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 [1719] Bouleversement [PV : Volturi, Carlisle Cullen, Lyra Broomwich]

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Carlisle Cullen
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MessageSujet: Re: [1719] Bouleversement [PV : Volturi, Carlisle Cullen, Lyra Broomwich]   Jeu 2 Juin - 22:53

Alec ne démordait pas sur le fait que j'étais amoureux de Lyra et cela commençait à m'agacer intérieurement. Je ne savais pas vraiment pourquoi je ne voulais pas l'admettre mais quelque chose me dérangeait sur le fait d'aimer. Les vampires n'étaient pas fait pour aimer...
Je suivis du regard le départ de Félix, me demandant ce qu'il était venu faire ici. Peut être juste me surveiller après tout. Mais avant de partir il m'informa que Lyra était sortie, au moment même où je sentais sa flagrance dans le couloir. Mon coeur sembla faire un bond, et mon corps se détendit soudain.
Cependant, le rapprochement d'Alec mit fin à cette furtive sensation de soulagement.

- Carlisle, vous vous voilez la face. Nous savons ce que nous voyons, Lyra et vous êtes les seuls à rester aveugles. Pourquoi refusez l’évidence qu’un vampire puisse s’enticher d’un autre ? Nous n’avons même pas eu besoin de Marcus pour être mis au parfum…

- Peut être êtes vous si seul et triste que vous croyez aux contes d'enfant ? Les démons n'aiment pas... Et n'est ce pas ce que nous sommes ?

Il continua à m'assaillir de ses railleries mais je ne l'écoutais qu'à moitié. Une partie de moi-même était déjà partie rejoindre Lyra.

- Ecoutez Alec, je vais vous faire une promesse... Le jour où je serais amoureux, vous en serez le premier averti. Je me levais, gardant un calme apparent. Veuillez m'excuser, je vais aller m'enquérir de son état. Je souhaite vous avoir bien distrait..

Je lui souris poliment en me demandant si un jour je ne paierais pas mon audace. Mais peu importait pour le moment. D'ailleurs, selon ce que voulait Lyra, je prévoyais de ne plus rester très longtemps dans ce palais. J'allais ranger mes livres à la place exacte à laquelle je les avais pris, et me rendis jusqu'à la porte d'entrée.

- Bonne fin de journée. Passez donc mes salutations à Aro.

Je sortis et dus me retenir de courir pour retrouver Lyra. Je me demandais si elle s'était rendu là où je lui avais demandé, et dans le doute, je préférais suivre son parfum plutôt que de sortir du palais avant de me rendre compte qu'elle m'attendait à l'intérieur. Je pris mon temps en pensant être éventuellement surveillé. Je ne voulais pas donner une raison de plus à Alec de se moquer de moi.
L'odeur me mena à mes quartiers et je sortis ma clé pour ouvrir les portes. J'entrais, les laissais ouvertes quelques secondes de plus, devinant sa présence et désirant la laisser entrer, avant de les refermer. Je retirais mon pardessus que je n'avais pas enlevé depuis notre sortie et le posais sur le banc au pied du lit. Puis je me retournais et inspirais à fond. A moins que je n'imagine son parfum, elle était là. Le lys semblait être partout...

- Dame Lyra ? Vous ne craignez plus rien... Pourriez-vous vous montrer à moi.. Plus bas, je murmurais. Au moins pour ne pas que je me croie fou...

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MessageSujet: Re: [1719] Bouleversement [PV : Volturi, Carlisle Cullen, Lyra Broomwich]   Lun 6 Juin - 17:49

Adossée à la porte, mes yeux contemplaient le vide alors que je ressassais tout ce qui avait été dis depuis pratiquement une heure, maintenant. Le tout en restant dissimulée et sans faire un seul bruit. Aro avait-il raison ? Ne résisterai-je pas à ce nouveau régime ? Faisais-je cela uniquement pour Carlisle ?

Au fond je savais que non. Je ne voulais plus tuer d’innocentes personnes, qu’ils soient hommes, femmes ou enfants, je ne voulais plus tuer. Plus du tout. Je ne voulais pas regretter chaque vie que je retirais, je ne voulais pas me sentir coupable des larmes qu’on entendrait plus tard, je ne voulais plus tout ça…

Allais-je craquer ? Serais-je trop faible pour supporter ce choix ? Je l’ignorais. J’avais entendu parler de ces personnes qu’on appelait « chanteurs » ou « chanteuses ». Des humains dont le sang était irrésistible pour un unique vampire. Lui seul serait incapable de se retenir face à lui ou elle. Allais-je rencontrer cette personne ? Grand Dieu… J’espérais que non…

Des pas résonnèrent dans le couloir. Faussement calmes. Une démarche que je reconnaissais entre mille, tant je l’avais entendue.

Carlisle. Enfin.

Je soupirai de soulagement. Mais je n’avais pas la tête à réapparaître dans le couloir, qui sait si quelqu’un passait à ce moment-là… Je tournai autour de lui lentement, l’observait tirer de sa poche la clé de ses appartements. Je le contemplais longuement, ouvrir la porte et entrer. Il se planta au milieu de la pièce, me chercha du regard. Je restai à l’extérieur, contre la porte.

- Dame Lyra ? Vous ne craignez plus rien…Pourriez-vous vous montrer à moi…

Sa voix semblait tremblante, avec une pointe de tristesse. J’entrai doucement, sans bruit. Mais dans le même geste, j’entendis, avec une tonalité moindre et une petite teinte de désespoir :

- Au moins pour que je ne me croie pas fou…

Cette lueur dans ses yeux, je la vis alors que je me tournai vers lui. Une lumière si étrange…
Je baissais les yeux, me réprimant soudainement de le contempler avec tant d’insistance. J’eus un petit sourire puis me dirigeai vers les portes. Je regardai à l’extérieur veillant à ce que personne ne voit rien puis je tirais doucement la porte et la fermai.

Puis j’employai ma concentration à faire réapparaître mon corps et ma robe. Je m’étais assise sur le siège qui se trouvait au pied du lit de Carlisle.

- Ici, My Lord, soufflai-je.

Je le contemplai d’un petit regard triste, même si j’étais soulagée que nous fussions tous les deux saufs. Je lui offris un petit sourire.

- Comment allez-vous, mon ami ? Que s’est-il passé à la bibliothèque ?

J’étais inquiète pour lui. La présence d’Alec et de Felix, que j’avais sentie en même temps que celle de Carlisle, dans une même pièce n’annonçait généralement pas de bonne chose. Et je savais pertinemment que nous étions tout deux devenus les sujets des conversations et des moqueries au palais. Qu’avaient fait Alec et Felix ?
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MessageSujet: Re: [1719] Bouleversement [PV : Volturi, Carlisle Cullen, Lyra Broomwich]   Dim 26 Juin - 15:58

Le temps me parut presque interminable avant qu'elle ne se montre à moi. Mes yeux cherchaient avidement le moindre mouvement qu'ils puissent capter. Je continuais à me concentrer sur ma respiration et l'odeur de lys emplissait toujours mes sens. Elle était là, j'en étais certain. Mais alors pourquoi ne se montrait-elle pas ? Que pouvait bien lui avoir dit Aro ? Doutait-elle de moi ? De nous ?
De nous... Il n'y avait pas de nous... Voilà que les idées d'Alec commençaient à faire son chemin...

- Ici, My Lord

Je me retournais lentement, croyant une seconde avoir rêvé sa voix. Mais non, elle était bien là, assise au pied de mon lit dans une posture magnifique. Je ne pus m'empêcher de souffler:

- Dieu soit loué...

Elle semblait être indemne, du moins physiquement, de sa rencontre avec le seigneur. Sur mes épaules, le poids des tourments et de l'inquiétude s'allégea, laissant place à un soulagement intense. Si profond que j'en fus surpris. Oui, j'avais été inquiet pour elle. Mais à ce point là ?
Sur mes lèvres apparut un sourire en réponse au sien. Un sourire joyeux comme j'en faisais rarement. J'hésitais à me rapprocher, ne me lassant pas de la regarder comme pour m'imprégner de la chance que nous avions d'être réunis.

- Comment allez-vous, mon ami ? Que s’est-il passé à la bibliothèque ?

Sa question me fit revenir brutalement à la réalité. Que s'était-il passé à la bibliothèque ? Des sarcasmes et des moqueries. Rien d'inhabituel en soi, sauf que cette fois, je me rendais compte, à présent, combien Alec avait raison dans ses propos.

- Rien d'important Darling. Alec et Felix était là, et ils ont jugé bon de me taquiner un peu.

Heureusement, Jane n'avait pas été de la partie.
Je fis quelques pas vers elle et dus me retenir de frôler sa joue de ma main pour vérifier sa présence. A la place, je m'assis à ses côtés et posais mes doigts sur les siens.

- Vous n'imaginez pas comme je suis heureux de vous savoir saine et sauve. Qu'a dit Aro ? Vous a t-il puni ?

Je la regardais, plongeant mon regard dans le sien comme si je ne pourrais plus m'en assouvir. Quelque chose avait changé en moi, sans que je ne sache comment ni quoi. Mais ça n'avait pas d'importance, car nous étions ensemble... Et dorénavant, nous nous suffirions à nous même...

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MessageSujet: Re: [1719] Bouleversement [PV : Volturi, Carlisle Cullen, Lyra Broomwich]   Mar 28 Juin - 13:38

Il me regardait, les yeux luisant de joie et les lèvres étirées en un sourire de soulagement et de gaieté. Lorsqu’elle prenait possession de ses traits, la joie magnifiait réellement le visage de Carlisle. Malheureusement, ces sourires si beaux et cette gaieté en lui étaient très rares et chacun de ces moments était à graver dans sa mémoire, car la plupart du temps, il y avait en cet homme une mélancolie constante, une tristesse ancrée dans son cœur depuis qu’il était devenu ce qu’il était. Il m’avait raconté son histoire, et je savais à quel point sa nature le répugnait, être chez les Volturi ne devait rien arranger à sa situation, et j’osais espérer que, sorti du palais, les sentiments qui le pesaient se faisaient plus légers et son expression moins triste.
Son sourire me fit oublier rapidement où je pouvais me trouver et ce que je venais de traverser. Je tâchais de conserver dans ma mémoire le moindre petit détail qui composait son magnifique sourire. Ma question lui fit néanmoins retourner à son expression habituelle et je me maudis de la lui avoir posée. Sa voix résonna dans la haute pièce :

- Rien d’important Darling. Alec et Felix étaient là, et ils ont jugé bon de me taquiner un peu.

Alec et Felix… Je supposais que c’était Alec l’organisateur de cette petite « discussion », et que c’était lui qui avait du parler principalement. Il aimait cela, surtout si ça pouvait embarrasser ou blesser les autres. La souffrance que pouvait véhiculer Alec, Jane en avait fait un don, procurant torture et souffrance par l’esprit. Ils étaient bien frère et sœur, ces deux-là ! Carlisle n’avait d’ailleurs pas mentionné le nom de Jane. Dieu soit loué, sinon il n’en serait pas sorti aussi facilement…

- Dieu merci… soupirai-je.

Même s’il n’aurait pu se passer autre chose dans la bibliothèque qu’une simple discussion, j’étais soulagée de savoir que Carlisle allait bien après cette rencontre. De plus les deux hommes auraient pu lui adresser une demande de Aro, de se présenter aux Seigneurs par exemple. Mais non. Tant mieux.

Carlisle s’approcha de moi et m’avisa durant une seconde avant de s’asseoir et de poser ses mains sur les miennes. Après un regard à son attention, je baissai la tête pour contempler nos doigts entremêlés.

- Vous n’imaginez pas comme je suis heureux de vous savoir saine et sauve. Qu’a dit Aro ? Vous a-t-il puni ?

Le début des paroles de Carlisle fendirent mes lèvres en un petit sourire joyeux puis ses questions vinrent, rendant mon air plus fermé. Je relevai la tête pour rencontrer ses yeux. Alors que je me perdais dans ses prunelles ambrées, mes pensées revinrent sur ce qu’avait dit Aro.

« …votre tendre ami… il en serait dévasté… »

Que pouvait-il bien sous-entendre par tout cela ? Fusse-t-il possible que Carlisle et moi soyons…Les paroles d’Aro avaient toute semblées être a double sens, parler de deux choses à la fois. De ma décision, mais aussi de Carlisle. Qu’il m’ait parlé de ses états d’âme, et l’avoir appelé comme il l’avait fait… Cela sous-entendait-il que j’étais aveugle du lien qui nous unissait ? Je ne pensais qu’à de l’Amitié…Mais cela était-il plus profond que ça ?

Et Carlisle ? Pensait-il comme Aro ? Etait-il rempli d’attentions qu’il s’empêchait de me donner de peur que je le fuie par peur ? D’après ce qu’il m’avait dit, cela était impossible, car il n’estimait pas les vampires capables d’aimer…Peut être se trompait-il ?

J’avais du mal à croire tout cela, mais rien de tout ça ne nous intéressait pour le moment. Je finis par dire :

- Non, aucune punition, souris-je. Il accepte ma décision, mais m’a dit de m’en tenir à ce nouveau régime et de ne pas revenir sur mes pas.

Je laissai couler quelques secondes de silence durant lesquelles je baissais les yeux. Une de mes mains soutint celle de mon Ami, tandis que l’autre se posait doucement sur elle, presque inconsciemment. Je relevai la tête, regardai de nouveau Carlisle, de qui j’étais bien proche…

- Il pense que je vais revenir vers eux, Carlisle… Il en est sûr.
J’avais peur que par ses mots, Aro ait scellé mon destin. Qu’à la moindre occasion de craquer, je laisse sa prédiction se confirmer. J’avais peur, pour Carlisle. La « punition » m’attendait là où j’avais juré de ne plus jamais remettre les pieds. Si je cédais à mon instinct monstrueux, la sentence d’Aro allait tomber. C’était certain.

Et là, j’allais tout perdre, j’en étais sûre. Cela allait la fin du monde, de mon monde. Carlisle en pâtirait, c’était certain. Et je ne me le pardonnerais jamais…
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MessageSujet: Re: [1719] Bouleversement [PV : Volturi, Carlisle Cullen, Lyra Broomwich]   Ven 8 Juil - 16:24

Elle mit plusieurs secondes à répondre à ma question. Je pouvais presque entendre les rouages de son cerveau réfléchir. Mais à quoi ? L'entretien était-il si affreux qu'elle triait les informations à me donner pour ne pas que je m'inquiète outre mesure ? Aro avait-il proféré des menaces ? Devait-elle partir et cherchait-elle le meilleur moyen de me l'annoncer ? J'essayais de calmer l'appréhension qui remplissait de nouveau mon ventre sans, toutefois, y parvenir parfaitement. Sans m'en rendre compte, je coupais ma respiration alors qu'elle répondait dans un petit sourire.

- Non, aucune punition. Il accepte ma décision, mais m’a dit de m’en tenir à ce nouveau régime et de ne pas revenir sur mes pas.

Je soupirais doucement en lui lançant un petit regard qui aurait tout aussi bien pu être dit par "ne me faîtes pas de si grande frayeur". Je supposais qu'elle ne le vit pas cependant, car elle avait baissé les yeux sur ses doigts, entourant les miens.
Pour ma part, mon regard changea, redevenant inquiet en devinant qu'elle n'avait pas tout dit. Mes yeux glissèrent sur ses longs cils noirs qui juraient sur sa peau d'albâtre. Puis ils descendirent jusqu'à ses lèvres légèrement pincées et pourtant d'un rouge profond. Je l'admirais quelques secondes et pourtant, je cherchais son regard... Je voulais ses prunelles...

Comme en réponse à ma demande silencieuse, elle releva les yeux et je soupirais doucement d'allégresse.

- C'est plutôt une bonne nouvelle, non ?
- Il pense que je vais revenir vers eux, Carlisle… Il en est sûr.

Je déglutis difficilement. Je ne savais pas si c'était à cause de notre proximité ou de ses paroles. Un très léger geste et nos lèvres pourraient se toucher... Et pourtant mon esprit essayait de comprendre le raisonnement des Seigneurs.
Ainsi Aro était certain qu'elle ne tiendrait pas. Et comment savait-il cela ? Il n'avait pas le don de voir le futur à ma connaissance. Ce n'était forcément qu'un moyen de pression...

- Il cherche à vous intimider... Il est si bon pour cela... Pour faire douter.

Sans m'en rendre compte, j'entrelaçais mes doigts aux siens et les serrais doucement. L'idée qui germait dans mon esprit depuis plusieurs semaines... Que dis-je... Depuis plusieurs mois... Refit surface avec une clarté impressionnante. Elle était la réponse à toutes nos questions. Tous nos doutes...
Dans un souffle, je murmurais à mi voix, comme si on pouvait être entendu et que ces paroles annoncerait une mise à mort.

- Partons... Tous les deux...

Je réfléchis à ce que je venais de dire, presque choqué par mes propres propos. Après tout, il n'était pas interdit de partir. Nous ne faisions même pas partie de la garde. Pourquoi nous empêcherait-il de nous éloigner ? Au fond de moi, j'avais la réponse à cette question, mais je ne voulais pas y faire face... Le don de Lyra était probablement trop précieux pour Aro... Mais je voulais sottement y croire...

- Il n'y aura plus d'enjeux... Et si vous ne pouvez tenir ce régime... Peu importe... Nous trouverons une solution...

Je savais aussi que ça aurait de l'importance. Que je ne pourrais pas vivre en sachant que nous laisserions des cadavres humains dans notre sillage... Mais pour le moment, il ne fallait pas que je pense à cela.
Elle allait tenir... Il en allait de notre avenir commun...

-------------------------------
ARO

Je l'avais regardé sortir de la grande salle avec toute la dignité dont elle était capable tandis que je réfléchissais. J'allais devoir mettre des moyens en place pour la faire craquer, sinon, je la perdrais. Et quel gâchis cela serait.

- Il va bientôt falloir que nous l'enrôlions dans la garde... De gré ou de force...
- Cela à l'air mal parti Aro... C'est Carlisle qu'elle va garder... murmura Caius.

Je souris à l'allusion.

- Je suis loin d'avoir épuisé mes ressources... Et elle se fait de plus en plus intéressante.

Je levais les yeux vers Chelsea. Une de mes préférées. Son don était d'une utilité quotidienne. Ne serait-ce que pour conserver la garde unie, à commencer par Marcus qui voulait partir depuis la mort de ma soeur. Ah, l'amour...

A ce moment là, Félix et Alec entrèrent en silence. Il restèrent devant les portes en attendant que je les autorise à avancer. D'un geste je les invitais à me faire leur rapport. J'avais demandé à Félix une mission bien précise et je ne comprenais pas pourquoi Alec était avec lui. Les deux se regardèrent, ne sachant pas lequel devait parler en premier.

- Et bien ?
- Quand je suis arrivé, Alec le questionnait déjà.
- A quel propos ?
- Celui pour lequel vous m'avez missionné.

Je souris. Ces jumeaux réfléchissaient d'une telle façon qu'ils prenaient des initiatives avant même que je ne les demande. J'adorais cela.

- Très bien... Et donc Alec, votre verdict ?
- Ils vont partir... Il ne se l'avoue pas lui même mais leurs sentiments sont très fort. Il cherchait le passage de la bibliothèque quand je suis entré.
- Oh, j'aurais dû la faire crier un peu alors. J'aurais tellement aimé, voir entrer le chevalier blanc en scène ! Quelle déception...

S'ils voulaient partir, nous devions prendre une décision tout de suite cependant... Je tendis donc mes deux mains pour voir les pensées de mes deux compatriotes.
Marcus s'en fichait royalement, même si le calme de Dame Lyra l'avait impressionné.
Quand à Caius, il préconisait de les tuer tous les deux pour éviter des ennuis futur.

Même si tuer ne me dérangerait absolument pas, je tenais à essayer de préserver le don de Dame Lyra. Et tuer seulement Carlisle rendrait ladite dame trop rancunière pour m'être utile même avec le don de Chelsea.
Non... Il fallait que Carlisle parte seul et que Lyra trouve en notre sein, la protection et le respect qui lui était dû...
Je relevais les yeux sur Alec et Felix.

- Trouvez-moi les humains les plus succulents que vous pourrez... Prenez Heidi avec vous...

Puis, je me tournais vers Chelsea. Dans un doux sourire enjôleur, j'ordonnais.

- Et vous, commencez donc à insuffler un peu de discorde entre ces deux là...

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MessageSujet: Re: [1719] Bouleversement [PV : Volturi, Carlisle Cullen, Lyra Broomwich]   Dim 31 Juil - 21:29

- Il cherche à vous intimider…Il est si bon pour cela…Pour faire douter.

Ses mains serrèrent doucement les miennes, comme pour les protéger. Je le regardais dans les yeux, ses beaux yeux ambrés. Nous étions si proche, cela ne me gênait pourtant pas. Je me sentais au contraire rassurée. Il était près de moi, peu de chose comptait à présent. Je priais pour ne pas qu’il s’éloigne.

- Vous pensez ? Je prie pour que vous ayez raison…

Je le regardais toujours, une détresse marquée dans les yeux. C’était si simple, avec lui, de m’exprimer, je ne pensais jamais avoir besoin de me cacher de quoi que ce soit…
Ses prunelles étaient perdues dans le vague, comme happée par une pensée qu’il finit par formuler.

- Partons…tous les deux…

Je le regardai soudainement, les yeux glacés d’effroi. Penser ceci, ici était déjà quelque chose de difficile, l’énoncer était un tabou naturel.

- Carlisle, vous n’y pensez pas…

- Il n’y aura plus d’enjeux… Et si vous ne pouvez tenir ce régime…Peu importe… Nous trouverons une solution…

- Carlisle… Vous savez parfaitement que, peu importe où nous irons, ils seraient capables de nous retrouver ! Je ne veux passer mon existence à fuir…

Je pris une de ses mains entre les miennes et en caressai le dos.

- C’est une solution de facilité… Je préfère montrer à Aro qu’il perd cette bataille et que nous partions sans qu’il ait quoi que ce soit pour nous retenir…

Je souris faiblement à Carlisle, seul soutien ici-bas dans ce palais. Un de mes doigts s’égara dans un pli de son costume.

- Je préfère combattre gagner contre le destin qu’il m’impose, et pouvoir partir sans avoir de compte à lui rendre.

Je le regardais dans les yeux. Une de mes mains se posa sur son épaule, un peu malgré moi.

- Je tiendrai.

Je ne pouvais néanmoins me dire qu’il me serait facile de changer le régime que j’avais depuis des siècles. Même avec une volonté de fer, je pouvais perdre le combat contre moi-même. Tout était possible. Et étrangement, je sentais que je n’allais pas être aidée par les autres habitants du palais…

Je me levais et déliais nos doigts avec douceur. Je posais mes mains sur mon cœur en marchant lentement vers un grand tableau représentant un paysage. Une vallée verte et plantée de chêne s’éveillant sous les raies dorées du soleil constituait le dessin, et à la fois une sorte de fenêtre sur des rêves qu’on ne pouvait qu’ébaucher… Mes doigts caressèrent le cadre massif et sculpté.

- Partir... Quelle folle idée ! Et pourtant…si tentant…
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MessageSujet: Re: [1719] Bouleversement [PV : Volturi, Carlisle Cullen, Lyra Broomwich]   Mer 3 Aoû - 16:55

(Essaie d'écouter l'OST de New Moon en lisant ça... je l'ai écrit avec et je décédais mdr.... )

A sa réaction, je sus que j’avais dit la phrase qu’il ne fallait pas. Je sus qu’elle ne me suivrait pas. Et au fond de moi je pestais de notre peur commune, tout en me demandant comment nous en étions arrivé là. Nous vivions depuis près de 20 ans ici, et en fait, nous vivions dans la peur constante des règles émises par les trois Seigneurs. Mais pourquoi restions-nous ? Pourquoi demeurais-je encore ici ?

- Carlisle, vous n’y pensez pas… Vous savez parfaitement que, peu importe où nous irons, ils seraient capables de nous retrouver ! Je ne veux passer mon existence à fuir…

Elle enferma doucement une de mes mains entre les siennes et caressa le dos faisant naître de légers frissons sur ma peau. Je baissais les yeux sur nos mains enlacées, une profonde tristesse s’emparant de mon cœur. Je savais que j’allais partir. Je le savais aussi sûrement que je me savais mort. La question à présent était de savoir quand.

- C’est une solution de facilité… Je préfère montrer à Aro qu’il perd cette bataille et que nous partions sans qu’il ait quoi que ce soit pour nous retenir…

Sur le fond j’étais d’accord, mais je ne pus répondre à son sourire, alors je levais les yeux sur elle en sentant ses doigts sur mon col. C’était comme si quelque chose s’était cassé en moi. En lui proposant de m’accompagner je lui montrais mes sentiments… Du moins je lui confiais que je voulais rester avec elle et me battre pour elle. Que je voulais prendre des risques pour que nous puissions être en paix.
Et elle refusait.
Même si je me le cachais, au fond de moi, j’avais l’impression qu’elle me refusait tout entier. Je ne savais même pas quoi répondre à ses propos… J’avais cette impression affreuse que c’était maintenant où jamais. Que nous pourrions nous en sortir si nous partions maintenant, mais que ce serait trop tard si nous attendions.
Aro ne pouvait pas nous empêcher de partir. Pas à deux. J’en étais certain.

- Je préfère combattre gagner contre le destin qu’il m’impose, et pouvoir partir sans avoir de compte à lui rendre.
- Je comprends.

En vérité, je ne comprenais pas vraiment, mais je l’acceptais. C’était sa décision. J’allais devoir prendre la mienne aussi… Mais pas tout de suite.
Nos prunelles se retrouvèrent et je tentais de cacher la tristesse profonde que je ressentais. J’essayais de sourire en sentant sa main sur mon épaule.

- Je tiendrai.
- Je le sais.

J’effleurais sa joue du bout des doigts jusqu’à ce qu’elle se lève. Ma main retomba alors sur ma cuisse. Je ne la suivis pas des yeux, mon regard restant à détailler, sans le voir vraiment, le recouvre lit noir décoré de légers liserés dorés. Pourquoi donc avais-je cette impression que ce que nous avions mis tant de temps à construire allait se désagréger ?
Et pourtant, je refoulais ce ressenti. Je voulais encore y croire. Je devais lui faire confiance.

- Partir... Quelle folle idée ! Et pourtant…si tentant…

Je sursautais presque à ses mots. L’idée faisait-elle son chemin dans sa tête ? Pourrait-elle changer d’avis ? Il ne fallait pas que j’y croie… Et pourtant ma voix parla d’elle-même.

- Ce n’est pas si fou. Rien n’interdit de partir quand on le souhaite. Je ne parlais pas de fuite darling, mais bien de leur dire que nous partons, et que nous les remercions pour leur accueil. Cependant…

Je repartis dans mes pensées, mon esprit cherchant une solution qui pourrait allier nos deux envies. La sienne de prouver à Aro de quoi elle était capable, et la mienne de partir.

- Nous pourrions… Dire que nous voulons voir le monde. Que nous reviendrons et qu’il pourra constater de vos prunelles dorées.

Je me retournais enfin vers elle. J’avais peur de tant de choses en restant ici. Peur de ce que pourrait faire Aro pour prouver qu’il avait raison. Peur qu’Alec ne dévoile à Lyra ce qu’il croyait être mes sentiments. Peur que cet endroit ne gâche ce que pourrait être notre relation. Peut être avais-je en fin de compte, juste peur de perdre ce que j’avais difficilement acquis: une véritable amie et quelqu’un sur qui je pouvais compter. Quelqu’un qui me faisait du bien. Je ne voulais pas me retrouver seul à nouveau… Jamais.

- Ou bien… Nous pourrions… Rester et attendre… Partir lorsque vous serez habituée à ce nouveau régime… Oui… Je suppose que nous pourrions faire cela.

Je ne savais pas alors, à quel point, nous venions de sceller notre destin.

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MessageSujet: Re: [1719] Bouleversement [PV : Volturi, Carlisle Cullen, Lyra Broomwich]   Ven 18 Nov - 21:04

Une seconde à peine de silence s’écoula avant que le chant qu’était la voix de Carlisle ne s’élève dans la pièce.

- Ce n’est pas si fou. Rien n’interdit de partir quand on le souhaite. Je ne parlais pas de fuite, darling, mais bien de leur dire que nous partons, et que nous les remercions pour leur accueil. Cependant…

Je me retournai vers lui et cherchai son regard, interloquée par l’idée qu’il proposait. Je restai silencieuse pour ne pas le couper dans sa réflexion, comme nous savions si bien le faire au cours de nos débats. Sa voix s’éleva de nouveau, telle une illusion :

- Nous pourrions… Dire que nous voulons voir le monde. Que nous reviendrons et qu’il pourra constater de vos prunelles dorées.

Étrange était l’impression que j’avais soudainement d’être emprisonnée, mais mes desseins étaient tout tracés, je savais comment procéder. Si Aro souhaitais que je reste, il allait devoir avoir un bon motif, un très bon motif. Car ma seule ambition était de quitter cet endroit devenu synonyme d’enfer. Et je ne comptais pas le quitter seule. Carlisle me comprenait aussi bien que je le comprenais. Nos positions étaient si semblables que notre complicité semblait parfaite.

- My Lord… murmurai-je, réalisant soudainement comme nos différences d’expressions avaient brouillé notre compréhension de l’autre.

Je m’avançai de nouveau vers lui alors qu’il exprimait avec une voix teintée de désespoir la dernière option qu’il nous restait. Je m’assis devant lui et posai une main sur son épaule, mon regard rubis illuminé de nouveau par la complicité qui nous liait tant. Je relevai son visage du bout de mes doigts sous son menton puis dis d’une voix douce :

- My Lord… Je ressens votre détresse et la comprends. Mais n’ayez crainte. Je crains que nos expressions ne nous aient guidées vers la confusion. Votre idées et la mienne sont bien semblables mais je m’étais mal exprimée.

Mes doigts effleurèrent sa joue.

- Bien évidemment, je ne compte pas rester plus de temps qu’il n’en faut, souris-je. Mon projet est de m’habituer assez bien au sang animal. Puis je lancerai à Aro une ultime provocation, je gagerai que je saurais résister à un de leur repas. Cette épreuve passée, les Seigneurs ne pourront plus rien pour nous retenir ici. Nous partirons alors, tous les deux, sur l’heure.

A cette dernière phrase, mes mains descendirent sur les siennes et je les capturais une nouvelle fois, comme si je scellais la plus grande des promesses.

J’espérai que ces mots lui donneraient du baume au cœur et l’encourageraient à me soutenir dans mes projets. Bien évidemment le seul problème restait le temps. Bien que nous en ayons à l’infini, bien des choses restaient éphémères. Et je craignais les caprices des Volturi qui pouvaient à tout instant changer le cours de mes projet, voire même les briser… Le plus tôt serait donc le mieux

- Et sans vous pour me seconder dans mon apprentissage, rien de tout cela ne sera possible… dis-je finalement.
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MessageSujet: Re: [1719] Bouleversement [PV : Volturi, Carlisle Cullen, Lyra Broomwich]   Dim 20 Nov - 22:52

- My Lord…

Je ne relevais pas les yeux vers elle en entendant mon surnom, alors qu'elle s'asseyait de nouveau près de moi. Je ne voulais pas qu'elle voit la tristesse qui me submergait, assuré que j'étais de la perdre. Sa main sur mon épaule me parut plus chaude que d'ordinaire mais étrangement ne parvint pas à réchauffer mon cœur. Elle m'obligea cependant à la regarder en levant doucement mon visage du bout des doigts.

- My Lord… Je ressens votre détresse et la comprends. Mais n’ayez crainte. Je crains que nos expressions ne nous aient guidées vers la confusion. Votre idée et la mienne sont bien semblables mais je m’étais mal exprimée.

Je frémis imperceptiblement sous ses doigts mais retins une pensée optimiste en attendant qu'elle m'expose son projet. Et j'avais bien fait. Celui-ci dépassait tout ce que j'imaginais. Elle voulait provoquer Aro. Elle voulait montrer sa force en allant à un repas sans boire. La fin était belle, mais je savais que nous ne l'atteindrions jamais. Ou bien était-ce un manque de confiance en elle de ma part ? Combien de mois cela allait-il prendre pour qu'elle résiste assez bien à l'appel du sang pour se permettre un tel challenge. Survivrions-nous en ce palais durant tout ce temps ?
Mes interrogations se calmèrent alors qu'elle prenait mes mains. Dans son regard, je voyais toute son assurance. Pourtant quelque chose en moi savait qu'elle ne comprenait pas à quoi s'attendre. Contenir mon envie de sang avait été dur pour moi. Cela l'était toujours aujourd'hui. Elle ne comprenait pas la difficulté d'un tel exercice.

- Et sans vous pour me seconder dans mon apprentissage, rien de tout cela ne sera possible…

Que répondre à cela à part que c'était pure folie. Je ne comprenais pas ce besoin de reconnaissance qu'elle avait. Pourquoi devait-elle défier Aro ? Pourquoi se jeter dans la gueule du loup ?

J'avais vécu cela.
Lors de ma première année parmi les Volturi, Aro avait eu la merveilleuse idée de me demander de participer à l'un de leur repas. Convaincu que cela allait aider à mon admission parmi eux, j'avais accepté tout en le prévenant que je ne boirais pas. Il m'avait répondu que tout le monde pouvait changer d'avis.
Je ne savais pas alors combien cela serait une torture.
Je me souviendrais à jamais de cette soirée. De ces cris, de cette pulsion de sang qui avait envahit tout mon être. J'avais fini par enfoncer profondément mes doigts dans le mur pour ne pas aller boire à ces gorges si tentantes. Me délecter de ce sang tant versé.
Et puis, cela ne m'avait pas du tout permis d'être plus accepté. Si les Seigneurs avaient compris que je ne changerais pas d'avis et que j'étais assez fort pour résister vraiment à un sang offert, il devint vite un sport national de me titiller à tout point de vue sur ce sujet. Quand ce n'était pas des conversations qui me faisait répéter inlassablement mes convictions, c'était des petites moqueries, ou pire, des humains ensanglantés qui se retrouvaient comme par magie dans ma salle de lecture.
Ces petites joyeusetés avaient duré quelques années, et même si parfois on me taquinait à ce sujet, il y avait un certain temps qu'on ne m'avait plus présenté de femme presque mourante à la sortie de ma chambre.

Je ne voulais pas que Lyra vive cela. Résister lors d'un repas avait été la chose la plus difficile que j'aie faite jusqu'à ce jour. J'espérais qu'elle lise dans mes prunelles toute ma frayeur alors que je l'observais.

- Vous n'y pensez pas Darling.. Seigneur...

J'étais incapable de mettre en ordre mes sentiments et mes mots se bloquaient dans ma gorge.

- Défier les Volturi est quelque chose que l'on ne doit pas faire à la légère. Que vous fera t-il si vous échouez ? Combien de temps pensez-vous qu'il faudra pour que vous soyez prête à un tel challenge ? Il m'a fallu plusieurs années de pratique ne serait-ce que pour pouvoir traverser un village sans tuer quiconque me croiserait. Lyra...

Je serrais ses mains entre les miennes et me penchais légèrement en avant. Il était temps maintenant d'arrêter de me voiler la face.

- Je tiens trop à vous pour permettre cela. Renoncez, je vous en prie, c'est folie de passer une telle épreuve. Je sais de quoi je parle pour l'avoir fait. Je ne peux attester d'une plus grande torture de toute ma vie. Et encore je n'ai jamais goûté au sang humain... Je suis presque certain que ce sera encore pire pour vous... Seigneur...

Il était rare que je parle autant. J'étais plutôt quelqu'un de réservé mais là, elle venait de toucher un point qui restait sensible malgré les années. Mon esprit n'était plus lucide, ne restait que la peur pour elle qui tordait mes entrailles. J'étais quasiment certain qu'Aro ne la tuerait pas si elle échouait, car son don lui était trop important, mais il pourrait l'obliger à rester parmi eux. Je ne le supporterais pas. Jamais...

- Je vous aiderais à ne plus dépendre du sang humain comme je l'ai promis. Mais je ne peux pas cautionner votre projet... Je suis désolé... Je reste convaincu que nous pouvons partir quand bon nous semble... Quels motifs auraient-ils pour nous garder ?

Ou plutôt, me garder... Parce qu'Aro avait tous les motifs du monde pour garder Lyra. Et ceux même si elle réussissait le challenge.
J'avais beau réfléchir, je ne voyais pas comment nous sortir de cette impasse...

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MessageSujet: Re: [1719] Bouleversement [PV : Volturi, Carlisle Cullen, Lyra Broomwich]   Ven 25 Nov - 21:26

[Lis ça et pleure ! T___T ]


Mes paroles moururent dans l’espace de la gigantesque chambre. Face à l’absence de réponse directe de mon Ami, je restai interdite. Je retenais un souffle inutile, par habitude. Carlisle semblait s’être plongé dans de douloureuses réflexions, sans doute même était-ce des souvenirs.

Je savais qu’il avait vécu ça, je savais que ç’avait été dur, sans doute bien plus que je ne pouvais l’imaginer, peut être même ne le pouvais-je pas. Et je le compris lorsqu’il releva lentement la tête vers moi, les yeux emplit d’une douleur, d’une souffrance incommensurable, comme si je m’étais retrouvée projetée au moment de ce fameux repas que jamais plus je n’oserai mentioner.

Lui qui n’avait jamais gouté au sang humain, lui qui avait toujours été fidèle à ses principe, ce jours-là, il avait failli tout bafouer pour l’irrésistible parfum du sang humain. Le chevalier blanc du palais avait failli être rabaissé à notre niveau, nous les tueurs…

- Vous n’y pensez pas Darling… Seigneur…

Ses mots, le ton même de sa voix, me brisèrent le cœur. Il mit plusieurs secondes à poursuivre :

- Défier les Volturi est quelque chose que l’on ne doit pas faire à la légère. Que vous feront-ils si vous échouez ? Combien de temps pensez-vous qu’il faudra pour que vous soyez prête à un tel challenge ? Il m’a fallu plusieurs années de pratique ne serait-ce que pour pouvoir traverser sans tuer quiconque me croiserait. Lyra…

Des années… Carlisle était vampire depuis presque un siècle et la tentation du sang humain lui semblait toujours aussi grande qu’à moi. Je le regardai d’un air désolé. Désolée de lui raviver autant de douleur, autant de souvenirs. Désolée de l’effrayer à ce point. Ses mains serrèrent les miennes, si bien que les jointures de ses doigts étaient blanches. Comment pouvais-je me permettre de le tourmenter ainsi ? J’aurais voulu être exécuté sur-le-champ.
Son visage s’approcha du mien et je plongeai mes yeux grenats dans l’ambre de ses prunelles.

- Carlisle… murmurai-je, du bout des lèvres.
- Je tiens trop à vous pour permettre cela. Renoncez je vous en prie, c’est folie de passer une telle épreuve, me supplia-t-il, brisant mon âme damnée de toute la douleur et la terreur qui animaient son regard. Je sais de quoi je parle pour l’avoir fait. Je ne peux attester d’une plus grande torture de toute ma vie.

Je n’eus pas besoin d’entendre ces mots que ses yeux me le hurlaient bien plus fort. Et la douleur que j’en ressentai ne devait pas être le centième de la sienne.

- Et encore je n’ai jamais goûté au sans humain…enchaina-t-il. Je suis presque certain que ce sera encore pire pour vous… Seigneur…

Nous étions là, assis au pied du lit, et il me parlait d’une souffrance plus grande que la sienne. Etrangement, je n’arrivais à imaginer pire torture que celle qu’il avait vécu… Une de mes mains se déroba aux siennes, trop désireuse de sécher des larmes qui eut existées s’il avait été humain. Elle se posa doucement sur son visage, mon pouce caressant sa pommette de gauche à droite avec douceur et compassion.

- Je vous aiderai à ne plus dépendre du sang humain comme je l’ai promis. Mais je ne veux pas cautionner votre projet… je suis désolé… Je reste convaincu que nous pouvons partir quand bon nous semble…Quels motifs auraient-ils pour nous garder ?

Ses supplications me touchaient si profondément que j’aurais été capable de dire n’importe quoi pour alléger sa peine, rassurer son cœur. Encore une fois, mon regard était désolé, désolé de tout ce que je lui disais, de tout ce que je pensais. Mais aussi désolé de ne point trouver autre alternative que celle-ci.

- Carlisle, soufflai-je à peine à cause de la douleur qui écrasait mon corps, sans vous je ne pourrais jamais y arriver…

Je ne me voyais pas être seule, je ne le voulais jamais plus. Carlisle semblait être un compagnon de toujours, une présence si ancrée dans ma vie que je ne me voyais pas faire mon chemin sans lui. Je voulais avoir sa droiture, sa résistance, je voulais pouvoir changer l’ordre des choses, contrecarrer le destin qui me semblait tout tracé. Carlisle était le premier élément perturbateur de cette histoire qui jusque là avait été bien trop paisible, trop prévisible. Je ne me setnais plus coincée dans ce chemin que je suivais, et je comptais bien emprunter les sentiers de l’inconnu et ordonner au Seigneur un destin moins douloureux.

Je repensai à cet enfant coincé parmi tout ces monstres. Son regard terrifié à un point que je ne connaissais pas, ou plus. Il m’avait ravivé une flamme d’humanité, il m’avait rappelé comme être la proie était si, si effrayant. Et ses yeux, la couleurs de ses cheveux, de qui les tenait-il ? Grand Dieu, combien d’orphelins et de veuves avais-je fais de par toute l’Europe ? Combien de larmes avais-je fait poindre dans mon sillage rouge sang ? Plus le temps passait, plus mes pensées défilaient, plus je pesais le poids de mes crimes.

L’âffre de l’alimentation par le sang humain me devenait horrible à vomir. J’avais envie de recracher tout ce sang, qu’il retourne à la terre et ramène à la vie ceux dont j’avais forcé le départ. S’étaient-ils au moins repenti avant que mes crocs ne les emporte ? Dieu, voyant qu’ils avaient été massacrés par le pire des Démon, leur avait-il offert une place dans son jardin, dans sa grande miséricorde ?

Je regardai longuement Carlisle tandis que je contemplais avec douleur et tristesse les visage de tous les êtres que j’avais envoyé à la mort. Et cela en faisait beaucoup depuis que j’avais été transformée. Ma main serra celles de Carlisle. Aussi fort que m’étreignaient la douleur et la culpabilité. Lentement, alors que mes yeux étaient toujours arimés aux siens, je prononçai, presque malgré moi :

- Carlisle. Le premier humains que j’ai tué était celui de trop. Plus j’y pense, plus je me rends compte de la souffrance que j’ai laissée derrière moi. Cette épreuve me paraît donc justifiée en deux sens : je ne vois pas de meilleure preuve à fournir à Aro et à ses pairs. Sans cela, Aro serait capable de chercher à me garder, je veux que mes yeux dorés soient le reflet de l’échec définitif de ses projets.

L’autre tranchant serait bien plus ardu à exprimer. Je ne relachai pas ma main posé sur sa joue mais pouce stoppa tout mouvement. Mon regard brilla d’assurance, je savais ce que je faisais, même si une fois derrière la porte de la salle des, tout me serait infiniment plus… insupportable.

- Carlisle, il y a une autre raison pour laquelle je souhaite traverser cette épreuve. Peut être trouverez-vous cela des plus sots, commençai-je, certaine qu’il répondrait oui si je lui laissai la moindre occasion de répondre. Je souhaite me repentir.

Je lui laissai une seconde le temps d’assimiler ces propos qu’il trouverait certainement plus qu’insupportable, mais je ne lui laissai pas la chance de répondre.

- Carlisle, j’ai péché… Chacune des morts que j’ai provoqué, chacune des âmes que j’ai arrachée au monde doit rechercher la paix, et jamais ils ne l’auront temps que je ne brûlerai pas en Enfers. Vous comme moi savons qu’il nous est impossible de mourir, et jamais Aro n’oserait quoi que ce soit contre moi si je ne le provoque pas directement, ou si je ne brise pas la règle. Nous savons tout deux pourquoi. Alors, cette épreuve m’est plus que nécessaire. Je dois souffrir… En signe de repentance. Ce n’est que Justice si je souffre à cause des humains, ces humains, femmes, enfants, familles, que j’ai poussé au deuil.

Jamais je n’avais autant parlé. Jamais ma foi n’avait été si forte. Carlisle devait être cet Ange qui me guidait lentement vers le chemin de la rédemption, même si je savais que sa douleur en cet instant ne pouvait être plus intense. Je laissai une nouvelle seconde de silence, puis repris :

- Je ne goûterai plus au sang, je me contenterai de brûler… si Dieu le veut.
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MessageSujet: Re: [1719] Bouleversement [PV : Volturi, Carlisle Cullen, Lyra Broomwich]   Sam 26 Nov - 2:28

Elle me regarda comme si elle comprenait mes paroles. Et au fond de moi je souhaitais ardemment qu'elle le fasse. Je voulais lui éviter les souffrances que j'avais vécu. Je voulais qu'elle n'aie pas à subir les moqueries et les tentations. J'étais surement naïf encore. Mais au fond, je voulais juste la protéger. Protéger la personne qui m'était le plus chère en ce monde. La seule qui me comprenait vraiment.
Mais il y avait tellement de tristesse dans ses yeux. Etait-ce ma propre douleur que je voyais dans ses prunelles ? Le voyait-elle ? Si oui, alors, elle allait retourner à la raison et écouter mon conseil.
Et puis soudain sa main vint se poser lentement sur ma joue. Je sus, sans trop comprendre comment, que j'avais perdu la partie. Que je la perdrais probablement. Je le savais aussi surement que je savais être un vampire. Et sa caresse sur ma joue ne parvint pas à atténuer la douleur qui ceignit mon corps entier lorsque je pris conscience de cela.

- Carlisle, sans vous je ne pourrais jamais y arriver…

Mon coeur se resserra... Pourquoi avais-je cette terrible impression ? Allez, Lyra, par pitié dîtes-moi les mots que je souhaite entendre. Pitié...
Mais son regard partit vers des contrées où je ne pouvais la rejoindre. Que revoyait-elle ? Sa vie entière ? Ses crimes ? Les moments que nous avions vécu ?
Sa main serra la mienne, et une seconde, une toute petite seconde, je crus que la force qu'elle mettait dans cette étreinte était celle d'une bonne résolution. Nous allions partir ensemble, et nous prendrions le temps qu'il fallait pour qu'elle soit prête à parcourir le monde à mes côtés. Nous serions inséparables. Mes doigts serrèrent les siens en réponse, espérant vainement. Mais l'espoir ne semblait pas quelque chose qui m'était permis... Ses mots me le prouvèrent.
Tous ses mots. Un à un, ils se figèrent dans mon cœur. Ses mots qui résonnaient si fortement avec ma pensée, avec la philosophie à laquelle je me soumettais depuis toutes ses années. J'avais réussi à ne pas tuer ce premier humain. Cet humain de trop. Mais elle. Elle devait se racheter. Oh, je ne pouvais même pas dire le contraire tant la repentance était ancré au fond de moi. Ne pensais-je d'ailleurs pas que ma transformation en vampire était un châtiment de Dieu pour avoir regardé et même aidé à brûler tous ses innocents lors de ma vie humaine ?
Ainsi, elle voulait prouver qu'elle était capable de vaincre sa nature profonde. Et par la même occasion, elle voulait se châtier.
Comment réagir ? Je ne pouvais pas être en désaccord avec elle. Chacun de ces mots exprimaient une vérité en laquelle je croyais. "Tu ne tueras point". J'avais été élevé dans cette croyance. Elle faisait partie de moi. Comment lui dire qu'elle n'avait pas à se racheter ? Comment lui dire que les morts qu'elle avait laissé derrière elle ne devaient pas recevoir justice ? Comment le penser même...

Et puis, une nouvelle pensée s'insinua en moi. J'avais fait tout cela. Je l'avais poussé à cette souffrance. Sans moi, elle n'aurait peut être jamais imaginé pouvoir subsister sans sang humain. Sans moi, elle n'aurait pas à se torturer. "Bienheureux sont les ignorants" dit-on. Peut être aurait-elle dû le rester. Pourquoi devait-elle souffrir ? Elle était la gentillesse, la délicatesse, la beauté même. Elle ne méritait pas de supporter cela. Car si elle le méritait, alors tous ces autres vampires qui se gorgeaient de sang à longueur de siècles, que valaient-ils ?

- Je ne goûterai plus au sang, je me contenterai de brûler… si Dieu le veut.
- Non !

Je venais de hurler sans m'en rendre compte et me levais soudain pour m'écarter du lit en un clignement d'oeil. Je me retrouvais soudain près de la porte.
Je ressentais des tas de choses à la fois. Mon esprit de vampire semblait en ébullition sans savoir sur quelle pensée s'arrêter.
J'étais en colère. En colère contre le monde entier mais principalement contre les Volturi. Contre tous les vampires. Contre notre nature même. Aurions-nous été de simples humains que nous aurions pu vivre tranquillement. Mais non. Nous devions vivre dans le sang et le pêché. Nous devions souffrir.
Lui avais-je déjà demandé les circonstances de sa transformation ? A ce moment, je ne m'en souvenais même plus. Mais j'imaginais qu'elle n'avait rien fait pour avoir cette vie. Pas comme moi.
Je me dégoûtais. Je l'avais emmené sur ce chemin pourvu d'embûches. Et à présent, elle allait expérimenter la pire des tortures. Pourquoi lui avais-je parlé de tout cela ? Et le pire c'était que j'avais souhaité grandement qu'elle devienne un vampire comme moi. Une végétarienne, comme ils m'appelaient ici. J'avais maintes fois imaginé ses yeux de la même couleurs que les miens (J'étais d'accord avec la théorie d'Aro qui pensait que les yeux changeaient de couleur selon l'alimentation. Nous n'avions jamais pu le vérifier) Le doré lui irait-il bien ? Mais si je m'étais souvent dit que ce ne serait pas facile, je ne me serais jamais imaginé qu'elle irait aussi loin. Qu'elle prévoirait de trouver la paix par l'enfer. Qu'elle irait plus loin que je ne l'avais été.
J'avais peur pour elle. Peur de la perdre. J'avais tant de fois failli tomber dans la folie que je ne le comptais plus. Je ne lui avais jamais dit que j'avais tenté de me suicider un nombre incalculable de fois. Le devinait-elle dans mes yeux remplit de terreur ?
Car changer de régime alimentaire était difficile si on prenait le temps qu'il fallait. Mais se préparer à ce qu'elle allait faire serait un supplice. J'étais persuadé qu'elle tenterait l'expérience dans à peine quelques mois. Bien trop tôt pour un jeune végétarien. Enfin... Je n'avais que mon expérience pour parler. Mes souvenirs et ma douleur.
Comment allions-nous procéder ? Allions-nous nous enfermer dans une grotte pour qu'elle se purge de sang humain jusqu'à ce qu'elle craque sur un animal ? Non. Je n'allais pas lui faire subir cela. Il allait falloir qu'elle trouve la force directement en elle-même de ne plus se tourner vers les humains. Elle semblait avoir fait ce choix, mais je restais persuadé qu'elle n'en mesurait pas toutes les difficultés.

C'est pourquoi, sous tous ces sentiments, j'étais fier d'elle. Fier de sa décision. Fier de la confiance qu'elle me témoignait. Ce qu'elle venait de me dire, si elle s'y tenait (et je n'en doutais pas) allait orienter sa vie pour les prochains siècles. Elle se lançait dans l'aventure sans protection. Elle me vouait une confiance aveugle - surement mal placée.
Car qui étais-je pour donner des conseils après tout ? La plupart des choses que j'avais accompli, l'avaient été par pur hasard. Je ne savais même pas comment j'avais résisté à l'appel du sang. Et si cette biche n'était pas passée près de mon refuge, je serais peut être encore dans cette grotte à moisir. Rien n'avait été calculé. Comment pourrais-je lui apprendre quoique ce fut ?

Le poids de sa décision retomba lourdement sur mes épaules. Etais-je de taille à assumer ses doutes, ses peurs, ses échecs mais aussi ses joies et ses réussites lorsque le moment serait venu ? Pouvais-je être un professeur quand je ne savais même pas quoi enseigner ? Pourrais-je la voir souffrir jour après jour par ma faute ? Et lorsqu'elle se tournerait vers moi, tourmentée par la faim, saurais-je ne pas lui dire d'abandonner ? Supporterais-je de voir ses yeux noircis par la soif ?
La réponse était toute faite dans mon esprit.
Non.
Jamais.
Pourquoi donc Seigneur, lui avais-je parlé de tout cela ? Après tout, ce n'était peut être que mon don. Un don merveilleux certes, mais qui lui serait probablement fatal si elle ne pouvait pas y avoir accès.

Etourdi par toutes ses pensées, je laissais ma tête heurter violement le mur, avant de donner un coup de poing à quelques centimètres de mon visage. La pierre n'égratigna même pas ma peau, cependant que mon poing s'enfonçait de quelques millimètres. Le front contre le mur froid, je sentais la tension monter en moi et menacer de me submerger. Des mots revenaient sans cesse dans mon crâne.
Elle ne mérite pas ça.
Voilà ce que tu lui as fait. Elle va souffrir, et tu vas la regarder... Et ensuite elle restera ici.
Elle va y arriver et vous resterez ici à jamais. Aro ne la laissera jamais partir, yeux dorés ou pas.
Elle va échouer et elle te détestera pour lui avoir fait ça.
Et toi ? Que te restera t-il ?
Rien. Rien.
Rien...

- Par... Ma gorge était sèche comme le plus inhospitalier des déserts. Je déglutis plusieurs fois avant de pouvoir murmurer d'une voix rauque. Pardonnez-moi... Je vais... J'ai besoin... De réfléchir à tout cela.... Je vous rejoins... Plus tard...

Je découvrais en moi un côté protecteur dont j'ignorais l'existence. La totalité de mon désespoir était basé sur le fait que je voulais la défendre. Lui éviter les épreuves. Rendre sa vie plus simple, plus gaie. Et je faisais tout le contraire.
C'était là, la raison du tourbillon qui tourmentait ma conscience. Je levais les yeux vers elle, vis toute son incompréhension et m'obligeais à esquisser un léger sourire, espérant qu'elle comprenait que je ne lui en voulais pas. Que j'étais le seul à être blâmé. Puis, sans un mot de plus je quittais la pièce, refermant doucement la porte derrière moi.

Je me mis à marcher dans les couloirs vide. Je ne rencontrais que deux vampires qui me laissèrent passer sans plus de cérémonie. Probablement ne m'avaient-ils jamais vu avec ce mélange de colère et de désespoir sur le visage. Au bout d'un moment, la marche ne me convint plus. Elle ne faisait qu'attiser le feu qui coulait dans mes veines. Alors je me mis à courir. En quelques secondes, j'avais rejoins une des entrées du palais et je m'enfuyais dans la forêt. Je courrais, courrais le plus vite possible, ravi de faire disparaître le monde autour de moi. Je ne faisais même pas attention à ma destination. Je courrais simplement.

Je ne m'arrêtais que lorsque la forêt laissa soudain place à la mer. Sans prévenir, je me retrouvais sur une plage de galet fin. Le soleil tapait durement sur mon visage. Je pouvais sentir sa chaleur sur moi. Mes mains brillaient de milles feux et j'eus soudain peur de m'être fait remarquer. Je regardais autour de moi avec appréhension. Mais heureusement, il n'y avait personne. Ne voulant pas tenter le diable plus que cela, j'allais m'asseoir sous un arbre, à l'ombre.
J'écoutais le chant des vagues, relaxant et propre à la méditation. Je me souvenais que j'avais toujours adoré la mer, les rares fois que mon père avait autorisé ma nourrisse à m'emmener. Elle m'apaisait.
Je fermais les yeux, réfléchissant à ce que j'allais faire. Remettant toutes mes pensées dans le bon sens. J'avais été surpris par la nature impulsive des vampires. Il me semblait n'avoir jamais perdu le contrôle depuis que j'étais né ainsi. Alors pourquoi aujourd'hui ? Pourquoi mes sentiments avaient été si violents ? Oh, je savais bien la réponse à cette question. Je ne la connaissais même que trop bien. Mais je n'étais pas prêt à l'accepter. M'ouvrir à l'amour aurait été comme accepter pleinement cette vie. C'aurait été comme m'autoriser à être heureux. Je ne pouvais pas encore me le permettre.
Elle parlait de rédemption. Je la cherchais aussi.
Elle parlait de justice. J'espérais que ceux que j'avais envoyé en enfer commençaient à entrevoir la leur.
Elle avait fait son choix. J'avais fait le mien. Tôt ou tard, l'aurait-elle fait de toute manière. Rien ne pouvait dire si en voyant cet enfant, elle n'aurait pas choisi cette voie même sans ma présence. Elle était assez grande pour faire ses choix et les assumer. Mon rôle serait de l'accompagner et de l'aider à s'y tenir. La soutenir.
Je serais là pour elle. J'en avais besoin, même si cela signifiait revivre les horreurs par lesquelles j'étais passé. Car c'était bien là une de mes terreurs. Revivre cela.
Mais je le pourrais pour elle. Parce que je voulais être là pour elle. Pire que cette terreur, je ne voulais plus être seul. Plus jamais.
" La tristesse vient de la solitude du cœur" avais-je lu récemment. Cette phrase me revint d'un coup sous son imposante vérité.
En tant que vampire, je n'avais jamais été plus heureux que depuis que je l'avais rencontré. En arrivant chez les Volturi, j'étais une âme errante. Peut être l'étais-je toujours. Mais cette âme avait trouvé un endroit sûr où se reposer. Une autre âme dans laquelle se reconnaître. Nous ne pouvions perdre cela.

Un instant, j'avais pensé partir. Remontrer le long de la côte italienne. Trouver un bateau, et partir pour le Nouveau Monde dont tant de gens parlaient. La fuite n'avait jamais été une option que je m'étais permise depuis la découverte que je pouvais subsister sans tuer. Et pourtant, elle avait failli s'imposer à moi.
Mais je devais rester près d'elle. Elle allait avoir besoin de moi. Elle avait, même sans le savoir, pensé mes plaies et sauvegardé ce qu'il restait de mon âme. J'allais maintenant faire de même.
J'allais la protéger.
Et si Aro la menaçait... Si pour une raison quelconque elle venait à mourir... Alors je la suivrais.

Fort de cette décision, je me relevais après avoir une nouvelle fois vérifié l'absence d'humains. Je chassais un troupeau de cervidés sur le chemin du retour. Je n'étais pas particulièrement guidé par la soif, mais je sentais que la chasse me permettrait de retrouver la complète maîtrise de mon esprit et de mon corps.

Le soleil déclinait lorsque reparut à mes yeux les contreforts de Volterra. J'avais l'impression d'être parti une éternité. Qu'avait-elle fait tout ce temps ? Qu'avait-elle pensé de moi ?

Et puis soudain, comme si le fait de penser à elle l'avait fait venir jusqu'à moi, je la sentis. Elle approchait doucement, ne faisant aucun bruit. Et pourtant, je savais qu'elle était là. L'odeur de lys saturait mon odorat et sans même me retourner je pouvais deviner son regard sur ma nuque.
En haut de cette colline, une main posée sur un arbre solitaire, mes yeux rivés sur la ville qui m'accueillait, je murmurais:

- Dieu m'est témoin que je ne souhaite pas votre souffrance. Et pourtant elle est inéluctable dans la voie que vous souhaitez emprunter. Alors soit. Je serais à vos côtés Je vous accompagnerais sur la voie de la rédemption. Jusqu'à ce que nos destins nous
sépare.

†•´*¤*' •††•´*¤*' •†
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MessageSujet: Re: [1719] Bouleversement [PV : Volturi, Carlisle Cullen, Lyra Broomwich]   Dim 27 Nov - 17:43

- Non !

Je sursautai tellement le timbre de sa voix avait été puissant. Carlisle lâcha mes mains et bondit près de la porte, en moins de temps qu’il ne fallu pour le dire. Son regard s’emplit d’une douleur supplémentaire et il plongea dans ses douloureuses réflexions. Ses yeux d’abord dorés, tout en souffrance, virèrent à une colère noire. Mais rien dans ses gestes ne laissait transparaître cette émotion si puissante. Il se tourna ensuite, me faisant dos, dissimulant sa mine de supplicié.

Le silence planait, avec un poids si lourd qu’il en était presque matériel, n’osant le briser, je gardai le silence. Je ne voulais pas parler et je pensais à présent que mes mots avaient été de trop, comme à chaque fois. Mon éducation de jeune fille m’interdisait de parler autant car c’était souvent dire des stupidités, des absurdités… Mais là, je ne pensais pas que les mots pouvaient provoquer douleur et colère. Si je l’avais su, jamais je n’aurais ouvert la bouche.

De longues minutes s’écoulèrent sans que l’une de nos voix ne retentisse.

Puis une peur sans nom me saisit lorsque je vis, surtout que j’entendis, le front de Carlisle percuter violement le mur de grès. L’instant d’après, c’était son poing qui se lança contre l’architecture et la pierre fut comme éventrée.

Mon regard se figea sur le modèle de douceur et de gentillesse qu’était mon Ami. La violence qui émana de lui me prit à la gorge. Ce n’était pas contre moi, bien entendu, Carlisle avait toujours de la peine à en vouloir aux autres. Cette violence dont il faisait preuve ne pouvait qu’être tournée contre lui dans un sens. Mes mains se joignirent sur mon cœur.

Enfin il se retourna, ses magnifiques traits empreints de la plus horrible des douleurs. Je rabaissai mes mains sur mes cuisses et lui envoyai le plus navré des sourires. Bien sûr s’il avait existé une autre solution que celle-ci, moins affreuse, moins douloureuse pour lui, je m’y serai tenue.
J’avais envie de lui dire les mots qu’il attendait tellement, j’avais envie de rester tout près de lui, bafouer tout projet et toute promesse pour exister tout contre lui, rester et perdurer à travers le temps avec lui. Mais cela je ne pouvais plus me le permettre, d’autre personnes avaient souffert, je voulais arrêter mon massacre.

- Par… tenta-il avant de déglutir.

Seigneur, comme sa voix était elle-même insupportable à entendre tant elle était empreinte de tristesse, de peur, et d’autres choses que je n’osais imaginer. C’était comme le chant d’un oiseau qu’on était en train de battre à mort. Telle l’agonie d’un rossignol…
Je soutenais son regard de toute ma force et ma volonté, mais j’avais tellement honte, je souffrais tellement de le voir souffrir, Et nos souffrances nous déchiraient mutuellement.

- Pardonnez-moi… dit-il d’une voix à briser l’âme. Je vais… J’ai besoin… De réfléchir à tout cela… je vous rejoins…plus tard…

Je n’ajoutai rien car il n’y avait rien à ajouter. J’avais l’impression d’avoir été le bourreau de l’homme que je cherchai plus que tout à rendre heureux. Mes lèvres s’étirèrent malgré elles lorsqu’il m’envoya un sourire brisé. La seconde d’après, le battant de la porte se ferma doucement. Mais lorsque le mouvement de la pièce de bois s’acheva, que je fus seule, entièrement et simplement, je me sentis aussi brisée qu’une poupée de porcelaine précipitée du haut d’une tour. Chacune de mes pensées éparpillées tel le bris du jouet fragile.

J’ignorai combien de temps je restai là, parfaitement immobile au pied du lit telle une statue, contemplant le vide de la pièce sans vraiment le voir. Sûrement un très long moment, plusieurs heures sans doute. Figée. Une douleur atroce me tordant l’estomac. Je crois que si j’avais été humaine, j’aurais pleuré à cet instant, ou peut être bien que la douleur aurait été au-delà de toute larme.

Puis, après peut être quatre heures de latence, de douleur silencieuse, j’émergeai de mes pensées confuses et me demandai ce que pouvait bien faire Carlisle. Où était-il ? Que faisait-il ? Son absence me semblait si longue tout à coup. Je crus au pire, je crus que la solitude s’en revenait, toujours plus cruelle. Je crus pendant quelques secondes qu’il allait me quitter, qu’il allait fuir face à cet obstacle…

Je sortis alors précipitamment de la chambre, ignorant les occupants du palais qui passaient par là. Je me précipitai vers l’une des sorties qu’il empruntait le plus souvent, celle qui menait directement en forêt. Son parfum était à peine perceptible.

Je suivis sa trace, sans réfléchir. Au moment de passer au soleil, mon corps disparut comme par magie, et je pus sortir sous les rets de lumière sans craindre d’être aperçue. Je commençai à rôder dans les bois, à errer sans réussir à retrouver la trace de mon Ami. Le vent soufflait et avait du disperser sa trace. Une pointe de désespoir m’envahit. Carlisle, étiez-vous donc parti à jamais ?

Mais je refusais de le croire. Carlisle devait être quelque part dans la forêt ! Peut être chassait-il ? Je ne pouvais imaginer qu’il soit parti comme ça. Ce n’était pas possible. Je refusais de l’imaginer, je refusais d’imaginer que je puisse être seule à nouveau. Seule sans lui. Seule, je m’approchai d’un chêne et posai ma main sur l’écorce. Quelques secondes plus tard, une douce odeur ô combien familière chatouilla mes narines. Je crus pendant une seconde qu’il avait s’agit d’une illusion, d’une tromperie de mon esprit. Mais des bruissements de pas confirmèrent sa présence.

Il était là, il était de retour.

Toujours aussi invisible, je m’approchai avec plus de timidité que de prudence. J’avais tellement honte de tout ce que j’avais induit en lui que je pensais presque qu’il n’aurait plus voulu me voir. Sa main se posa sur l’écorce d’un arbre, comme s’il était épuisé. Me faisant dos, je contemplais les quelques parcelles de sa peau qui luisaient intensément au soleil. Il releva le chef et contempla la ville, en contrebas. Mon cœur se serra.

- Dieu m’est témoin que je ne souhaite pas votre souffrance. Et pourtant elle est inéluctable dans la voie que vous souhaitez emprunter. Alors soit Je serais à vos côtés. Je vous accompagnerai sur la voie de la rédemption. Jusqu’à ce que nos destins nous séparent.

Moi qui avais retenu mon souffle, je poussai un très léger soupir de soulagement, même si je ne sentais que trop bien comme ses mots étaient difficiles à prononcer… J’avais cru l’avoir perdu, j’avais cru qu’il partirait, j’avais été soulagée de son retour. Par pitié, que jamais plus il ne s’en aille ! J’avançai silencieusement, glissant sur les feuilles. Je m’approchai de lui, dans son dos. Mes bras passèrent entre ses flancs et ses bras et doucement, je le serrai contre moi, ma tête appuyée sur son dos. Son parfum m’enveloppa, je l’humais avec tant de délice que ma concentration s’étiola et je réapparus lentement, exposant mon visage au soleil.

- Grand Dieu… merci de m’avoir envoyé cet Ange… priai-je dans un souffle.

Je restai ainsi blottie contre lui. Je ne voulais pas voir son visage, pas tout de suite. Je ne voulais qu’il m’affronte du regard et qu’il se remémore encore une fois comme je lui avais fait du mal. Dans ma tête se percutaient des milliers d’excuses, mais je ne voulais rien dire.

Tout bonnement : j’avais honte de moi.

Je fermai les yeux et raffermis ma prise sur sa taille, comme me raccrochant à ma dernière flamme de vie, d’humanité. J’avais peur, plus que tout, de me retrouver à nouveau seule, sans personne, pire : sans lui.
Lentement, ma prise autour de son torse se défit et je le laissai se retourner, me faire face. Un sourire de soulagement, peut être même heureux, étirait mes lèvres. Je ne levai cependant pas les yeux vers lui. Mon regard se concentra sur son col. Après quelques secondes à détailler le crucifix en argent qui ornait son cou, j’ouvris la bouche, avec prudence :

- Dieu vous soit témoin, et reconnaissant, de ramener la brebis égarée sur le chemin de la lumière et du pardon. De permettre à de futures vies de ne point être sauvagement arrachées au monde…

Mes mains glissèrent sur son col et rajustèrent les pans de tissus de sa veste. Il avait chassé, sans cela son vêtement n’aurait pas bougé. Concentrant mes yeux sur le bijou qu'il portait, je lui demandai après quelques secondes :

- La chasse fut-elle fructueuse ? Souhaitez-vous vous en retourner au palais, mon Ami ?

Distance. J’aurais voulu prononcer ce petit surnom que j’affectionnai tant mais je ne voulais pas le heurter, faire croire que je n’avais rien vu. Peut être était-ce une mauvaise idée. Je reculai et commençai à avancer seule en tête. Je rejetai mon capuchon sur mes cheveux, pour limiter les reflets diamantins sur ma peau, mais également pouvoir culpabiliser à ma guise sans être vue. Les excuses tentèrent plusieurs fois de sortir, en vain. Je les retenais, je ne voulais plus parler. Mais ce fut plus fort que moi. Après dix minutes de marche silencieuse, ma voix sortit d’elle-même :

- Je vous prie de m’excuser, Carlisle…

Non. Je le suppliai à genoux.

- Je… Je vous ai tant fait souffrir… Pardonnez-moi. Je n’aurais jamais du proposer telles sottises, peut être aurais-je du garder tout cela pour moi et ne pas vous impliquer…

Je voulais accélérer, finir par m’évanouir au détour d’un arbre, rentrer me réfugier dans ma chambre. Mais je ne m’en sentais pas capable. Carlisle était là, et qui sait s’il n’allait partir de nouveau, par peur, par douleur ? Ma démarche fut plus fluide et rapide, mais pas comme je l’aurais voulu. Je voulais être sûre qu’il était là, aussi me contentai-je d’écouter ses pas.
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MessageSujet: Re: [1719] Bouleversement [PV : Volturi, Carlisle Cullen, Lyra Broomwich]   Dim 27 Nov - 21:49

- Grand Dieu… merci de m’avoir envoyé cet Ange…

Ange... Sous mes paupières fermées depuis que j'avais senti ses bras glisser sur mes vêtements, mes pensées rejaillirent. Ange.... J'étais loin d'être un ange. Je n'étais même plus sûr d'être une créature de Dieu. Alors un être aussi pur qu'un ange, certainement pas. Cependant, l'idée me fit sourire. Moi seul contre les mauvais vampires...
Je restais immobile, me disant que si je bougeais, elle allait s'éloigner de moi. Et je ne le voulais pour rien au monde. Je sentais la chaleur du soleil sur mon visage et la sienne, plus faible, dans mon dos.
Je me sentis soudain comme apaisé. Comme si je reprenais ma place dans le monde. Je goûtais le bonheur de l'instant présent. Celui que nous pourrions avoir si nous vainquions cette épreuve.
En étions-nous capable ?
Je ne pouvais pas répondre à cette question encore. Mais au moins aurions-nous le mérite d'essayer.

Je laissais s'égrener les secondes lentement, cherchant à profiter de ce sentiment de quiétude qui m'envahissait. L'angoisse semblait s'être tue pour quelques instants, remplacée par la présence pleine et entière de mon amie.
Je sentis ses doigts s'accrocher un peu plus à moi. Doucement ma main libre vint se poser sur les siennes et je les serrais. J'allais décrocher ses doigts pour les entrelacer aux miens quand elle se recula.

Je me retournais alors et ressentis l'émotion me submerger en voyant son sourire. Son doux sourire. Elle avait dû s'inquiéter pour moi. Je n'aurais pas dû partir ainsi... Je m'en voulais...
Cependant, elle ne leva pas les yeux sur moi. Nous étions donc deux à nous blâmer... Comme souvent.
J'imaginais qu'elle devait terriblement s'en vouloir de tout cela. Mais elle n'était pas plus responsable que moi. C'était notre destin. La condition de vampire en elle-même était une souffrance. Nous devions l'accepter et vivre avec. Je venais de le comprendre.

Et si cette souffrance me permettait de la garder près de moi... De la voir sourire de temps en temps, alors peut être que la vie valait la peine d'être vécue.

Une nouvelle fois, elle fut plus rapide que moi. J'allais remonter son menton du bout des doigts quand elle prit la parole, figeant mon geste.

- Dieu vous soit témoin, et reconnaissant, de ramener la brebis égarée sur le chemin de la lumière et du pardon. De permettre à de futures vies de ne point être sauvagement arrachées au monde…

Je frissonnais sous ses doigts qui caressaient le tissu de mon vêtement. Elle restaura ma tenue et j'eus un doux sourire. Dans ma vie, peu de personnes avaient été là pour moi. Et le nombre de celles qui aurait pu faire ce geste personnel pouvait se compter sur les doigts d'une seule main. J'aurais dû être gêné de ce geste... De n'avoir pas été présentable face à elle. J'étais juste reconnaissant et plus calme encore. Comme si ce geste était tout à fait normal entre nous. Malgré toute l'importance qu'il revêtait pour moi à ce moment.

Cependant ses paroles résonnaient encore en moi. Je n'étais pas un sauveur comme elle semblait le penser. En tout cas, je ne m'en croyais pas l'âme. Je me disais que j'avais probablement plus de volonté et de dégoût de ma nature que les autres de par mon éducation. Voilà tout.

- Vous n'avez pas besoin de moi pour revenir sur le droit chemin...
- La chasse fut-elle fructueuse ? Souhaitez-vous vous en retourner au palais, mon Ami ?
- Oui.

Je ressentis la distance qu'elle mettait entre nous comme un pincement au cœur. M'en voulait-elle d'être parti ainsi ? Elle en aurait eu toutes les raisons.
Je répondis donc simplement, légèrement surpris par cet écart soudain entre nous.
De nouveau, je voulus relever son visage, voir ses yeux, pris d'une envie irrépressible... Mais elle ne m'en laissa pas le temps. Elle se recula et commença aussitôt à marcher pour rejoindre le petit chemin sinueux qui menait jusqu'ici.

Son capuchon acheva de délimiter les frontières et je me mis à la suivre, tête basse, persuadé qu'elle avait pris pour elle cet accès de colère qui avait été le mien. Persuadé qu'elle me tenait rigueur de cet emportement.
Nous marchâmes plusieurs minutes pendant lesquelles je ne la lâchais pas du regard. Je réfléchissais aux mots que je pouvais dire pour clarifier la situation. C'était difficile parce que ma réaction avait été en partie déterminée par les sentiments que je commençais à ressentir et qui me perturbaient... Et bien entendu, je ne pouvais pas lui avouer ces sentiments comme cela. Aussi je me tus, bien décidé à avoir trouvé avant d'arriver au palais.
Cependant, sa voix résonna bientôt dans l'immensité de la forêt.

- Je vous prie de m’excuser, Carlisle... Je… Je vous ai tant fait souffrir… Pardonnez-moi. Je n’aurais jamais du proposer telles sottises, peut être aurais-je du garder tout cela pour moi et ne pas vous impliquer…
- Non...

Elle ne s'était pas arrêtée. Et j'avais même l'impression que tout son corps voulait avancer plus vite. Fuir. Il devait être dur pour elle de s'excuser alors qu'elle n'était pas en faute. Seigneur, depuis quand s'excusait-on de vouloir sauver des vies ? De vouloir souffrir pour protéger les autres ?

Je m'arrêtais brusquement et attrapais sa main pour attirer tout son corps jusqu'à moi. Je l'accueillis dans mes bras en douceur sous un doux bruit d'étoffe alors que sa capuche retombait dans son dos. Et nous nous retrouvâmes de nouveau enlacés. Sous la rapidité du mouvement, son visage s'était logé au creux de mon cou, le mien enfoui dans ses cheveux. J'inspirais profondément son odeur en fermant les yeux. C'était la première fois que je m'autorisais un tel geste. L'affection ne m'avait pas semblé possible pendant si longtemps. Pourquoi un vampire ressentirait-il des émotions comme l'amitié ou l'amour après tout ?
Mais aujourd'hui je savais que c'était possible. Même si mon cœur était mort, je savais qu'il battrait plus vite en ce moment. Je savais que mon sang bouillonnerait par sa présence si proche. Je resserrais mes bras dans son dos et déposais un long et profond baiser sur son front, à la base de ses cheveux. Se faisant, j'inspirais une nouvelle fois cette odeur de lys apaisante, avant de rouvrir les yeux. Lentement, je reculais le visage pour la regarder.
Mes yeux ne reflétaient plus le chagrin et l'angoisse qui m'avaient étreint. Elles étaient toujours là bien sûr, mais cachées sous la paix que je ressentais de l'avoir contre moi. Si j'étais son berger alors elle était ma passion. J'allais vivre pour la protéger. Et je me rendis compte à ce moment que j'avais perdu la volonté de vivre par manque de but -entre autres-. Elle me rendait ce but. La protéger.

- Vous n'avez aucunement à me demander pardon, Darling. Il n'y a eu aucune faute. Vos paroles étaient si justes et si empreintes de vérité que... Je n'ai pu les accepter. Comment pourrais-je vous voir souffrir et vous encourager dans plus de peine encore ?

Tendrement, je remis en place une de ses mèches de cheveux derrière son oreille avant de laisser mes doigts descendre le long de sa chevelure douce comme de la soie. Je me rendis compte combien je n'avais jamais eu ce genre de gestes envers elle. Combien je me l'interdisais inconsciemment.
Plus maintenant.

- Nous allons y survivre parce que nous serons ensemble Lyra. Vous êtes si courageuse...

Mes doigts remontèrent vers son visage pour se poser sur sa joue avec une douceur presque intime. Mon regard s'attarda sur ses lèvres quelques secondes jusqu'à ce que les clochers de la ville ne sonnent dix huit heures. Je sursautais légèrement comme un enfant pris en faute par son père. Je me reculais un peu plus, mes mains venant chercher les siennes.

- Nous devrions rentrer avant qu'Aro ne se fasse des idées...

Avec un doux sourire, je lui proposais mon bras et nous redescendîmes vers la ville, peut être un peu plus lentement que d'ordinaire. J'avais l'impression d'avoir passé un cap, d'avoir changé ces dernières heures. D'être devenu meilleur que je ne l'étais. Parce que maintenant j'avais quelqu'un pour qui me battre.

Nous rentrâmes dans le palais par l'une des entrées souterraines comme à notre habitude. Je ne savais pas encore que toutes mes croyances d'alors allaient se retrouver piétinées et détruites. Je ne savais pas non plus combien notre destin allaient être loin de ce que j'imaginais à ce moment.

Non... Pour l'instant je m'étais juste retrouvé. Je l'avais trouvé. L'amour.

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MessageSujet: Re: [1719] Bouleversement [PV : Volturi, Carlisle Cullen, Lyra Broomwich]   Lun 12 Déc - 8:46

- Non…

Sa voix ne fut qu’un léger souffle, comme une brise. Derrière moi, les pas de mon ami s’étaient arrêtés alors que mes pieds foulaient toujours le sol. Mais je n’avais pas fait un pas que sa main de neige rutilant au soleil saisit la mienne. En un bruissement de tissu, et étrangement, je ne perçus pas comment, je me retrouvai, en quelques mouvements de tissus, là.

Tout contre lui.

Mon corps entièrement collé contre le sien.

« Blasphème ! » aurais-je dû hurler. Mais, le visage enfoui dans son cou, Je me retrouvai tout à coup muette. Une part de moi voulait contracter mes bras et repousser Carlisle. Mais elle était si petite, si sage, si infime en comparaison de celle qui souhaitait rester contre lui et agripper son corps comme un dernier espoir… Mes bras se levèrent tout doucement, comme si mes muscles étaient engourdis par un réveil doux, empli d’un parfum de chèvrefeuille et de primevère mêlée de bruyère, relevé d’une subtile touche salée. Ils passèrent sous ses bras et se posèrent sur ses omoplates avec douceur. Mon nez au creux de sa fragrance doucement réchauffée par le soleil italien, j’inspirai lentement et profondément. J’avais envie de m’y noyer dans ce parfum. De l’inspirer jusqu’à m’y dissoudre. J’ouvris légèrement les yeux pour ne contempler que la perfection de sa peau, et des cristaux irréels que faisait ressortir le soleil. Eut-il été possible qu’un rêve devienne réalité ? Etais-je tombé assoupie dans les bois ? Non, c’était impossible… Je refermai les yeux et savourai cette étreinte aussi douce que parfaite. Sur ma tête, je sentais l’air qu’inspirait Carlisle, et ses lèvres se poser sur ma peau. Un frisson me parcourut du front aux chevilles. Ses bras s’étaient resserrés autour de mon buste. Je n’arrivais plus à songer, je ne parvenais plus à parler ni à formuler une pensée. Je n’arrivais qu’à me dire que j’étais bien, si bien entre ses bras…

Puis lentement, il recula son visage et je fus bientôt face au sien et non plus enfoui dans son cou. Chose que je regrettai rapidement. Mais lorsque mes yeux plongèrent au cœur de son âme d’or liquide, je ne pus lire que la sérénité que je cherchai à lui offrir depuis tant de temps…

- Vous n’avez aucunement à me demande pardon, Darling. Il n’y a eu aucune faut. Vos paroles étaient si justes et si empreintes de vérité que… je n’ai pu les accepter. Comme pourrais-je vous voir souffrir et vous encourager dans plus de peine encore ?

Mes pensées semblait encore bloquée dans cette parfaite volupté, je restai figée d’émerveillement. Jamais, au grand jamais je n’avais du tel contact avec quelqu’un, encore moins avec un homme, encore moins avec un semblable…

Encore moins avec lui…

Ses doigts diaphanes replacèrent une de mes mèches derrière mon oreille. A peine eut-il touché mes cheveux qu’un nouveau frisson me parcourut, agréable et étrange à la fois. La sensation sembla se figer de longues secondes sur ma peau, comme l’avait fait le baiser de Carlisle sur mon front. Sa main glissa sur mes boucles brunes. Eussé-je été humaine, ma respiration se serait perturbée et mon cœur emballé. Je ne sentais plus ces signes vitaux depuis des centaines d’années, pourtant, à cet instant précis, j’étais sûre que ma réaction aurait été celle-ci. Ma bouche restait toujours muette, mes yeux perdus dans l’océan ambré de ses prunelles. Sa voix, musicale, véritable mélodie portée par le vent, me réveilla :

- Nous allons y survivre parce que nous serons ensemble Lyra. Vous êtes si courageuse…

Je retrouvai l’usage de la pensée et de la parole. Mes je sentis l’émotion faire trembler mes lèvres, je compris alors que ces larmes absentes allaient tomber, invisibles et silencieuses. Je réussis à articuler :

- Oh… Carlisle… je… Comment vous remercier d’être là…

Ses doigts remontèrent et se posèrent sur ma joue alors que mes lèvres se calmaient. Lentement je reprenais le contrôle de moi-même. Le contact entre sa main et ma joue fut des plus incroyables, sa peau était tiède, presque d’une douce chaleur. Jamais je n’avais encore pensée à lui et avec lui de manière aussi intime, partagé de temps avec lui de manière si personnelle, soudain, mes conversations avec lui sur le monde et l’Homme m’avaient parues lointaines et superflues en comparaisons de ces quelques minutes, écoulées bien trop vite à mon grand damn. Mais alors que je sentis un nouveau mouvement de sa part s’esquisser vers moi, les cloches de Voltera résonnèrent alentour, maudites et bruyantes.

- Nous devrions rentrer avant qu’Aro ne se fasse des idées…

J’ignorai alors quel regard je lui laissai précisément, mais je crois que ce fut un mélange entre désespoir et détresse. Devions-nous réellement rentrer ?

Je maudis ce monde.

- Bien sûr… l’idée de rentrer avec sa garde ne me plaît guère…

Intérieurement, je fulminais contre ce temps qui passait, qui passait trop vite. Mais le sourire que m’envoya Carlisle, doux, innocent, me rasséréna. Il me tendit son bras plié comme le voulait la coutume. Je pris un pan de ma robe de la main gauche pour ne pas marcher dessus et ma main droite se logea sur son bras. Nous repartîmes vers la ville, tranquillement, sans se presser.

Le monde autour de moi, si obscure et mauvais fut-il, me semblait différent.

Plus clair. Lumineux.

Comme si des draps de ténèbres s’étaient retirés.

Nous revînmes vers le palais, empruntâmes une entrée souterraine et fûmes rapidement rendus dans les couloirs. Nous croisâmes quelques vampires de la garde, mais personne tel qu’Alec ou Jane, dont les moqueries ne manqueraient pas de fuser.

Arrivé dans les couloirs du palais, je dus me contenir, éviter n’importe quel geste qui eut pu paraître déplacé aux yeux de tous, et trahir mon rapprochement avec Carlisle.

Car oui, je devais bien l’admettre à présent, quelques chose en moi, un cœur peut être, était prêt à battre, à exister pour lui, à hurler de joie comme à souffrir. Armé de cela, je me sentais capable d’affronter la pire des fureurs, l’Enfer entier.

Rapidement – trop rapidement – nous arrivâmes devant les portes de nos chambres respectives. La nuit allait être d’une longueur désespérante et j’allais certainement errer sans but dans les galeries des Seigneurs, ne pouvant pas rejoindre Carlisle, ne pouvant pas agir librement.

Nous nous arrêtâmes devant la porte de sa chambre. L’imminence de la rupture de notre contact me terrifiait.

- Nous y voici donc… soupirai-je, dissimulant mon dépit.

Je lâchai son bras et pris ses mains après avoir vérifié que personne d’autre n’était présent. Mes yeux contemplèrent les siens une fois de plus. Puis je tombais sur ses lèvres, si fines, si pures…

- J’espère que la nuit vous sera agréable, et, ma foi, courte. Que demain arrive vite et que nous nous revoyons, murmurai-je, consciente des oreilles indiscrètes égarées derrière les portes.

Je le regardai longuement, mes mains ne quittant pas les siennes. Nous nous étions rapprochés si promptement ! Il n’y avait au final qu’un pas, un seul, immense, mais unique, entre ce berceau d’illusions et de bonnes manières et ce à quoi nous étions arrivés à présent. Le lien entre nos mains allait se rompre, et l’urgence de la situation m’aurait fait faire n’importe quoi pour que ce contact se prolongeât. Mais je dus me rendre à l’évidence, je n’allais le retrouver que dans des heures et des heures. Cela me parut une éternité, plus que le temps que j’avais passé sur terre. Je devais délirer.

En ultime au revoir pour cet homme, je me mis sur la pointe des pieds, ma bouche atteignit son oreille, et doucement, en un murmure que lui seul put percevoir :

- Bonne nuit… Mon Espoir au visage d’Ange…
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MessageSujet: Re: [1719] Bouleversement [PV : Volturi, Carlisle Cullen, Lyra Broomwich]   Dim 18 Déc - 19:29

Le regard qu’elle me lança lorsque j’émis l’idée de rentrer me noua le ventre tant il devait ressembler au mien. Au fond de moi, je n’avais qu’une envie : l’emporter avec moi loin des affres de ce monde. Loin de tous ceux qui pourraient lui vouloir du mal.
Mais nous capitulâmes comme d’habitude et lentement nous nous mîmes à marcher. Il me plaisait bien peu de rentrer… Mais que faire d’autre ?
Nous fûmes bien vite à l’intérieur du palais. Trop vite à mon goût. Les mots que nous avions échangés résonnaient en moi, me faisant serrer son bras peut être un peu plus fort qu’à l’accoutumée.
Chaque vampire que l’on croisait me semblait être un ennemi potentiel et bientôt, je me fustigeais mentalement… Je n’étais pas loin de devenir paranoïaque. Je me remis à respirer lorsque nous arrivâmes à la porte de sa chambre. Je me sentais soudain plus en paix, comme si elle était en sécurité. Sauf que… Nous allions devoir nous quitter. Jusqu’à demain.

- Nous y voici donc…
- Oui… Soufflais-je.

Je la dévisageais intensément pendant quelques secondes. Des images de notre étreinte dans la forêt me revinrent et je serrais ses doigts un peu plus fort. Je ne croyais pas à la chance que j’avais. Un instant j’imaginais que nous pourrions passer la nuit ensemble. En tout bien tout honneur j’entends… Juste à parler et parler encore jusqu’à ce que ce pointe l’aurore.
Pourquoi ne pourrions-nous pas faire cela ? Les seigneurs ? J’allais devoir avoir une petite discussion avec Aro et les autres pour comprendre pourquoi les moqueries fusaient si souvent… Pourquoi j’avais l’impression qu’ils désapprouvaient notre relation…
Mes pensées se turent alors que sa voix s’éleva dans le couloir.

- J’espère que la nuit vous sera agréable, et, ma foi, courte. Que demain arrive vite et que nous nous revoyons.

Adieu idée idyllique. Que dire après ces mots qui résonnaient si justement en moi que j’en restais muet. Mais pas pour longtemps heureusement.

- Le plus court possible… Il me tarde de vous revoir…

Elle avait le visage baissé sur nos mains et j’attendais patiemment qu’elle relève les yeux. Qu’elle me regarde. Et lorsqu’elle le fit ce fut pour se rapprocher de moi et venir frôler mon oreille de ses lèvres pour murmurer.

- Bonne nuit… Mon Espoir au visage d’Ange…

Je soupirais et levais les yeux au ciel avant de passer mon bras autour de sa taille. Je l’enlaçais doucement, inspirant profondément son odeur pour en graver chaque subtilité dans ma mémoire. Du lys. Son odeur dominante. Un lys aussi blanc que sa peau avec un dégradé vers le jaune, ce qui serait bientôt la couleur de ses yeux. Je dénotais aussi la flagrance des rosiers sauvages, aux milles facettes, beaux et dangereux à la fois. Il y avait aussi une senteur florale que je mis une seconde à identifier. La tulipe. Un parfum frais, vert, presque boisé avec une note citronnée étonnante. Original. Un mélange d’odeurs qui allait parfaitement avec celle dont la joue frôlait la mienne en ce moment. Je tournais la tête lentement pour déposer un doux baiser sur sa joue avant de la laisser reposer les talons au sol.
Hypnotisé par ses yeux, je vins coller mon front contre le sien et susurrais avec un petit sourire moqueur.

- Je ne suis pas un ange…

Mes mains remontèrent doucement dans son dos et l’une d’entre elle continua pour remonter jusqu’à son visage que je frôlais du dos des doigts. Nos regards ne cillaient pas une seconde, la terre semblait s’être arrêtée de tourner.
Je me penchais.
Lentement.
J’effleurais ses lèvres des miennes.
Doucement.
Comme en attente d’une autorisation. Comme attendant une punition divine ou terrestre… Punition qui ne vint pas.

- Définitivement pas…

Ma main alla se perdre dans ses cheveux d’ébène, rejoignant sa nuque alors que je fermais les yeux pour l’embrasser délicatement. Un battement de cœur humain. Deux peut être. Une éternité.
Explosion des sens. Libération des émotions. Mon cœur comme mon corps semblèrent s’embraser d’un coup et je ne me retins que de justesse de ne pas la serrer puissamment contre moi et de rendre le baiser plus passionné.Je pris une grande inspiration avant de me reculer gardant toutefois mon visage proche du sien. Tentateur. J'eus du mal à rouvrir les yeux alors qu'un sourire indéfinissable illuminait mon visage.

- Je vous laisse méditer là-dessus…

Un dernier baiser furtif sur le front et je reculais pour rejoindre ma chambre. Je m’y enfermais et restais longuement adossé à la porte de bois, la respiration courte.
Qu’avais-je fait ?

Nous ne reparlâmes jamais de ce baiser. Du moins pas dans les semaines qui suivirent. Dès le lendemain, Aro avait voulu lire dans nos esprits. Je ne me posais même pas la question de la raison. Il devait probablement soupçonner que nous voulions partir.

Quoiqu’il en fût, il venait d’apprendre tout ce qu’il s’était passé la veille. Habitué à ses réactions maintenant, je pouvais deviner à quel moment des souvenirs il était dans les pensées de Lyra. Je l’observais intensément, cherchant le moindre petit signe qui signerait notre arrêt de mort. Mais bon joueur, il se contenta d’un éclat de rire en prenant le pari que Lyra perdrait et craquerait. L’enjeu : sa liberté ou sa soumission…

J’étais ulcéré…

L’ambiance qui suivit était trop sombre pour nous laisser aller à nos sentiments. Je m’attelais à prévoir la moindre des difficultés pour Lyra. Nous partions chasser longuement dès que j’entendais parler de l’arrivée d’humains dans la citadelle. Et même s’ils essayaient de nous le cacher pour nous tenter, je les sentais bien avant que leurs flagrances ne soient trop tentantes.
Nos chasses étaient les moments que je préférais. Nous nous décontractions alors et pouvions parler plus librement. J’appréciais plus que jamais son bras passé contre le mien, et ces longues promenades. Nous avions à présent un cérémonial immuable pour ces événements.
Ensemble jusqu’à la proie.
Séparé pour la chasse.
Nous avions chacun besoin d’espace à ce moment là. Nous ne nous retrouvions qu’au moment où le monstre se rendormait. Quand les bas instincts se taisaient…

Aujourd’hui était une journée comme celle là. L’hiver était arrivé très tôt cette année, et chose incroyable, il avait neigé toute la nuit, couvrant tout le pays d’un voile blanc et pur. Invités par Heidi, une caravane de vendeur avait trouvé refuge dans le palais et nous avions dû partir en catastrophe. Cependant, je ne regrettais rien. La forêt semblait être complètement changée sous son manteau de cristal. Les odeurs étaient plus fraîches, plus difficiles à suivre. L’air piquant emplissait mes poumons et ressurgissait sous forme de nuage. Affublés tous les deux de longues capes grises claires, nous ressemblions à deux fantômes.

Nous dénichâmes bien vite un troupeau mais je sentis une odeur d’ours qui réveilla mes plus bas instincts.

- A tout à l’heure très chère…

Je souris, baisais sa main gantée et disparus parmi les arbres. Je pris aussitôt de la vitesse, parcourant plusieurs kilomètres en quelques minutes. Et il était là, imposant, endormi dans une caverne presque trop petite pour lui. Hibernant, il ne s’était même pas réveillé à mon approche. Je n’aurais pas été contre un peu de challenge… mais tant pis. Je rentrais dans la caverne, et l’observais un temps pour bien ressentir ses battements de cœur lent, sa respiration profonde… Sentir son sang qui battait puissamment dans ses veines. Je laissais le temps à mon envie de sang de monter. Chose très rare pour moi… Mais là… Il n’y avait rien à pourchasser. Pas de comportement de proie… Décevant…
Attaquer un animal endormi, même pas fichu de se réveiller alors que j’étais à quelques centimètres de lui… C’était presque inutile… Enfin…
Je m’agenouillais et eus l’étrange impression de m’asseoir à un bar pour siroter ma boisson. Rare étaient les chasses aussi calmes.

L’action débuta lorsque je plantais mes crocs dans sa peau d’ursidé. Il se réveilla soudain, poussa un hurlement déchirant et tenta de m’aplatir avec une de ses pattes. Je me décalais au dernier moment et montais sur lui. Il se releva, se cogna contre le plafond de la caverne, hurla de nouveau et sorti prestement de son antre. Là, il se mit debout, mais tangua, la perte de sang commençant à faire son œuvre. Moi, juché sur son dos, je continuais à boire à longues gorgées, sentant sa force et sa vitalité s’insinuer en moi. Bien vite il dû se remettre à quatre pattes, le souffle court. Dans un dernier espoir, il fonça vers un arbre pour m’écraser, mais ce fut lui qui se broya contre le tronc, et tomba, inerte. Je terminais mon œuvre et me relevais.

- Merci, l’ami. Tu peux dormir maintenant…

J’essuyais mes lèvres avec de la neige avant de me remettre à courir. Je me sentais en excellente forme, puissant, agile, comme si j’avais bu toute une harde d’herbivore. J’espérais que Lyra avait trouvé une proie de la même envergure en retournant à l’endroit où nous nous étions séparés. Elle n’était pas encore revenue. Le troupeau de cervidés avait disparu et je me demandais si elle les avait chassé…
La petite clairière était sublime, quelques pas venaient troubler l’épaisseur de la neige, mais en dehors de cela tout était immaculé.

Dans l’attente de l’arrivée de ma chasseuse, je m’assis sur un tronc, attentif aux moindres bruits. Puis, je me laissais aller contre l’arbre d’à côté, les yeux fermés profitant de deux choses bien trop rares récemment. La paix et Le silence.

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MessageSujet: Re: [1719] Bouleversement [PV : Volturi, Carlisle Cullen, Lyra Broomwich]   Mer 21 Déc - 18:55

Mon ami soupira et ses prunelles dorées s’élevèrent vers le ciel. Je sentis son bras passer autour de mes reins. Doucement, je me retrouvais contre lui, contre son corps tiède. Profitant comme lui de cette étreinte, j’inspirai longuement sa fragrance pour en décliner toutes les subtilités et même certaines si originales que je ne parvenais pas à les identifier. Au-devant des autres, je percevais son éternelle senteur de chèvrefeuille. Légère, elle m’englobait dans une bulle que je ne partageai qu’avec lui. Doucement, je sentis la fraicheur d’une pointe de menthe. A l’inspiration d’après, ce fut l’odeur du genévrier qui consolida le tour de la bulle et nous maintenait dans une sorte de hors-du-temps.

Les senteurs boisées dansaient et se mêlaient pour offrir un bouquet véritablement subtil d’odeurs fraîches. Carlisle tourna la tête vers moi et déposa un baiser sur ma joue. Ses lèvres douces frémir sur ma peau et ce fut presque comme si de la soie caressait ma joue. Je lui refis face et plongeai mes yeux dans les siens. Je sentis son front se coller au mien alors que mes mains se posaient de chaque côté de ses épaules. Il m’envoya un petit sourire qu’il adoptait rarement :

- Je ne suis pas un ange…

Je sentis ses doigts courir dans mon dos. Sa main droite finit par se poser délicatement entre mes omoplates tandis que je sentis l’autre venir frôler ma joue du dos de ses doigts. Son geste était d’une tendresse infinie, d’une douceur sans égale aux autres. Quelque chose brillait au fond de ses prunelles et qui faisait luire les miennes. Un lien, une chose en commun. Une sorte de partage…

Il se pencha.

…Un contact si secret qu’il nous liait à jamais. Un sentiment intime qu’on aurait en commun.

Je fermai les yeux.

Ses lèvres se posèrent sur les miennes, sages et légères.

Il ne bougea plus, comme si je devais répondre. Mes lèvres se tendirent vers les siennes, désireuse de connaître. Il se recula légèrement.

- Définitivement pas…

Sa main qui caressait ma joue alla se perdre dans mes boucles d’ébène. Chaque mèche qu’il remuait me faisait frémir jusqu’au cœur. Elle se posa finalement sur ma nuque. Ses lèvres revinrent se poser sur les miennes puis elles dansèrent ensemble sur un rythme lent et doux. Une musique aux sonorités silencieuse et au rythme connu de nous seuls. Dans ce baiser je reconnaissais le gout sucré du miel et la douce chaleur du soleil. Carlisle semblait m’emmener pour un voyage infiniment long et loin de ce monde terrestre. Il réussissait même à faire naître en moi, une douce chaleur, comme si une flamme autrefois éteinte se ranimait sous ce geste. Et à mesure que cette chaleur se répandait en moi, le désir de lui semblait croître et dévorer toute pensée raisonnable. Je dus me retenir, difficilement, pour ne pas être plus brusque et passionnée.

Mais au bon d’un moment, la danse fut rompue. Carlisle inspira et se recula lentement. Yeux clos, je fronçai les sourcils en redressant la tête. Pourquoi s’était-il arrêté ? Je rouvris les paupières et réalisai qu’une de mes mains s’était élevée de son épaule jusque dans ses mèches blondes et s’était ensuite posée sur sa joue.

Le sourire qu’il arborait n’avait auparavant jamais existé.

Un sourire de bonheur.

- Je vous laisse méditer là-dessus…

Mon visage se détendit et je lui souris à mon tour. Il déposa un dernier baiser sur mon front avant de rejoindre ses appartements. La porte eut un bruit que je trouvais sinistre.

Je me retournai et franchis la porte de ma chambre après être restée un moment vérifier qu’il ne sortirait pour revenir à moi. Toute la nuit, je ne trouvais rien à faire que penser à lui. Et la nuit me parut d’une longue infinie…

Le lendemain, les Seigneurs avaient tenu à nous voir, et Aro avait lu en nous comme il appréciait faire pour tout le monde qui habitait le palais. Je le regardai attentivement alors qu’il voyageait, odieux intrus, dans mes pensées et souvenirs les plus intimes. Je m’efforçais de ne pas le fusiller du regard. C’était pour moi un abus que d’oser cette effraction dans les esprits. Nous étions donc obligé de mettre en commun notre esprit et le sien ? De quel droit ? Son don me répugnait… Le don de lire dans les pensées me répugnait.

Les derniers mots prononcés par le Seigneur fit écho au marché lancé la veille : si je tenais ce régime, alors je serai libre de partir avec lui, si je craquais, Je servirai les Volturi le reste de l’éternité. Aro avait déjà pris parti pour ma défaite. Je ne pouvais m’empêcher de le haïr d’autant plus que le reste de la garde s’était joint à lui. Carlisle et moi étions seuls dans l’adversité.

Et le combat serait dur.

Les semaines suivantes, Carlisle s’efforçait de réduire les difficultés sur mon chemin. Nous partions chasser bien avant qu’Heidi ne fasse entrer les humains dans le palais, ou avant que leur parfums enivrant ne me pousse à l’erreur.
Nous restions des heures à l’extérieur, à parler et à chasser. Il me gardait auprès de lui jusqu’à ce que les proies ne soient à portée. Puis nous nous séparions le temps de nous rassasier. Et nous nous revoyons tels que nous étions lorsque nous nous étions quittés : maître de nous-mêmes, sans monstre assoiffés de sang pour nous corrompre.

Le temps fila et la vie me parut facile, les animaux étaient plus difficiles à tuer de part leur force et leur agilité, même s’il était aisé de les rattraper. On méritait nos proies, c’était moins facile, plus entraînant, amusant, défoulant. Je me sentais plus légère de chasser un sang animal. Même si le goût était plus fade et le parfum moins alléchant, il conservait tout de même une subtilité qui au fil du temps me parut plus flagrante et aidait la bête en moi à suivre uniquement sa piste.

Aujourd’hui était un jour d’hiver. Nos rituels ne changeaient pas avec les saisons. Nous étions sortis vêtus de longs manteaux gris. La neige était tombée tout au long de la nuit et je m’étais attardé près d’une des rares fenêtres du palais pour la regarder choir en silence sur le sol. Néanmoins je fus bien vite tirée de mes rêveries lorsqu’un soldat de la garde m’ordonna de retourner à mes appartements, les fenêtres étaient interdites.

Nous étions sortis avec Carlisle dès que nous avions appris qu’une caravane de marchand avait fait halte au palais. La forêt avait perdu ses feuillages et les blanches des arbres étaient à présent alourdies par la neige. Il nous avait semblé faire face à une autre région. Celles du nord. Nous cheminâmes ensemble, moi à son bras, entre les arbres. Après quelques minutes, nous sentîmes les traces d’un troupeau de daims.

- A tout à l’heure très chère…
- A très vite, lui répondis-je.

Sa voix avait chanté ses mots avant que ses lèvres n’effleurent ma main en velours bordeaux. Avec un sourire il s’éclipsa. Enfin seule, je pus me concentrer sur le troupeau. Pour débuter ce régime, je m’étais mis en tête de chasser beaucoup, de me rassasier le plus possible avant de rentrer. Je pistai donc le troupeau de daims. Il y avait une dizaine d’individus, des mâles et des femelles, quelques jeunes… Leur odeur portée par le vent me guida jusqu’à eux, je n’eus qu’à laisser faire la bête. J’avais noué mes cheveux en chignon pour ne pas les salir ni qu’ils me gênent en pleine chasse.

Avançant contre le vent, je me tapis derrière un des buissons recouvert d’une épaisse couche de cristaux blancs.

Mes yeux fixèrent les légères pulsations dans le cou d’un des cervidés. Puis sans rien dire, je bondis. Avant même que le troupeau ne détale, j’étais déjà sur l’un de ses membres, mes bras se refermaient sur son cou, étau mortel qui lui brisa la nuque. Je fondis ensuite sur deux autres que je fis chuter, leurs cris désespérés cessèrent au bout de quelques minutes, alors que j’aspirai, lentement mais à grande gorgée, leurs vies frêles et éphémères.

Je jetai les deux premières carcasses exsangues dans un fossé puis revins au premier et mordis dans sa chaire morte pour aspirer tout le sang que je pus. La brûlure dans ma gorge fut moins agressive, s’apaisa presque. Je plaçai le corps du mâle avec les deux autres, nettoyai mes lèvres, et retournai au point de départ de notre chasse.

Jusqu’à ce qu’une idée aussi idiote qu’infantile traverse mon esprit.

Je me concentrai pour ne plus être. Invisible, je contournai la clairière à pas de velours. Carlisle revint rapidement lui aussi. Il me chercha du regard avant de se laisser tomber sur un tronc puis contre un arbre en fermant les yeux.

Sa silhouette semblait si détendue, si calme que je regrettai bientôt mon idée. Mais elle était tentante, elle nous occuperait pour un petit moment qui plus est.

Je me plaçai devant lui dans le silence le plus total. Puis m’accroupit et ramassa un paquet de neige blanche. Je la tassai pour former une boule plutôt compacte. Un sourire enfantin naquit sur mes lèvres. Mes yeux, à présent orangés, fixaient Carlisle comme si j’avais peur qu’il ne s’échappe.

Je visai l’épaule. J’armai mon bras puis lançai la boule de neige qui vint s’écraser sur sa veste. Je partis d’un rire cristallin avant de réapparaître.

- Touché, My Lord !
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MessageSujet: Re: [1719] Bouleversement [PV : Volturi, Carlisle Cullen, Lyra Broomwich]   Ven 23 Déc - 22:21

Je me laissais aller dans le calme environnant, forçant chacun des muscles de mon corps à se détendre. J’étais si tendu depuis plusieurs semaines que cela me parut difficile et je ressentis une immense paix quand enfin j’y arrivais. Les yeux clos, je laissais mon esprit vagabonder selon son gré. Et bien entendu, il alla chercher dans mes souvenirs le moment qui me revenait le plus souvent ces derniers temps.
Le baiser.
Ce baiser.
Lyra.

Je me demandais pourquoi nous n’en avions jamais parlé. Pourquoi nous gardions cette distance respectueuse entre nous, même après cela. Il était plus que probable que les soucis et l’effort qu’elle devait fournir pour retenir sa bête intérieure n’aidaient pas à faire avancer notre relation. A moins que ce ne soit une autre raison connue d’elle seule…
Pour ma part, je ne m’en faisais pas trop. Le temps n’était pas ce qui nous manquait, bien au contraire. Mais j’y pensais de temps en temps, comme un souvenir nostalgique que l’on aimerait revivre.
Je sentais la caresse de ses lèvres sur les miennes. Je m’enivrais du souvenir de son parfum. Et privilège des vampires, je me souvenais comme si je venais de le vivre de chaque sensation et émotion qui m’avait parcouru. La paix. La joie. L’excitation. Un soupçon de doute. La déception de devoir partir trop vite.
Et d’ailleurs, pourquoi avais-je interrompu le baiser si rapidement ? Aurais-je eu peur de sa réaction ? En avais-je toujours peur, ce qui m’empêchait d’en parler ? Ne faisions-nous pas une erreur en voulant transformer une amitié florissante en histoire d’amour qui pourrait être tragique ?

Malgré toutes ces questions, je ne parvenais pas à ne pas me remémorer ces images sans sourire. Je n’en gardais que le bon, et rejetais toutes les questions qui m’avaient assailli dans la nuit qui suivit, et qui n’avait pas trouvé de réponse depuis.
Les émotions seraient-elles les mêmes la seconde fois … Enfin s’il y en avait une ?
Je réfléchissais à ce que je ressentais vraiment pour celle qui accompagnait mes jours depuis plusieurs années maintenant. Il était indéniable que j’avais une grande complicité avec elle et un attachement certain. Mais était-ce vraiment de l’amour ?
Oui, je frémissais si elle était en danger. Oui, je m’inquiétais pour elle, et je voulais la protéger.
Mais était-ce vraiment de l’amour ? Qu’est ce que c’était vraiment ? Etait-ce l’envie de mourir pour la personne ? Etait-ce avoir un besoin urgent de l’avoir à chaque instant à ses côtés ? Une impression d’étouffer en son absence ? Une sensation d’être incomplet ?

Ressentais-je tout cela ?

J’avais déjà décidé avant le baiser que je l’aimais. Mais je ne voulais pas attendre trop de cette relation avant qu’elle ne m’ait confirmé ses sentiments. Un baiser ce n’était somme toute pas grand-chose, et je l’avais prise par surprise…
Je ne savais pas ce qu’elle pensait et cela m’angoissait quelque peu…

Le destin choisi de ne pas me faire réfléchir plus, puisque je reçus soudain une boule de neige sur le torse. En un bond j’étais debout, contre l’arbre, en position de défense, le regard noir. Je n’avais même pas eu le temps de retenir le vampire, qu’il était déjà là, prêt au combat. Et je me préparais à grogner quand j’entendis un rire merveilleux. Un rire qui ne pouvait venir que d’elle tant il résonnait en moi.
Et elle apparut devant moi, en se pavanant.

- Touché, My Lord !

J’avais la position, j’avais la tension dans mes membres. Tout était prêt pour le bond qui m’amena sur elle. Je grognais alors que nous chutions dans la neige, roulant quelques secondes avant que je ne m’immobilise au dessus d’elle. Mon regard était toujours un peu coléreux sans que je le veuille vraiment…

- Touché ? Vraiment ???

Je formais un bon tas de neige avec mes bras et la laissais tomber en flocon sur son visage en en prenant petit à petit. Mon poids la plaquait au sol et j’éclatais de rire en me redressant. Mon regard était redevenu brillant et joyeux alors que je cessais de jouer la comédie.
Et puis soudain, je me tus et redevenant grave, je me penchais vers elle pour l’observer.

Seigneur, elle ressemblait à une chimère magnifique. Comme la dame des neiges que l’on rencontre dans certains contes.
Son visage disparaissait à moitié sous la neige presque aussi blanche qu’elle. Et elle ne fondait pas. Immobile, seuls les yeux orangés de Lyra, m’observaient et dénotaient de sa vie. Avec des gestes doux, je retirais quelques flocons qui retombèrent dans ses cheveux comme pour les illuminer un peu plus. Je souris en la regardant droit dans les yeux, joueur.

- Qui a touché maintenant hein ?

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MessageSujet: Re: [1719] Bouleversement [PV : Volturi, Carlisle Cullen, Lyra Broomwich]   Mar 27 Déc - 1:20

Je le vis se tendre soudainement et adopter cette posture animale qui était la nôtre lorsqu’il fallait se défendre. Je devinai ses muscles contractés sous la surprise, Ses yeux dorés luire de mille feux, alertes. Puis d’un geste souple et rapide, accompagné par un bruissement de vêtement, il se jeta sur moi.

Mais pas comme un prédateur se jetait sur une proie, avide de la voir terrassée. En l’espace d’un battement de paupière, il fut sur moi, et nous roulâmes quelques secondes dans la couche blanche, lui grognant moi riant aux éclats. Je me sentais si légère, si… Humaine. Je jouais à un jeu que d’ordinaire seuls les enfants auraient pratiqués, je me sentais bien. Et en sécurité.

Même si à cet instant, nous nous étions immobilisés et qu’il se trouvait en position de force. Son regard était acéré d’une certaine manière, celui du prédateur surpris et sur la défensive. Je le contemplai, couchée dans la neige, mes yeux presque dorés le couvant de tendresse.

- Touché ? Vraiment ???


Immobilisée par son poids, je ne pus me délivrer de sa prise lorsqu’il attrapa un gros paquet de neige pour la faire tomber en milliers de petits flocons sur mon visage et mon col. Les bras repliés de part et d’autre de mon visage, je cherchai à me protéger comme je le pouvais des assauts des cristaux de glace qui chatouillait tous ma peau et s’y posaient sans fondre. En riant de bon cœur, comme une enfant. Puis il s’arrêta de neiger, et le visage enjoué et heureux de Carlisle au-dessus de moi retrouva son sérieux et je tâchais de suivre, mais mes lèvres ne pouvaient se départir de ce petit sourire amusé et charmé que j’adoptai en permanence en sa divine présence.

Quelque peu calmée par ce visage plus grave, je finis par le contempler plus sérieusement et admirer sa silhouette couronnée de blond se découper sur le gris presque blanc du ciel. La lumière semblait filtrer à travers les nuages et l’ambiance dans la forêt était des plus particulières. De la neige s’accrochait désespérément à sa peau et à ses cheveux, ainsi qu’à ses vêtements, et les jeux de lumière sur les cristaux faisaient briller sa personne, illuminait son corps entier. Même si ces éclats me semblaient bien pâles et terne à côté de ce qui rutilait sur sa peau lorsque le soleil se présentait.

Il se pencha en avant et ses doigts glissèrent lentement sur mon visage, vers mon front, pour dégager les flocons. Son visage d’Ange retrouva un air enjoué et ses yeux d’or plongèrent droit dans les mien.

Je soutins ce regard que je jalousais, le mien ressemblerait au sien d’ici peu, et c’était avec impatience que j’attendais le jour ou je pourrais avoir des yeux aussi d’un doré aussi pur que les siens. Mon sourire restait encore et toujours sur mes lèvres. Ma main se leva pour venir caresser sa joue du bout des doigts.

- Qui a touché maintenant hein ?

Je partis d’un nouveau rire clair avant de lui offrir un sourire malicieux.

- Hmmm… Je l'ignore. Peut être que cela ne devrait pas compter ! Après tout, cette touche était déloyale, My Lord : vous vous êtes jeté sur une dame !

Je ris de plus belle. Dieu que je me sentais bien, légère ! Depuis ce soir ou Carlisle et moi nous étions embrassés devant les portes de nos chambres, je m’étais sentie étrangement bien. Et La difficile tâche de ne traquer que les bêtes m’avait parue plus facile ainsi, et surtout en la compagnie de Carlisle. Mon cœur semblait léger, en buvant du sang animal, je ne ressentais plus cette affreuse sensation d’arracher une vie à la Création. Ou du moins, elle était moins puissante… Le sang animal avait un goût bien moins appétissant que le sang humain, mais il suffisait, je pense, de s’en accommoder un bon moment avant de finir par trouver cela gérable. J’aimais voir mon regard s’éclaircir au fil des semaines mais j’enviai toujours ses yeux d’Ange qui se posaient sur moi en ce moment même. Sa peau si douce au bout de mes doigts…

Notre proximité me rappela notre premier baiser devant les chambres, elle avait fait naître en moi une chaleur indéfinissable d’une douceur indescriptible. J’avais passé la nuit à tenter de me rappeler cette sensation si unique et parfaite, mais à présent que la situation se représentait, je me rendais compte que les souvenirs étaient bien fade comparés à la sensation de bien-être chaleureux qui naissait dans mon ventre et se propageait dans ma poitrine.

Le regard intense, j’ajoutai :

- Mais peut être que vous avez des arguments pour vous défendre et faire la lumière sur ce qui vient de se passer… Je suis prête à les écouter…

Mes doigts montèrent de sa joue jusque dans ses cheveux et passèrent dans ses mèches blondes, dans le sens où il les avait coiffés. Ses cheveux étaient d’une finesse extraordinaire et d’une douceur soyeuse, si bien que c’était un véritable plaisir de caresser sa couronne d’or.
Je me mordis fugacement les lèvres en l’admirant, puis mes doigts tombèrent, légers, sur sa nuque. D’une pression à peine perceptible, je l’attirai à moi.

Arrivée à quelques centimètres de ses lèvres roses à la texture soyeuse et aux finitions parfaites, je lui laissai le choix, s’il voulait reculer. Néanmoins, mon désir était bien présent, et lui ne reculait pas. Mes yeux passèrent fugacement sur sa bouche puis remontèrent vers les siens.

- Avez-vous quelque chose à dire pour votre défense ? murmurai-je.

Lentement, mes doigts pressèrent à nouveau sur sa nuque pour attirer son visage vers le mien, alors qu’un léger et doux sourire s’afficha sur mes lèvres rouges. Ses lèvres frôlèrent les miennes, provoquant un léger frisson qui me fit vibrer de l’intérieur. Mes prunelles s’embrasèrent et je le regardai intensément dans les yeux avant d’enfermer leur éclat sous mes paupières pour me concentrer sur les sensations que provoquaient ses lèvres contre les miennes.

Chaleur.
Frisson.
Embrasement de tout mon être.

J’inclinai la tête sur le côté comme pour que nos bouches s’assemblent parfaitement. Le froid de la neige semblait soudainement contraster avec cette chaleur intérieure qui s’était subitement répandue lorsque nos lèvres commencèrent à danser. Comme si leur contact, même léger, avait été une étincelle qui enflamma mon corps. Ma main glissa pour se plaquer sur sa nuque sans violence, et le retenir de s’enfuir, même si je savais que s’il reculait, je ne l’en empêcherais point. Mon autre main partit du côté de mon visage pour glisser sur sa joue, l’effleurer, avant de se poser sur son épaule et tenter d’atteindre son dos. Sous mes doigts, au travers de sa vestes et de sa chemise, je pouvais sentir toutes la tension dans ses muscles, chaque tremblement et contraction.

Son corps contre le mien, ce contact si rare et intime, semblait créer, alors que nous étions froids comme la pierre, une chaleur à la fois commune et individuelle. Etait-ce que nous ressentions lorsque nous étions amoureux ? Je n’en étais pas certaine. La dernière fois que nous nous étions embrassés, les sensations m’avaient parues…différentes. Mais était-ce le souvenir que j’avais amplifié ? Ou bien était-ce bien la réalité et qu’aujourd’hui, cette sensation me paraissait amoindrie bien que très intense ?

Je ne me posai pas ces questions plus longtemps et me contentai, puisque Carlisle m’y « forçait » de savourer de tout mon être ce moment présent des plus magique et parfait.
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MessageSujet: Re: [1719] Bouleversement [PV : Volturi, Carlisle Cullen, Lyra Broomwich]   Mer 28 Déc - 2:56

Son rire résonna dans la forêt interrompant le silence si particulier des jours de neige. Ce silence pesant et exquis à la fois. Comme si l’on était attentif au moindre bruit. Et ce rire était aussi merveilleux que si tous les oiseaux de la forêt s’étaient mis à chanter une mélodie commune. Cependant, son sourire ne présageait rien de bon. Je me méfiais d’un retour de situation.

- Hmmm… Je l'ignore. Peut être que cela ne devrait pas compter ! Après tout, cette touche était déloyale, My Lord : vous vous êtes jeté sur une dame !

Je restais pantois de stupéfaction alors qu’une vigoureuse protestation avait lieu dans mon cerveau. Mais son rire, de nouveau, effaça ces pensées et je souris tendrement. Nous nous lâchions rarement. Même toutes les fois où nous étions en tête à tête, l’ambiance était trop peu détendue. Les soucis. Son changement alimentaire. Notre retenue. Tout cela compliquait notre relation et nous empêchait d’être aussi heureux que l’on pourrait l’être.
Alors, l’entendre rire de la sorte était une bénédiction du ciel. J’aimais son rire. Il me faisait inévitablement me sentir en paix et un sourire apparaissait aussitôt sur mes lèvres.

- Mais peut être que vous avez des arguments pour vous défendre et faire la lumière sur ce qui vient de se passer… Je suis prête à les écouter…

Je savais que je devais répondre, et pourtant mon esprit entier se concentra sur ses doigts dans mes cheveux. Je frémis, sentant les sensations couler le long de ma colonne vertébrale jusque dans mes jambes. Je découvrais que j’adorais qu’on me touche les cheveux. C’était une sensation si agréable. Presque maternelle.
Je fermais les yeux à demi en savourant la caresse et soupirais doucement. C’est à ce moment qu’elle m’attira contre elle, et je vis qu’elle se mordait les lèvres.
Mon ventre se serra d’envie mêlée d’une certaine peur. Peur que je ne m’expliquais pas d’ailleurs. Qu’avais-je à craindre ? Ses doigts sur ma peau étaient directifs mais la pression n’était pas assez forte pour m’empêcher de reculer.
Et sa façon de mordre ses lèvres… Oh… Lyra…

- Avez-vous quelque chose à dire pour votre défense ?

Que répondre à cela ? Oui, j’avais une « défense ». Mais voulais-je la dire ? Non. Sans aucun doute.
Et alors qu’elle rapprochait nos visages l’un de l’autre en appuyant un peu plus contre ma nuque je me laissais faire bien volontiers, mon corps se coulant sur le sien. Nos lèvres s’effleurèrent. Elle souriait.
Mon souffle se coupa dans une inspiration comme dans l’attente de quelque chose. J’étais si proche d’elle que je pouvais voir toutes les nuances de couleurs dans ses yeux. Certaines parties de ces prunelles gardaient des tâches rouge sang, d’autres étaient déjà dorées. De loin, cela donnait une sorte d’orangé tirant sur l’or. De près, c’était encore plus beau. On pouvait lire dans ses yeux la bataille qui faisait rage en elle à chaque instant.
Sauf maintenant.
A ce moment précis, elle savait très bien ce qu’elle voulait. Ce dont elle avait besoin. Et elle me le prouva en levant légèrement le visage pour m’embrasser.

Je frissonnais, mais ce n’était pas dû au froid.
Je gémis faiblement, mais ce n’était pas pour protester.

Cependant, je reculais, gardant mes lèvres proche des siennes. Avec un doux sourire, je murmurais :

- Ce sont les hommes qui doivent prendre l’initiative normalement, non ? Et puis… Vous étiez invisible… C’était injuste…

Je souris un peu plus avant de reprendre ses lèvres sans lui laisser le temps de répondre. Elles étaient fraîches avec un goût floral, doux et enivrant à la fois. Je fermais les yeux en ayant l’impression d’être dans un champ de fleur, le visage caressé par la brise. Et dans la plaine, un cerf m’apparut. Je décelais le goût du cervidé qu’elle venait de boire, augmentant d’un coup mon désir pour elle.
Pour la première fois le désir charnel et vampirique se mélangeaient donnant une pulsion difficilement contrôlable. Le baiser se fit de plus en plus impérieux après qu’elle eut penché légèrement la tête.
Je me laissais plus encore aller contre elle, posant mes bras dans la neige de chaque côté de son visage, mes mains caressant ses cheveux. Ses doigts sur ma nuque intensifiaient mes sensations comme s’ils étaient fait de feu et de glace. Mon ventre se serra d’envie.

Une grive cria dans le ciel. Une seconde lui répondit en chantant gaiement.
Et sous le chant de l’oiseau, je répondis à son baiser avec passion. Le vampire prenait la place de l’homme. Je n’aurais pas voulu être si passionné. Si indécent. Mais mon corps se tendit, et sous les tremblotements qui le parcouraient, je n’avais d’autre choix que de me laisser guider.
Ma main gauche délaissa ses cheveux pour glisser lentement le long de son corps. L’étoffe me paraissait soudain de trop. Je voulais la sentir contre moi et je suivis les courbes de son corps, du bout des doigts. Ma respiration s'accéléra alors que mes doigts se crispaient sur sa robe.
J’arrivais à ses hanches lorsque j’entendis un grognement. Je me rendis soudain compte que c’était moi qui venait de gronder. Une réaction abandonnée, spontanée…
Vampirique.
Et le gémissement qui suivit était lui par contre bien humain. L’humain qui luttait contre cette folie. Contre ces sensations qui n’étaient pas les siennes et qu’il réfutait. Contre cet empressement qu’il ne voulait pas.
Une seconde je me vis reculer d’un coup et partir en courant. J’avais soudain honte de cette passion que je venais de montrer. Mais ce serait trop inconvenant de partir sans un mot. Elle le prendrait forcément pour elle. Et avec raison.

Alors je remis de la douceur dans le baiser. Je ramenais prestement ma main proche de son épaule, mes doigts frôlant légèrement sa peau douce.
Je rompis le baiser avant de le regretter et d’en redéposer un furtif et doux avec un petit sourire. Je ne voulais pas gâcher ce moment dans des pensées désagréables. Je gardais donc un visage impassible le temps qu’elle rouvre les yeux, puis cachais mon visage dans son cou. J’inspirais profondément son parfum après avoir laissé mes lèvres une seconde au creux de sa gorge.

Au bout de plusieurs minutes d’un silence complet seulement perturbé par les craquements de la neige, je me laissais tomber sur le dos et lui pris la main. Je me mis à regarder fixement le ciel blanc, des pensées plein la tête.
Qu’est ce qu’il venait de se passer ? Pourquoi avais-je réagi ainsi, le corps soudain pris d’un instinct animal qui je ne pouvais pas dompter ? Je n’avais pas de réponse mais je savais seulement que je n’aimais pas ça… Je n’aimais vraiment pas ça.
Si c’était cela l’amour en tant que vampire, je préférais m’en passer. J’avais besoin de me contenir. De rester maître de moi à tout instant.
Mais comme souvent, je réprimais mon esprit alors que je tournais le visage vers Lyra. Je souriais, cachant parfaitement ce qu’il se passait sous mon crâne et serrais un peu plus sa main.

- Qu’allons-nous faire… A présent ?

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MessageSujet: Re: [1719] Bouleversement [PV : Volturi, Carlisle Cullen, Lyra Broomwich]   Ven 30 Déc - 0:21

Son corps s’était parfaitement coulé sur le mien, comme pour ne faire plus qu’un avec lui. Lorsque je fus contre lui, je perçus ses frissons. Mais je devinai qu’ils n’étaient pas dus à une vaine opposition. Je l’entendis également échapper un petit gémissement avant qu’il relève la tête, rompant notre baiser.

- Ce sont les hommes qui doivent prendre l’initiative normalement, non ? Et puis… vous étiez invisible… C’était injuste…

Il sourit. Sa mine était adorable. J’allais riposter mais j’eus à peine le temps d’inspirer : ses lèvres se reposèrent sur les miennes et rapidement, je retrouvai ce léger goût sucré et doux du miel, parfumé de soleil. Mais à mesure que les secondes s’écoulait, je le sentis plus…impérieux, plus animal dans sa gestuelle.

Son corps se laissa reposer contre le mien, entravant nombre de mouvements que j’aurais pu faire plus tôt. Ses bras flanquèrent mon visage tandis que ses doigts se perdaient dans mes boucles brunes, déclenchant une multitude de frissons qui descendirent le long de mon dos.

Mais alors qu’il se faisait plus fougueux que je ne l’aurais jamais imaginé, son ardeur sembla réveiller en moi quelque chose de plus fort que je ne ressentais jusque là. Le désir du Vampire qui voulait répondre à celui qu’il entendait hurler. Mes gestes gagnèrent en brusquerie mais je tâchai de me contrôler. Le désir était là, enflammant mon corps et mon esprit, occultant toute pensée logique. Et le réveil de la bête jusque là calmée ajoutait à cette enivrante chaleur qui me possédait. Si bien que je commençais à me poser des questions, à m’interroger. Pourquoi cet embrasement des sensations, pourquoi Carlisle était-il soudain presque violent ? Ce moment restait un délice, certes, mais sa non-retenue avait quelque chose de trop déroutant pour être ignoré. Voire même : je me sentais embrassé par un étranger. J’aurais eu envie de le repousser, si d’un regard rapide je n’avais pas vérifié qu’il s’agissait bien de lui. Alors je ne le repoussai pas, même lorsqu’une de ses mains quitta mes cheveux pour descendre le long de mon corps en une indescriptible caresse et ses doigts se refermer sur l’étoffe de ma robe. Je sentais petit à petit sa respiration s’accélérer au fil de sa descente et ma prise sur sa nuque se raffermit encore. Mon autre main revint sur le devant pour se glisser entre sa veste et sa chemise, s’appuyant sur une de ses épaules, dont la peau me paraissait brûlante. Puis j’entendis un grognement émaner de sa gorge.

Une fois encore, je fus totalement déroutée. Je me sentais embrasser un autre jeune homme, plus aventureux, inconnu. Un nouveau gémissement s’éleva de ses lèvres. Je ne cherchai pas vraiment à comprendre, j’aurais probablement tout le temps nécessaire plus tard...

Mais je sentis son corps se décontracter, ses muscles se relâcher et le baiser que nous échangions, qui était devenu, ma fois, quelque peu sauvage, retrouva toute sa douceur et sa volupté. La Bête en moi sembla reculer, dépitée. Je retrouvai mon entier contrôle et relâchai la pression de ma main sur sa nuque. Je sentis sa main remonter de sur ma hanche et se poser tout près de mon épaule, la caressant du bout des doigts.
Je ne rouvris pas les yeux immédiatement lorsque nos lèvres ne se séparèrent, Et le dernier petit et doux baiser qu’il déposa sur mes lèvres me fit sourire. Je rouvris les yeux en expirant, le regardai une petite seconde avant qu’il ne disparaisse de ma vue en plongeant sa tête dans mon cou.
J’expirai lentement l’air de mes poumons, celui que j’avais retenu durant toute la durée du baiser, comme si Carlisle s’endormait contre moi et que je ne voulais pas le réveiller. Mes mains s’étaient retirées de son corps lorsqu’il s’était penché sur mon cou. Je sentis ses respirations contre ma peau, ses lèvres au creux de mon cou… Je refermai les yeux pour mieux les ressentir. Les savourer. Mes mains vinrent se poser l’une sur ses cheveux, l’autre sur son bras, en douceur, sans rien rechercher. Nous restâmes ainsi plusieurs minutes, tel un couple assoupi sur le tapis blanc qui recouvrait les pieds des arbres.

Puis Carlisle se laissa glisser sur le dos, à côté de moi, et sa main attrapa doucement la mienne. Il contempla un long moment le ciel blanc tandis que mes yeux se tournaient totalement vers lui, mon pouce effectuant de petits ronds sur le dos de sa main.

Puis il se tourna vers moi, et sourit.

- Qu’allons-nous faire… A présent ? interrogea-t-il.

Sa main s’était serrée autour de la mienne. Je répondis par un petit sourire. Ses yeux brillaient de mille feux et sa main dans la mienne me gardait immobile. Néanmoins mon corps se mit en mouvement pour rouler un peu plus prêt de lui et pouvoir appuyer mon menton sur ma main. Mon autre main prit le relais pour caresser la sienne. Je soutins son splendide regard doré, tout en conservant un air songeur.

Que faire à présent ? Excellente question… Je sentais que sa question était tout à fait sérieuse et à double sens. Mais je me sentais si légère que je n’avais pas envie de réfléchir. Gaiement, je répondis :

- Hmmm… Nous pourrions rester ici des heures à nous contempler en attendant le soleil, ou bien nous promener dans les bois ou encore… rentrer, dis-je, en prenant un moue peu encouragée sur la fin. Moi je préfèrerai la première solution, mais ce n’est que mon humble avis… dis-je, déjà plus souriante.

Puis je lâchai sa main, à contrecœur pour me mettre sur le ventre, appuyée sur les coudes et diriger mes yeux presque dorés sur le lointain. Une expression rêveuse s’imprima sur mon visage.

- Ou bien nous pourrions partir tout simplement…

Je me sentais assez forte, et peut être folle pour le suivre. Là, maintenant. J’avais envie de trouver un endroit paisible, loin de l’humanité et m’y abriter avec lui, m’y enfermer. Etre à jamais auprès de lui, dans un monde ou n’existeraient pas les Volturi, les liseurs de pensées non plus. Un monde où nos souvenirs et pensées seraient conservés, bien au chaud dans nos cœurs… mais je ne devais point rêver, le seul monde était celui dans lequel nous vivions, et je savais pertinemment que la présence des Volturi ne pouvait être ignorée. Je savais aussi que cela leur coûterait de me laisser partir, mon don était bien trop précieux aux yeux des Seigneurs Caïus et Aro. Non, décidément, je n’aurais jamais la paix, Carlisle non plus. Un jour, nous aurions forcément à rentrer en Italie… mais en attendant, l’air semblait plus pur ailleurs qu’ici. Il me sembla m’égarer un instant, imaginant une maisonnette des plus simples, au cœur d’une clairière, dans une forêt du nord. L’hiver, la neige tomberait à gros flocon et nous pourrions répéter ce qui venait de se passer chaque année. L’été nous pourrions aller nous promener tout près d’une rivière, chasser les troupeaux environnant main dans la main… J’aurais bien sûr trouvé d’autres habits que ceux-là pour coller avec le temps qui passait, j’aurais accordé mes vêtements avec le doré parfait de mes yeux, avec le sien…

« Lyra… » entendis-je, comme au loin. J’ignorai combien de temps j’étais restée observer l’horizon sans le voir. Ce fut une caresse plus légère et douce que le vent qui me ramena à la réalité. Celle des doigts de Carlisle sur ma joue. Je tournai la tête vers lui, penaude.

- Pardon, je m’étais égarée… souris-je faiblement.

En le contemplant, je transposai mentalement la scène présente dans une autre d’un autre temps et d’un autre espace. En forêt, près d’un ruisseau, un beau jour d’été. Qui aurait cru que la machine à rêve de mon esprit s’était autant remise en route ? Allais-je rêver comme je l’avais fait lorsque j’étais mortelle ? Peut être. Cela n’était pas si désagréable… je me redressai pour m’asseoir sur mes pieds. Les mains posées sur les cuisses, je contemplai toujours Carlisle tendrement. Puis je dis :

- Seigneur, comme le temps passe… Nous devrions profiter de la forêt encore un peu avant que la garde ne nous invite à rentrer…

Je me relevai et époussetai ma robe ainsi que mon manteau. Puis je pris le bras de mon compagnon et nous cheminâmes au hasard des sentiers invisibles et des routes secrètes que dessinaient les troncs d’arbres. Chacune de mes perceptions transformait ce que je vivais en ce rêve que je pensais bien ne jamais pouvoir atteindre. D’un effort pour profiter des dernières minutes de paix qu’il nous restait, je faisais une longue promenade sous les feuillages roux d’une forêt automnale. La promenade se passa dans un silence total, comme je savais que Carlisle aimait cette tranquillité naturelle. Les grives continuaient de chanter au-dessus de nos têtes.
A un moment, je tentai d’imiter leur chant, comme pour répondre à l’une d’entre elle qui attendait une réponse à ses cris. Ma voix sortit, vibrante comme le chant de l’oiseau, mais en plus nuancée, plus cristalline. Néanmoins, il aurait fallu une oreille experte pour identifier la différence entre le cri naturel et ce que j’avais tenté de reproduire. Ce fut un franc succès visiblement et je souris à l’homme dont je tenais le bras.

Mais il ne fallut pas plus d’une heure pour que les Volturi envoient leurs sous-fifres nous chercher. Au nombre de trois, ils nous apparurent tels des fantômes dans la brume. Armés d’eux-mêmes, ils nous reconduisirent au palais. Adieu maisonnette au cœur des bois…

Nous nous séparâmes devant nos appartements, comme il nous était coutume de le faire. Plusieurs jours s’écoulèrent sans que nos petits rituels ne soient rompus, et l’image de cette vie dont je rêvais semblait se préciser, motivant ma recherche de sang animal. Carlisle et moi étions, je le supposai, presque heureux. Les Volturi étaient la seule ombre sur le tableau. Il nous suffirait seulement de les quitter dès que possible.

Jusqu’à ce que vienne ce jour, trop tôt, un millions de fois trop tôt.

Ce jour où vacilla mon rêve, où je crus qu’il irait se perdre dans les méandres des rêves impossibles.
Nous rentrions de la chasse, Carlisle et moi.

Nous discutions sourire aux lèvres, regards tendres. Les gardes s’était évaporés dans les couloirs. Et nous arrivâmes devant nos appartements. Notre conversation fut interrompue par Alec, qui en personne nous vint voir. Son sourire narquois fit mourir mon sourire.

Il me tendit une petite enveloppe en papier, scellé de l’armoirie Volturi. Mon ventre se serra, mon regard se crispa sur le papier. J’ignorai totalement Alec qui me salua. L’hypocrite s’en retourna sans faire plus de cas de mon état. Je me retournai et fit sauter le sceau. D’une calligraphie parfaite, la main d’Aro avait inscrit en rouge sombre sur du papier fin :


Caro Lyra,
Chère Lyra,
siete invitati al pasto successivo, che io darò questo fine settimana.
Je vous invite au prochain repas que je donnerai en fin de semaine.
Aro

Je crus perdre l’équilibre. Je crus défaillir. Le monde entier vacilla, je me trouvai mal. Mon ventre se serra. Mon regard se figea, écarquillé, sur le vide alors qu’en moi explosaient peur, colère, désespoir, et en même un certain espoir de me voir partir plus tôt que je ne l’avais escomptée.

Mon Dieu… priai-je.

En silence, je tendis le papier à Carlisle, le laissant découvrir l’ampleur de la chose, car aucun mot n’était à ajouter à la lettre d’Aro.

On ne refusait rien aux Volturis.
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MessageSujet: Re: [1719] Bouleversement [PV : Volturi, Carlisle Cullen, Lyra Broomwich]   Sam 31 Déc - 15:43

Alors que je contemplais Lyra, si belle et ses yeux si brillants de la passion que nous venions de vivre, je ne pouvais arrêter les pensées tortueuses qui m'assaillaient. Pendant plusieurs minutes j'étais devenu quelqu'un d'autre. Quelqu'un que je n'aimais pas. Quelqu'un de violent et gouverné par ses pulsions. Pourquoi devions-nous être dirigé par le vampire même quand on se décidait enfin à profiter de ce que la vie avait de meilleur ? Ne pourrais-je donc jamais me laisser aller ?
Pris dans mes pensées, je la vis rouler pour coller son corps contre le mien et poser doucement son visage dans sa paume. Je ne bougeais pas, n'osant pas faire un geste qui pourrait faire remonter la pression.

- Hmmm… Nous pourrions rester ici des heures à nous contempler en attendant le soleil, ou bien nous promener dans les bois ou encore… rentrer. Son regard en dit long sur sa motivation à cette dernière idée. Moi je préfèrerai la première solution, mais ce n’est que mon humble avis…

Sur le principe j'étais d'accord, mais mon habitude à fuir me donnait envie de rentrer. Je voulais pouvoir réfléchir tranquillement à ce qu'il venait se passer. Pas me tenter encore plus en restant encore seul avec elle.

- Ou bien nous pourrions partir tout simplement…

Je tournais vivement la tête vers elle. Elle était sérieuse ? J'avais lancé l'idée voilà quelques semaines, elle l'avait refusée et m'avait convaincu de renoncer. J'étais d'accord avec elle à présent, il serait bien trop dangereux de nous enfuir d'ici. Du moins, pas sans l'autorisation des Seigneurs. Et avec le pari qu'elle avait lancé, nul doute qu'elle devrait passer l'épreuve avant d'avoir l'accord.
Mais elle n'était pas encore prête... Je le sentais. Peut être dans quelques mois. Ou un an. Lorsque ses yeux seraient parfaitement dorés et qu'elle ne frémirait plus en sentant l'odeur des humains, juste avant que nous partions. Là, nous pourrions peut être jouer notre éternité et tenter le tout pour le tout. Mais... Et si elle ne réussissait pas ? Que deviendrions-nous ?
Au fond de moi, tout au fond, si loin que je ne laissais pas les pensées arriver jusqu'à ma conscience, je savais que je ne pourrais pas avoir une relation durable avec un vampire qui ne serait pas végétarien. En tant qu'ami, bien sûr, il n'y aurait aucun problème. Nous nous connaissions depuis plusieurs années maintenant, et son alimentation n'avait jamais été une difficulté. Mais ce qu'il venait de se passer, cette sauvagerie qui m'avait pris en sentant juste le goût du cerf... Et si elle venait de s'être sustentée d'un humain ? Jusqu'où serais-je allé, moi qui n'avait jamais goûté à leur saveur ?

Non... Nous devions prendre notre temps pour mettre toutes les chances de notre côté. Et le temps, nous l'avions, alors pourquoi se précipiter ?

- Un jour nous partirons... Tous les deux...

Elle ne réagit pas. Je fronçais les sourcils, et la regardais plus attentivement. Son regard était perdu dans le vide, rêveur d'une vie qui n'était pas la nôtre.

- Lyra...

Je levais ma main pour venir caresser sa joue du dos des doigts. Au bout de plusieurs secondes, son regard se remplit de nouveau de "vie" et elle tourna les yeux vers moi en s'excusant. Elle se redressa, le visage encore absorbé par ses pensées. Je me demandais ce qui l'avait autant transporté mais me retins de tout commentaire.

- Seigneur, comme le temps passe… Nous devrions profiter de la forêt encore un peu avant que la garde ne nous invite à rentrer…

Un coup d'œil vers le ciel m'apprit que le temps tournait, en effet. Le temps passait toujours vite en sa présence. Nous nous relevâmes et profitâmes de ce que la forêt avait à nous offrir pour encore quelques heures. Le silence nous était familier et je me félicitais qu'elle l'aimât autant que moi. Il me semblait que mon esprit ne voulait pas s'éteindre et je sus que seul le temps m'aiderait à comprendre et à augmenter le contrôle que je devais avoir sur moi.
Je fus ébahis de la manière dont elle imitait les oiseaux. Pour ma part j'étais incapable de sortir le moindre son du genre et je ne m'y risquais même pas. Sur les toits de Paris, même les pigeons me fuyaient, alors que j'essayais de les attirer...
Et son sourire... Elle était belle.. Pourquoi la vie n'était pas plus simple ? Pourquoi n'étions-nous pas simplement humain ?
La tristesse et la fatalité pouvaient se lire dans mes yeux, aussi je détournais le regard. Je ne voulais pas qu'elle s'inquiète, et surtout, je ne voulais pas qu'elle me pose des questions auxquelles je ne désirais pas répondre.
Trop vite, la garde arriva. Aro devait vraiment craindre que nous partions pour envoyer ses sbires parce que j'avais parcouru cette forêt des heures durant, seul, sans qu'il ne vienne me chercher.
Mais soit.
J'avais décidé de rester avec Lyra jusqu'à ce que nous puissions partir ensemble. Enfin, si Dieu nous le permettait...

Cependant, une fois dans l'enceinte du palais, une décision vint en moi. Claire et sûre. Comme venue de nulle part. Comme si mon cerveau avait réfléchi de lui même et était maintenant certain d'une chose. Nous ne devions plus nous embrasser. Plus jusqu'à ce que nous soyons partis d'ici et que notre contrôle à tous deux ne serait pas plus assuré.
Je redoutais la séparation devant les portes de nos chambres. J'avais peur qu'elle ne tente de m'embrasser à nouveau et que, faible comme je l'étais, je ne succombe aux plaisirs des sens. Mais il n'en fut rien et nous nous séparâmes comme les autres jours.

Et le temps repris son cours... Et à chaque fois que venait le moment de notre séparation, je frémissais d'appréhension. La pensée que je devais me séparer d'elle devenait obsédante et je ne comprenais pas pourquoi. En dehors des Volturis et de ce problème de contrôle personnel, nous étions heureux ensemble. Elle me faisait du bien, elle m'apaisait de mille manières. J'avais besoin d'elle aussi sûrement que de l'air qu'on respire... Mais quelque chose m'empêchait de lui dire... Je ne savais pas quoi. Je me disais que c'était ce palais qui me minait. Mon envie d'en partir... Que je devais tenir et que bientôt, nous serions libre..

Et puis arriva le cauchemar. Le jour que nous redoutions sans trop y penser car nous le savions lointain. Grossière erreur.
Un soir, alors que nous rentrions de chasse, Alec nous attendait devant la porte. Mon ventre se serra aussitôt d'angoisse en le voyant. Jamais il ne serait venu si ce n'était pour de mauvaises nouvelles. Qu'allait-il donc nous dire ?

Rien du tout.
Il se contenta de donner une lettre à Lyra et disparut après nous avoir salué. Le visage de mon amie se décomposa à la lecture du message. Elle vacilla et je passais ma main dans son dos pour la retenir.
Elle me tendit la missive, je la parcourus rapidement.
Et voilà.
Notre destin était scellé.
Dans trois jours elle devrait être prête. Dans trois jours, Dieu déciderait de notre avenir commun. A moins qu'il ne l'ait déjà fait...
Lentement, j'entourais Lyra de mes bras, avant de la serrer contre moi. J'avais peur. Peur de la perdre, peur de cette épreuve qu'elle devrait affronter toute seule. Toute seule ? Non... Aro, ne m'invitait pas, mais il ne demandait pas à ce qu'elle fut séparé de moi.
Je fermais les yeux en imaginant que je devrais de nouveau subir ce calvaire tant redouté. J'en étais capable, je le savais, mais je craignais de ressentir de nouveau cet appel. Ce monstre en moi qui quémandait sa libération. Et pourtant, Lyra était dans cette impasse à cause de moi. Parce que je l'avais aidé à reconnaître qu'être un meurtrier n'était pas la solution. Qui serais-je si je ne l'accompagnais pas ?

- Oh Lyra... Mon torse collé contre son dos, mes bras ceignant sa taille, le papier maudit encore entre les doigts, je posais ma joue contre la sienne avant de murmurer. Je vais venir avec vous.. Nous y arriverons ensemble... Et d'ici la semaine prochaine, nous serons partis...

Si j'en étais si certain, alors pourquoi mon cœur semblait être devenu une lame acérée prêt à me transpercer ?

Ces trois jours furent une torture incroyable. Nous chassions tous les jours jusqu'à ce que nous ne puissions plus ingurgiter quoi que ce soit. J'étais devenu obsédé par la sensation de soif et dès que ma gorge me piquait un tant soit peu, je sortais chasser avec elle. Je passais mes nuits à tourner comme un lion en cage dans ma chambre trop petite. Je voulais que l'épreuve arrive au plus vite pour être fixé et en même temps je tremblais rien qu'à l'idée de ce qui nous attendait. Et rien d'y penser, j'avais envie de chasser pour rassurer mes craintes. Gavé de sang, nous ne risquions rien. Normalement...

Et le soleil de ce jour détestable se leva. Je me préparais comme tous les matins mais j'avais le regard désespéré de celui qui se sait condamné. Dans le miroir, je me donnais l'impression de revoir celui que j'étais en arrivant dans ce château.
Perdu, hésitant... Seule une lumière d'espoir était apparue dans mes yeux. Celle de savoir que je n'étais plus seul. Et cela changerait tout.
Une nouvelle fois, nous chassâmes. Rapidement. Proprement, tant l'habitude était maintenant en nous. J'étais si plein que je pouvais jurer ne plus me nourrir pendant au moins trois semaines. Cependant, je savais que ce ne serait pas une raison pour que le vampire me laisse tranquille. J'allais être tenté. Je le savais. Et pour elle, je prenais tous les risques... Jusqu'à damner mon âme plus qu'elle ne l'était déjà.
Seigneur, aidez-nous...

Le temps est un concept vicieux car il ne va jamais dans le sens que l'on souhaite. Il sembla filer du matin jusqu'en ce début d'après midi où Aro nous avait dit de nous présenter. La promenade dans la forêt n'avait pas été aussi apaisante d'habituellement. Cela ne faisait que monter mon stress.
Je tentais de le cacher à Lyra mais la sentant terrorisée elle aussi, je savais que je ne pouvais être crédible bien longtemps.
Après tout, si je mettais mes convictions en jeu, elle, c'était toute son éternité qu'elle jouait.
Si elle réussissait, nous partirions ensemble.
Si elle craquait, elle devrait rester ici, probablement à jamais.
Quant à moi... j'avais envie de rester.. Mais... J'avais tellement envie de découvrir autre chose que ce palais morne et triste... Si Lyra n'avait pas été là, nul doute que je serais déjà parti depuis longtemps..
Et si elle devait rester pour toujours... Que ferais-je ? Je préférais ne même pas y penser tant la moindre idée en ce sens me tordait le ventre.

La porte de la grande salle se dressait devant nous, menaçante. Elle s'ouvrit sans que nous ayons besoin de toquer et Felix se présenta devant nous avec un sourire avenant. Le visage grave, Lyra à mon bras, nous entrâmes en regardant autour de nous. Il me semblait que le palais entier était réunit pour ce repas. Le nombre d'humains allait être considérable. Les Seigneurs avait fait de cette épreuve un repas gargantuesque.
Aro ne se fit pas prier pour venir nous accueillir. Il frappa dans ses mains, un sourire sincère sur les lèvres.

- Ah! Lady Lyra e Carlisle. Che piacere di accogliervi per questo pasto grande!
Ah ! Dame Lyra et Carlisle. Quel bonheur de vous recevoir pour ce bon repas !
- Nous ne pouvions pas refuser une telle demande...

Je tournais la tête vers Lyra mais soudain toute l'attention des vampires présents fut attirée vers l'entrée que nous venions de franchir.
Heidi, ravissante dans sa robe noire recouverte d'une capuche de fourrure, s'avança parmi nous, suivi d'une trentaine d'humains, tous plus ravis les uns que les autres de visiter le "splendide palais de Marcus".
Je déglutis difficilement et stoppais officiellement de respirer.
Les portes se refermèrent.
Je pris la main de Lyra dans la mienne et l'emmenais à l'écart, là où je m'étais posté les deux fois où j'avais eu à subir cette torture.
Aro ouvrit les bras bien grand comme pour englober le monde entier.

- Bienvenue mes amis dans votre dernière demeure. Théâtralement, il regarda chacun d'entre nous. Des murmures parcouraient nerveusement le troupeau d'humains. Bon appétit.

Mes doigts s'entrecroisèrent avec ceux de Lyra et je serrais fort sa main, le dos collé contre le mur du fond, à moitié caché derrière une colonne. Il n'y avait rien à dire, d'autant que ça aurait nécessité de l'air et dans une seconde, le sang allait jaillir de partout.
Et peut être... Peut être serait-ce la fin de tout ce que nous essayions de construire..

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MessageSujet: Re: [1719] Bouleversement [PV : Volturi, Carlisle Cullen, Lyra Broomwich]   Mar 19 Juin - 18:59

Les mots s’affichaient encore devant mes yeux bien que je n’eus plus la missive entre les mains. Carlisle avait passé un bras autour de mes épaules, craignant de me voir choir. Je ne prononçais mots avant qu’il n’ait terminé de lire cette petite phrase assassine, puis lorsqu’il m’attira contre lui et se colla dans mon dos, je me laissai aller. Je fermai les yeux et inspirais tandis que mes mains montaient se poser et serrer aussi fort celle de Carlisle.

Je le sentais si tendu, si effrayé. Sa personne ne semblait plus avoir de secret pour moi et je ressentais aussi bien que lui cette douleur, cette terreur de perdre un être cher. Nous restâmes ainsi un instant, silencieux comme des statues, nos mains jointes sur ma taille. Je goûtais la douceur de la présence de mon grand Ami comme si demain ne viendrait jamais et que le monde basculerait ce soir dans un néant improbable. Il me serrait si fort contre lui…

Sa joue vint caresser la mienne avec une douceur si grande que j’aurais souhaité resté soudée ainsi à lui pour l’éternité. Mais le temps passait, même pour nous, êtres maudits. Trois jours, tel était le temps qu’Aro nous laissait pour nous préparer. Les mots de Carlisle me firent rouvrir les yeux.

- Oh Lyra… Je vais venir avec vous… Nous y arriverons ensemble… Et d’ici la semaine prochaine, nous serons partis…

D’ici la semaine prochaine… Libres d’eux, des Seigneurs, de ce palais remplis d’illusions et de pièges… d’êtres malsains. Je soufflais en entendant parler de l’avenir, par sa bouche, par ses mots, d’ici quelques jours nous prendrions sans doute la mer, ou bien partirions à pieds dans les bois…

- Rien ne nous en empêchera, My Lord…

Intenses. Les trois jours que nous passâmes ensemble furent consacrés à la chasse, à l’habituation du goût du sang animal, et l’oubli du calice qui coulait dans les veines des humains. Le plus fréquemment possible, nous partions chasser le cerf, lui et moi. Chaque escapade était un bonheur à vivre et à la fois une torture car nous savions tout deux pourquoi nous faisions tout cela. Nos regards parfaitement en accord se l’annonçaient involontairement et il était au final difficile de profiter des nos heures de sortie. Quant aux nuits, j’avais renoncé à les passer à la bibliothèque car, j’ignorais par quel maléfice, tous les ouvrages de médecines se trouvaient sous mon nez dès que j’entrais. Felix avait prétexté un nouveau classement des tomes et j’avais renoncé à y mettre les pieds. Finalement, je me contentai de passer mes nuits à tourner en rond dans ma chambre.

Et puis le soleil se leva. Tel que je le craignais. Le jour de cette terrible épreuve se profila. Ce fut la première fois depuis que j’étais ici que je haïs le soleil. J’avais terminé la nuit assise à ma coiffeuse, le regard plus vide que jamais, celui, désespéré, du condamné à mort. Puis j’inspirai et mon corps s’anima. Je me concentrai sur le miroir en face de moi et entrepris de brosser les cheveux avant de les natter soigneusement mais sobrement. Je savais que j’irais chasser avant le repas, c’était ce que Carlisle et moi avions prévu avant le déjeuner. Nous voulions toutes les chances de notre côté…

J’avais retrouvé Carlisle devant sa chambre et nous avions filé dans les bois nous repaître de deux troupeaux de cerf. Lorsque nous décidâmes de revenir, Carlisle et moi aurions pu jurer ne plus avoir besoin de nous nourrir pendant plusieurs semaines. Je sentais mon corps chaud et me rappelais que mes yeux s’étaient éclaircis en un temps record. Ils étaient presque dorés. Nous marchâmes un instant dans la forêt, contemplant l’œuvre de Dieu une dernière fois avant que nous ne rentrions au palais. Carlisle chercha vainement à dissimuler sa peur, le stress montait et je pouvais parfaitement le sentir lorsqu’il dirigeait machinalement ses yeux en direction du palais et lorsque je prenais son bras. Il le serrait plus fort que nécessaire. Mais il tentait toujours de paraître calme et avenant. Je l’en remerciais silencieusement, moi qui ne me sentais pas capable de donner le change…


La porte de la grande salle arriva si vite. Trop vite. Il me semblait qu’il nous restait quelque chose à faire d’important avant le « repas ». Mais puisque nous nous apprêtions à franchir la porte, je tâchais d’oublier ce qui allait se passer, je me redressai et pris mon air inexpressive qui avait tant plu à mon arrivée au palais. Felix ouvrit la porte avant même que nous ayons l’idée de lever la main pour annoncer notre arrivée. Il nous invita à entrer avec un sourire avenant. Dans la salle, chacun des Volturis présents avaient parfaitement conscience de ce qui allait se jouer, et les regards étaient fixés sur nous comme sur des intrus. Aro, comme toujours, jubilait.

- Ah ! Lady Lyra et Carlisle. Che piacere di accogliervi per questo pasto grande !
- Nous ne pouvions pas refuser une telle demande… répondit Carlisle.

Pour ma part, je ne répondis rien et me contentais de m’incliner respectueusement.

Carlisle tourna la tête vers moi et je soutins son regard non sans détresse, et j’y trouvais l’once de réconfort que j’espérais. Mon estomac se dénoua quelque peu… jusqu’à ce qu’Heidi, éblouissante, ne franchisse la porte en compagnie d’une cohorte de visiteurs. Il était temps pour moi de ne plus respirer. Carlisle prit ma main alors que les battants de la porte claquaient et je m’évertuais à ne pas poser les yeux sur tous ces humains pris au piège. Il m’emmena à l’écart, loin du prochain carnage. Nous nous cachâmes derrière un pilier et nous adossâmes à un mur. Pour ne rien voir, et rester loin du sang qui allait couleur d’ici quelques instant. Yeux clos, je serrais plus fort que jamais la main de Carlisle dans la mienne, comme si le monde allait être balayé dans une seconde.

J’entendis les vêtements d’Aro bruisser.

- Bienvenue mes amis dans votre dernière demeure.

Je risquais un dernier souffle.

- Carlisle… murmurai-je.

C'était donc cela cette chose qu'il m'avait fallu à tout prix faire avant d'entrer ?

- Bon appétit, termina le Seigneur.

Et alors je ne me risquais plus à rien. Je fermai mes paupières, ma bouche et coupai définitivement mon souffle, gardant la main de mon Ami bien dans la mienne. Le tout était d’attendre que cela se passe, que le repas se termine, bien qu’il nous fut impossible de reste sourd aux cris des victimes qui commençaient à monter.

Dans ma tête se heurtaient prières et volonté d’être loin d’ici, si loin que rien ne nous atteindrait, lui et moi. Et j’étais si concentrée que, sans le voir, je me mis à disparaître, le carmin de ma robe s’effaça et bientôt, il dut paraître à Carlisle de serrer le vide.

Mais Elle arriva rapidement. La Bête. J’avais pris soin de construire toutes mes défenses, j’étais prête à tenir tout ce long repas. Mais elle renversa tout d’un coup de Soif de sang. Elle balaya la résistance mise en place depuis si longtemps. Et soudain quelque chose me poussa en avant. Ma volonté restant encore entière, je tâchais de La combattre et de la rejeter au fond de moi, je ne voulais que la voir disparaître. Mais au bout d’une minute qui me parut être une éternité, La Bête avait comme aspiré tout le sang animal que j’avais pu boire en cours de matinée et maintenant une horrible brûlure me tenait la gorge, comme si La Bête elle-même, de se mains brûlante comme les flammes de l’Enfer me serrait la gorge.
Mes doigts écrasèrent sûrement ceux de Carlisle. Mon autre main libre s’enfonça dans le mur qui, de l’extérieur sembla éclater seul. Combien de temps s’était-il écoulé ? Une heure ? Deux heures ? Deux jours ? Autour de nous le carnage ne cessait pas pourtant.

Cela devenait insoutenable.

Insoutenable.

L’odeur du sang s’immisçait dans mes narines malgré le fait que je ne respirais plus depuis un long moment. Des gens étaient encore vivant, criait, cherchaient à s’enfuir. Je pouvais percevoir leur désespoir, leur peur, leur cœur battre la chamade. La pièce empestait la sueur et pourtant, pourtant…


Mes yeux se rouvrirent soudainement. D’un noir de nuit sans Lune.

Sans espoir.

Dans une seconde qui sembla rester en suspend, mes doigts quittèrent ceux Carlisle. Sans que je me doute que ce soit à jamais.

Je décollai du mur contre lequel je me cramponnai stupidement. Sans hésitation. Le corps tout entier dévoué à la chasse. L’esprit tout entier concentré sur ma cible.

Un humain parmi tant d’autre. Mon esprit savait déjà où aller, comment m’y rendre. Chaque parcelle de mon corps tendait vers lui avec une force incroyable. Rien ne semblait me retenir. J’étais le prédateur ultime, je volais pour fondre sur ma proie.

Je traversai la salle en un clin d’œil et parvins exactement où je souhaitais être. Devant cet homme aux longs cheveux blonds et aux yeux verts. Cet homme d’une banalité affligeante. Je le lorgnai de mes yeux de néant seulement pour vérifier que mes sensations étaient justes.

Oui c’était Lui.

Avant qu’il n’ait le temps d’esquisser un geste, je fus sur lui.
Une de mes mains saisit son poignet et l’enfonça presque dans le marbre, l’autre se plaqua sur sa joue pour que son cou se libère.

Là.

La veine saillait sous la peau, pulsant des afflux sanguins provenant du cœur plus bas. Je souhaitais ne pas en laisser une seule goutte.


La Bête ouvrit la gueule...
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MessageSujet: Re: [1719] Bouleversement [PV : Volturi, Carlisle Cullen, Lyra Broomwich]   Ven 22 Juin - 11:28

[HJ : A la fin, un petit « Brandon » OST de Shame, je suis mouru… XD]

J’entendis au loin un dernier souffle de sa part alors qu’elle murmurait mon nom. Je ne pus y répondre, trop concentré à entrer dans la bulle qui me permettrait de sortir la tête haute d’ici. Néanmoins, mes doigts serrèrent les siens un peu plus fort pendant quelques secondes. Nous étions ensemble. Nous allions y arriver.

Bien vite cependant, mes certitudes trouvèrent un roc contre lequel s’échouer. Lorsque les premiers cris se mirent à retentir, la bête en moi se réveilla comme si on l’avait appelée. Comme un chat, je la sentis s’étirer, prendre son temps en sachant très bien que je résisterais. J’attendis avec désespoir sa première attaque sournoise. Où serait-ce ? Ma gorge qui allait me brûler si fort que je ne penserais plus qu’à cela ? Des pulsions soudaines d’aller en avant ? Attaquer Lyra de frustration ?
Je la surveillais et vis le rouge envahir la pièce alors que les cadavres pas encore tout à fait exsangues commençaient à tomber. J’aurais juré que les Volturis laissaient un peu de sang dans ces corps, juste pour nous, mais je devenais peut être parano. Cela étant, le vampire en moi se délectait de cette vision et je restais fixé pendant trois bonnes minutes sur un léger filet rouge qui serpentait vers nous. Il était loin, heureusement, mais je dus lutter contre cette envie d’y aller et de goûter ce nectar au sol même. La bête s’essayait au compromis pour une fois. Elle devait savoir que ma volonté était inflexible. Mais dommage pour elle, elle l’était aussi sur les compromis aujourd’hui…

Je la sentis s’impatienter, se mettre en colère même alors que je fermais les yeux pour ne plus être tenté par ce ruisseau rouge. Ma tête alla en arrière, se posant avec force contre le mur de pierre presque chaude pour moi. Puis, je tournais mon visage pour regarder Lyra, me demandant si sa vue ne m’aiderait pas à tenir. Peut-être que nous pourrions nous regarder jusqu’à la fin pour penser à autre chose qu’à vider les gens ? Mais mon regard tomba sur le mur opposé, loin de moi. Surpris, je serrais mes doigts qui rencontrèrent bien la résistance d’une main dans la mienne. Elle avait dû disparaitre sous la concentration…
J’eus un léger sourire en me disant qu’elle s’en sortait bien et refermais les yeux. J’avais beau ne pas respirer, l’odeur du sang semblait entrer en moi par tous les pores de ma peau. Je pouvais même le goûter sur ma langue alors que je ravalais une unième fois la montée de venin qui me mettait en appétit.

Je n’arrêtais pas de me répéter que je l’avais déjà fait deux fois, que j’y étais arrivé seul et que Lyra n’avait surement pas besoin que je craque devant elle. Je pensais à la forêt, aux courses effrénées que nous allions pouvoir faire lorsque nous aurons passé cette épreuve. Je pensais au meilleur qui nous attendait, mais le tout était recouvert du voile rouge du sang qui m’appelait.
A présent que mes yeux étaient clos et privé de mon odorat, la bête semblait avoir augmenté mon ouïe plus encore. J’entendais chaque cœur qui s’éteignait comme si c’était le mien. Chaque gorgée de chaque vampire de la pièce. Chaque grognement pour une proie ou ronronnement de contentement. Ils étaient heureux là-bas alors que nous souffrions le martyr ici. Le pire était les cris des humains, différents selon s’ils voyaient la scène ou étaient en train de se faire mordre.
Le cri du spectateur avait quelque chose de plus attirant, d’obsédant même tant la peur transparaissait. Le super prédateur que j’étais ne pouvait qu’être attiré par tant d’invitation à la chasse. Une femme en particulier, hurlait comme une hystérique, pensant peut être que plus elle crierait fort plus elle aurait de chance de s’en sortir. Elle se tut brusquement dans un bruit de nuque brisée juste avant que je n’entende déglutir à longue goulée.
Le cri de ceux dont on se nourrissait avait plus la saveur de la douleur. Je n’étais pas sans me rappeler combien la morsure était douloureuse et on pouvait le sentir. Les gens juraient et demandaient pardon à Dieu pour essayer de trouver l’absolution en enfer. Mais ici, seule la mort régnait. Ils n’auraient même pas le droit à une sépulture décente puisqu’ils seraient tous incinérés et rejoindrait le tas de cendre dans les bas-fonds du palais.

Je me mordis la lèvre jusqu’au sang en entendant trois cœurs se stopper en même temps. La bête commençait à se lasser de ce jeu et à comprendre qu’il n’y en aurait pas pour elle. C’était là, que le combat allait réellement commencer.
Et je n’étais pas le seul…. Mes doigts se trouvèrent serrés si fort que je me demandais s’ils n’allaient pas être arrachés. Je répondis en raffermissant ma poigne, m’accrochant à elle comme à une bouée de sauvetage. Ma gorge était en train de s’assécher comme si je n’avais pas bu depuis des mois. J’avais soif, soif, soif et cette pensée en elle-même était en train de devenir tout mon univers. Je ne voulais rien d’autres qu’un peu de cette eau de vie qui se présentait à moi et dont je ne comprenais soudain plus la nécessité de me priver. Mes doigts s’accrochèrent à la colonne devant moi pour m’empêcher d’avancer et j’entendis un gémissement de désespoir sortir de ma bouche. Je priais ardemment, demandant à Dieu qu’il me tue tout de suite avant que je ne commette l’irréparable. Mais Dieu m’avait abandonné il y avait bien longtemps…

Trop concentré sur mes propres démons, je sentis à peine la main de Lyra s’échapper de mes doigts. J’ouvris les yeux d’un coup, et de mes prunelles du plus noir des ébènes, je vis Lyra se tendre en avant. J’articulais un « non » qui ne sortit cependant pas de mes lèvres ou peut-être n’en entendis-je pas le son. Et déjà, elle fonçait dans la pièce pour rejoindre sa proie.

Je restais une seconde accroché à ma colonne, cherchant désespérément quoi faire. Devais-je prendre le risque de craquer pour essayer de la raisonner en étant certain que je n’y arriverais pas ? Ou devais-je la regarder gâcher tous les efforts qu’elle avait fournis ces derniers mois en une seule gorgée ?
Non, je ne pouvais pas laisser faire cela…
Je sentis mes doigts glisser le long du marbre.
Je sentis la bête sourire de tous ses crocs et se redresser devant la promesse prochaine d’un bon repas. Elle serait prête à utiliser la moindre faille que j’oserais lui montrer. Mais je ne pensais plus à elle. Je pensais à Lyra. A cette robe écarlate qui voletait devant moi, s’arrêtant soudain devant un humain autant terrifié que subjugué par la beauté qui se présentait devant lui.
Alors que je me rapprochais elle le plaqua contre le mur et dévoila la jugulaire battant à plein régime. Je serrais les poings et les dents et la rejoignis enfin, les yeux fixés sur l’humain comme si j’étais un aimant attiré par un autre.

Au moment où elle se penchait pour laisser la bête se sustenter, ma main se posa sur son épaule et je la dégageais violemment pour la plaquer sur le mur. J’entendis un grognement mais je ne sus pas s’il venait d’elle ou d’Aro, fâché de me voir intervenir. Je me fichais de tout à présent. Tout sauf elle.
J’accolais mon corps contre le sien pour la maintenir dos au marbre et collais nos fronts, nos deux abimes se rencontrant de nouveau. Mais il n’y avait aucune trace de l’affection que nous nous portions dans ces prunelles. Je l’avais fait reculer pour l’empêcher de commettre cette morsure. Mais si pour moi, c’était pour ne pas qu’elle craque, pour le vampire en moi c’était pour pouvoir profiter de la proie désormais offerte. Et à présent, je devais résister à l’envie de lâcher Lyra pour enfin goûter au sang humain. Celui qui m’appelait, si proche. Si disponible.
Pour m’éviter cela, je capturais les doigts de Lyra et les remontais au niveau de sa tête, contre le mur. Le tout avait pris moins d’une demie seconde.

- Reste avec moi… Soufflais-je… J’ai besoin de toi…

Si je n’avais pas eu la bête à combattre, elle qui voulait détruire ce rival pour la nourriture, j’aurais pu l’embrasser pour nous faire oublier une seconde où nous étions. Mais je ne pus y parvenir et alors que l’humain se laissait glisser au sol de peur, elle réagit…

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MessageSujet: Re: [1719] Bouleversement [PV : Volturi, Carlisle Cullen, Lyra Broomwich]   Mar 25 Sep - 10:23

La gueule ouverte, la Bête s’apprêtait à frapper. Gueule ouverte, j’allais plonger mes lèvres dans le cou de ma proie et enfin goûter au calice qui dégageait cette fragrance.

Plus forte que n’importe quelle autre.

Tentation suprême. Mais alors que mes crocs allaient déchirer l’enveloppe charnelle de ma victime, une main se posa sur mon épaule. Avec force, elle m’empoigna et en un battement de cils, je me retrouvai contre le mur, plaquée contre le marbre et collée contre un pair qui ne voulait visiblement pas que je touche à son repas.

Son front pressa le mien, nos doigts se croisèrent de part et d’autre de ma tête.

- Reste avec moi…J’ai besoin de toi… souffla-t-il.

Nos yeux se croisaient de force. J’avais à peine perçu ses mots, ils étaient si lointains alors que les battements de cœur effrayé du jeune homme étaient eux bien plus entêtant… Mon regard ne gardait aucune trace de sentiments humains, simplement l’œil perçant d’un prédateur fâché de voir un concurrent attenter à son repas. Je regardais dans ses yeux noirs une secondes, la bête riant intérieurement de ce regard qui suintait la peur et la pitié. Quel prédateur faible…

Et il me fut facile de m’en défaire.

Je forçai sur mes bras, motivée par le rythme mélodieux qui tintaient dans les veines de ma proie, utilisai notre prise pour le repousser contre le pilier avec une violence que je ne me connaissais pas. Cette proie était à moi. Personne ne me la retirerait.

A peine eut-il percuté le pilier que j’étais sur lui, ma main gauche saisissant son bras, mon bras droit se plaquant contre sa gorge. Je le fixai dans les yeux, manifestant mon intention de ne pas me laisser prendre mon repas puis grognai.

Je n’avais la moindre conscience que les Volturi nous observaient du coin de l’œil. Je n’avais absolument pas idée de ce que j’étais en train de faire. J’étais submergée par la Bête, elle avait le contrôle de mon corps entier, de mes pensées, elle était enivrée par la chanson du sang…

Lorsque je sentis la tension de ses muscles faiblir un peu, je le lâchai et fondis de nouveau sur ma proie. Je contrecarrai sa tentative de fuite puis l’immobilisai.

La Bête ouvrit la gueule.

Enfin.

La promesse du plus grand des délices.
Le sang le plus pur qui ne m’ait jamais été offert.

Mes crocs plongèrent dans son cou et mordirent brutalement sa chair. Je me sentais à bout de souffle, n’en pouvant plus d’attendre ce qui m’était promis. Graal des Démons, délicieux calice venue droit des Enfers. Tentation.

Le sang ne tarda pas à couler dans ma gorge, berçant mon corps et mon esprit de son goût presque sucré. Je fermai les yeux, oubliai les sons autour de moi. Il n’y avait que le cœur de ma proie et moi. Son cœur battait dans mes tempes, refaisait vivre mon corps comme dans le temps, semblait lui redonner couleurs et chaleur. Mes bras serraient plus que jamais ce corps de mortel indigne de son sang contre moi.

Qui chercherait à me le retirer serait mort. Qui tenterait de me stopper mourrait aussi.

Je me délectai de sa vie, la lui arrachait sans le moindre scrupule. Après toute cette culpabilité et ces fadaises, ces tentatives de se rabaisser à un sang si fade, si amer, alors que j’avais la preuve mourante que le sang humain était si doux, si tentant… Pourquoi m’en être détourné ?

Parce que…

Parce que…

Mon regard se rouvrit, un peu flou.

La Bête m’abandonna, retournant sommeiller dans son antre noire, léchant ses babines souillées de sang.

Des secondes en suspens, une éternité pour me rendre compte de ce que j’avais dans les bras, après que le cœur du jeune homme se soit arrêté à jamais. Après que la source se trouva tarie.

Je me pris sur le fait, les lèvres posée sur sa blessure. La dépouille déjà refroidie. Je me réveillai d’un cauchemar pour me mettre devant le fait accompli. Je n’avais rien fantasmé.

Mes bras repoussèrent ma victime. Je reculai d’un bond face à l’horreur. Mes yeux écarquillés contemplaient sans le croire le désastre. La mélodie du sang n’était plus qu’un souvenir que la bête chantonnait depuis les méandres de mon âme.

Si j’en avais eu une un jour…

Le col de la chemise du jeune homme était maculé de sang, je n’avais rien laissé échapper mis à part cette tâche. Ma main se porta ma bouche entrouverte, ne laissant filtrer aucun cri d’horreur. Mais mes yeux se baissèrent sur mes doigts lorsque je sentis le toucher humide du sang qui rougissait mes lèvres.

Je m’empressai de les essuyer d’un revers de manche puis, sans un regard pour Carlisle, usai de ma vitesse pour passer entre Caius et Alec et quitter la salle.

Sans un mot.

Y avait-il quelque chose à ajouter ?

Je quittai le palais par les souterrains, invisible. Je bousculai des gardes. Je quittai le château.

Je courais.

Sans m’arrêter.

Jusqu’au cœur de la forêt.

Je ne m’arrêtai que lorsque le désespoir fut trop lourd pour être porté

Comme entraînée par un poids attaché à mon cou, je me laissai tomber sur le tapis blanc et gelé. A genoux, sous les yeux du Seigneur. Prostrée, recroquevillée sous les cieux, je réapparus. Tâche rouge sur le manteau blanc de la neige, telle la tâche de sang sur le col de ma victime. La brûlure de ma gorge ne s’était point éteinte, mais quelle délicate caresse face la douleur que mon Cœur et mon esprit enduraient.
J’haletai, alors que la fatigue m’était étrangère. J’haletai du mal qui me rongeait, qui me rongerait à jamais.

- Reste avec moi…J’ai besoin de toi…

M’enfonçait-on un poignard dans le cœur ? Un poignard imbibé du plus virulent poison qui soit ?

N’étais-je donc venue au monde que pour souffrir ainsi ?

- Reste avec moi…

Pourquoi n’entendais-je ces mots que maintenant ? Pourquoi ?

J’ai besoin de toi…

Pitié, arrêtez…

La douleur de l’âme était si présente et intense… Bien plus que la douleur du corps. Je reléguai la souffrance enduré dans ma transformation au rang de blessure superficielle.

La douleur de l’âme…

Je n’avais pas d’âme, et pourtant je souffrais.

Dieu m’avait abandonné.

Carlisle aussi. Sans doute. J’avais goûté au péché le plus délicieux qui put exister.

Qu’avais-je à présent ?

Rien.

Néant.

Les mots de mon Ami revinrent, plus doux et douloureux que jamais.

Mes doigts se crispèrent dans mes cheveux. Je me recroquevillai jusqu’à sentir mon front toucher l’étoffe de mon jupon, sur mes genoux.

Un monstre pleurait-il ?

Non.

Ma bouche s’ouvrit.
J’inspirai.
Et la forêt vibra de tout mon malheur.



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MessageSujet: Re: [1719] Bouleversement [PV : Volturi, Carlisle Cullen, Lyra Broomwich]   Mar 25 Sep - 21:14

J’avais cru que ce serait suffisant. J’avais cru qu’à me voir, elle se serait rappelée pourquoi nous faisions cela. Mais alors que je sentais mon corps s’envoler à travers la pièce, alors que des bouts de marbre se réduisaient en morceau sous mon corps, je me rendis compte de l’immensité de ma méprise.
Le choc fut plus violent que celui auquel je m’attendais, d’autant que je m’étais laissé faire pour ne pas la blesser. J’avais juste tenté de me retenir à elle, agrippant sa main comme dans un dernier geste de supplication. Cela non plus n’avait pas été suffisant.
Je voulus me relever aussitôt mais elle était déjà sur moi. Ses mains m’attrapèrent et me plaquèrent contre le pilier, je me débattis, poussant pour la faire reculer mais son regard m’arrêta. Si je continuais, elle allait me tuer. Là. Maintenant. Je le lus dans ses yeux et je le compris aussi sûrement que je savais que je ne pouvais rien faire pour enlever cette faim qui la rongeait. Je n’étais plus celui qui l’accompagnait depuis plusieurs années à ce moment-là. J’étais celui qui allait lui voler sa proie. Et l’idée même était intolérable pour elle. Je sentis son souffle sur ma joue lorsqu’elle grogna et m’arrêtais totalement de bouger. La pensée était tentante de se laisser mordre pour mettre fin à cette misérable vie. Ce serait si simple. Mais elle, elle devrait vivre avec, toute son éternité. Et cela, je ne le voulais pas. Alors je cessais tout mouvement. Elle me lâcha aussitôt pour retourner vers l’humain alors que je me laissais couler en silence le long de ce qu’il restait de la colonne. Je restais là, insensible au reste, le corps dans un état lamentable et l’esprit plus encore. Je ne fis pas vraiment attention à la fin de la vie de l’humain. Je ne voyais ni n’entendais plus rien. L’état de choc protégeait mon esprit de tout ce que je ne voulais pas voir. Comment Lyra gâchait tant de semaines d’effort dans ces litres de sang goulument avalés. Comment les Volturis souriaient devant notre défaite, en particulier Aro qui gagnait une nouvelle servante. Combien les corps pleuvaient encore autour de moi. Tous ces morts… Tous ces mots… Pour rien… Pour rien…
Je ne voyais plus rien. Pas même le départ de Lyra. Mon corps entier s’était refermé sur lui-même et je devais être un modèle d’état catatonique.

- Emmenez-le dans sa chambre…

Je n’entendis pas le ton presque désolé d’Aro. Il m’aimait bien au fond, mais ses aspirations passaient toujours avant ceux des autres. Et il avait gagné aujourd’hui. Encore.
Je ne sentis qu’à peine, au bout d’un long moment, qu’on m’attrapait de nouveau et qu’on me hissait. Probablement Felix. A côté de lui, une voix fredonnait une chanson morbide sur la perte de l’être aimé. Je n'y fis pas attention. La tête en bas, en sac sur l’épaule du vampire, j’apercevais sans le voir le sol en pierre défiler. Bien vite je fus déposé sans ménagement sur un matelas et fus laissé là, agonisant, une seule bougie allumée. Les deux s’en allèrent sans demander leur reste, en plaisantant sur la manière dont je m’étais fait remettre à ma place.
Ma place… Oui ma place n’était pas là. Elle ne l’était plus. Je ne pouvais pas rester ici. Plus maintenant. C’était déjà le cas avant ce drame mais dorénavant comment pourrais-je regarder un seul d’entre eux sans ressentir le déshonneur d’avoir juré que l’on pouvait vivre sans tuer d’humains ? Comment pourrais-je la revoir elle ? De toute manière, elle ne voudrait certainement pas me revoir autant par honte de ne pas avoir été à la hauteur de mes espérances que par déception des promesses que je lui avais faites. Je lui avais dit que tout irait bien. Que nous partirions tous deux. J’avais menti… Et je m’étais menti sur nos sentiments. Elle ne m’aimait pas et probablement moi non plus. Si cela avait été le cas, elle ne m’aurait pas attaqué. Elle aurait vu dans mes yeux combien c’était important de ne pas se laisser aller à tuer. Elle aurait vu que tout ce jouait maintenant. Et si je l’avais aimé, j’aurais su le lui montrer. J’aurais fait l’effort de me relever pour la détacher de l’humain même au péril de ma vie.

Il me fallait partir… Maintenant !

Je ne sus combien de temps passa. Longtemps probablement puisque la bougie se consuma et l’obscurité de mes pensées envahit la pièce. Un noir aussi profond que cet ersatz d’âme qui me restait. Je me sentis seul à ce moment-là. Plus seul que je ne l’avais jamais été. Parce qu’il n’y a rien de pire que de perdre ce que l’on a eu tant de mal à avoir. Ce à quoi je tenais le plus. Lyra était tout ce que j’avais et je n’avais pas su la garder. Je n’imaginais pas ma vie sans elle et pourtant aujourd’hui c’était presque comme si elle était morte. J’allais devoir faire avec, apprendre à vivre seul de nouveau, partir loin pour ne plus jamais revoir les gens d’ici, pour ne pas la faire souffrir et lui rappeler ce jour affreux à chaque fois que nos regards se croiseraient. Il fallait que je le fasse pour nous deux puisqu’elle était coincée ici à présent.

Alors je me levais, tanguais quelque peu, me rattrapais au mur et mis quelques minutes à retrouver une position stable. Je n’osais pas me regarder dans le miroir. J’avais bien conscience d’avoir une tête affreuse et pourtant je m’obligeais. Je remis mes mèches blondes en place, rajustais mon pourpoint. Ceux que j’allais voir à présent n’auraient pas accepté une visite dans un si piteux était. Lorsque ce fut acceptable, je sortis de ma chambre. Je m’attendais à ce qu’il y ait un garde devant mais ce ne fut pas le cas. Aro devait vraiment se dire que je n’étais plus bon à rien. Tant mieux… Cela allait rendre ma requête moins difficile à accepter.
Je me présentais devant les portes de la grande salle quelques minutes plus tard. Lorsque celles-ci s’ouvrirent, je vis que la salle avait été nettoyée. Le seul vestige des évènements était le pilier qui en portait les blessures. Les corps avaient été enlevés, le sang nettoyé. Et devant moi se tenaient les trois Seigneurs comme si la Terre entière leur appartenait. De nouveau, une envie de suicide me prit et je m’imaginais un instant leur sauter dessus pour me faire tailler en pièce. Mais une fois encore, par respect pour Lyra, je ne le fis pas. A la place, je me laissais tomber à genoux devant eux, baissant la tête comme jamais je ne l’avais fait.

- Ah mon pauvre Carlisle. N’est-il pas plus sombre et insondable demeure que le cœur d’une femme. Si je l’étais capable, je vous plaindrais. Que voulez-vous ?

Je mis quelques secondes à répondre. Je voulais être clair et rapide parce que j’avais l’impression de ne pas avoir parlé depuis des jours et que jamais un seul mot ne pourrait passer mes lèvres. Et pourtant…

- Avec l’autorisation des Seigneurs, je souhaite partir. Ma place n’est plus parmi vous désormais et je vous remercie pour tous les enseignements que vous m’avez prodigué. Je respecterais les règles que vous m’avez inculqué et les rappellerais à tous les vampires qui croiseront mon chemin.
- Et où souhaitez-vous vous rendre mon pauvre ami ?

Je levais les yeux au mot « ami ». Non, nous n’étions pas amis. Un ami ne vous traine pas à terre quand vous chutez. Un ami ne vous fait pas souffrir ainsi, vampire soit-il. Je retins cependant mon regard de colère.

- Le nouveau monde. Peut-être trouverais-je les miens là-bas.
- Je doute qu’il existe quelqu’un semblable à vous dans le monde, Carlisle. Je l’ai parcouru maintes fois et ne l’ai jamais rencontré. Je vous l’ai déjà dit.
- Sauf votre respect, peut-être n’était-ce pas ce que vous cherchiez alors. S’il existe, je le trouverais. Et s’il n’en est pas alors je me contenterais d’étudier et de vivre parmi les âges jusqu’à ce qu’il me soit donné la chance de mourir.

Il ne releva pas la perche de je lui tendais.

- Bientôt on vous appellera Carlisle l’érudit alors ?
- Je l’espère.
- Bien. Puisque c’est ce que vous voulez. Partez dès que bon vous semblera.

Caius semblait choqué. Marcus, ennuyé comme d’habitude. Je me demandais si j’allais devenir comme lui. Insensible à toute chose pour avoir trop souffert. Je priais pour que ce ne fût pas le cas.

- Je vous remercie mes Seigneurs pour toutes ces années et pour votre accueil. Que ne fallait-il pas dire pour satisfaire leurs égos ! Savez-vous quand part le prochain bateau ?
- Je me suis laissé dire qu’un bateau partait demain de Rosignano. Parviendrez-vous à le prendre ? Ne voulez-vous pas la revoir ?
- Il n’y a rien que je puisse faire pour alléger son cœur. Partir est le mieux pour tous, je pense. Je m’en irais ce soir.
- Que les années vous soient profitables mon cher. Jusqu’à la joie de nous revoir.
- Adieu.

Je m’inclinais une nouvelle fois et sortis sans un mot de plus.

Les bagages ne furent pas bien longs à faire. Je ne possédais pas grand-chose à part quelques vêtements, quelques livres et divers objets que j’avais accumulé durant ces années à Volterra. Dès que ce fut fait, je sortis à l’air libre, mon baluchon sur le dos et rejoignis la côte en courant à toute jambe. Cette activité divertit mon cœur bien plus que je ne l’aurais espéré. Je me concentrais sur ma trajectoire, sur le vent qui fouettait mon visage en autant de claques que je me mettais à moi-même. Et lorsque l’odeur iodée de la mer parvint à mes narines, j’étais d’une humeur bien plus disposée à rencontrer des humains que je ne l’étais en partant. La chasse avait été bonne en chemin, trois cerfs et un loup qui avaient fait disparaître ces prunelles ébènes que je détestais tant.
Je fus donc sur le quai bien avant le départ du bateau et tombais sur des matelots près du navire. En échange de quelques pièces, je pus leur laisser mon sac avec la promesse de le retrouver le lendemain dans ma cabine. Je me cachais durant la nuit, chassais de nouveau devant l’apparition inopinée d’un ours. Le voyage allait durer des semaines et je n’avais jamais jeûné autant. Mais l’enjeu en valait le coût. Il n’y avait plus rien pour moi en Europe, et si j’arrivais à atteindre les Amériques, j’espérais pouvoir me construire une vie où je pourrais aider les autres. Je voulais essayer de rétablir la balance dans les meurtres des autres vampires en sauvant des vies. J’avais vu assez de mort et de sang pour ma vie entière.
Je terminais la nuit allongé sur une branche à regarder la lune. Je réfléchissais à tout ce que j’avais fait pour en arriver là. A tout ce qu’il s’était passé. A cet après-midi horrible qui me tordait le ventre rien que d’y penser. Je pensais à Lyra en me demandant ce qu’elle faisait à ce moment. La culpabilité devait la ronger et je n’étais pas là pour la lui alléger. Je ne pouvais plus être là. La revoir… C’était au-dessus de mes forces. J’avais besoin de temps. Peut-être dans quelques années… Mais même si ça me coûtait, même si l’idée de ne plus être en sa présence m’arrachait le cœur, je savais au fond de moi que c’était la meilleure manière de ne plus souffrir pour nous deux. Du moins après un long temps. Mais puisque la souffrance devait-être notre lot, autant essayer de la diminuer le plus possible. Et je ne voulais pas que le péché la ronge plus qu’elle ne pourrait en supporter en me voyant.
Alors, une demi-heure avant le départ du bateau, je me présentais, ombre parmi les ombres, orphelin parmi les mendiants, âme esseulée parmi la foule. Et pourtant, extérieurement, devant la richesse de mes vêtements, l’on aurait dit un prince qui rentrait au pays…

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†•´*¤*' •†Carlisle's fascination †•´*¤*' •† †•´*¤*' •†Peter Facinelli France †•´*¤*' •†
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[1719] Bouleversement [PV : Volturi, Carlisle Cullen, Lyra Broomwich]
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