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 [1918] Epidémie V2

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Carlisle Cullen
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MessageSujet: [1918] Epidémie V2   Lun 2 Mai - 23:45

Chicago 1918

Depuis que j'avais quitté Columbus en 1912, je n'arrêtais plus de changer d'endroit, ne restant que quelques mois, parfois quelques semaines dans la même ville. Je me satisfaisais soudain d'un simple poste de remplaçant et les recherchais même.
En effet, je ne voulais surtout pas reproduire ce qu'il s'était passé dans cette ville de l'Ohio.
J'avais noué des liens avec une jeune fille qui avait attiré mon attention par sa joie de vivre. Même si je me l'interdisais, il en naquit des liens d'amitié très puissants. Trop puissants, d'autant que la demoiselle n'avait que 16 ans. En eut-elle eut plus que l'issue n'aurait probablement pas changé puisque pour éviter que des sentiments plus profonds ne naissent, je m'étais enfui. J'avais prétexté, comme je savais si bien le faire, avoir trouvé le poste de ma carrière... A l'autre bout du pays.

La quitter avait été une des choses les plus dures qu'il m'avait été donné de faire. Je n'imaginais pas vraiment de relation amoureuse, mais j'étais troublé par les sentiments qui apparaissaient en moi dès qu'elle riait, ou tout simplement lorsqu'elle posait sur moi ses yeux d'émeraude semblant me poser des centaines de questions. Pour la première fois de ma longue vie, j'aurais pu me confier à quelqu'un. Si je n'étais pas parti à temps, j'aurais pu m'ouvrir à elle et la mettre en danger. J'aurais pu aussi lui proposer de rester avec moi... La faire venir dans mon enfer personnel... Mais elle était encore si jeune... Elle avait la vie devant elle.
Non, définitivement, elle était bien mieux sans moi. Je ne pouvais m'empêcher de penser que quiconque m'approchait pouvait se brûler...
Alors, j'étais parti, et sa présence me hantait. Je pensais souvent à elle, me demandant comment se passait sa vie depuis lors. Elle méritait tout le bonheur du monde. Pour ma part, j'aurais donné n'importe quoi pour entendre son rire à nouveau.

Privé de ces moments agréables, je trouvais refuge dans le travail, comme toujours. Les trois premières années, j'avais même cumulé deux emplois, un de jour dans un hôpital et un second, de nuit, dans une ville à une heure de là. J'appréciais ne plus avoir le temps de cogiter et de pouvoir me donner totalement à mes patients.
Cependant, je dus partir précipitamment alors que l'un de mes collègues dans le second hôpital fut muté dans le premier. Il lui aurait été inenvisageable que je cumule les gardes comme cela, aussi, je dus abandonner cette vie prenante pour aller vers de nouvelles contrées. Heureusement, je n'avais pas utilisé les mêmes noms, ainsi, même en regardant des dossiers, il ne pouvait savoir que c'était moi, mais je n'aurais pas pu m'expliquer si je l'avais rencontré dans un couloir.

En 1917, je m'installais dans la grande ville de Chicago. Je la retrouvais avec bonheur, y ayant déjà vécu un temps plusieurs dizaines d'années dans le passé. Je choisis de travailler au Wesley Memorial, un hôpital qui n'était pas créé à l'époque. Je dus ralentir mes gardes et passer plus de temps inactif, seul, où je m'occupais en faisant de longues promenades dans la campagne environnante. La solitude me pesait moins que lors de mes premières années en tant que vampire puisque j'avais mon travail, mais je ressentais le besoin de plus en plus pressant de nouer de véritables attaches. Je gardais comme d'habitude, une distance respectueuse avec mes collègues, ce qui me pesait de plus en plus. J'étais fatigué de ne parler qu'à moi-même.

Le rêve fou de trouver un vampire partageant mes idées s'était assez vite évanoui. Le sud n'était que guerres sans fins, et le nord était presque dépeuplé de mes semblables.
Je n'étais pas monté bien haut car je voulais surtout pratiquer mon métier, aussi, je ne devais pas m'exiler dans des villages inaccessibles. J'avais pour but de me faire de l'expérience tout en épluchant la presse à la recherche d'un indice montrant la présence d'un vampire. Je n'en trouvais guère cependant et les rares que j'avais pu rencontrer, bien qu'étant très aimable pour la plupart, ne partageaient pas ma manière de vivre. Jamais je n'avais rencontré de vampires aux yeux dorés.
Je commençais donc sérieusement à envisager de me créer un compagnon. Cependant, le dilemme était insoluble: de quel droit pouvais-je voler une vie comme on m'avait dépouillé de la mienne ? Je ne pouvais me résoudre à emmener un être humain dans le même cauchemar que le mien. Du moins pas un être en pleine santé.
L'idée commença à germer en moi. Transformer un humain mourant me semblait presque comme un sauvetage. Mais qui choisir ? Pour quelle raison, devrais-je transformer cette personne plutôt que cette autre ? Je n'avais pas le pouvoir de vie ou de mort comme Dieu... Aussi, pour le moment, cette idée restait dans ma tête, tournant sans cesse.

Le début de l'année 1918 fut tranquille, mais active. J'hésitais à repartir sur les routes, mais l'agitation inexorable de l'hôpital de Chicago me retenait. J'aimais être occupé et avoir des raisons pour faire des heures supplémentaires. Dans les plus petites villes, je ne pourrais avoir un tel afflux de gens. Je devenais malgré moi, presque une icône de l'hôpital. Les infirmières ne juraient que par mon nom, louant ma disponibilité, mon calme et mes compétences (quand ce n'était pas ma soit disant beauté). Je ne cessais de les reprendre, mais les taquineries fusaient plus souvent que je ne l'aurais souhaité et je ne comptais plus les avances plus ou moins discrètes depuis que j'avais commencé à exercer mon métier. Parfois, je souhaitais être marié pour les calmer une bonne fois pour toute.

A la mi Septembre cependant, une rumeur qui nous fit tous trembler arriva à nos oreilles. La grippe revenait et on l'annonçait plus virulente que jamais. On disait même que dans les environs de Boston, on en mourait. Que beaucoup en périssaient. Pourtant, la grippe, si elle avait son lot de morts tous les ans, n'avait jamais créé une telle vague de frayeur.
Une semaine plus tard, je déplorais le début d'une longue liste de morts à cause de la pandémie. Si je pressentais que les prochaines semaines allaient être difficiles, je ne me doutais pas encore à quel point...

Le soleil n'était pas encore levé que je sortais déjà de la salle de repos. On m'avait obligé à aller dormir mais je n'avais pu tenir que deux heures. Deux heures, pendant lesquelles j'avais entamé mon cinquième livre sur les épidémies. J'essayais d'emmagasiner le plus de savoir possible pour avoir un coup d'avance sur la maladie. Mais quoi que nous fassions, il semblait qu'il y aurait toujours plus de malades. Ainsi, rester seul dans une chambre pendant que des patients avaient besoin de soins me rendaient presque fou. Si je n'avais pas autant tenu à mon rôle, j'aurais protesté plus vigoureusement. Mais il était si ancré en moi que lorsqu'une infirmière m'avait fait remarquer que je n'avais pas pris de pause depuis les dernières 48 heures, j'avais bien été obligé de lui dire qu'en effet j'étais épuisé.

J'avais tout fait pour faire durer le temps le plus possible, mais une fois le livre terminé, je ne pouvais rester décemment inactif. Je retournais donc dans les couloirs, prêt à aider toutes ces personnes qui mouraient de ce que nous appelions tous "la grippe espagnole".
Je devais slalomer entre les lits alors que je me rendais à l'accueil, l'hôpital étant réduit à garder des patients dans le couloir.
Nous faisions attention à l'hygiène tout de même, portant des masques le plus souvent possible même si cela ne changeait pas grand chose puisque la moitié des effectifs avaient été atteint. Il y avait plus de morts que nous ne pouvions en compter. C'était l'enfer qui me rappelait sans nostalgie la terrible peste que j'avais observé de loin dans ma ville natale, deux ans après ma transformation. Cela me touchait plus aujourd'hui, mais peut être était ce parce que je le vivais en temps que médecin...

Passant près d'un lit, je posais mes doigts frais sur le front d'un patient que j'avais hospitalisé la veille. Son visage était déjà violacé et une mousse sanguinolente s'échappait de ses lèvres. Je savais qu'il ne lui restait que quelques heures, aussi, j'augmentais sensiblement sa dose de morphine. Autant le laisser partir en évitant le plus de souffrance...
Alors que je le regardais tristement, une infirmière me rejoignit, m'apportant quelques certificats de décès. Je les signais en faisant défiler les noms.

- Vous devriez vous reposer plus vous savez ? Epuisé, vous n'arriverez à rien...

Je levais mon regard sur elle et vit combien elle paraissait éreintée. Elle semblait presque aussi pâle que moi sous les lumières blafardes et ses joues creusées laissaient deviner qu'elle était bien moins en forme qu'elle ne voulait le laisser voir. Je lui rendis les dossiers, posant ma main sur son épaule avec un doux sourire.

- Je vais bien Lisbeth. Je m'inquiète plutôt de vous... Depuis quand n'avez vous pas pris un peu de répit ? Allez-y, la salle est libre...

Elle me sourit avec timidité et alla ranger les fiches alors que je gagnais la salle d'attente
qui ne désemplissait pas.
Je pris le premier dossier sur la longue liste d'attente et l'ouvrit, sachant pertinemment ce que j'allais y trouver: fièvre, difficultés pour respirer, affaiblissement rapide. Je soupirais doucement en priant une seconde pour que l'épidémie cesse, puis, relevant les yeux, je murmurais:

- Edward Masen ?

Un homme releva la tête, le regard vitreux et fatigué. Près de lui se trouvaient femme et fils, presque aussi mal que lui. Ils se tenaient les uns aux autres pour ne pas sombrer. N'ayant pas le cœur à les séparer, je m'excusais une seconde avant de faire le tour de l'hôpital. J'étais quasiment certain de ne pouvoir trouver un emplacement assez grand pour les installer tous, mais alors que je désespérais, je vis deux infirmiers emporter un corps. Je récupérais le lit et l'installais près de deux autres, dans une petite salle de consultation.
Je demandais à ce qu'ils soient apprêtés alors que je retournais dans la salle d'attente pour prendre les deux autres dossiers. Je me rendis alors près d'eux.

- Pardonnez moi, je préparais tout pour que vous puissiez rester ensemble. Venez avec moi... Tous les trois.

J'essayais de leur faire un sourire encourageant. Après tout seul 3 % des malades mouraient... Mais c'était tellement plus que lors d'une épidémie de grippe habituelle que cela en donnait le tournis. Je les accompagnais en silence jusque dans la pièce où les trois lits étaient collés les uns aux autres.

- Veuillez nous excuser pour le peu de place, nous sommes un peu débordés par les événements...

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†•´*¤*' •†Carlisle's fascination †•´*¤*' •† †•´*¤*' •†Peter Facinelli France †•´*¤*' •†
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