naissait au creux de ma gorge. Je ne voulais pas d’un nouveau traqueur en ville. Je ne voulais plus risquer de tout perdre à nouveau…

« Sadique, obstiné, imprévisible »

Chaque qualificatif manquait de me faire perdre le peu de sang froid que j’avais. Qu’il ose s’approcher de mes proches ! Je pouvais être tout aussi sadique que lui, et mon expérience était plus grande. Je connaissais les meurtriers, je savais ce qui les faisait vibrer et quoi leur infliger comme juste retour des choses. Mes poings dans mes poches étaient contractés, le monstre se sentait puissant. Trop puissant … Je ne devais pas m’égarer. Je tentais à grand peine de maitriser mes émotions tandis que la louve continuait sa tirade. C’était après elle qu’il en avait, pas après Bella, pas après ma famille. Pas nous, elle. J’essayais de me répéter ça pour me calmer, et ça marchait, dans une moindre mesure. Me sentir soulagé par la traque d’un autre être était affreux, et le dégout que je m’inspirais était là, à la surface. Mais je ne pouvais regretter de telles pensées. La vie était faite de chemins, de choix quant à ceux que l’on voulait suivre, et je devais prendre les bons. Pas nous, pas Bella.

« …il cherchera à vous éliminer… »


J’aurais presque pu rire. Qu’il vienne ! Nous étions nombreux, puissants. Ma famille et moi n’étions peut être pas des vampires conventionnels, mais nous en restions malgré tout, et nous n’étions pas des proies. Nous étions les prédateurs. La bête rugissait en moi, appelant le sang. J’étais subitement partagé entre l’envie de voir Adrian se matérialiser devant moi, et la peur qu’il vienne effectivement. Envi de libérer toute la colère qui noircissait mes pensées, de lui faire payer ses actes. Peur qu’il blesse les êtres qui m’étaient chers. Bella. Il n’y avait aucune rationalité dans mes sentiments, juste des besoins viscéraux de me battre pour les miens.
Et quand ses yeux glacés trouvèrent les miens, je savais qu’elle me comprenait. Nul besoin de paroles pour cela. Elle avait conscience du fait que je ferais tout pour que rien n’arrive. Pas pour elle, mais pour les miens. Elle était touchante, et je savais qu’elle avait besoin de soutient, mais elle n’était pas une priorité, aussi douloureux que cela puisse être. Je voulais l’aider, mais je ne ferais rien au détriment des miens. Et pour l’instant, je ne ferais rien du tout. Je réfléchissais, perdu, à la recherche d’une solution.

- Si jamais la traque s’arrête ici, il restera ici à chercher une autre proie, il ne voudra pas se déplacer sans raison. Maintenant, deux solutions s’offrent à nous…

Le pensait-elle vraiment, ou était-ce pour elle un moyen de garantir sa survie ? Elle savait que la possibilité de l’éliminer n’avait pas encore été éloignée. Pourtant, je pouvais lire en elle qu’elle croyait vraiment ses paroles. Etait-ce fondé, je ne le savais pas, mais elle était la personne la plus à même de le savoir en dehors d’Adrian. Et nous n’allions pas l’attendre pour prendre une décision.
Chale se détourna de moi. Elle s’apprêtait à dire des choses qui lui coûtaient vraisemblablement. Moi je la fixais, voulant croire qu’elle avait une solution réellement envisageable.

- Une : Je repars. Je quitte Forks et monte vers le Nord en faisant tout pour qu’il me suive et se désintéresse de vous – ce qui n’est pas une mince affaire – et je disparais à jamais.

Cette solution semblait si simple. Mais comment ferait-il pour savoir qu’elle avait continué vers le nord s’il ne passait pas par là ? Il n’y avait pas de garantie qu’il ne suive pas totalement sa trace, ce qui l’amènerait à nous, et à Bella… Non, cela ne marcherait jamais. A moins qu’elle le traque et se jette dans la gueule du loup. Mais le ferait-elle, et seule ?

- Deux : Je reste ici, et ensemble nous le combattons pour à jamais le faire disparaître. Sachant que si je pars, il y a toujours un risque pour qu’il revienne. Qu’en penses-tu ?

Je suis la seule chaîne qui l’empêche encore de les mordre
, ajouta-t-elle, en se tournant vers moi.

Et moi je fulminais. Je ne la voyais plus, absorbé par mes pensées meurtrières. Rien de tout ceci n’était convenable. Ma famille… J’étais une source perpétuelle de problèmes pour eux… J’avais attiré l’attention avec Bella, c’était ma faute si James et Victoria s’en étaient pris à nous. Et Bella… J’enrageais de la situation, des risques inutiles qu’elle courrait à cause de moi. C’était parce qu’elle me fréquentait qu’elle se retrouvait sans cesse mêlée aux histoires de créatures. Ma faute si elle risquait de mourir à chaque instant. Je n’étais pas capable de la protéger, seulement de la mettre en danger, encore et encore. Jusqu’où cela irait-il ? La vision d’Alice finirait-elle par arriver ? Jamais je n’accepterais d’avoir Bella morte à mes pieds. Je ne pourrais le permettre. Plutôt mourir, en emportant tous mes ennemis avec moi.
Je laissais exploser ma colère en tapant un jeune arbre, plein de rage. Il s’envola et retomba dans un bruit mat quelques mètres plus loin. Je le regardais fixement en quête de réponse. Chale devait peut être effrayée, mais je n’en avais cure. Cette histoire était insoluble. Rien n’irait jamais correctement. Rien n’allait jamais correctement.

- Tout ceci ne va pas, commençais-je à dire doucement.

Je me retournais vers elle, mes yeux s’accrochant aux siens. La colère sourdait en moi, brûlante, et je ne cherchais plus à contrôler mon expression. Elle était entachée de ma rage, de mes peurs profondes, et du désespoir que ces problèmes sans fins causaient.

- Il ne doit pas venir ici, dis-je, plus catégorique que jamais. Que se passera-t-il s’il suit ta trace chez les … gens ? Ou chez mes parents ? Peux-tu répondre de ses actes ?

Je riais d’un rire sans joie, presque provocateur.

- J’en doute louve.

Je me détournais et commençais à faire les cent pas. Il fallait que je réfléchisse, trouver une solution. Il y en avait forcément une.

- Pourquoi ne t’es-tu jamais débarrassée de lui avant ? Tu es une louve non ? Tu dois savoir te battre !, dis-je, légèrement accusateur. Es-tu capable de retrouver son odeur, de le suivre ?

Une idée commençait à germer en moi. Nous ne le connaissions pas, pas plus que son odeur. Mais la louve oui. Et si elle nous permettait de le retrouver avant qu’il n’entre en contact avec des gens qu’il pourrait blesser, nous pourrions nous en débarrasser aisément. J’étais sur qu’Emmett et Jasper seraient contents de se joindre à moi. Ce serait probablement plus dur de convaincre Carlisle, et encore plus de ne pas le laisser venir avec nous. Mais si je lui demandais de prendre soin de Bella pendant ce temps… Il ne devait pas rester avec Chale, surtout en pleine bataille. Il aimait trop son sang.
Le fait d’avoir une idée en tête, aussi folle ou risquée soit-elle, me rassérénait. Sans que je m’en rende compte, je m’étais légèrement calmée. Mes muscles s’étaient relâchés, tout comme la pression dans ma gorge. Je ressenti le besoin de m’expliquer …

- Ecoute petite louve, je ne te veux aucun mal. Je veux juste protéger les miens. Je comprends ce que tu as traversé, mais je ne tolèrerais pas que tu mettes en danger mes proches.

Je fis une pause pour lui laisser le temps d’assimiler ce que je venais de dire. J’en profitais pour l’observer, mais elle n’affichait qu’un masque impénétrable. Nous semblions réellement avoir plus de points communs que souhaités.

- Serais-tu capable de repartir de là où l’on t’a trouvé et de retrouver sa trace avant qu’il n’atteigne la ville ?

Je la fixais, avide de réponse. Je me sentais mieux, et je voulais résoudre le problème aussi vite que possible. Mon idée était probablement pleine de points d’ombres, mais je ne m’en souciais pas, trop plein de l’espoir d’avoir trouvé une solution convenable. J’aurais presque pu partir en chasse immédiatement. Au lieu de quoi, j’attendais patiemment. Les loups autant que les humains, étaient vraiment trop lents.

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MessageSujet: Re: Surprise nocturne [PV : Edward]   Sam 24 Déc - 14:05

Edward resta immobiles quelques instants, songeur. Mais très rapidement je vis monter sur son visage un rictus de colère, effroyable, destructeur. Ce fut très rapide, mais je vis son poing s’écraser sur un jeu arbre et fendre le tronc au point que le végétal s’abattit sur le tapis de feuilles mortes dans un fracas assourdissant de bois écrasé.

Je commençai à trembler. Allait-il m’offrir le même sort ? Qu’il vise la tête dans ce cas… Ca me paraissait tentant mais tellement idiot, maintenant que je savais que rester en vie était pour moi la meilleure des solutions pour protéger sa famille et lui-même. Je ne ferais pas rempart total mais je pouvais le garder concentré sur moi.

- Tout ceci ne va pas, souffla-t-il.

Son regard s’agrippa au mien. Sauvage. Il me crevait presque les yeux. Je tâchais de contrôler les frissons et tremblement dus à la peur. Ils parcouraient ma peau, mes muscles, chacun de mes nerfs et mes os. Une voix sauvage me hurlait de me défendre, tandis qu’une autre me rappelait que je n’étais pas une combattante et que le mieux était de fuir. Je fis un pas en arrière, intimidée, effrayée. Comme si cela allait changer quelque chose ! Le visage d’Edward voyait se succéder et à la fois mêler toutes les émotions ingrédients d’une magnifique torture morale : la peur, la colère, la haine et la frustration. Sa voix s’éleva à nous, sèche et cassante.

- Il ne doit pas venir ici. Que se passera-t-il s’il suit ta trace chez les…gens ? Ou chez mes parents ? Peux-tu répondre de ses actes ?

J’allais dire qu’il ne s’approchait jamais des villes, restait dans les bois alentours, et que les humains ne l’intéressaient pas. Mais Edward repartit d’un rire jaune avant d’ajouter :

- J’en doute louve.

Dans sa bouche, le surnom « louve » me paraissait presque affectif. Cela me réchauffa le cœur, à moitié. Après tout, la haine marquait ses traits au fer rouge. Mes tremblements de peur cessèrent. Je pus m’exprimer :

- Il n’approche jamais les villes. Même s’il sait que je peux y avoir des contacts, il sait que les humains ne peuvent rien contre lui, ou pour moi. Il se croit en position de force.

Edward entama des allers-retours impressionnant devant moi. Si ça se trouvait il n’avait pas prêté une once d’attention à ce que je venais de lui dire…
Distraitement, il me lança, comme si j’étais la dernière des perdantes (ce qui ma foi ne devait pas être loin de la vérité) :

- Pourquoi ne t’es-tu jamais débarrassée de lui avant ? Tu es une louve non ? Tu dois savoir te battre ! (ses mots me scièrent) Es-tu capable de retrouver son odeur, de le suivre ?
- Parce que les quelques fois ou je l’ai affronté, il m’a laissé sur le carreau ! De plus, il doit être deux fois plus gros que la normale. Un véritable monstre, à côté de lui, je suis rien… (et je pesais mes mots) Quant à son odeur, même s’il cherche à la dissimuler, elle est reconnaissable : poussière de marbre, sang, terre et pelage humide. Je pense réussir à le pister dans la forêt.

Je voyais sa mine se radoucir à mesure qu’une idée se frayait un chemin dans son esprit, éclipsant pour un temps peur et colère. Le problème c’était qu’à deux, on se ferait massacrer… J’espérai qu’il ne m’utiliserait pas comme chien pisteur pour le dénicher… Je vis ses muscles se décontracter, ses épaules redescendre un peu. Cela me détendit également. Il n’allait peut être plus péter les plombs… En tout cas ce soir. Il finit par lâcher, comme s’il s’adressait à une petite sœur, ce qui me toucha profondément.

- Écoute petite louve, je ne te veux aucun mal. Je veux juste protéger les miens. Je comprends ce que tu as traversé, mais je ne tolèrerais pas que tu mettes en danger mes proches.

Ses paroles se firent en appel. J’acquiesçai en silence alors qu’il me laissait une seconde pour bien enregistrer. Évidement, j’aurais moi aussi peu supporté que sa famille n’ait à payer le prix de ma faiblesse. J’avais depuis bien longtemps compris que si les vampires étaient des êtres contre lesquels j’étais sensé grogner, il me serait impossible de les haïr. Après tout, ils étaient comme les humains et comme les Loups : capables de souffrir. Ce n’était pas des bêtes sanguinaires comme me l’avait décrit mon père. En fait, c’était presque des humains, à deux, trois processus physiologiques près. Edward reprit alors que je croisai les bras, un peu moins sur la défensive :

- Serais-tu capable de repartir de là où l’on t’a trouvé et de retrouver sa trace avant qu’il n’atteigne la ville ?

Je réfléchis une seconde, dévisageant le sol. Une odeur aussi caractéristique, bien sûr que ça se sentait !

- Je crois bien que oui, dis-je, déjà plus enjouée. Mais penser qu’il n’est pas encore en ville peut être un peu trop optimiste… Néanmoins, je suis arrivée ici en camion, ça l’aura peut être ralenti. Il doit dans ce cas être aux abords de la ville…

Je le contemplai, le visage neutre. Visiblement, je n’aurais jamais terminé de m’excuser auprès de lui ou des siens. J’allais d’ailleurs devoir leur envoyer une carte d’excuse, si ça continuait ! Je me repris, autant agir vite.

- Faisons-le ce soir ! Le plus tôt sera le mieux ! Avant qu’il ne trouve un moyen de me bloquer tout moyen de bouger et de me forcer à repartir…

C’est vrai que d’habitude c’était rapide, il suffisait de quelques jours pour qu’il se décide si je devais rester ou pas. Jusqu’à présent, il maîtrisait entièrement ma vie. Il jouait avec moi comme des orques jouaient avec leurs proies avant de les dévorer. Je pris les devants. Jusqu’à ce que je m’aperçoive que je ne pouvais courir aussi vite que lui lorsque j’étais humaine…

- Euh… Tu me portes ? souris-je.

Et nous étions partis. La nuit nous cernait mais lui comme moi étions largement capable de voir dans le noir, la preuve en était qu’on ne s’était mangé aucun tronc jusque là. Je sentais le vent dans mes cheveux, la vitesse faire circuler une brise froide sur ma peau. J’admirai la vitesse à laquelle nous filions dans les bras, lui concentré sur la direction à prendre, les cheveux ébouriffés par le vent, son regard brûlant braqué devant lui. Moi, dans ses bras glacés, je ne bougeai pas et me contentai de regarder devant moi et parfois vers lui. Un de mes bras passait derrière sa nuque dans le but de m’assurer une prise. Le bougre allait vite, et j’ignorai si c’était sa concentration sur le décor ou bien ses sentiments, mais son visage était dur, fermé.

Rapidement, nous atteignîmes le point ou tout avait commencé.

Je sautai de ses bras.

- Nous y voila…

Les traces odorantes partout autour de nous semblaient estompées par l’humidité. Mais je repérai encore les effluves de Carlisle, déjà anciennes, celles d’Edward qui partaient dans la même direction que celle prise par son père. Les souvenirs de cette scène me faisaient frissonner. Je n’avais pas gardé grand-chose hormis la peur, les regards noirs et la culpabilité. Je poussai un soupir en direction de la forêt puis me repris, je n’étais pas là pour là pour ressasser.

Le sac que j’avais sur les épaules était vide, je le retirai et ouvris la poche avant de m’éclipser derrière d’épais buissons.

- Ce sera plus rapide sous ma forme animale ! Accorde-moi quelques instants…

Je m’exécutai le plus rapidement pour me dévêtir, fourrai mes quelques affaires – un pull, un jean et le reste – dans le sac et fermai la poche. Puis je me concentrai pour me transformer, me motivant en me disant que je contribuerai peut être à sauver des vies. Une fois que je recouvrai une silhouette animale, élancée mais guère musclée, j’attrapai mon sac entre mes crocs et l’apportait à Edward.

Tu me tiendras ça s’il te plait ?

Je déposai le sac à ses pieds. Autour de moi, la nuit était bien plus claire. J’y voyais très net, et les odeurs que je sentais diluées m’apparaissaient bien mieux. Etrangement, je me sentais mieux, peut être un peu plus légère. Edward à mes côtés, et son idée sans doute farfelue et désespérée, me réchauffait un peu le cœur. J’étais un peu plus apte à la plaisanterie.

Bon ! C’est partie !


Je commençai mon travail. Assez lentement, je flairai les odeurs en l’air et au sol, cherchant une piste qui témoignerait du passage d’Adrian. Si Edward et les siens pouvaient au moins avoir une idée de ce qu’il sentait, peut être arriveraient-il à être plus alerte… Je commençai à avancer en suivant une odeur de pierre, humide.

J’avançai toujours, de plus en plus loin. C’était comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Au final, on se retrouva à des kilomètres de notre lieu de départ, bien en-dehors de la ville. Ce fut là que je flairai cette trace si spéciale, la signature du gros loup brun au yeux verts.

Tu sens cette trace ? pensai-je pour Edward en désignant les feuilles d’un buisson. Pierre brisée, sang et pelage humide. C’est la sienne. C’est certain.

Je lui envoyai un regard brillant. Jaugeant sa réaction.
Puis je commençai à suivre la piste.


[J’espère que tu es un peu plus inspiré, maintenant ! ^^ Dis-moi si ça ne te convient pas !]

†•´*¤*' •††•´*¤*' •†
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MessageSujet: Re: Surprise nocturne [PV : Edward]   Mer 28 Déc - 19:22

Lorsqu’elle me dit être capable de le pister, je sentis un poids tomber de mes épaules. La suite m’apparaissait toute claire, évidente. Nous allions le traquer et l’éliminer. La louve pourrait enfin être tranquille, et Bella serait autant en sécurité que possible. Un sourire se dessinait déjà sur mes lèvres, tandis que l’idée prenait corps en moi. Mais la joie fut de courte durée.

« Mais penser qu’il n’est pas encore en ville peut être un peu trop optimiste…»

Peut être savait elle l’effet de ses paroles sur moi. L’idée d’un monstre cruel et sadique en ville était insoutenable pour moi. Et chaque fois que j’y pensais, je voyais Bella, en sang, flotter devant mes yeux, le teint aussi pâle qu’un linceul, les yeux … morts … La louve temporisa ses propos, me laissant une petite lueur d’espoir.

« Néanmoins, je suis arrivée ici en camion, ça l’aura peut être ralenti. Il doit dans ce cas être aux abords de la ville… »

Je devais m’accrocher à cet espoir fou. Il n’était peut être pas encore là. Je pensais à Bella, la dernière fois que nous avions été à la clairière. Elle était magnifique. Le soleil faisait pétiller ses yeux de manière exquise, les rendant encore plus profonds. Je m’étais souvent égaré, emporté dans cet abime chocolaté qui m’appelait. Et lorsque je quittais les tréfonds de son âme, je la retrouvais encore plus magnifique, le rouge aux joues. Cette vision m’aida à me concentrer sur la tache à accomplir. Je réfléchissais.

- Faisons-le ce soir ! Le plus tôt sera le mieux ! Avant qu’il ne trouve un moyen de me bloquer tout moyen de bouger et de me forcer à repartir…

Je ne dis rien, je ne bougeais pas. Cette idée était si tentante. J’avais envi de faire payer à ce chien tous les tourments qu’il avait provoqués, et toutes les inquiétudes qui me saisissaient aujourd’hui. Je voulais me venger de lui, même si je ne le connaissais pas. Les derniers jours avaient été si riches en émotion, j’avais eu si peur, que maintenant je ne voulais qu’une chose, me jeter dans la mêlée. Pourtant je savais que ce n’était pas la meilleure solution. Au vue des paroles de la louve, nous risquions d’avoir besoin d’aide. J’étais un vampire suffisamment âgé pour être un minimum puissant, cela étant, je n’étais pas spécialiste des combats rapprochés. Mais déjà l’image de James m’apparaissait. Comment nous nous étions battus. Je pouvais le refaire. C’était un loup, mais ça ne faisait pas de différence. Un traqueur, une menace, voilà tout ce dont je devais me soucier. J’hésitai, partagé entre l’envie d’assouvir ma vengeance, et la conscience du danger que nous courions.
La louve ne me laissa pas le loisir de choisir. Elle commençait déjà à s’éloigner lorsqu’elle se rendit compte qu’elle n’irait pas loin sous cette forme. Je pensais qu’elle voudrait se transformer. Je cherchais déjà en moi quoi dire pour la dissuader de le traquer maintenant. Moyen que je ne trouvais pas, tant j’avais envi de l’y accompagner. Encore une fois, elle ne me laissa pas le temps de réagir et elle se tourna vers moi :

- Euh… Tu me portes ?

Je restai légèrement abasourdi. Elle le demandait sincèrement. Elle voulait réellement que moi, un vampire, je la prenne dans mes bras, elle, une louve dont je supportai l’odeur qu’à grand effort de concentration. J’avais envi de lui dire non, qu’il en était hors de question, mais je ne dis rien. Ce n’était pas qu’une louve après tout. C’était une gamine qui cherchait un soutient. Haussant les épaules, je m’avançai vers elle, incertain. Elle ne devait pas se rendre compte de ce qu’elle me demandait. Quand je fus près d’elle, je retins ma respiration, son odeur déjà trop forte pour moi. Elle plaça son bras autour de mon cou sans ménagement, et je fus donc bien obligé de la soulever. Son corps était chaud contre mon torse. Sensation étrange… A moitié médusé moi –même, je me sentais également honteux. Personne n’aurait du prendre place dans mes bras. Personne excepté Bella. J’adorais tellement courir avec elle, nous nous envolions alors tous les deux, loin de nos soucis. La situation était ici différente, et beaucoup plus inconfortable. Mais lorsque je me mis à courir, comme souvent dans ces cas là, je me sentis plus léger. Je me concentrai sur notre destination, tentant d’oublier que la créature que je tenais entre mes bras était une louve. Je sentai parfois les coups d’œil qu’elle me lançait mais n’en tenais pas compte. Je ne voulais pas qu’elle lise en moi, pas plus qu’elle ne percute un arbre au passage. Heureusement, le lieu où nous nous étions rencontrés n’était pas loin, et très vite je reconnu l’endroit où j’avais dû me jeter sur mon père. Je retins une grimace de dégout, et la reposai bientôt par terre. Pourtant je sentis un malaise similaire en elle lorsqu’elle se laissa aller à ses sens. Pour elle non plus, ce n’était guère un souvenir joyeux. Elle se saisi de son sac à dos et s’enfuit vers les buissons. Je m’autorisais alors à respirer.

- Ce sera plus rapide sous ma forme animale ! Accorde-moi quelques instants…

Ah ! N’aurait-elle pas pu y penser avant, me dis-je agacé.

Je ne pus m’empêcher d’épousseter ma chemise, cherchant à éliminer des saletés invisibles. La jeune fille disparut et c’est une louve qui revint vers moi. Il était vrai qu’elle n’était pas aussi impressionnante que Jacob. Elle était même un peu maigrichonne, à bien y réfléchir.

Tu me tiendras ça s’il te plait ?, me dit-elle, en désignant le sac.

Je soupirai, vaguement agacé et m’exécutai. Lié à son esprit par le don que nous partagions désormais, je tentai de contrôler mes pensées. Je sentais par ailleurs que le voile qui obscurcissait ses pensées avant se faisait moins tangible. Comme si elle était libérée.

Bon ! C’est partie !, dit-elle, comme si nous nous apprêtions à commencer une bonne partie de chasse.

Je secouais la tête, sidéré par sa légèreté. Nous nous apprêtions à chasser un être sanguinaire probablement plus entraîné que nous à ce jeu. Pourtant, cette pensée aiguillonnait le monstre en moi. Il avait envi de rugir, de rire à gorge déployée. Mais je m’en détournai, me concentrant sur la louve et ses pensées. Au début, j’eu l’impression qu’elle ne trouvait rien. Elle n’avançait pas beaucoup, et ne semblait pas se fixer sur une odeur précise. Puis elle commença à accélérer, suivant un arôme pierreux. Je la suivis lentement, gardant suffisamment mes distances pour ne pas la déranger, tout en restant à proximité en cas de dangers. Je n’étais pas sur qu’elle sache exactement ce qu’elle sentait. Mais je gardai espoir. Et j’étais heureux de la voir emprunter cette route, qui nous éloignait peu à peu de la ville. Lorsque nous eûmes parcouru plusieurs kilomètres, je voulus lui dire d’arrêter, ou de repartir à zéro, mais alors elle trouva sa trace. Ses pensées s’agitèrent lorsqu’elle le reconnu. Le loup apparut dans son esprit, impressionnant, haineux.

Tu sens cette trace ?
me demanda-t-elle. Pierre brisée, sang et pelage humide. C’est la sienne. C’est certain.

Je m’avançais précautionneusement. Je sentais parfaitement cette odeur. Pierre brisée, sang et pelage humide, oui. Sans oublier cette particularité qui faisait que nous ne supportions pas les fragrances des loups-garous. Je ne savais pas si c’était le fait d’avoir passé un moment avec Chale, mais je trouvais son odeur à lui encore plus repoussante que le reste, excitant la bête en moi qui ne demandait qu’à être libérée. La louve me regarda dans les yeux, attendant probablement une réaction de ma part. Je sus que nous devions suivre la piste. Je le savais, et je le devais. Bien qu’on se soit écarté des habitations, nous étions encore trop proches de la ville. Qui plus est, il avait peut être bifurqué plus loin et rejoint Forks par là bas. Et plus que tout, je le voulais. J’avais besoin de chasser. Et l’enjeu de cette traque, combiné aux risques que nous courions ne faisait que décupler mon envi d’y aller. Elle du le lire en moi, ou était-ce juste qu’elle le voulait aussi, car elle s’élança la première sur la piste. Je couru sur ses talons, ne voulant plus m’écarter d’elle. Elle n’allait pas très vite. J’avais envi de lui passer devant, de lui dire de se dépêcher, mais je n’en fis rien. C’était son combat plus que le mien, et je lui laissai donc la primeur de diriger la traque. Je réfrénai mes envies les plus profondes, et me concentrai sur la bataille à venir. Car c’était vers cela que nous courrions. Je repensai à l’image que Chale avait conservée d’Adrian. Je voulais lui enlever ce sentiment de toute puissance de son regard. Je voulais qu’il fuie, la queue entre les jambes, comme un louveteau effrayé. Il devait payer, oui, pour tous les maux qu’il avait causés. La trace n’avait pas été effacée par la pluie, et nous le suivions sans difficulté. Au fur et à mesure des kilomètres, je me sentais plus oppressé, j’avais envi que tout cela finisse, j’avais envi de l’affronter maintenant, comme pris d’un sentiment d’urgence ! L’écart entre la louve et moi se réduisit, et je me plaçais à son côté. L’odeur du mâle était suffisamment puissante pour que je la sente de là où j’étais. Nos regards se croisèrent. J’espérai qu’elle voit toute ma détermination et mon désir de vengeance. J’espérai qu’elle se sente en sécurité avec moi. Ses yeux à elle reflétaient son envie de mettre fin à tout ça. Je voyais dans ses pupilles glacées la même folie qui coulait dans mes veines. Nous étions le jour et la nuit, unis pour une cause commune. Isolés du reste du monde. Je lui souris, amusé. L’allégresse de la course me prenait et je commençai réellement à croire en un dénouement heureux.
Reportant mon attention devant moi, je reconnu alors l’endroit où nous étions. Mes nombreuses années de chasse faisaient que je connaissais bien la région. Je ralentis légèrement.

Si la trace continue tout droit, on ne va pas tarder à traverser la RD 2902, l’informais-je.

Je me concentrai sur mon environnement. J’envoyai mes sens aussi loin que possible. Je n’entendis aucune pensée autre que les notre. Le vent dans les feuilles. Deux lapins courant sur le couvert humide. Un renard, quelques oiseaux. Je ne perçu aucun son qui n’aurait pas du se trouver ici.

Il semblerait qu’il n’y ait personne. Tu peux traverser comme ça si tu veux, lui dis-je, désignant du menton sa fourrure gonflée par le courant d’air.

Nous avançâmes malgré tout précautionneusement à la vue de la route, puis nous reprîmes notre vitesses de croisière, arrivés de l’autre côté. L’odeur d’Adrian se fit subitement plus forte lorsque nous atteignîmes les crêtes est. Nous ralentîmes de conserve, comme mue d’une même volonté. Je me laissai guider sur la piste, mais malgré ce fumet prononcé, il n’était pas là. Il avait dû rester ici plus longtemps. Nous tournâmes un certain temps, la piste se divisant en divers endroit. Soudain, entre des rochers à l’abri du vent contre le flan de la montagne, je trouvai la raison de tout cela. Il avait dormi ici. Mais l’odeur ne datait pas d’aujourd’hui, ce qui signifiait qu’il avait changé de dortoir.
Je me tournai vers la louve, et soupirai.

Il n’est plus ici.

Je ne pouvais m’empêcher d’être agacé. Il n’était plus là, et la trace se recoupait tellement de fois que nous allions perdre du temps. Je pensai néanmoins à Bella, et je me rappelai que tout cela en valait la peine. J’attendis alors que la louve continue pour la suivre de nouveau.

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