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 [1719] Bouleversement [PV : Volturi, Carlisle Cullen, Lyra Broomwich]

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Lyra Broomwich
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MessageSujet: [1719] Bouleversement [PV : Volturi, Carlisle Cullen, Lyra Broomwich]   Lun 5 Avr - 12:32

Volterra, Mai 1719

Le temps…
Une étrange chose que les humains avaient inventée pour guider leur vie. Un tintement hypnotisant qui, selon la position de l’astre solaire, les amenaient à faire telle ou telle chose. Le temps…
Assise devant une coiffeuse, je contemplais, sans réellement le voir mon visage pâle qui n’avait pas changé depuis…des siècles. Quand est-ce que ces traits s’étaient immobilisés pour ne jamais changer ? En quelle année, quel jour ? Je ne le savais point, je l’avais oublié...
Le temps…Une chose horrible qui avance sans faiblir, inlassablement. Il ne vous attend jamais, vous pousse au gouffre, à la folie. Il vous éloigne des belles époques et vous emmène vers la décadence et la mort. Pour moi, la mort s’était éclipsée, la lâche, et avait refusé de prendre ma vie au moment où je le voulais le plus au monde. Dieu m’avait abandonné dans ce chemin brumeux et éternel qui l’effrayait tant qu’il ne s’y aventurait jamais pour sauver quelque âme damnée…Et moi, nous, vampires, qui étions les plus beaux, les plus forts, ne pouvions avoir à notre botte ni Dieu ni temps.

A quoi bon réfléchir ? Le temps était, encore une fois, magnifique dehors. J’avais revêtu une robe simple, rouge, pour un entraînement à l’épée. Après vingt petites années passées dans le plus somptueux palais qu’il m’avait été donné de visiter et d’habiter, ma garde-robe était remplie de vêtements plutôt à la mode bien que je tentais – plus ou moins efficacement – de retenir le Seigneur Aro dans des choix trop coquets pour mon goût (effectivement, il lui arrivait de choisir à ma place). Je peignai mes cheveux doucement en écoutant le peigne de bois glisser entre les mèches, observai que rien ne faisait défaut sur ma personne et sortis. J’empruntai le long couloir de pierre orné d’innombrables tableaux et sculptures pour enfin arriver dans le couloir principal. Pas l’ombre d’un Carlisle devant ou derrière moi. Avais-je donc tardé ? L’idée me fit presser le pas. On ne faisait pas attendre les amis…

J’entrai dans l’immense salle circulaire qui faisait office de terrain d’entraînement pour Carlisle et moi-même, et posai quelques affaires sur une chaise. Toute la pièce avait été vidée de ses décorations pour que rien ne soit endommagé durant nos entraînements. Passée la porte, je m’inclinai respectueusement devant Carlisle et lui souris. Je vérifiai que la ceinture qui tenait mon épée était bien serrée et m’avançai au centre de la salle, là où nous nous étions accordés sur la position et la longueur de la piste. Avec les années, j’avais compris que malgré tout mon entraînement, j’avais toujours des choses à apprendre de mes adversaires et de l’art en lui-même, car il évoluait. Sans cela, j’aurais pu triompher de quiconque m’aurait défié.

- Dernier entraînement avant notre représentation…dis-je en faisant glisser mes doigts sur la lame scintillante que je venais d’extraire de son fourreau.

Je pointai la lame sur son cœur, déjà en garde.

- …Alors surpassons-nous, ajoutai-je. En garde, My Lord, êtes-vous prêt... ?

Le duel s’engagea rapidement. Au bout d’une demi-heure – me semblait-il – nous avions réussi à effectuer une vingtaine de touches à nous deux. Au final nous étions à égalité. Peut être le score final de notre démonstration serait le même. Néanmoins, nous avions prévu de faire moins de touches, pour que la démonstration ne s’éternise pas. Nous ne pouvions pas retarder trop longtemps le repas des Seigneurs Volturi…et l’idée de rester le centre de l’attention m’était difficile à supporter. Une longue discussion et quelques touches plus tard, nous décidâmes de partir nous préparer réellement.

- A tout à l’heure, dans la salle des trônes, lui glissai-je en sortant de la salle.

Je parcourus le long couloir en sens inverse et parvins à ma porte que je rouvris avec la clé en or qu’on m’avait donné, vingt années plus tôt. Dans les appartements, je pris grand soin à me vêtir au mieux tout en gardant une liberté de mouvement assez importante pour le duel qu’on allait donner avec Carlisle. Devant l’armoire, je laissai glisser la robe sur ma peau et l’écouter tomber comme une feuille dans un bruissement de coton. Je m’écartai du tas de tissu et l’attrapai pour l’observer attentivement. Parcourant l’étoffe, je regardais les endroits où la lame l’avait abîmé et constatais que c’était toujours au même endroit : l’épaule gauche… Si Carlisle maîtrisait de plus en plus ces gestes et ne déchirait pas mes vêtements, il n’empêchait qu’il arrivait à me toucher à l’épaule gauche, ce qui était assez incroyable puisque je veillais à ce qu’elle restât bien dans l’alignement de mon corps. J’allais donc devoir veiller à ce qu’elle reste bien en arrière. Je reposais la robe dans mon armoire et m’emparai d’un vêtement bien plus somptueux et décoré. Parfaitement à mon effigie, il s’agissait d’une robe taillée dans les formes à la mode, col très ouvert, manches bouffantes aux épaules et taillées très larges sur le reste du bras. Détestant cet étalement de la jupe, je retirais les jupons et autres armature encombrante pour ne garder que la robe en elle-même, et dont la jupe était bien assez étalée comme cela. Le plus beau restait les ornements. Le col, la taille et les épaules étaient décorés de dizaine de petites roses rouges en tissu, accompagnées de feuilles vertes faites en la même matière.
J’enfilai la robe délicatement, fis quelques mouvements de lame pour vérifier que mes gestes n’étaient pas entravés et m’en retournai à ma coiffeuse. Je tressais une partie de ma chevelure, attachai le reste en chignon et, par un ingénieux montage, je reliai quelques tresses au chignon. Après ça, je me levai et quittai la chambre silencieusement. J’empruntai de nouveau le couloir et rejoignis directement la salle des trônes. On m’ouvrit la porte et j’entrai toujours dans ma démarche silencieuse, discrète. Je saluai les Seigneurs Aro, Caius et Marcus et effectuant une révérence puis je pris place sur un côté.

- Lei saluto, Signori, dis-je.

Quelques secondes plus tard, à peine, Les portes s’ouvrirent sur le dernier arrivant, celui qui manquait pour que la représentation puisse se dérouler. Toujours aussi majestueux, je ne pus m’empêcher de lui sourire en le saluant.
Felix fit la présentation rapide du duel que nous comptions donner avant de se proposer comme arbitre. Quelques minutes plus tard, je m’efforçais d’occulter touts les regards autour de moi pour ne fixer que les deux soleils incrustés dans les iris de Carlisle. En garde, je me sentis plus à l’aise et un sourire malicieux se dessina sur mes lèvres.

- Le duel se déroulera en deux touches pour des raisons de temps. Messieurs, dames, en garde…
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MessageSujet: Re: [1719] Bouleversement [PV : Volturi, Carlisle Cullen, Lyra Broomwich]   Jeu 8 Avr - 17:52

Il était tôt encore lorsque je redescendis la colline au petit trot, dévalant aisément la pente pourtant forte. J'étais particulièrement heureux ce matin. Je venais de trouver deux ours et ils m'avaient revigoré bien plus que ne l'auraient fait cinq cervidés. Le printemps était arrivé, les proies se faisaient plus nombreuses. C'était parfait.
J'en avais bien besoin d'autant qu'aujourd'hui se tenait une des représentations d'escrime que Lyra et moi avions eu l'idée de mettre en place voilà quelques années. Du sang frais était une nécessité pour avoir toute ma force. Toute ma vitesse.

Joyeux, je bondis pour atterrir en bas du coteau et repris ma course pour rentrer à Volterra. Ma longue cape beige foncé flottait derrière moi, et je devais maintenir le capuchon pour ne pas qu'il retombe dans mon dos. Le soleil se levait à peine, mais il allait faire beau. Et j'avais trop tardé..
J'accélérais un peu plus, sachant bien cependant, que l'entrée que j'empruntais était en dehors des regards. Mais je ne voulais pas être en retard.

Enfin j'atteignis l'entrée du tunnel et mes pas ralentirent d'eux même. J'ouvris le portail, le passais, et en refermais aussitôt la porte avant de parcourir les longs couloirs non éclairés mais dans lesquels j'aurais pu m'y retrouver même si je n'y voyais pas comme en plein jour. Au bout de plusieurs minutes de marche, je montais le long escalier qui menait dans une des entrée du palais, et poussais la porte.
Le soleil traversait déjà les différents vitraux du couloir alors que j'approchais de mes appartements. J'aimais cette heure de la journée, lorsque le soleil peignait milles couleurs sur les murs et le sol, représentant en une version agrandie et floutée les décorations sur les carreaux.
Mais je n'avais pas le temps de les admirer ce matin, j'étais pressé.

Je rentrais dans mes quartiers, et commençais aussitôt à me déshabiller, lançant les vêtements sur le lit à mesure que je les enlevais. J'avais déjà préparé les vêtements d'entraînement avant de partir, aussi, j'enfilais les étoffes propres au fur et à mesure. Une fois la tenue ajusté, je me plantais devant le miroir pour un ajustement rapide.
Mes yeux me semblèrent flamboyant. J'avais tardé à aller chasser cette semaine, parce que je me testais de plus en plus, voulant tuer le moins possible. Il y avait encore une heure, ma pupille ne se différenciait presque plus avec mon iris. Mais je sentais bien que mon contrôle était de plus en plus performant. J'étais même passé près d'un des humains qui servait Aro, et malgré la soif dévorante qui brûlait ma gorge, aucune pensée de meurtre n'avait été assez forte pour que je ne la regarde. Bon il n'aurait pas fallu qu'elle soit saignée... Mais, j'étais plutôt fier de moi.
C'était ces petites victoires personnelles sur le monstre en moi, et la vie que j'avais ici qui me rendait si heureux. Au bout d'une dizaine d'années, Aro avait fini par se lasser de me convier à leur repas, et même aux exécutions. Il était celui, avec Lyra, qui me comprenait le plus, et même si cela ne changeait en rien leur manière de vivre, ils ne faisaient plus de commentaire à présent.
Je passais une grande partie de mon temps avec Lyra, que je considérais comme la meilleure amie que j'aie jamais eu. Nous étions si complice que je pouvais presque savoir ce qu'elle pensait avant que les mots ne passent ses lèvres. Et je devais l'avouer, il était vraiment bon d'être en sa compagnie. Elle était raffinée, intelligente, tout le contraire de ses pimbêches que l'on pouvait trouver dans les cours habituellement. Et j'aimais particulièrement sa réserve, si proche de ma timidité. Rester simplement en silence, ne nous gênait pas le moins du monde. Parfois, nous montions tout en haut de la tour Nord, et regardions le paysage sans prononcer un seul mot pendant des heures.

L'une de nos activités favorites étaient celle qui nous avaient fait rencontrer. L'escrime. J'apprenais sans cesse en sa compagnie. Et j'étais un élève très assidu. Je pouvais passer des heures entières à répéter un seul mouvement juste pour être certain d'en avoir assimilé toute la subtilité. J'osais croire que je lui apprenais quelques petites choses parfois. Ou du moins qu'elle progressait en même temps que moi.
C'est de cette passion commune qu'était venu l'idée de mettre en place des démonstrations pour amuser les autres. Qui sait, peut être même qu'un jour nous pourrions faire un tournoi...

Mes yeux descendirent sur ma tenue. De simples vêtements d'entraînement. Ma tenue de "gala" était proprement posée sur le fauteuil pour ne pas qu'elle se froisse. Souriant légèrement, je pris mon matériel et sortis pour rejoindre la salle d'entraînement. Aro avait été gracieux de nous allouer une salle permanente pour nos jeux. C'était la salle la plus épurée de la demeure car la violence de nos coups, dépassaient parfois notre volonté.
Elle était vide lorsque j'arrivais, aussi je posais mes affaires, sortis ma lame et commençais à la travailler précautionneusement pour la remettre bien droite tout en vérifiant son état.
Je sentis très vite l'odeur de lys caractéristique de mon amie approcher, et je me dépêchais de passer ma ceinture pour placer l'épée contre ma hanche. Au moment où elle entrait, je m'avançais doucement vers le centre de la salle avant de la saluer d'un sourire et d'un signe de tête.

- Dernier entraînement avant notre représentation…chanta t-elle en caressant gracieusement sa lame.

Je lui souris un peu plus, sentant ce qui se rapprochait de l'adrénaline pour nous, monter dans mes veines. Je sortis mon épée, saluais Lyra en mettant la lame à la verticale, puis, je me mis lentement en garde, mon regard doré plongeant dans le rubis du sien. Je tendis doucement le bras comme pour viser avant de me mettre en garde parfaite.

- …Alors surpassons-nous. En garde, My Lord, êtes-vous prêt... ?
- Toujours prêt. Darling.

Il y avait comme du défi dans ma voix, et elle attaqua quasiment aussitôt. Je me félicitais chaque jour un peu plus de pouvoir mieux résister à ses assauts. J'avais très vite compris que ma touche lors de notre première rencontre avait été un coup de chance car j'avais mis plusieurs mois à la toucher de nouveau. D'une manière satisfaisante du moins.
Vingt ans plus tard, je pouvais m'estimer heureux d'approcher son niveau. Elle était plus qu'excellente.. Mais aussi un très bon professeur.
Nous mîmes au point les derniers détails de la joute et le temps passa si vite que je fus surpris qu'elle ne sorte déjà de la piste. Je regardais à l'extérieur. Le soleil était déjà haut dans le ciel.
Je m'étonnais toujours de la rapidité des heures quand j'étais avec elle.

- A tout à l’heure, dans la salle des trônes, murmura t-elle, disparaissant déjà.
- A tantôt très chère. Restez simple.

Je lui souris malicieusement même si je n'étais pas sûr qu'elle l'ait vu. C'était une plaisanterie récurrente entre nous que d'essayer d'éblouir l'autre pendant ces joutes. De toutes les manières possibles.

Secouant la tête je rejoignis ma chambre à grand pas, pour me changer. J'enfilais un pantacourt vert de chrome, décoré de liserés dorés au niveau du genoux, à la rencontre du collant blanc. En haut, je passais une chemise blanche, puis un gilet sans manche doré et enfin un long manteau épais, de la même couleur que le pantacourt, reprenant le même liseré sur toutes ses coutures. Je tirais légèrement sur le tissu plissé de ma chemise pour qu'il ressorte un peu par les manches, avant d'ajuster l'étoffe couvrant mon cou.
Quelques mouvements d'épaule pour vérifier mon aise plus tard, j'allais me mettre en garde, feintant une fois pour vérifier que tout était correct. Je me redressais et une nouvelle fois, me retrouvais devant le miroir.
Je passais lentement une main dans mes cheveux pour les apprivoiser avant de rajuster une dernière fois le manteau. Je terminais par attacher la ceinture serti du fourreau à ma taille.
Je vérifiais une dernière fois l'allure générale en faisant un pas en arrière, avant de tourner les talons et de sortir.

A peine quelques minutes plus tard, j'entrais dans la salle, où tous étaient déjà en place. Je m'inclinais respectueusement devant les trois seigneurs avant de me tourner vers Lyra. Elle était somptueuse et malgré moi, j'eus besoin d'une petite seconde avant de pouvoir reprendre le contrôle de mes yeux.
Je la croisai en nous mettant en place, et dans un sourire, lui murmurais:

- Magnifique... Rose...

J'allais me mettre en place alors que Felix parlait à l'assemblée, et je remarquais en me retournant que Lyra était déjà en garde, un sourire taquin sur les lèvres. Le même que cette première fois..
Mon pied droit s'avança, je pliais les genoux légèrement, mis mon corps de profil, laissant mon bras gauche à moitié tendu derrière moi. Bien droit, je mis enfin mon bras droit en garde, plaçant la lame de telle sorte que mon avant bras soit totalement protégé par la garde de l'épée.
Je lui rendis son sourire espiègle, mes yeux pétillant se plissant légèrement.

- En garde... Prêt... Allez...

Je me mis à marcher à petits pas, deux pas en avant pour un pas en arrière, tout en gardant une distance suffisante pour ne pas rentrer totalement dans son cercle. Mes yeux cherchaient la moindre faille. Le moindre petit frémissement dans lequel entrer. Et puis comme si elle avait eu assez de ce petit temps d'observation, elle passa à l'attaque. Je savais qu'elle ne mettait pas toute sa force, aussi, je la parais facilement, faisant crisser les lames l'une contre l'autre.
Je laissais ma lame glisser sur la sienne, celle ci se bloquant au contact de la garde. Nous nous étions sensiblement rapproché et nos regards se croisèrent. Je lui souris en lui faisant un petit clin d'oeil malicieux avant de faire un bond en arrière et de me remettre aussitôt en garde. Je tendis la lame devant moi, et attaquais immédiatement. Les lames s'entrechoquèrent de nouveau et nous jouâmes des poignets pour essayer de faire fauter l'autre.
Les épées chantaient, de plus en plus rapidement, à mesure que nous atteignons notre vitesse vampirique dans nos coups. Je terminais la "conversation" en essayant de la toucher au pied, qu'elle retira de justesse.

Riant, je me reculais, lui tournant le dos pour me remettre en place, tout en jouant avec ma lame pour la remettre droite.
Je lui refis face, toujours le sourire aux lèvres.

- Rangez votre pied Darling, la prochaine fois, je l'emporte...

[HJ: Aro, Jane.. S'il vous plait d'attendre la fin de la joute pour intervenir, afin de permettre une bonne lisibilité du combat. Je vous dirais. Merci ^^]

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MessageSujet: Re: [1719] Bouleversement [PV : Volturi, Carlisle Cullen, Lyra Broomwich]   Dim 25 Avr - 0:00

Carlisle se positionna en face de moi Et se mit en garde. La garde de son arme brillait comme ses yeux, d’une lueur dorée intense. Il répondit à mon sourire espiègle puis Felix annonça le début du duel.

- En garde…Prêt…Allez…

Carlisle avait compris bon nombre de chose sur mon jeu. Il restait hors de portée de ma lame. Mais je partis rapidement à l’attaque, brisant les deux secondes d’observation. Je ne le quittais pas des yeux. Pour la beauté du geste j’osai quelques coups que Carlisle para facilement, mettant tout de même mon corps en danger. Puis nos lames glissèrent l’une contre l’autre et se bloquèrent au niveau des gardes. Ainsi très proches, nos regards se croisèrent et mes yeux de rubis restèrent rivés au siens. Comment se distraire de ce magnifique regard flamboyant qui vous transperçait l'âme avant que la lame ne vous perçât à son tour ? Ces yeux d'un doré si parfait qui luisaient d'une flamme d'assurance surnaturelle, qui vous hypnotisaient et vous distrayait du traître bras qui cherchait à vous toucher. Ce regard si intense qui vous menait droit à l’erreur fatale. Ses lèvres se tendirent et m’offrirent un sourire et un clin d’œil. Je lui répondis par un rapide sourire avant qu’il ne bondisse en arrière et ne revienne à la charge. A mesure que le duel s’éternisait, nos gestes étaient de plus en plus rapides. Si bien qu’il ne fut plus possible de les suivre, à moins d’être un vampire. Je parai facilement son attaque en jouant avec la force de mon poignet. Je me dégageai ensuite et enchaînai sur une feinte par la droite. Parade, de nouveau, Carlisle devenait de plus en plus résistant et rusé avec les années. Peut être arriverait-il à me battre ? La vitesse à laquelle nous nous mouvions remplaçait les lames par de vifs éclats argentés qui dansaient dans les airs et, tels des orages, étaient accompagnés par des tintements brusques et frénétiques. Gauche, droite, gauche. Feinte et enfin, parade. Nos coups étaient rapides, précis, meurtriers. Nos parades se faisaient in extremis. Et toujours cette vitesse qui entraînait vers une plus longue conversation des lames qui chantaient et dansaient dans les airs. Le soleil se joignit à nous et perça au travers des vitres. Juste sur nous, nos visages commencèrent à luire de mille feux, trésors vivants exposés à la lumière de l’astre du jour. Et toujours, ses yeux luisaient encore plus intensément, ou bien était-ce la seule chose que je regardai réellement malgré la lumière qui la magnifiait encore plus ?
Et je la fis, cette erreur. Mon pied s’avança un peu trop et il recula d’un pas pour revenir à la charge à sa vitesse surnaturelle et se fendre en visant mon pied. Une retraite d’un pas me suffit pour éviter sa lame. Son rire s’éleva dans la salle silencieuse de tout autre bruit, bien que les échos de nos lames entrechoquées semblaient vibrer encore.

- Touche au sol, fis-je avec un sourire pour mon adversaire.

Il alla se remettre en garde face à moi. Son sourire ne quittait pas ses lèvres et ses yeux brillaient toujours de cette lueur joyeuse, presque enfantine.

- Rangez votre pied Darling, la prochaine fois, je l’emporte…
- Vous oseriez, ris-je.

Repos de quelques secondes. Le silence retomba dans la salle. Je jetai un rapide coup d’œil alentour. Sieur Aro semblait absorbé par notre duel, le Sieur Caius également. Et je fus heureuse de constater que le Seigneur Marcus s’était redressé sur son siège. En-dehors de cela, les autres avaient l’air de bien s’amuser également. Du moins une grande partie.

- …Allez…répéta Demetri.

Je n’attendis pas une seconde et lançai une attaque. Je dégageai sa lame et cherchai à piquer sur son épaule gauche. Mais je dus me raviser rapidement car je vis sa lame se diriger vers la mienne et je reculai cette dernière de justesse, mon corps suivant le geste en se plaçant de profil. Je replaçai ma lame et la conversation reprit de plus belle. Nous n’allions pas crescendo dans la vitesse de nos mouvements, l’emportement et le jeu l’ayant déjà emporté sur notre comportement. Après des coups de tailles parés parfaitement et des feintes déjouées, son bras se tendit vers moi, droit sur le cœur. Etait-ce désiré ? Carlisle était toujours surprenant, peu importe le temps qu’on avait passé avec lui. Je n’eus d’autre choix que de l’esquiver. Mon corps se courba en arrière, mes genoux se plièrent et l’attaque de Carlisle passa à quelques centimètres de mon visage. Ma lame, baissée sur le côté droit, remonta soudainement pour dégager son arme d’un geste ample et me permettre de me relever. Un bond en arrière me permit de repartir aussitôt et, après une nouvelle série de tintements métalliques rythmés, je plongeai en avant et me fendis, ma lame piquant droit sur son cou. Puis m’apercevant de la proximité que j’avais avec mon divin adversaire, je modifiai la position de mon poignet. Ainsi, au lieu de toucher sa peau et de se briser sur sa chair blanche, mon arme perça son col par deux fois.

Je me surpris à le regarder droit dans les yeux. Un sourire de triomphe élargissait mes lèvres. Je l’avais touché, il le reconnaîtrait. Mais bientôt, mon sourire s’évanouit. Quelque chose n’allait pas, il semblait aussi heureux et triomphant que moi. Quelque chose me tapota le flanc gauche. Ah, il m’avait aussi touché…


[Grand Dieu ! ce retard est impardonable ! Toutes mes excuses...]
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MessageSujet: Re: [1719] Bouleversement [PV : Volturi, Carlisle Cullen, Lyra Broomwich]   Dim 9 Mai - 19:16

- Touche au sol, chanta t-elle avec un sourire adorable.

Même si ma touche n’avait pas fait mouche, je gardais ce regard joyeux. Je m’amusais tellement. Je n’aimais toujours pas être le centre de l’attention. C’était une caractéristique de ma personnalité qui ne changerait probablement jamais. Et pourtant là, j’étais bien. Je joutais, l’esprit hypnotisé par sa lame, par son visage et surtout ses yeux. Malgré leur couleur bordeaux, à ce moment, ils ne reflétaient pas la moindre lueur de sauvagerie. En cet instant où elle me répondit en riant, je n’y voyais que de la joie et ce petit air de malice que je remarquais de plus en plus souvent sur son visage. Et que j’adorais.

Je l’observais pendant les quelques secondes de pause. La robe retombait gracieusement le long de ses jambes. Malgré la rapidité de notre échange de coups, pas un de ses cheveux n’étaient décoiffés. C’était comme si elle venait tout juste de s’apprêter.
Je ne regardais même pas autour de moi. Juste elle. Mon esprit ne pouvait s’empêcher d’admirer sa beauté, me faisant perdre quelque peu mes moyens. La pâleur de sa peau lui allait si bien. Je ne l’imaginais même pas avec un teint plus coloré. Elle ressemblait à ces fantômes irréel mais magnifique, qui font plus rêver que frémir.

La voix de Demetri me fit revenir sur terre et plus encore, Lyra qui me fonça soudain dessus. Je me rendis compte à quel point j’étais parti loin dans ma contemplation quand je vis sa lame se diriger vers mon épaule. Dans un réflexe, je tendis ma lame vers la sienne et je me penchais en arrière légèrement mais sans reculer pour profiter de la distance ainsi gagnée pour tenter de contre attaquer. Avec un petit sourire, la conversation reprit toujours plus rapide, chacun cherchant la faille que l’autre ne voulait pas montrer.
Et puis dans un clignement d’yeux une ouverture m’apparut. Là, juste sur son cœur. Je feintais, rapide, puissant, sans réfléchir. Un simple reflexe primaire laissé libre par l'excitation du combat.
Comme au ralenti je vis son corps se plier en arrière et je relevais légèrement la lame pour ne pas abimer son visage. Non pas que j'aurais pu, mais bon... Et je sentis aussitôt une secousse sur ma lame pour la dévier.
Le combat reprit de plus belle. Je ne savais pas depuis combien de temps nous joutions et je ne voulais pas le savoir. Le temps aurait pu être infini que je ne m'en serait pas rendu compte.
Elle plongea soudain. Le geste fut rapide mais mes yeux habitués à chercher la faille et surtout chez elle, ce petit décrochement de la hanche quand elle feintait, trouvèrent aisément ce défaut. Mon bras se tendit de lui même. Je sentis sa lame toucher mon col, mais dans le même moment la mienne toucha doucement la pointe de sa hanche.

Mes yeux se levèrent sur elle. Avait-elle senti ? Apparemment pas vu le sourire époustouflant qu'elle me réservait. Mais le même s'étalait sur mon visage. La même lueur de victoire alors que je savais que ce n'était qu'un match nul. Mais je l'avais touché... Malicieusement je lui rappelais la touche en tapotant doucement sa hanche de ma lame avant de pencher légèrement le visage sur le côté, mon sourire s'agrandissant.
Sous son expression désabusée, je pris sa main dans la mienne, la baisais et partis dans un grand éclat de rire en me tournant vers les seigneurs et Demetri avant de la regarder de nouveau.

- Deux touches pour dame Broomwich, Demetri, vous en conviendrez. Bravo ma dame, il me reste encore du chemin à parcourir.

Je lâchais sa main lentement, comme si inconsciemment je voulais la garder encore et je saluais une dernière fois mon adversaire, puis le juge avant d'aller ranger ma lame dans le sac.
Je me figeais en me redressant. Une odeur. Non une trentaine. Tentantes.. Des bruits de cœurs lancinants, battant en rythme devant l'émotion de la découverte de ce lieu. Oh... Le repas.
Je me redressais tout à fait et regardais les Seigneurs avant de faire quelques pas vers eux. Ils savaient que je ne participais pas aux repas.
Je me souvenais encore, comme si c'était hier du seul repas que j'aie accepté de partager. Enfin partager était un bien grand mot puisque j'avais regardé... Et souffert chaque seconde de cette bataille difficilement gagnée contre le monstre... Et souffert chaque seconde à mesure que les coeurs s'éteignaient autour de moi... Et que les cadavres s'entassaient. Non je ne voulais pas revivre ça. Plus jamais.

Je m'arrêtais à la même place qu'auparavant, près de Lyra et saluais les Seigneurs avant de murmurer, le regard droit dans celui d'Aro. J'avais perdu cette honte de ce que j'étais. Je savais ce que je voulais être. Et s'ils ne l'acceptaient pas, cela ne me dérangeait pas de reprendre mon voyage. Mais pour le moment, ma présence convenait à Aro et il ne s'offusquait pas, du moins ouvertement, de mon absence aux repas.

- Je vous remercie de votre attention. J'espère que notre démonstration vous a plu. Je me tournais vers Lyra, un léger sourire sur les lèvres. Dame Broomwich, ce fut un honneur. Veuillez m'excuser, je vais prendre congé à présent...

Je m'inclinais devant elle, puis devant les seigneurs avant de faire plusieurs pas en arrière et de disparaître derrière la porte. Comme souvent lorsque je n'étais pas au courant d'une chasse d'Heidi, je croisais le cortège d'humain qui vivaient leurs derniers instants. Comme toujours je n'eus pas le courage de les regarder et baissais les yeux sur les pavés froids du couloir. Comme d'habitude, je sortis du palais le plus rapidement possible et courus aussitôt me perdre en forêt alors que les cris résonnaient derrière moi. Peut être que je les imaginais. Peut être que le vent, traitre, me les apportait.... Je ne saurais dire...

Et moi, je m'évanouis en forêt, cherchant distraitement de quoi me sustenter... Mais le coeur n'y était pas. Comme souvent, je me sentais si seul à ce moment là...

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MessageSujet: Re: [1719] Bouleversement [PV : Volturi, Carlisle Cullen, Lyra Broomwich]   Jeu 15 Juil - 15:18

Le sourire évanoui, je le laissais prendre délicatement ma main et y déposer un baiser avant d’éclater de rire, en se tournant vers les Seigneurs Volturi et notre arbitre Demetri. Je le suivis dans son rire cristallin avant que ses yeux ne se reposent sur moi, ma main toujours nichée au creux de la sienne.

- Deux touches pour dame Broomwich, Demetri, vous en conviendrez. Bravo ma dame, il reste du chemin à parcourir.

- Ma foi, pas tant que vous ne pensez, cher élève. Vous progressez rapidement ! dis-je en souriant.

Il laissa ma main glisser de la sienne, tout doucement, comme si elle allait se briser. La lâchait-il à regret ? Peut être… Il me salua dans les règles de l’art, ainsi que Demetri qui avait eu, il fallait l’avouer, quelques difficultés à nous suivre. Je fis de même et allai poser ma lame près de la grande porte. C’est là que je les sentis.

Les humains. Une trentaine de senteurs alléchantes et les battements de cœur des nouveaux venus. La soif commençait à se faire sentir. Un léger grognement monta dans ma gorge, je le réprimai. Je savais parfaitement que l’arrivée du repas annonçait la sortie de Carlisle. Et je me serais volontiers privée de sang humain pour rester avec lui. Mais qui savait ce que la soif pouvait nous faire faire ? Je ne pouvais prendre le risque de tous nous découvrir. J’observai Carlisle, et une sorte d’urgence bien caché dans ses gestes. Il ne voulait pas rester, absolument pas. Je savais pourquoi. Et depuis qu’il m’avait raconté son expérience, je regardais les « repas » d’un œil légèrement différent. Il avait tellement souffert, tellement lutté contre lui-même… A un point que je me posais des questions. Qui était supérieur ? Qui était réellement le plus fort parmi nous ? Lui, ou nous ? Carlisle s’arrêta près de moi après que je me sois placé au centre de la salle. L’air contrarié de Carlisle me serrait quelque peu le ventre, que pouvais-je bien faire pour le rasséréner ? Ma foi, rien. Je ne pouvais rater ce repas, et lui devait sortir s’alimenter également.

- Je vous remercie de votre attention. J’espère que notre démonstration vous a plu. Dame Broomwich, ce fut un honneur. Veuillez m’excuser je vais prendre congé à présent…

- Bonne chasse, Milord…

Il s’inclina devant moi, en un salut des plus élégants. J’attrapai les pans de ma robe et lui exécutai une révérence alors qu’il se redressait. Il fit de même pour les Seigneurs Aro, Marcus et Caius. Puis il sortit, âme solitaire, et peut être un peu triste. Dehors, il allait seul.

Heidi ouvrit les portes, toujours aussi gracieuse, amenant à sa suite une trentaine de personne, bourgeois, noble, va-nu-pieds… Et de tous les âges. Alors que les portes se refermaient, je remarquai dans le groupe, un petit garçon, tout barbouillé de suie et vêtu de lambeaux. Il était seul. Les battements de cœur des autres accéléraient, la peur saisissant leurs entrailles. Et ce petit garçon, perdu autant dans ce groupe d’humain que dans ce château. Il était seul, si jeune…

Autour de moi le repas avait commencé, moi, je n’avais toujours pas bougé. Les premiers cris résonnèrent, le sang se mit à couler, laissant échapper son odeur si alléchante, comme si on avait brisé un flacon de parfum. Un grognement monta dans ma gorge, et je perdis presque le contrôle. Mes instincts prirent le dessus, mon ouïe et mon odorat détectèrent le corps tremblant d’un homme recroquevillé près de moi. Le petit garçon avait disparu de ma vue, je l’oubliai vite. En une seconde je trouvai ma victime, immobile, paralysée de peur. Son parfum était si alléchante… Je l’attrapai par le bras et plantait mon regard rubis dans le sien, un faible petit brun, dont les lueurs grandissaient à mesure que sa fin approchait. Je plaquai une main sur son visage et une autre sur son épaule pour découvrir sa gorge. Mes crocs se plantèrent dans sa peau, juste à l’endroit où je voyais la grosse veine pulser sous la force du cœur. Cœur qui battait si vite… Bientôt, le sang coula dans ma bouche, libérant un goût divin, indescriptible. J’avalai une gorgée, puis deux, puis trois. Lentement, j’aspirai toute sa vie, avec chaque gorgée qui passait dans ma gorge pour éteindre l’incendie qui me brûlait la gorge.
Lorsque ses bras cessèrent d’appuyer sur ma poitrine et mon épaule pour se dégager, lorsque ses jambes ne s’agitèrent plus, je le lâchai. Ses yeux grands ouverts, emplis de terreurs, et son visage déformé un rictus de souffrance, il s’étalait là, mort. Je me tournai vers une autre victime, encore assoiffé. Déjà des cadavres jonchaient déjà le sol, et je retraversai la salle alors que des cris stridents retentissaient de partout, dernier éclat de voix de ses gens venus au mauvais endroit. Un sourire aux lèvres, je regardai un homme qui avait réussi à se trouver une arme de fortune, un chandelier. Il la pointait vers moi avec la force du désespoir.
Il chercha à attaquer par un maladroit coup à la tête. J’esquivai. Il tenta trois autres coups hasardeux. Je stoppai net le quatrième en attrapant une branche du chandelier. Mon sourire mourut, et je le fixai de mes yeux noirs. Lui se débattait, cherchait à récupérer son arme.

- Tu penses vraiment survivre à notre soif, pauvre petit humain ? lui soufflai-je.

Je passai sa « garde » en faisant un demi-tour, non sans garder ma main sur le métal de son arme de fortune. Dans ce même geste, j’arrachai le chandelier de ses mains et le jetai plus loin. Je me retrouvai tout contre lui – mais lui faisant dos.

- Vous ne partirez pas d’ici, mon pauvre…

En un battement de paupière, je m’étais retournée pour lui faire face, tout en m’écartant de lui. D’un violent coup de griffe, je déchirai sa veste et sa chemise. Mon coup avait laissé une trainée rouge sur son torse. Il cria comme un possédé, s’appuya contre le mur dans son dos. Je m’approchai pour lui attraper les mains et les bloquer au-dessus de sa tête. De l’autre, je bloquai sa tête vers le haut pour avoir accès à sa gorge. Il avait beau supplier, la soif m’empêchait d’entendre ses mots. Je volai encore une vie… Un nouveau cadavre, livide et immobile, tomba à mes pieds. La brûlure dans ma gorge s’était atténuée. Je retrouvai mon calme. Mais mes oreilles perçurent un autre battement de cœur, un petit, affolé, alarmé. Dans un coin de la salle, quelqu’un pleurait de peur. Tous, nous nous tournâmes vers un pilier. Felix s’y rendit et attrapa le col d’un haillon.

Le petit garçon. C’était lui qui se trouvait à présent à plus d’une mètre du sol, soulevé par le colosse. Jane et tous les autres souriaient, heureux de voir qu’il leur restait une proie.

- Voici le dernier ! riait presque Felix. Pour qui ?

On regarda dans ma direction. Je ne bougeais plus, les yeux fixés sur le petit enfant mort de peur, dont les joues rondes étaient trempées de larmes. Voulaient-ils réellement retirer la vie à cet enfant ? Juste parce qu’ils ont soif ? Par gourmandise ?
Soudainement, l’idée de tuer des humains me répugnait. Pourquoi ? Pourquoi eux ? Pourquoi des enfants ? Des êtres si innocents et fragiles marqué par la grâce de Dieu. Je ne pouvais pas. Mais on voulait m’y forcer.

- Tenez, me dis Felix, un sourire aux lèvres. Je crois que vous n’avez pas eu votre dessert…

La plaisanterie n’était pas amusante. Je le regardai, comme prête à l’attaquer. Autour, on se méfiait, se demandait si j’allais prendre l’enfant pour le dévorer ou bien si j’allais attaquer Felix. Je ne fis ni l’un ni l’autre. Je restai figée là, en proie au doute et au questionnement. Cet enfant était un humain, les humains ne sauraient jamais nous accepter. Le tuer maintenant ou plus tard, quelle différence ? Mais pourtant, pouvais-je le faire ? Pouvais-je encore tuer des humains ou bien changer ?
Je m’animai soudainement, détournai la tête du petit être que me tendait Felix. Les affronter tous pour récupérer le petit était tout simplement impossible. Même en usant de mon don. C’était suicidaire. Je regardai soudainement Felix dans les yeux :

- J’ai eu assez pour aujourd’hui. Je me retire…

Je quittai la salle, sans salut ni révérence. Que m’arrivait-il ? A peine la porte fut-elle fermée derrière moi qu’un cri strident déchira l’air du palais. Mon visage se crispa comme si c’avait été moi qu’on mordait à la gorge. Je m’appuyai à un pilier du couloir.
Que se passait-il ? Je doutai de moi comme jamais. J’avais toujours tué des humains pour me nourrir. J’avais toujours procédé ainsi. Alors pourquoi maintenant… ? Pourquoi trouvais-je cela si abject à présent ? J’avais tué deux hommes aujourd’hui. Et j’avais laissé mourir un enfant. Qui étais-je au final ? Un monstre…

Carlisle…Oh, Carlisle…J’ai tellement besoin de vous…

Carlisle, je voulais le trouver, je voulais qu’il m’explique tout. Je voulais sentir sa présence si rassurante. J’avais besoin de lui…
Je me mis en marche, rapidement, je traversai le couloir et parvins aux souterrains qui menaient à l’extérieur de la ville. Je sentais encore la trace de Carlisle, une légère senteur de chèvrefeuille… Je descendis dans les ténèbres des galeries. Pas un bruit ne s'élevait contre les parois de pierre, je marchai sans un bruit jusqu'à l'échelle qui me fit remonter à l'air libre. Une fois sortie, je jetai mon capuchon sur mes cheveux et me concentrai. Disparaître aux yeux de tous était plus efficace et discret que se cacher. Mais le visage de cet enfant me hantait, me faisait presque perdre l'équilibre. Impossible de m'effacer. Je me mordis la lèvres avant de dissimuler mes mains et me mettre en route pour la forêt.

J'avais pénétré les bois depuis un bon moment avant de repérer le parfum familier de mon ami. Je suivis sa piste, toute fraîche. Doucement, comme une enfant qui hésitait à parler après avoir pleuré, j'appelai :

- Carlisle ?
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MessageSujet: Re: [1719] Bouleversement [PV : Volturi, Carlisle Cullen, Lyra Broomwich]   Dim 25 Juil - 22:56

Je volais. Du moins à la vitesse où j'allais, c'était tout comme. Une fois dans la forêt, j'avais chassé de mon esprit toute tristesse et tout ressentiment. C'était leur choix. Leurs vies. J'avais la mienne. Pourquoi les jugerais-je ?
Alors j'avais marché quelques minutes tranquillement avant que je ne repère une odeur alléchante. Une meute de loup...
J'avais découvert que chaque espèce avait sa propre saveur, et satisfaisait ma soif différemment. Le plus bas dans la chaîne étaient les herbivores. C'était comme manger de la viande crue, sans aucune préparation. Les ursidés pouvaient être relié à de la viande cuite, légèrement assaisonnée. Ils avaient cependant l'avantage d'être grand pour la plupart et ne nécessitaient qu'un individu pour satisfaire ma soif pour deux ou trois jours.
Mais le graal de la chasse était le carnivore. Puma, loup, lynx, je ne faisais pas le difficile. Ils étaient épicés, leur sang excitait mes papilles par de multiples saveurs, toujours changeantes selon ce qu'ils avaient eux même mangé avant de mourir. Et puis il était fort, délicieux. Enfin par rapport aux autres... Et comme je ne pouvais pas comparer avec des humains, faute d'y avoir goûté, je ne le trouvais pas si mauvais.
C'est donc vers des loups que je me dirigeais si rapidement. Mon appétit bien que contenu avait été ouvert par le cortège d'humain que j'avais dû traverser.
Je contournais largement la meute, parcourant une grande distance en quelques minutes. Face au vent, ils ne me sentiraient pas arriver.
Je m'arrêtais discrètement sur un affleurement rocheux. La meute était là, en train de se prélasser au soleil, repus. Parfait. Sans attendre, je me laissais tomber, aussi silencieux qu'une ombre, et attaquais, fonçant sur le mâle dominant. Le percutant dans ma course, je le fis chuter, et le plaquais au sol de tout mon poids avant de plonger mes crocs dans sa fourrure rêche. Du coin de l'oeil, je surveillais les autres se mettre en position d'attaque, hésitant à savoir s'il fallait aider leur alpha ou non. Le sang afflua dans ma gorge, calmant presque aussitôt la brûlure comme du miel dans une gorge irritée. Je sentis mon corps se réchauffer, mes muscles se tendre pour serrer plus encore ma proie contre moi. Je n’étais plus moi-même. J’étais un tueur implacable, assoiffé de sang et de mort. Même après presque un siècle d’existence, je ne parvenais pas à calmer cette partie de moi lorsque je chassais. C’était son moment de liberté.

Quelques secondes suffirent à vider son corps et il expira dans un petit gémissement. Grognant, je me relevais en position d’attaque, mes yeux passant sur chacun des membres de la meute. Au fur et à mesure, les loups m’encerclaient, croyant probablement qu’ils avaient une chance de me vaincre s’ils m’harcelaient sans cesse. Parfois, je les attaquais, les tuant tous d’un coup avant de m’en nourrir tranquillement. Cette fois, je les laissais venir à moi. Un autre mâle, le nouveau dominant sans doute, fut le premier à me sauter dessus. Ses crocs se refermèrent sur mon bras, j’entendis ses dents craquer sous l’effet de sa morsure comme s’il avait mordu de toutes ses forces dans du marbre. Il gémit, mais déjà mon autre main se referma sur lui, et je l’écrasais fermement au sol, avant de m’agenouiller pour m’en sustenter. Une femelle s’élança pour se jeter sur moi, je l’attrapais, sans m’arrêter de boire et son corps termina au sol près de son compagnon. J'étais rapide. J'étais mortel. Et j'aimais ça.
Les autres, prirent peur et s’enfuirent. Mais j’avais mon compte pour le moment. Trois loups dont deux de bonnes tailles étaient bien suffisants pour me faire tenir trois ou quatre jours.

Une fois mon repas terminé, je me relevais et essuyais un reste de sang sur mes lèvres. En soupirant, alors que je retrouvais un semblant de conscience, je m’époussetais et remis ma cape et ma capuche avant de repartir en marchant calmement. Je ne pris même pas la peine de cacher les corps, sachant que nous étions bien trop éloigné en forêt pour que quelqu'un ne vienne. Et puis d'ici deux jours il n'en resterais rien.
Je retournais doucement vers la cité. J’aimais prendre mon temps pour le retour. Non seulement ça leur en laissait pour qu’ils terminent leur repas, mais en plus, je me détendais au contact de la nature.
Jamais je n’avais autant apprécié être en forêt que depuis que j’étais vampire. Tout me semblait plus vivant comme si la forêt elle-même respirait. J’entendais tous les souffles, tous les battements de cœur à près d’un kilomètre à la ronde. Je sentais mille et une senteurs, entendais et reconnaissais tous les chants d’oiseaux. Et lorsque j’étais rassasié, je pouvais enfin profiter de mes sens pour autre chose qu’une tuerie. Au loin, j’entendis les loups pleurer les leurs. A présent que la chasse était terminée... A présent que je reprenais le contrôle de moi même, je m’en voulais presque de devoir tuer des animaux… Mais si j’avais été humain, ne l’aurais-je pas fait pour pouvoir vivre ? Seul la proie différait. Au lieu de tuer des herbivores, je limitais la population de carnivore. Après tout il valait mieux que je sois leur prédateur que celui des humains. Je secouais la tête. Décidément, je commençais à faire dans le sentimentalisme.
Alors que je marchais, mon esprit divagua vers la seule personne qui me permettait réellement de tenir en ce moment. Lyra…
Cela faisait vingt ans tout juste que nous nous connaissions et j’avais déjà passé de meilleurs moments avec elle, durant ce temps, que toute ma vie vampirique entière.
Elle m'avait fait redécouvrir ce que c'était de rire de bon cœur, ou même sourire sincèrement. Les heures passées à l'entraînement à l'épée, ou même nos promenades nocturnes étaient des moments que je chérissais de plus en plus. Ils me tardaient même qu'ils arrivent, pour me sentir vivant à nouveau. C'était cela, j'avais l'impression de revivre à ses côtés. D'enfin compter de nouveau pour quelqu'un... Même si tant de choses nous séparaient.

Et soudain, comme si mes pensées l'avaient amené en moi, son parfum arriva jusqu'à mes narines. J’inspirais profondément l’air pour confirmer cette impression. Oui, c'était bien elle qui approchait. Et une voix, rauque, timide, si loin de celle dont j'étais habitué mais pourtant aux accents familiers résonna, si proche...

- Carlisle ?
- Je suis là Darling...

Seigneur... Etait-ce les pensées tendres que je venais d'avoir, mais j'avais prononcé le dernier mot avec tant d'affection...
Je reniflais l'air de nouveau et suivit la piste que le vent m'apportait. Et je la vis... Et je m'arrêtais.
Jamais je ne l'avais vu si triste. Mon coeur se serra et je fus étonné qu'il le puisse. N'était-il pas censé être mort ? Et pourtant, cette impression d'étouffement alors que je voyais mon amie avec ce visage torturé... Seigneur, qu'est ce qu'il se passait ?

- Oh... Mais... Que vous est-il arrivé ?

En une fraction de seconde j'étais à ses côtés, et je posais mes mains de chaque côté de ses épaules, observant son visage malgré la capuche, l'air inquiet. Dans ma précipitation, mon propre capuchon était tombé dans mon dos et je pouvais sentir le soleil réchauffer sensiblement ma peau à divers endroit selon la disposition des feuilles et du vent qui les faisait danser.. Un humain serait passé par là, aurait cru qu'une montagne de diamant mouvante était posée là, en plein milieu de la forêt.
Mes sourcils se froncèrent alors que je cherchais à comprendre ce qui avait pu faire naître cette expression sur ce visage si impassible. Mais je ne trouvais pas. En vingt ans, rien n'avait su la troubler autant... Et je mourrais d'angoisse alors que mon cerveau imaginait une dizaine de scenario du plus probable au plus insensé...

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MessageSujet: Re: [1719] Bouleversement [PV : Volturi, Carlisle Cullen, Lyra Broomwich]   Dim 22 Aoû - 11:12

- Je suis là Darling…

Sa voix mélodieuse, plus belle que la douce mélodie d’un piano, parvint à mon oreille. Il était quelque part devant moi, à une dizaine de mètres à peine… Mais sa peau blanche et ses yeux d’or étaient cachés derrière les arbres. J’avais tant besoin de lui en cet instant. Il ne nous fallu une poignée de secondes, à peine, pour que nous nous retrouvions enfin. Je suivais son parfum attentivement, lui me cherchais également.

Et nous nous trouvâmes.

Mon visage sembla le surprendre, car effectivement, jamais il n‘avait pu me voir afficher une autre émotion que la joie ou bien mon visage neutre, ou à peine souriant.
Mais à présent, il découvrait ce que pouvaient donner mes traits tourmentés par la tristesse. Mes yeux cherchèrent les siens et les trouvèrent, heureusement, très vite. J’aimais à contempler son regard, des yeux qui me rassuraient, me réconfortaient…

- Oh…Mais… Que vous est-il arrivé ?

Mon cœur se serra en entendant sa voix. La mélodie était si mélancolique, je m’en voulais presque d’être venue, à présent. Mais déjà, il était tout proche de moi, posant ses mains sur mes épaules avec une légèreté incroyable. Il chercha à voir mon visage en son entier, à le trouver sous le capuchon qui le dissimulait encore en partie. Le sien était tombé, et la lumière éclaboussait ses joues en mille éclats diamantins. Mes yeux le contemplèrent, ne purent s’en empêcher. Ce visage magnifié par notre plus belle ennemie. La lumière.

Il est si beau…

Mes mains se posèrent sur les siennes avant de remonter pour retirer mon capuchon. Les images du « banquet » me revinrent tout d’un coup. Je me rappelais maintenant pourquoi j’étais là, ce que j’avais fui en venant ici…

Le visage de cet enfant terrorisé. Ses boucles blondes et ses yeux vert trempés de larmes. La peur de mourir dans ses yeux…

Mes lèvres tremblèrent de nouveau, ma poitrine se souleva par à-coups, et je sanglotai en reculant de quelques pas, pour échapper la douce prise de Carlisle.

- Je…

Les mots n’arrivaient pas à sortir de ma bouche. Je ne me l’expliquais pas non plus. Pourquoi maintenant ? Pourquoi ce petit garçon ? Je ne comprenais pas. Je comprenais juste que boire du sang humain était mal…

- Je ne veux plus…Carlisle… Je ne veux plus tuer…

Mon corps s’était tendu vers lui, et je me rendis compte, à la fin de cette phrase, que je m’étais approché de lui au point de l’enlacer, que ma tête reposait sur son torse et que mes bras ceignaient son corps. Dans d’autres circonstances j’aurais immédiatement reculé, me rappelant de la bienséance. Mais à présent, je ne pouvais pas, je ne voulais pas. Je serrai un peu plus fort mon étreinte et cachai mon visage contre ses vêtements.

J’étais environnée par sa fragrance, qui imprégnait ses vêtements. Je me sentais lovée dans une petite bulle où il faisait bon vivre, il faisait beau, et chaud. J’étais bien. Tout simplement… Mes sanglots cessèrent peu à peu.

Quelques minutes passées dans le silence s’écoulèrent. J’avais presque l’impression…d’avoir dormi. Contre lui… J’étais prête à rougir de ces pensées ! Je me redressais doucement, laissant au soleil le soin de réchauffer mon visage. Je regardai Carlisle, avec une flamme d’assurance dans mon regard rubis…

- Apprenez-moi…
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MessageSujet: Re: [1719] Bouleversement [PV : Volturi, Carlisle Cullen, Lyra Broomwich]   Jeu 2 Sep - 3:49

Lorsqu’elle retira sa capuche, je pus prendre toute la mesure de sa peine. Son visage était dévasté d’une tristesse que je connaissais trop bien. Une sourde panique s’empara de moi. Je ne savais pas quoi faire. Je ne savais pas quoi dire. J’étais loin de me douter de ce qui la rendait ainsi..
Je la laissais s’éloigner, mon regard ne pouvant pas se détacher d’elle. Elle pleurait… Seigneur, elle pleurait de cette manière si particulière. Sans larme… Presque comme un acteur de théâtre. Le meilleur qu’il eût été…
J’avais envie de la rejoindre. De faire les quelques pas qui nous séparaient et qui m’étaient insupportable. Mais j'en étais incapable de peur de la froisser et je gardais le silence. Je devais lui laisser le temps pour me dire ce qu’il se passait. Je pensais à des tas de choses… D’un sarcasme mal placé d’Aro à la torture de Jane… Seigneur…. Si c’était cela…

- Je ne veux plus…Carlisle… Je ne veux plus tuer…

Mon corps se figea malgré moi et elle profita du moment pour se rapprocher, allant jusqu’à venir se réfugier contre moi. Je restais plusieurs secondes choqué. Jamais je n’avais eu de contact aussi intime depuis que j’étais devenu vampire. C’était doux. C’était agréable. Et c’était triste. Pourquoi c'était aussi triste ?
Lorsque je retrouvais l’usage de mes membres, mes bras se refermèrent sur elle, l’accueillant tendrement contre mon torse. Je fermais les yeux appréciant la douce étreinte bien plus que je n’aurais dû. Je laissais mon visage frôler ses cheveux, inspirant profondément sa senteur de lys alors qu’une de mes mains montait pour aller les caresser.

- Chuuuut... ça va aller…

Ses pleurs se calmèrent, et je soupirais doucement, resserrant un peu plus mon étreinte autour d’elle. Etrangement ses bras m’apportaient un réconfort tout comme les miens semblaient l’apaiser. Et je ne pouvais m'empêcher de penser que le contact "humain" m'avait terriblement manqué. Et être utile à quelqu'un...
De longues minutes passèrent. Je n'osais pas dire un mot et avais arrêté mes caresses dans ses cheveux de peur de la déranger. Je ne voulais pas qu'elle bouge. Me surpris même à souhaiter rester simplement là aussi longtemps que nous le voulions. Mais elle se redressa et mes yeux cherchèrent aussitôt les siens. J'y vis l'étincelle de la flamme que j'aimais tant chez elle. Cette assurance qui m'épatait et dont j'étais totalement dépourvu... En tout cas plus depuis que j'étais un vampire. Je la réapprenais à son contact. Je l'observais, sans cesse.. Et la voir ainsi, détruisais mon monde fragile plus encore que si c'était juste mon amie qui allait mal.

- Apprenez-moi…

Mes yeux s'agrandirent légèrement. Je rêvais... Elle voulait apprendre ? Quoi ? A ne plus se nourrir de sang humain. Il n'y avait rien à apprendre. C'était juste... De la volonté.

- Darling...

Voulait elle vraiment devenir comme moi ? Quelqu'un dont on se moque dans le dos pour des croyances qu'ils considéraient ridicules ? Et puis, elle se nourrissait ainsi depuis tellement longtemps... Etait-il possible pour un vampire ayant goûté au sang humain de passer à l'animal ? Je n'en avais aucune idée. C'était devenu si naturel pour moi de me nourrir ainsi... Mais n'était ce pas parce que j'avais commencé par cela ?

- Je ne sais pas si... ça s'apprend... Je veux dire... C'est un choix...

Mes mains remontèrent sur ses épaules en une légère caresse alors que je m'écartais pour la regarder. Le soleil faisait briller sa peau de cet éclat diamantin propre à notre espèce. Je n'avais jamais particulièrement apprécié la réaction de notre peau par rapport à l'astre solaire. Mais sur elle.. ça la rendait presque divine. Ou plutôt, vu sa nature, le plus attirant des démons... Un léger sourire apparut sur mes lèvres et je clignais plusieurs fois des yeux pour reprendre mes esprits.

- Si vous avez encore soif... Vous pouvez essayer cependant mais... Vous voulez me raconter ce qu'il s'est passé, avant ? Ce qui vous fait changer soudain d'avis ?

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MessageSujet: Re: [1719] Bouleversement [PV : Volturi, Carlisle Cullen, Lyra Broomwich]   Mar 7 Sep - 9:57

- Darling… souffla-t-il avec une douceur extrême.

Je ne savais trop comment il aurait pu faire pour m’ « apprendre ». Peut être ce mot n’était-il pas à employer pour parler de changer d’alimentation. Mes prunelles rouges sondèrent les siennes, cherchant je-ne-savais-quoi. Il avait simplement ouvert un peu plus grand les yeux, hébété. Et son expression ne me rassurait guère, étais-je folle ? Demandais-je l’impossible ?

- Je ne sais pas si… ça s’apprend… je veux dire…C’est un choix…

Ses mains frôlèrent mes épaules comme les ailes des oiseaux effleuraient l’air, avant qu’il ne s’écarte pour me regarder avec plus d’attention. Je ne bougeai pas malgré mon envie de retourner dans ses bras, dans cette étreinte si rassurante et douce.

- Alors je fais ce choix, aujourd’hui, devant vous, Seigneur Carlisle, Je veux ne plus faire de mal. Aidez-moi à y parvenir, je vous en supplie…

Il afficha un sourire avant de cligner des yeux. Le soleil le rendait encore plus beau que d’ordinaire, coulant sur sa peau en mille éclats diamantins. Je le trouvais juste…angélique. Ses cheveux blonds et ses yeux dorés faisaient de lui un Ange des plus parfaits, la plus belle créature que Dieu m’avait permi de voir et de fréquenter. Et je l’en remerciais du fond de mon cœur de créature de la nuit. Comment pouvait-on oser dire qu’il était un être mauvais, néfaste ? Comment lui-même pouvait se considérer comme malfaisant ? Dans mon esprit, c’était seulement impossible. Dieu l’avait créé sans la moindre once de Mal. Ce ne pouvait en être autrement !

- Si vous avez encore soif… Vous pouvez essayer cependant mais… Vous voulez me raconter ce qu’il s’est passé, avant ? Ce qui vous fait changer soudain d’avis ?

Je fus presque désarçonnée. Lui raconter ce qui s’était passée dans le château des Seigneurs Volturi…
Jamais je n’avais montré d’émotion à mes semblables, et encore moins à des humains. J’avais toujours été froide et inexpressive. Durant tous ces siècles… Qu’est-ce qui avait changé ? Pourquoi avais-je pleuré ?

- J’eus préféré occulter la question, mais si vous me le demandez…

Je commençais à marcher vers les profondeurs des bois, replaçant quelques mèches de cheveux.
J’avais rencontré Carlisle, et l’humanité qui coulait encore dans ses veines, comme du sang frais éternel qui alimentait sa raison encore et encore. Carlisle et sa philosophie que j’avais comprise petit à petit, à force de discussion. Cet homme que je découvrais chaque jour un peu plus, et qui me fascinait toujours autant.

- J’ai…

Par où commencer mon récit ? Devais-je absolument commencer par le massacre des deux jeunes hommes ? Chose que je commençais à regretter vivement, et qui me nouait le ventre… Non je ne pouvais pas, autant être la plus claire et concise possible.

- J’ai…j’ai refusé de tuer un humain. C’était… juste un enfant.

Je tentais tant bien que mal de cacher mon visage aux traits tourmentés à mon grand ami, car mes traits autant que le fait de les cacher signifiait la même chose : je souffrais à raconter cela. Mais au final, je ne supportais plus de ne pas voir l’Ange qui m’accompagnait, mes yeux se tournèrent vers lui.

- C’est…complètement ridicule, je le sais bien…Moi-même je ne me l’explique pas.

Ou peut être que si… Les interminables discussions que j’avais avec Carlisle, l’accumulation de larmes et de corps refroidis m’avaient ouvert les yeux pour contempler un monde auquel je faisais du mal. Une création divine que je détruisais en partie. Peut être était-ce pour cela que je ne sentais plus la protection du Ciel... Et je me rendis compte comme j’avais été aveugle… Je stoppai mon chemin et relevai la tête que j’avais baissée depuis un petit moment.

- Je crois que… Que les mots que nous avons échangés m’ont quelque peu transformé, my Lord…

Je lui offris un petit sourire alors que mes doigts effleuraient sa joue. Mais je rangeai vite ma main, remarquant, comprenant ce que je faisais. Mon éducation ne me le permettait pas. Je ne pouvais pas… je rebaissais immédiatement la tête, gênée, et lui fis dos.

- Pardonnez-moi…

Je joignis mes mains comme pour les emprisonner et rentrai la tête dans les épaules. Dieu comme cet homme me poussait à l’incivilité ! J’en aurais rougi s’il me l’avait été encore possible.
Je ressentis, à présent que je n’étais plus en contact avec mon ami, une très légère brûlure dans ma gorge. Mes doigts se dénouèrent pour caresser la zone douloureuse. Je regardai en direction de la forêt profonde. Une odeur flottait dans l’air, légère. Du sang… mais pas celui d’humains, non. C’était un troupeau de cervidés… je déglutis. Cette odeur était ma foi fort peu ragoûtante par rapport à la fragrance que dégageaient les hommes. Mais j’avais promis à Carlisle de changer. Et j'étais bien décidée à ne pas revenir sur ma promesse.

Et les yeux de ce petit garçon me hantaient encore et toujours…

- Carlisle…Au nord-est…
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MessageSujet: Re: [1719] Bouleversement [PV : Volturi, Carlisle Cullen, Lyra Broomwich]   Mar 21 Sep - 0:00

Je trouvais cela tellement courageux de sa part. Car si commencer par ce régime n'avait déjà pas été une chose aisée, décider après avoir goûter au nectar humain, de changer devait être encore plus ardu. Ma curiosité était piquée, et malgré sa gêne évidente, je voulais vraiment essayer de comprendre ce qui l'avait poussé à bouleverser son existence.
Je la suivis dans les bois, restant à côté d'elle à me forcer à regarder droit devant pour ne pas la dévisager. J'avais tellement l'habitude qu'elle ne montre aucun sentiment que la voir avec une expression sur le visage me fascinait. Je voyais bien qu'elle hésitait, qu'elle cherchait ses mots.

- J’eus préféré occulter la question, mais si vous me le demandez…
- Je ne vous oblige pas... murmurais-je.

Les arbres recommençaient à nous entourer de plus en plus densément. Ses mouvements étaient si déliés, si silencieux que je devais tendre l'oreille pour entendre ses pieds se poser sur les feuilles mortes. Je savais, bien sûr, être une cause de ce changement mais jusqu'à quel point ? Je ne l'imaginais pas réfléchir et venir me voir ainsi agitée sans raison.

- J’ai…

Mes yeux se tournèrent vers elle, l'encourageant du regard. Une partie de mon esprit voulait même prendre sa main pour la rassurer et lui faire comprendre qu'elle n'avait rien à craindre. Dans l'immédiat du moins.

- J’ai…j’ai refusé de tuer un humain. C’était… juste un enfant.
- Oh...

Je n'imaginais que trop bien l'horrible situation. Des images du seul repas que j'avais accepté me revinrent en mémoire. Les cris.. l'odeur du sang... Les bruits de sucions. L'odeur de la mort. Partout. Entêtante... Des corps si nombreux... Sans distinction... Qui allaient ensuite disparaître sous l'acide dans une salle au sous sol... Je frémis en y repensant. Tous ces gens qui avait périt dans cet endroit. Parfois je me demandais ce que je faisais encore ici... Et Aro qui avait dû voir d'un mauvais oeil ce refus...

- C’est…complètement ridicule, je le sais bien…Moi-même je ne me l’explique pas.

Je me mis à rire faiblement. D'un de ces rires jaunes et sans joie, plus ironique qu'autre chose.

- Ce n'est pas ridicule... Tellement pas... Je suppose que c'est plus violent encore parce que vous êtes une femme... Donc une mère potentielle... Un enfant c'est si... Enfin il aurait eu la vie devant lui. Il aurait pu accomplir des choses merveilleuses. Je ne dis pas qu'il vaut plus qu'un adulte mais...C'est plus choquant... Les Seigneurs n'ont pas dû apprécier..

Mais elle n'avait pas fini, aussi je me tus pour la laisser continuer.

- Je crois que… Que les mots que nous avons échangés m’ont quelque peu transformé, my Lord…

Mon sourire répondit au sien avec tendresse pour la rassurer. Et puis soudain, je frémis. Je ne les avais pas particulièrement vu venir et surtout le geste me semblait trop improbable mais ses doigts vinrent frôler ma peau. Je me figeais plus pour ne pas perdre le contact que par désapprobation. Le contact fut bref cependant. Elle retira presque aussitôt sa main et, la magie envolée, elle me tourna le dos.

- Pardonnez-moi…
- Non ce n'est...

Que dire ? Que j'aimais ce contact ? Que mon envie le plus cher serait de l'enlacer en ce moment même pour retirer de son visage toute cette peine que je détestais ? Oui.. Oui, je suppose que je pourrais lui dire... Ou le faire... Et au moment où j'allais pour l'enlacer doucement, elle porta sa main à sa gorge, me faisant arrêter mon geste et faire revenir droit. Elle avait soif.. Ce n'était vraiment pas le moment.
J'inspirais pour savoir ce qui avais attisé son instinct et sentis un troupeau de daim. Pas le plus goûteux pour commencer, mais après tout, suite à ce repas, elle pourrait mieux apprécier le goût des carnivores.
J'étais déjà tourné vers la direction alors qu'elle me l'indiquait. Sans un mot, je me mis à courir, certain qu'elle me suivait. Nous ne mîmes qu'une minute, deux peut être pour arriver à l'orée d'une minuscule clairière. Un troupeau de cinq daims mâles paissaient jusqu'à ce que nous arrivions. Ils nous regardaient maintenant, en alerte. Je soufflais d'une façon presque inaudible.

- Je ne vous apprendrais pas à chasser Darling. Je suppose que c'est comme les humains...

Avec un petit sourire triste, je m'élançais. J'avais assez soif pour boire un ou deux daims car j'avais toujours tendance à ne pas boire assez. En deux secondes je sautais sur le premier, lui cassant les cervicales en retombant sur lui. Ce fut aussitôt la débandade mais je pus, d'un mouvement vif, attraper les pattes du congénère qui avait été le plus proche. Il chuta, offrant son cou à mes dents que je plantais aussitôt. Le tout se faisait dans un silence meurtrier. Pas un grognement, ni de plaisir ni d'excitation de la chasse. C'était plutôt un mal nécessaire que j'accomplissais presque mécaniquement maintenant. Une fois que je me fus sustenté du second tombé, je mordis le premier, déjà mort. Le sang coula dans ma gorge une nouvelle fois, me rendant plus éveillé. Je sentais parfaitement où était Lyra même sans la voir parce que je fermais les yeux. Je savais qu'un des daims étaient encore en train de courir. Et j'avais envie de le poursuivre... Mais je ne laissais pas ce plaisir au monstre. J'avais déjà tué deux de trop aujourd'hui.

Je me relevais, traînant les deux cadavres avec moi pour les cacher dans les fourrées. Puis, je regardais ma tenue pour vérifier que mes vêtements étaient toujours immaculés avant de me tourner vers mon amie.

- Voilà... Ce n'est pas plus difficile. Le plus ardu, c'est de s'y tenir...

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MessageSujet: Re: [1719] Bouleversement [PV : Volturi, Carlisle Cullen, Lyra Broomwich]   Jeu 6 Jan - 12:12

J’avais à peine parlé. Comme une illusion, je vis Carlisle partir en courant, s’élançant avec toute sa grâce entre les arbres pour atteindre le troupeau. Des mouvements que je pouvais percevoir parce Dieu – ou Diable ? – m’en avait donné la capacité. Les pans tombant de ses vêtements voletèrent, faisant penser à danse. Il me dépassa et je commençai à courir à sa suite. Lorsque nos peaux effleuraient un rayon de soleil, elles brillaient de mille feux, le temps de voir la lumière. Les petites trouées étaient rares mais nous passions dedans et plusieurs fois les diamants qui constituaient nos corps se mirent à chanter. Furtivement. Comme des illusions.
Carlisle se stoppa à l’orée du bois. Une clairière s’étalait devant nous. Et dans l’herbe verte paissaient tranquillement un troupeau de daims. Les bêtes relevèrent la tête pour dévisager les étranges visiteurs avant de commencer à fuir. Nous étions les prédateurs. Ils étaient les proies.

J’avais soif, le sang de leur corps était assez peu attirant mais je devais répondre à son appel. A celui-là. Je ne devais plus chercher la mélodie du calice humain.

J’avais soif.

- Je ne vous apprendrais pas à chasser Darling. Je suppose que c’est comme les humains…

Il me sourit tristement. Et le ton de sa voix s’accordait avec son expression. Il se jeta sur les animaux et en attrapa deux. Je le regardai opérer avant de poursuivre les autres. Mes pas furent légers, je ne sentais que peu le sol sous mes pieds. Comme les humains ? Non. La chasse était différente, je me sentais plus sollicitée pour attraper ma proie. Les humains n’avaient ni réflexes ni ténacité.

Les trois daims courraient bien vite par rapport aux jambes faiblardes des hommes. Je les rattrapai moins aisément.

Ma main se referma sur la gorge d’un des daims qui fuyait, le plus lent des trois. Je le fis tomber au sol et le bougre se débattit longtemps avant que je ne parvienne à l’immobiliser. Je bloquai son cou contre l’herbe et usait de mon odorat pour chercher l’artère. Le cou humain, nu de toute fourrure, présentait de traitres reliefs qui indiquaient où se trouvait l’artère. Là, je peinai un peu. Je choisis alors la base du cou. Mes dents s’enfoncèrent violement à cet endroit précis et l’animal geignit en se débattant, faisant battre son puissant cœur encore plus vite. Le sang propulsé battait dans mes tempes, je pouvais l’entendre glisser dans les veines, revenir au cœur. Et ce cœur qui tapait, tapait…

Je mordis plus profondément pour attraper plus de sang. Je ne savais trop si j’avais mordu dans l’artère, mais le sang venait à moi, avec un goût ma foi infect.

Je frémis et relevai la tête, dégoûtée. Les vampires pouvaient-ils tomber malades ? Je ne le savais.

Ce sang est tout simplement infect ! Mais je vais devoir m’y tenir, je ne veux plus avoir à tuer des innocents…

Et je replongeai aspirer le sang de cette pauvre bête, qui ne bougeait déjà plus. Je m’efforçais d’aspirer de longues gorgées comme l’enfant se force à boire le plus vite possible la soupe écœurante que lui a servie sa mère. Lorsque plus rien ne vint, je relâchai la carcasse, définitivement rassasiée. Je me mis à genoux en frissonnant, le gout amer du sang encore dans la bouche. Mes doigts blancs passèrent sur mes lèvres et raclèrent les trainées de sang qui risquaient de maculer ma robe. Je fis disparaître les trace de sang en glissant mes doigts dans ma bouche, l’infection du goût titillant encore ma langue. Concentré sur le sang, je ne l’entendis venir :

- Voila… Ce n’est pas plus dif…

Il avait certainement terminé sa phrase mais la surprise ne me permit pas de l’entendre. Je fis volte-face en un bond qui me plaça en position offensive. Un grognement sauvage s’échappa de ma gorge avant que je ne réalise que l’homme qui était devant moi n’était pas un ennemi. Je me pressai alors de me relever et lui fis dos, rouge de honte si j’avais pu…

- P…Pardonnez-moi…Je… J’ai horreur qu’on me voit me nourrir…

Mes mains se joignirent devant moi et se serrèrent comme si je m’apprêtais à subir un châtiment.

J’aurais pu l’attaquer… Lui… Comment aurait-il réagi ? Dieu comme j’ai honte !

Je me maudissais. Après quelques secondes, je lui fis de nouveau face, penaude.

- Si… Si nous nous… promenions quelques instants ?
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MessageSujet: Re: [1719] Bouleversement [PV : Volturi, Carlisle Cullen, Lyra Broomwich]   Lun 10 Jan - 17:34

Si je ne me rendis pas compte consciemment du mouvement agressif de mon amie, mon corps lui l'enregistra et l'analysa comme étant une menace. Aussi au moment où le grondement partant de sa gorge retentit, mon corps avait de lui même fait un bond pour me retrouver deux mètres au dessus d'elle, sur une branche épaisse de l'arbre le plus proche. Je dus couper ma respiration pour retenir moi même un grognement. L'odeur du sang saturait l'air et sa nervosité ne faisait qu'augmenter la mienne. Si j'avais été d'un naturel plus bagarreur et si je n'avais pas été autant rassasié, nul doute que l'on se serait entretué.
A présent, je l'observais de haut, et vit nettement son regard coléreux passer à la honte. Elle se retourna, me présentant son dos. Qu'elle confiance elle avait en moi à me tourner le dos ainsi... Je restais sur la branche sans pouvoir bouger autant choqué par son "attaque" que par la foi qu'elle me témoignait.

- P…Pardonnez-moi…Je… J’ai horreur qu’on me voit me nourrir…

Je laissais passer plusieurs secondes. Plusieurs longues secondes avant de me laisser choir pour retomber souplement sur l'herbe de la clairière.

- Je comprend... Je n'ai jamais chassé avec quelqu'un... Je.. J'aurais dû savoir qu'il ne fallait pas s'approcher...

Je fis un pas vers elle, m'imaginant poser mes mains sur ses épaules pour la retourner doucement et qu'elle voit dans mes yeux que je ne lui en voulais pas. Mais je n'en fis rien. Je restais simplement là, à regarder son dos, mes yeux descendant le long de sa chevelure d'ébène qui brillait selon la lumière.
Elle semblait mortifiée comme une enfant prise en faute. Ne voyant qu'une réaction normale de sa part, je ne voyais pas où était le mal. Nous étions des êtres si instables... Je n'aurais pas dû m'avancer. Si elle m'avait attaqué, ça aurait été bien fait pour moi. Et après tout, peut être que cela aurait été le moment de rejoindre un monde que je croyais meilleur... Même si je doutais de parvenir à ce monde là.
Cela étant, je ne lui avouerais jamais mes pensées.

- Ne vous en voulez pas... Il ne s'est rien passé au final...

Elle se retourna vers moi et je lui souris avec douceur pour la rassurer. Peut être que mon besoin de compagnie me faisait tout pardonner, mais une chose était certaine, je ne voulais pas qu'elle parte... Ni qu'elle s'en veuille.

- Si… Si nous nous… promenions quelques instants ?
- Avec plaisir, Darling...

J'allais rapidement cacher les deux nouveaux cadavres avant de lui offrir mon bras. Depuis que je l'avais rencontré, j'avais la sensation que je n'étais plus seul. Mais pour la première fois j'avais le sentiment profond que l'on me comprenait. Refuser de se nourrir d'humain était tellement contre nature que je passais pour un fou la plupart du temps. Mais aujourd'hui, Lyra avait fait un pas vers moi... Un pas vers ce mode de vie. Une idée folle commença à germer en moi mais j'en écartais aussitôt les possibilités. Il fallait attendre encore...
Nous marchâmes pendant plusieurs minutes sans une parole. Du coin de l'oeil, je voyais le vent jouer avec ses cheveux mais je n'osais pas tourner la tête pour la regarder et je ne savais pas quoi dire. Au bout d'un long moment je murmurais.

- Vous allez un peu mieux ?

Je repensais à son regard fou lorsqu'elle s'était retournée vers moi. Ce regard plein de haine. Si je comprenais ce qui l'avait fait réagir ainsi, je ne saisissais pas ce qui l'avait arrêté ? S'était-elle rendu compte que je n'étais pas une menace ou était-ce l'affection qu'elle ressentait à mon égard qui avait battu des millénaires d'instincts primitifs ? Comment aurais-je réagi si elle m'avait sauté dessus ? Je savais au plus profond de moi que j'étais incapable de me battre contre elle... Incapable d'éprouver de la colère pour lui porter des coups. On ne peut ressentir cela que si l'on a quelque chose à protéger. Quelque chose que l'on chérit. Et à part elle, je n'avais rien. J'étais déjà mort... Que me restait-il si elle m'attaquait ?
Je ne m'étais pas rendu compte du silence pesant qui régnait depuis ma question. Mes sentiments s'embrouillaient dans ma tête. J'étais si triste, si vide à l'intérieur, que je me demandais parfois encore pourquoi continuer. Et pourtant dès que nous étions ensemble, c'était comme si une lumière apparaissait dans le trou noir qu'était ma vie. Je devais essayer de garder cette lumière. Tout le temps.

- Comment faîtes-vous pour supporter...

Je ne pus finir ma phrase alors que je sentis les odeurs de trois vampires qui montaient vers nous. Heureusement nous étions au sommet de la colline et le vent jouait en notre faveur en nous apportant leur flagrance. La notre en revanche était préservée pour le moment, mais pas pour longtemps. Les odeurs que je sentais étaient ceux de trois mâles, membre de la garde des Volturis. Des gardes de secondes zones sans grande importance aux yeux d'Aro. Peut être venaient-ils juste délivrer un message, mais je me retournais vers Lyra, le regard voilé par l'angoisse.

- Lorsque vous êtes partie, avez-vous offensé Aro, ou vous a t-il laissé libre de vous en aller ?

Ou bien, devons nous fuir, ou rester ?


†•´*¤*' •††•´*¤*' •†
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MessageSujet: Re: [1719] Bouleversement [PV : Volturi, Carlisle Cullen, Lyra Broomwich]   Lun 24 Jan - 13:13

- Avec plaisir Darling…

Ne pas m’en vouloir… Comment le pourrais-je ? J’avais failli lui faire du mal, et mon expérience en chasse aurait peut être eu raison de lui et de sa force… Je fronçai les sourcils alors qu’il s’affairait à cacher les corps des animaux vidés de leur sang. J’inspirai lentement, tentant de calmer toutes les alarmes en moi. Il ne s’était rien passé, c’était vrai. Je n’avais sans doute pas à m’en faire…

Carlisle revint et me proposa son bras. Je le saisis délicatement à la pliure du coude comme il était coutume de le faire. Nous entamâmes une longue marche, silencieuse entre les piliers de bois qui composaient ce palais forestier. Les feuilles mortes crissaient à peine sous nos pieds. Seuls les oiseaux libéraient leurs voix chantantes en de belles mélodies au pouvoir calmant. De longues minutes passèrent sans qu’un mot ne soit échangé. Un silence à la fois gênant et reposant. Nous étions tout deux perdus dans nos pensées.

J’avais toujours cherché à comprendre les gens autour de moi, l’art qu’ils pratiquaient et leurs pensées vis-à-vis du monde. J’avais pu presque tous les comprendre. Vampire, humains… Tous, sauf lui. Carlisle… Un homme avec qui j’avais passé un temps incroyable, et qui pourtant gardait tout son mystère. Je réalisai alors que le fait de vouloir changer d’alimentation me permettrait peut être de mieux le comprendre, lui, muré dans sa solitude et sa singularité. Briser le silence entre lui et le monde, le rejoindre pour connaître son monde…
Ma volonté s’accrut d’un seul coup…

- Vous allez un peu mieux ?

Mon regard grenat brillant se posa sur mon ami, et un sourire timide étira mes lèvres.

- Oui, my Lord. Je me sens bien mieux…

Alors que mes yeux redécouvraient rapidement ses traits si fins et gracieux, je réalisai que ma main était restée sur son bras, alors que nous nous étions arrêtés en haut d’une petite colline. Je lui faisais presque face et je pouvais contempler à loisir quelques rayons de soleil couler sur son visage et ses mains en une cascade d’éclats diamantins. Mais l’astre du jour se reflétait également dans ses yeux d’ambre, conférant à mon grand ami une allure angélique… Comment pouvait-on le décrire ? Et dire que j’avais failli lui faire du mal… Et si je l’avais détruit ? Si ma sauvagerie avait pu prendre le dessus et le faire disparaître ? Si je l’avais perdu ? A jamais ? Mon cœur se serra… Je réalisais d’une étrange façon que je ne pensais pas continuer le voyage sans lui… Pis, si j’étais responsable de tout ça, alors j’étais coupable de ma propre perte… Dieu, heureusement qu’il n’en était rien !
Vampire, nous terrorisions les humains, nous étions les plus irrésistibles et nous étions immortels… Et pourtant nous étions les victimes du temps et du monde. Chaque seconde dans passé dans ce monde était unique car si les jours et les ans pouvaient se ressembler, nous ne pouvions pas rebrousser chemin et remonter le temps. Ainsi, même avec un corps de marbre supérieur à celui des autres, notre vie ne tenait qu’à un fil, et nous devions tous trembler, sans exception, de le voir un jour coupé…
Je comprenais maintenant… je comprenais comme toute vie était fragile. Et je comprenais combien de fils de vie j’avais pu tenir entre mes mains et combien j’avais décidé de briser…

Et pour cela, un regard d’or avait suffi à tout me faire voir…

- Comment faites-vous pour…

Je recentrai mon attention sur Carlisle et la question qu’il avait commencé à poser. Mais comme lui je sentis bien les fragrances de trois individus. Vampires de la garde Volturis.
L’incertitude barra mon visage, mon sourire mourut alors que mon regard se teinta de peur. Je le rivai à celui de Carlisle, comme cherchant quelque secours.

- Lorsque vous êtes partie, avez-vous offensé Aro, ou vous a-t-il laissé libre de vous en aller ?

La panique nous ma gorge, si bien que ma voix perça difficilement…

- Je l’ignore, dis-je en dardant mon regard en direction de l’origine des odeurs. Je suis partie sans regarder en arrière…

Imperceptiblement, ma main restée à son bras resserra sa prise, et je me rapprochai de lui.

- Je ne crois pas qu’il serait judicieux de fuir, après tout ils ont un pisteur…

Je repensais précisément au vampire qui avait pu garder son regard presque toujours fixé sur moi, le jour de mon arrivée au palais, bien que j’aie pu me rendre invisible…
Peut être ces trois gardes n’étaient pas une menace. Peut être nous demandaient-il simplement de rentrer. Une tentative de me rassurer qui échoua lamentablement.

- J’ai peur… soufflai-je difficilement.

Oui… Tremblez que ce fil soit un jour coupé…
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MessageSujet: Re: [1719] Bouleversement [PV : Volturi, Carlisle Cullen, Lyra Broomwich]   Dim 30 Jan - 19:42

L’endroit me semblait familier. Dans l’attente de sa réponse, je regardais autour de moi pour essayer d’imaginer un plan de repli au cas où… Même si je savais que nous ne pourrions pas disparaître bien longtemps à cause de Démétri. Si la clairière dans laquelle nous étions m’était familière parce que je parcourais cette forêt depuis plusieurs dizaines d’années maintenant, la présence de Lyra dans cet endroit, ne faisait que renforcer cette impression. Et pour cause…C’était la clairière où nous nous étions rencontrés.
J’étais heureux que cette marche lui ait fait un peu de bien. J’étais passé maître dans l’art de ressasser le passé, mais je ne voulais pas qu’elle repense trop à ce qui avait failli arriver.
Cependant, le regard dans lequel mes yeux plongeaient à présent, n’avait plus aucune trace de bien être. La peur dominait à l’arrivée des trois vampires. J’essayais de paraître sûr de moi, mais n’y arrivait que peu. J’avais peur de la perdre…
Elle ne pensait pas avoir fait un affront à Aro, mais le ton de sa voix, montrait à quel point elle commençait à appréhender la rencontre.

D’un même mouvement que le sien, je me rapprochais d’elle et posais ma main au dessus de la sienne pour la rassurer. Au fond de moi, je savais que je ne laisserais pas Aro la prendre sans qu’il me prenne aussi. Je ne le laisserais pas détruire la fragile quiétude que nous nous étions construite. Il n’avait pas le droit. Et puis, avant tout, je n’imaginais pas Lyra faire un affront si grand qu’il pense à la tuer. Refuser de boire un humain… Je le faisais depuis mon arrivée et il ne m’en avait jamais vraiment tenu rigueur… Pourquoi cela changerait-il pour Lyra ?
En plus, n’aurait-il pas envoyé des vampires plus compétents si la raison de leur venue était belliqueuse ?

- Je ne crois pas qu’il serait judicieux de fuir, après tout ils ont un pisteur…

- Vous avez raison… Mon regard descendit de nouveau vers l’endroit présumé qu’ils parcouraient puisqu’ils étaient cachés par les arbres… Il nous faut attendre…

- J’ai peur…

Mon attention revint aussitôt vers mon amie. Une telle révélation de sa part me montrait son attachement mais aussi la puissance de son effroi. Nous avions l’habitude de montrer si peu nos sentiments… Et pourtant, la plupart du temps nous connaissions les pensées de l’autre sans même avoir à parler.
Et je ne l’avais jamais réellement vu avoir peur. J’avais l’impression, aujourd’hui, d’en avoir appris sur elle bien plus que toutes ces années.
Pour lui montrer que j’étais là, mes doigts se resserrèrent doucement sur les siens et je lui souris doucement pour lui donner confiance. Des mots auraient été futiles tant nous savions être là l’un pour l’autre.
Pour ma part, cela n’irait pas plus loin cependant tant j’étais convaincu d’être incapable d’aimer. Je prenais les sentiments que je ressentais envers Lyra comme de l’affection sincère. Pourtant, comment des êtres diaboliques tel que nous pourraient ressentir l’amour donné par Dieu dans Sa grande bonté ? Comment pourrait-Il nous permettre d’user de Son cadeau alors que la plupart d’entre nous tuaient Sa création ?
L’amour nous était donc interdit. C’était la logique même.
Mon sentiment d’inquiétude et de protection envers Lyra étaient donc dû à l’affection que je lui portais en remerciement de ces années passées ensemble. Elle m’avait sorti de ma solitude… Comment ne pourrais-je pas lui en être reconnaissant ?

Les trois vampires avaient captés notre odeur, ce qui était visible dans l’augmentation de leur vitesse de course. Mû par un sentiment instinctif de protection, je fis un léger pas en avant pour me mettre un peu devant elle. Je ne m’étais jamais battu réellement en tant que vampire, mais humain j’avais de bonnes notions apprises par un ami de mon père. Je ne serais pas étonné de m’en souvenir encore si le besoin s’en faisait sentir… Même si bien sûr je ne voulais pas en arriver à ses extrémités.

- Rassurez-vous… Vous n’avez rien fait de mal… Il n’y a aucune raison que ça dégénère…

Nous laissâmes donc les vampires monter jusqu’à nous dans un silence tendu. Le soleil commençait réellement sa descente teintant le ciel de reflets rosées qui allaient en s’intensifiant. La fin de journée aurait pu être superbe si nous avions été seuls…Mais ils arrivaient et avec eux, notre destin.
Ils apparurent soudain dans notre vision presque comme s’ils venaient de nulle part. Ils se déployèrent, marchant les uns à côté des autres comme pour faire front. Moi, je me redressais de toute ma stature montrant que je n’avais pas peur d’eux. Pour certains ce serait passé pour de la folie…

- Ah, vous voilà. Ils marchèrent jusqu’à nous et s’arrêtèrent à un ou deux mètres dans un mouvement parfaitement coordonné. Dame Lyra, Seigneur Aro souhaite vous recevoir.

C’étaient des mots bien étudiés, mais terriblement dangereux pour celui qui était tenté de refuser. On ne refusait pas un entretien avec Aro. Je ne bougeais pas d’un millimètre en attendant que Lyra réponde. Mon regard plongea dans celui du vampire qui venait de s’exprimer. Si l’invitation n’était pas pour moi, je comptais bien l’accompagner, qu’ils le veuillent ou non.

[HRP : Je joues les vampires pour toi, tu les joues pour moi ? Qu’on s’embête un peu l’un l’autre mdr !]


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MessageSujet: Re: [1719] Bouleversement [PV : Volturi, Carlisle Cullen, Lyra Broomwich]   Mar 1 Fév - 22:23

Ils approchaient. Doucement. Ma prise sur le bras de Carlisle se faisait plus forte. Et bientôt, je sentis ses doigts frais et doux sur les miens. Comme une protection. Je tournai les yeux vers lui, mais non parce que j’étais surprise. Je le voyais, tentant de me donner du courage, se mettant en avant au cas où… Je priai Dieu pour que rien n’arrive, malgré tout. Au loin résonnaient les pas feutrés des vampires de la gardes, flairant notre piste grâce au vent qui avait tourné.
Carlisle en avant, prêt à me protéger s’ils attaquaient. Dieu comme il était dangereux de provoquer les plus Grands… Je le regardai, de dos. Il était si courageux de faire face. Lui qui était d’habitude calme et pacifiste. Si je le perdais… oh, mon Dieu, je n’osais même pas imaginer ce qu’il se passerait…

Carlisle… Lui qui m’avait appris à aimer à nouveau. Moi qui avait haïs tous et tout le monde depuis des siècles entiers. J’avais toujours été sur mes gardes, toujours douté des autres, des alliés que je pouvais me faire. Longtemps je m’étais dit qu’être Enfant du Diable était une trop lourde tâche, et que l’enfer n’était que de vivre une autre vie, une vie bien plus difficile que celle qu’on pouvait mener de notre vivant. Et toujours je m’étais questionnée sur mes fautes, celle que j’avais pu commettre durant mes dix-huit années d’humanité. Jamais je n’avais pensé agir incorrectement. Et pourtant Dieu m’avait puni.
Pourquoi ?
Mais maintenant, maintenant… J’avais rencontré l’être le plus merveilleux qui soit. J’avais pu rencontrer un homme qui avait toute ma confiance, dont je n’avais pas à me méfier. Un « ami »…

- Rassurez-vous…Vous n’avez rien fait de mal… Il n’y a aucune raison que ça dégénère…

Carlisle… Le seul qui jusqu’à présent aie su me rassurer et m’apporter toute son aide. Un homme sur qui je pouvais compter…
Les trois vampires arrivèrent jusqu’à nous en quelques minutes. Telle une jeune fille perdue, je me tenais timidement au milieu de la clairière, paralysée par la peur qui me prenait au cœur. Carlisle, devant moi, faisait mine d’être prêt à les affronter. Voyant les trois silhouettes se stopper devant nous, ma respiration se coupa alors que mon visage effaçait toute trace d’émotion. La gorge sèche, j’écoutais ce qu’avait à dire le messager.

- Ah, vous voila, dit celui du milieu en ôtant sa capuche. Dame Lyra, sourit-il, Seigneur Aro souhaite vous recevoir.

Un intense regard grenat se fixa sur lui. Recevoir avait bien des sens… Que me réservait Aro ? Quel sort allait me jeter le destin ? Prenant un air aussi froid que possible, je me rapprochai de Carlisle dont je caressai furtivement la main. Je me postai devant lui, face au porteur du message qui porta son attention du moi.

- Je vous suis, messieurs, dis-je calmement.
- Très bien, ma chère. Veuillez nous suivre… Seigneur Carlisle, votre présence n’est pas indispensable, vous pouvez rester ici ou bien vous rendre dans vos quartiers…

L’un des deux autres vampires tendit un long manteau noir à son chef qui me le proposa à son tour, un sourire indéchiffrable aux lèvres. Je le lui pris lentement en faisant fi de son expression.

- Merci.

Je fis tourner l’étoffe noire et épaisse pour la placer sur mes épaules. Je fermai la boucle et rabattis la capuche. Ceci fait, je me tournai vers le vampire à la tête nue.

- Allons-y Sieur…Le Seigneur Aro n’aime pas vraiment attendre.

J’allai pour le suivre, lui et son acolyte, lorsque le troisième s’anima, s’approchant de Carlisle, barrant sa route. Le messager s’arrêta et se retourna prestement.

- Carlisle, soufflai-je…affolée.

Le vampire à la tête nue attendait qu’il se passe quelque chose. Il n’intervenait pas.
Mon cœur se serra alors que je voyais un obstacle se lever entre lui et moi. Carlisle. J’avais encore une once d’assurance lorsqu’il était près de moi mais si j’étais seule face à Aro et les autres Seigneurs, face à Jane et Alec, leur majesté et leur puissant charisme abattrait tout mon courage et le reste de mon assurance.
L’acolyte devant mon Ami ne bougeait pas d’un pouce, attendant une réaction, une décision de Carlisle.
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[1719] Bouleversement [PV : Volturi, Carlisle Cullen, Lyra Broomwich]

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