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 Jasper Hale Cullen

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Jasper Hale Cullen
Famille Cullen
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Messages : 10
Date d'inscription : 08/12/2011
Age : 173

Carte d'identité
Condition: Vampire
Don: Détecter et influer sur les humeurs d'autrui.

MessageSujet: Jasper Hale Cullen   Jeu 8 Déc - 22:32


    Jasper Hale Cullen


    Surnom : Jazz’, Jazzi, Jass’ (et buveur de sang, sangsue… mais ça c’est pour les Cabots !)
    Sexe : Masculin
    Condition : Vampire
    Age actuel : 162 ans
    Age lors de transformation : 19 ans
    Date et lieu de naissance : 22 Mai 1844, Houston, région du Texas, US.
    Alimentation: Végétarien,
    Don : Oui : mon don me permet de ressentir les émotions exprimées par les gens autour de moi, mais pas seulement. J’ai également le pouvoir de les modifier, d’effacer le stress et la peur, d’apaiser les esprits tourmentés. Mon don touche l’humeur.



    Caractère:


    Longtemps j’avais tenté de trouver et de différencier mes qualités et mes défauts. Encore aujourd’hui je le faisais. Mais je n’arrivais pas à les lister, je ne réussissais jamais à les saisir en des entiers distincts. Tout est entremêlé et il serait stupide de ne pas l’accepter.
    J’étais quelqu’un de…Calculateur ? Sans doute. Mon esprit stratégique m’avait longtemps servi pour monter en grade dans l’armée et il s’était aiguisé avec le temps. J’abordais toujours les problèmes en cherchant une stratégie qui me permettrait de le résoudre rapidement et facilement. Mais aussi, j’étais quelqu’un de renfermé, de très réservé. Surtout avec les humains. En permanence à la recherche du contrôle de moi-même que je tentais d’affiner pour obtenir celui de ma famille. Les mains dans le dos la plupart du temps, je m’emprisonnais pour ne pas laisser le monstre en moi reprendre le dessus, attirés par autant de sang. Tout se passait généralement dans ma tête, car je n’étais pas du genre bavard. J’écoutais, je réfléchissais, j’analysais, mais je ne parlais que pour dire quelque chose de pertinent, comme je l’avais appris à l’armée. Mais également parce que parler nécessitait d’ouvrir la bouche, d’inspirer de l’air, et que le danger était là : si je respirais les parfums de tous ses gens, humains, mon contrôle de moi s’amenuisait, mon éternelle bataille contre la Bête en moi virait alors à son avantage. Mes dires n’étaient que la partie émergée de l’iceberg, car en moi, les réflexions fusaient. Si Alice n’était pas là, avec moi, alors je me serais sans doute fait muet…
    Le don que je possède est-il également une part de moi ? Dois-je le mentionner ? S’il résulte, comme le suppose Carlisle, d’un trait de caractère qui se serait exacerbé après la transformation, alors oui visiblement c’est à mentionner : Mon don me permettait de ressentir les émotions des gens et avec un peu de concentration, je pouvais inverser, ou amplifier cette émotion. Ce qui m’étonnait le plus était que je n’avais aucune manière de décrire comment je percevais tout cela. Des ondes, des vibrations, des auras ? Non rien de tout cela, je ne faisais que les sentir, les ressentir.
    J’ajoutais également que j’étais un amateur de vitesse, j’aimais ce qui était puissant, rapide. Je pouvais aussi dire, non sans sourire, que j’étais assez sensible aux émotions et à la réflexion au-delà de la stratégie. Après tout, n’étais-je pas diplômé en histoire et en philosophie ?

    Mais surtout, et c’était une part entière de moi dont j’étais plus sûr que tout le reste : j’aimais Alice. Comme le plus fou des hommes de ce monde. Je l’aurais suivi partout où elle serait allée, jusqu’en Enfer, et même au-delà. Si elle le voulait.


    Description physique:

    Une nouvelle journée de cours se préparait. Je m’étais douché le matin et habillé avec de nouveaux vêtements que m’avaient offerts Alice. Ma Belle était au rez-de-chaussée pendant que je me jaugeai devant le miroir sur la porte de la salle de bain.
    Un mètre quatre vingt onze de muscles et une silhouette pourtant fine. J’étais plus petit qu’Emmett et mes adversaires avaient toujours l’idiotie de me juger sur ma silhouette svelte et diaphane et sous-estimaient généralement ma vitesse et ma force. J’avais un torse large abrité sous un polo rayé gris et blanc, et une veste blanche assez épaisse. Contrairement à ce qu’on aurait pu croire, cette tenue claire était le meilleur moyen de se camoufler parmi les humains de cette bourgade pluvieuse : des couleurs foncées auraient immédiatement fait ressortir la couleur pâle de ma peau et j’aurais – ainsi que les miens – été rapidement repéré. Je portai également un jean gris denim et mes pieds étaient chaussés de bottes en cuir brun. Le froid de cette journée m’obligeait à porter une écharpe brun-kaki. D’ailleurs si on regardait bien ma peau, on pouvait y distinguer des croissants de lune, par dizaines, par centaines. Des marques de crocs, des morsures, et autant de souvenirs douloureux gravés sur mon corps à jamais.
    Puis je relevai la tête vers celle de mon reflet : Mes cheveux tombaient en fines boucles blondes sur ma nuque, mes lèvres fines et étroites n’offraient aucun sourire. Mes yeux s’étaient déjà préparés à la souffrance et avaient viré au noir. Alors que les fragrances des humains ne m’étaient même pas encore à portée. D’ordinaire, ils étaient dorés, dorés comme ceux de ma belle Alice, comme ceux de mes frères. Juste au-dessus, des sourcils presque froncés dont le droit était décoré par deux marques de dents. Mes mâchoires étaient déjà serrées, prêtes à retenir mes instincts. Ne manquait plus que le venin qui me coulait dans la bouche.

    La copine de Bella avait raison : j’avais vraiment l’air « de souffrir en permanence » !
    J’attrapai ma sacoche et la passai en bandoulière. Je descendis l’escalier en me demandant si, encore une fois, je serais à la hauteur.


    Histoire:

    Spoiler:
     


    Notre vie est-elle déjà toute tracée dès notre naissance ? Le destin avait-il décidé de m’entraîner dans toute cette aventure dont aujourd’hui encore j’avais un peu de mal à me remettre ?

    Je suis né à Houston en 1844. Je ne me rappelle pas vraiment de mon enfance, juste que j’étais un petit blondinet au visage rond débordant de vitalité. J’étais passionné par l’armée, les uniformes des soldats, leurs armes… Je savais aussi que j’adorais mes parents, qu’ils tentaient de combler tous mes caprices au mieux. Mais je ne venais pas d’une famille aisée, voire même l’argent nous manquait. Très jeune, vers mes dix ans, je me souviens que je marchais à travers les rues pour trouver de menus travaux que j’accomplissais avec la bravoure et le courage des soldats que j’admirais tant. Quand je ne cherchais pas à gagner de l’argent, j’allais jouer avec quelques amis, mon caractère réservé m’amenant à avoir peu de copains. Et à quoi est-ce qu’on jouait ? A la guerre bien sûr ! On combattait les méchants indiens et même d’autres ennemis venus droits de notre imagination fertile et innocente.

    Passé dix ans, je me découvrais un don pour connaître l’état de mes proches. D’un coup d’œil j’arrivais à deviner si quelqu’un était triste et généralement, j’allais lui parler, quand mon introversion me le permettait. C’est là que je commençais à poser beaucoup de questions à ma mère, pourquoi avait-elle l’air triste des fois ? Pourquoi pleurait-elle quand j’étais au lit et elle dans sa chambre.
    Plus les années passèrent, plus l’argent se faisait rare. Mon père travaillait dur dans l’entreprise de transport fluvial des frères Allen et le peu qu’il rapportait ne nous restait dans les mains généralement que peu de temps. Alors au fil du temps j’effectuais de plus durs travaux, qui sculptaient quelques peu ma silhouette. Quelques demoiselles me faisaient du gringue, mais je les ignorais et n’avais d’yeux que pour le drapeau texan qui flottait au centre-ville, alors qu’autour de moi la guerre de Sécession faisait rage. Houston était alors réquisitionnée pour abriter les forces de l’armée texane, et à mesure que je regardais passer les soldats à cheval dans leurs uniformes flamboyants, il se forgea en moi le rêve de rejoindre ces valeureux soldats et de combattre pour ma patrie. Mais je n’avais pas l’âge et en attendant que je devienne un homme, je menais mon combat contre la misère de mon quartier en parlant avec les gens, et en améliorant leur humeur avec quelques blagues bien placées ou à les écouter parler pendant de longues minutes. Mais c’était pour mes parents que je réservais mes meilleurs tours, pour ma mère, dont j’avais hérité la chevelure. A la maison j’étais un véritable clown ! Uniquement pour la voir sourire…

    Mes yeux bruns, hérités de mon père, brillaient d’ambition et de malice, et le jeune garçon que j’étais combattait la misère à sa façon, dans le territoire qu’étais son quartier. J’aimais voir les gens sourire à nouveau, réchauffer leur cœur ne serait-ce qu’une journée. Petit à petit, ma seule présence suffisait à faire sourire. J’étais le « donneur de joie » de mon quartier.


    Du 13 au 14 mais 1861 : " J’avais presque dix-sept ans lorsque je me suis engagé dans l’armée confédérée, en 1861. "

    Ma mère était assise à la table de la cuisine. Ses longs cheveux blonds étaient ramassés en un chignon fait à la va-vite. Sa robe brune et jaune, protégée par un tablier blanc, était souillé de poussière et de cendres. Elle était tournée vers la porte. A ses côtés, mon père tentait de la consoler, une fois de plus, ne me prêtant aucune attention. Debout sur une marche d’escalier, derrière eux, mon visage et mon corps entier semblaient éprouver cette douleur si intense qui écrasait l’esprit et le corps de ma mère. Je me sentais tendu, et des larmes de douleurs et de colère roulaient sur mes joues. J’avais remué ciel et Terre, j’avais tellement travaillé, comme eux, pourquoi n’avions-nous toujours rien ? Pourquoi le sort s’acharnait-il sur nous ? Mes rêves me semblaient si loin, voir mes parents heureux, habiter dans une maison propre et lumineuse. Et je me voyais, moi, venir les embrasser dans cet uniforme flamboyant décoré de multiples médailles que portaient les hommes l’armée confédérée. Il faisait beau, et tout le monde souriait.

    C’était bien trop loin de cette réalité, ou les larmes ne coulaient que par désespoir. Depuis tout jeune, je ne rêvais que de rejoindre ces soldats et combattre à leur côté, pouvoir fièrement exposer mes décorations… mais j’étais encore trop jeune. Je n’avais pas encore vingt ans, je ne pouvais pas être recruté.

    Mes poings se serraient si forts que mes ongles me rentraient dans la chair. Voir ma mère souffrir était insupportable. Et que pouvais-je y faire ? Rien. Absolument rien. Désespérément rien.

    Je remontai l’escalier pour aller passer mes nerfs dans ma chambre, et réfléchir. Réfléchir. Que pouvais-je faire ? J’avais claqué la porte. Je passai mes mains dans mes cheveux plusieurs fois de suite. Tourner en rond, je détestais ça ! La réalité me rattrapait cruellement, j’avais eu beau faire le clown pour rendre le moral au gens, le besoin, le manque étaient là. Bien réel. Et je me sentais les mains liées, incapable de me battre contre cette misère, incapable de défendre ma mère contre les larmes et le désespoir.
    J’étais impuissant, je ne contrôlais pas la situation, et ça me mettait hors de moi. Je restai assis sur mon lit pendant une longue heure, visage fermé incapable de penser à autre chose qu’à comment nous sortir de là. Je tournai parfois la tête pour contempler le plafond, le pied de mon lit ou même les détails de ma porte. Comme si j’allais y trouver une réponse. Comme si la solution se terrait là, quelque part entre ces quatre petits murs.

    Je mis longtemps à le voir, tant mon regard était passé dessus, tant le temps m’avait habitué à sa présence. Ce dessin, fait des mains innocentes du petit garçon que je n’étais plus, dont les yeux brillaient de fascination pour les uniformes des confédérés. Sur ce dessin, je m’étais représenté en uniforme à côté d’un autre soldat avec une moustache. Nous tenions chacun un fusil muni d’une baïonnette et marchions tout deux dans le désert. Je me levai, comme pris d’une illumination, je marchai à travers la pièce pour aller contempler ce dessin de gosse fait à même le mur de ma chambre. La solution me semblait gravée là.

    J’avais dix-sept ans et j’étais déjà bien bâti, musclé et assez grand, je pouvais aisément en paraître vingt. Il me fallait juste jouer le jeu jusqu’au bout. J’allais jouer les resquilleurs. Cette idée me fit retrouver espoir et j’eus envie d’aller le crier à mes parents, de les voir à nouveau sourire. Je voulais annoncer cette grande décision et me vanter de ma future tricherie ! J’allais redonner du pain à manger à ma famille. Ma mère n’allait plus pleurer, mon père retrouver sa mine joyeuse…

    Je dévalai les escaliers.

    Mes parents m’entendirent venir et avaient tourné la tête vers moi avant même que j’apparaisse.

    - Maman, Papa ! Je sais quoi faire pour nous sortir de là ! m’exclamai-je.

    Ils me regardèrent, incrédules. Un sourire aux lèvres, je dévoilai mon plan :

    - Je vais m’engager dans l’armée.

    Ma père laissa tomber la vaisselle qu’elle était en train d’essuyer, mon père se leva brusquement de sa chaise. Il me semblait avoir fait tomber la foudre. Les yeux bleu ciel de ma mère s’écarquillèrent, de nouvelles larmes lui vinrent. Mon père, prévoyant, s’approcha d’elle et la soutint par les épaules. Il fut le premier à me répondre :

    - Jasper, tu ne penses vraiment pas ce que tu dis !
    - Si, papa ! dis-je, mon enthousiasme n’étant pas entamé par leur réaction. Je peux aisément passer pour un homme de vingt ans, et je vous transmettrai toute ma pension ! Vous pourrez vivre mieux, ainsi ! Et je ne serai plus un poids économique pour vous.
    - Jasper, non ! supplia ma mère. Mon bébé…Je ne veux pas te perdre, mon chéri !

    Elle se jeta dans mes bras, je la rattrapai avec douceur et la serrai contre moi. Je sentais à la tension de ses muscles, à ses sanglots, comme la détresse était grande en elle. Mon idée vacilla dans ma tête, ébranlée par cet élan de tristesse et de peur de ma mère. Mais je ne pouvais pas céder, je ne devais pas. Des larmes me montèrent aux yeux. Lentement je me détachais d’elle et plongeai mes yeux marron clairs dans le ciel des sien.

    - Maman… murmurai-je. Tu sais qu’il n’y a pas d’autre solution. Si je ne le fais pas, nous mourrons tout les trois de faim d’ici peu de temps. Je t’en supplie, maman, laisse-moi y aller…
    - Non ! Non, Jasper… je ne veux pas perdre mon seul enfant ! pleura-t-elle.

    Mon père s’approcha et nous regarda un instant avant de poser ses mains abîmées par le labeur sur les épaules de sa femme.

    - Martha… murmura-t-il.
    - Jason, ne le laisse pas partir, je t’en prie ! sanglota ma mère. Ne laisse pas partir notre enfant !

    Je tâchai de la raisonner :

    - Maman… Tu sais comme je rêve de rentrer dans l’armée ! Je t’en prie, laisse-moi y aller ! Je pourrai réaliser mon rêve et vous, vous pourrez manger à votre faim. Maman, arrête de pleurer, je t’en supplie…
    - Non ! protesta-t-elle en s’accrochant aux épaules de son fils.

    Qui n’aurait pu comprendre la volonté d’une mère d’empêcher son fils d’aller affronter la mort ? Ma mère réagissait comme l’aurait fait n’importe quelle mère qui aimait, adorait, son enfant. Mais je devais voir au-delà : la guerre faisait rage autour de nous et les chances d’être engagé étaient bien trop importantes en ces temps de crise pour les oublier. Ce fut mon père qui répondit, plus pragmatique, il me remonta le moral :

    - Jasper, réfléchis bien à ton choix. Es-tu sûr que c’est ce que tu souhaites ? Es-tu sûr que tu ne regretteras pas ton choix ?
    - Bien sûr, papa. Jamais je n’ai été aussi sûr de moi.

    Il avait repris ma mère de mes bras et la serrait doucement contre elle, la berçait. Il cachait sa tête blonde contre son torse, entre ses bras. Elle, agrippait sa chemise avec rage, sanglotait sans plus chercher à contester mon choix. Étrangement, le coup que cela me provoqua fut encore plus dur que celui de la voir s’écrouler dans mes bras. Quelques unes de ses mèches de cheveux échappées de son chignon brillaient à la lueur de la chandelle posée sur la table de la cuisine, et celui du poêle, juste devant la porte.

    - Soit, mon fils. Mais comment vas-tu faire ? Tu n’as pas encore l’âge d’entrer dans les rangs, te seras refusé.
    - Je mentirai.
    - Tu sais bien que ce n’est pas le credo de la famille. Le mensonge n’apporte que des ennuis.
    - Mais l’honnêteté ne remplit pas nos estomacs… Papa… S’il te plaît, laisse-moi y aller !

    Il soupira, embrassa sa femme sur le front.

    - D’accord mon fils… Demain je t’accompagnerai au bureau de recrutement…

    Les sanglots de ma mère redoublèrent, elle hurla contre la poitrine de mon père. Son poing s’abattit sur son torse habillé d’une épaisse chemise brune, sale. Elle me paraissait faible, comme à l’agonie.

    - Non…Jasper… gémit-elle.

    Sa douleur se transmettait à chaque fibre de mon corps. Je me sentais tendu comme un arc. Mes poings se serrèrent à nouveau, des larmes jaillirent lorsque ma mère se mit à hurler. Et dans ma poitrine, j’avais l’impression qu’on venait de planter un couteau. La douleur était presque insupportable.

    Je remontai dans ma petite chambre, me maudissant de surcharger ma mère de souffrance, elle dont la bonté surpassait tout. Chaque jour depuis que j’étais petit, c’était à elle que je prenais la main pour aller à la messe, c’était elle que j’aidais le plus souvent. Encore aujourd’hui, je le faisais. Je faisais une partie du ménage, je travaillais dur et faisais toujours l’idiot pour qu’un sourire émerge sur ses lèvres fines. Mais rien ne suffisait.

    Maman… pardonne-moi, je t’en supplie… Seigneur… songeai-je, tombé à genoux devant mon lit.

    Je sautai le repas, mais je pensais bien que personne ne mangeât ce soir. J’étais allé me coucher, encore vêtu de mon pantalon taché de terre, de ma chemise grise et de ma veste en laine brune usée. J’avais juste jeté mon béret au sol.



    L’aube se leva, nouvelle. Brûlante et lumineuse. La lumière du soleil filtra à travers ma fenêtre et me réveilla. Sans violence. J’y étais habitué. Dehors, le ciel était d’un bleu limpide. Aucun nuage n’entachait ce début de journée.

    Je me levai et m’étirai longuement avant de remettre mes chaussures – en piteux états au passage – et d’attraper mon béret. Je descendis vers notre petite cuisine. Ma mère était là, faisait chauffer le peu de café qui nous restait. Mon père était déjà parti travailler. Je supposais qu’il allait rentrer ce midi.

    - Jasper… souffla-t-elle après une minute de silence.

    Un morceau de pain rassis entre les dents, je tournai la tête vers elle. Elle me sourit, mais ne rit pas.
    Dehors, juste derrière la porte, un groupe de cavalier défila, les sabots des destriers martelaient le sol de manière régulière. Ma mère posa sa cuiller en bois sur la table. Je pris une bouchée de pain, mâchonnant tout en restant attentif à ce qu’elle allait me dire.

    - Jasper, à propos d’hier… Je suis désolée, mon Ange. Je… Je devais être à bout.

    Elle s’excusait de ne pas vouloir voir son fils mourir.

    - Je sais que c’est ton rêve le plus cher et je ne veux pas l’entraver… Mais je ne peux pas m’empêcher de penser que… que… Oh, Seigneur…

    Je posai ma tranche de pain sur la table et me levai pour la prendre dans mes bras. Elle me serra très fort, plus fort que d’habitude. Plus fort que jamais.

    - J’ai tellement peur pour toi…
    - je sais Maman… Je sais.

    Nous restâmes ainsi pendant plusieurs minutes, serrés l’un contre l’autre, comme en fusion. Peu à peu, je sentais son corps se détendre. Elle releva son visage gracieux sur moi, sourit malgré les larmes qui lui coulaient sur les joues.

    - Dis donc, mon fils, depuis quand ne t’es-tu pas lavé ? Tu crois vraiment qu’ils acceptent les petits cochons à l’armée ? File à l’étage ! Exécution ! ordonna-t-elle d’une voix plus légère.
    - Compris, chef ! entérinai-je gaiement.

    Je montai vivement à l’étage et préparai la large bassine en bois qui nous servait à nous laver… une fois par mois ? Ma mère monta deux sauts d’eau chaude qu’elle versa dans le fond de la bassine, j’allais chercher de l’eau plus fraiche pour équilibrer la température.
    Je me lavais avec précaution et pris mon temps pour inspecter chaque parcelle de peau. Puis ma mère vint me voir et me frotta énergiquement le dos avec un peu de savon. Ainsi… Elle semblait s’être faite à l’idée que j’allais partir d’ici, devenir soldat. Elle semblait avoir réalisé que mon rêve d’enfant allait devenir vrai et pour rien au monde elle n’aurait voulu s’opposer à cela.

    - Je veux que mon Jasper soit le plus propre des soldats ! Qu’il ne ressemble pas à un souillon, que tout le régiment dise qu’il est le plus beau ! claironna-t-elle, décidée à faire de moi l’adolescent le plus propre de la région.

    Durant le reste de la matinée, elle s’occupa de moi aussi bien qu’une mère comme elle pouvait le faire. Elle coupa mes boucles blondes pour les rééquilibrer, m’aida au rasage – choses que d’habitude je faisais seul – et m’obligea à revêtir des vêtements propres, neufs. Puis vers midi, mon père rentra et nous descendîmes me montrer. Jason Whitlock poussa un sifflement d’admiration.

    - Jasper ! Tu es resplendissant ! Martha, tu es la plus formidable des mères de ce monde !

    Il alla l’embrasser. Elle rit de bon cœur.

    Nous déjeunâmes dans une étrange bonne humeur qui me détendit et je me sentais prêt à affronter tous les maux de la terre. Partout dans la ville, les soldats de l’armée confédérée patrouillaient ou cherchaient un coin ou se détendre, fréquemment, les bottes claquaient sur le sol, ou les sabots martelaient les pavés. Puis mon père m’aida à faire un sac avec le nécessaire de vêtements. J’enfilai ensuite mon béret et nous nous retrouvâmes bien vite sur le pas de la porte. Ma mère vint me dire au revoir.

    - Au revoir mon Chéri. Fais attention à toi… Dieu te protège, mon Ange.
    - Au revoir Maman. Fais aussi attention à toi. Dieu vous protège, toi et Papa.

    De nouvelles larmes ruisselèrent silencieusement sur ses joues, le poignard dans mon cœur recommença à me faire mal. Soudain, elle planta son regard dans le mien.

    - Jure-moi de revenir, mon fils. En vie.
    - Je le jure, Maman.

    Elle attira mon visage au sien et m’embrassa sur le front. Comment ne pas pleurer ? Comment ne rien regretter ? Comment accepter purement et simplement de laisser derrière soi ceux que j’aimais le plus ? D’oublier le passé et de courir vers l’avenir. En quittant ma maison, je compris que je ne la reverrai sûrement jamais.

    Mais j’avais une promesse à tenir. Je reviendrai.

    Mon père m’accompagna jusqu’au poste de recrutement, près du port. Le silence s’était installé entre nous. Que pouvions-nous nous dire ? Peu de chose ma foi. Et je tâchai de me concentrer sur mon avenir, sur une image de moi en uniforme, rayonnant. Je me voyais abattre nos ennemis, adroit au fusil, monter et compter des chevaux sauvages. Je me sentais capable de tout.

    Nous arrivâmes au poste. Il y avait une file d’attente interminable. Des centaines de jeunes hommes venaient faire leur vie avec l’épée et le fusil. Mais contrairement à ce que je pensais, l’attente ne fut pas si longue. Peut être même trop courte ? Les regrets commençaient à me submerger. Mon père posa une main chaleureuse sur mon épaule et me sourit. Je relevai la tête du sol sablonneux, les cheveux balayés par les vents du désert.

    - Ne te laisse pas submerger par la tristesse, Jasper. Ta mère et moi sommes infiniment tristes et effrayés de te laisser partir. Mais un jour, tout enfant doit quitter le berceau des bras de ses parents et doit vivre sa vie. Tu l’aurais fait tôt ou tard. Mais n’oublie jamais que quoi qu’il advienne, nous t’aimerons toujours. Même au-delà de la mort.

    Nous avançâmes progressivement, je souris à mon père.

    - Nous remporterons cette guerre, mon fils. Et je suis sûr qu’on citera ton nom parmi les grands. Et ce jour-là, je serais plus que fier de dire que je suis ton père.

    Mon cœur se serra devant ses paroles plus qu’encourageantes. Le jeune homme devant moi disparut derrière la porte. Je faisais la même taille que lui, et j’étais même plus large d’épaule. J’étais le prochain…

    - Tout ira bien, Jaz’, me rassura mon père en me prenant dans mes bras. Mais tâche à l’avenir de ne plus mentir. Le mensonge mène l’homme sur les mauvaises voies.
    - Je ne mentirai plus, Papa !

    - Suivant ! hurla-t-on.

    - C’est l’heure, fils. Au revoir, j’espère te retrouver bientôt ! Je prie pour que les Anges veillent sur toi !

    Il commença à s’éloigner, levant son bras en signe de salut.

    - Je prierai pour qu’ils veillent également sur vous ! lui criai-je.

    Le cœur serré, l’estomac noué par le trac, j’entrai. Plusieurs hommes en uniforme m’accueillirent avec des regards suspicieux. Je retins mon souffle me postai sur mes deux jambes, les mains dans le dos. Mon regard brun clair fixait un point dans le vide et je gardai un visage fermé, comme j’avais vu faire les recrues, près de chez moi.

    - Nom, prénom, âge et date de naissance.

    Je m’appelai Jasper Whitlock Hale, j’avais 20 ans.

    20 ans !

    - Jasper Whitlock Hale, 20 ans, 22 mai 1841, monsieur.

    Ton sec. Généralement ce qu’ils aimaient entendre.

    - Etudes, profession, profession du père.
    - Aucune, père employé chez les Allen, monsieur.

    Mon ton s’adoucit, devint plus hésitant. Je ne pouvais pas me vanter d’une vie riche en étude et de parents hautement placés. Allais-je échouer. Mes poumons commençaient à me brûler.

    - Respire jeune homme, dit l’officier, attablé au bureau. Signe ici. Bienvenue à l’Armée Confédérée !

    Une bouffée de joie m’envahit, que je ne pus contenir.


    La Guerre faisait rage partout au sud du pays. Notre région était harcelée par les force de l’Union qui gagnait du terrain toujours un peu plus.
    L’entraînement que nous reçûmes fut bref mais intense. Nous apprîmes les rudiments de l’escrime, du tir au fusil et de l’usage des explosifs. Simple recrue, je ne pensais vraiment pas pouvoir monter en grade.
    Jusqu’au soir où, je tombais sur un des officiers. Dans une petite tente, il s’entendait avec trois collègues sur la stratégie à mener pour contrer l’arrivée des forces de l’Union dans un village. Mes yeux avaient survolé le plan tandis que les trois chefs ne semblaient pas trouver de solutions. Timidement je m’approchais.

    - Que voulez-vous soldat Whitlock ? m’interpella l’officier.
    - Je…Euh… crois qu’il serait plus judicieux de placer l’artillerie ici et d’évacuer les troupes par l’est et le nord. Les forces le l’Union arriveront par le sud-est, c’est ça ? Alors il faudrait placer les hommes ici et ici.

    Qu’est-ce que je faisais ? Je n’arrivais pas à stopper ma réflexion. Les officiers étaient subjugués.

    - Ensuite, on fera sortir la population et on la rapatriera à Houston le temps du combat. L’adversaire découvrira une ville déserte, facile à prendre et s’éparpillera dans les rues. Nous n’aurons qu’à les cueillir.

    Je visualisais mentalement le cours de la bataille. Je ne pensais pas mon raisonnement infaillible, mais c’était, selon moi, le mieux pour conserver un maximum de troupe et de matériel. Les trois soldats gradés me regardèrent. Je m’empourprais.

    Ce fut à force de petits conseils comme ceux-là que je pus gagner la confiances des supérieurs et gagner en importance. Après un an à courber l’échine et à supporter les discours redondants de mes supérieurs, je fus promu major. Le soir même, j’écrivais une lettre à mes parents pour leur raconter la nouvelle.
    Désormais j’étais le major Whitlock Hale et on commença à mon considérer avec un peu plus de respect. J’avançai, une lueur d’assurance dans les yeux, je me sentais libre, invincible, puissant. Un grade ornait mon uniforme. J’avais tout pour être heureux, je l’étais en vérité. Toutes les semaines j’expédiai les trois-quarts de ma paye à mes parents, ne conservant que le strict minimum pour me faire plaisir de temps à autres.

    Puis vint la bataille de Galveston. Ma mission à ce moment-là était de protéger des réfugiés de la ville assaillie et de les conduire à Houston, en sécurité. Le voyage avait une journée pour joindre Houston, certaines personnes étaient malades, d’autres blessées. J’avais transporté un enfant malade sur mon cheval et avais amené d’autres soldats à m’imiter, échangeant leur place avec des grands-parents, des enfants, ou des femmes blessées. Nous avions aidé au transport, au ravitaillement, parfois même aux soins.

    Plus rapidement que je ne l’avais escompté, nous avions rejoins Houston et je repartis le soir même, appelé par l’officier Creeksburg pour établir un nouveau plan de bataille, la donne avait changé suite à un renforcement des troupes de l’Union sur Galveston par des unités marines. Les autres soldats avaient eu l’ordre de rester la nuit à Houston.



    [SUITE DANS UN AUTRE POST]



Dernière édition par Jasper Hale Cullen le Ven 16 Déc - 21:37, édité 3 fois
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Jacob Black
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MessageSujet: Re: Jasper Hale Cullen   Dim 11 Déc - 17:03

Bienvenue Smile
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Alice Cullen
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MessageSujet: Re: Jasper Hale Cullen   Mar 13 Déc - 23:28

Je voulais attendre que ta fiche sois complète, mais là je ne tiens plus en place et je suis sur le bord d'exploser.

BIENVENUUUUUUUUUUUUUE!!!!!!!!!!!!!

*Saute partout*

Je suis vraiment contente d'avoir ENFIN mon Jasper!!! HiHi!!!!
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Emmett Cullen
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MessageSujet: Re: Jasper Hale Cullen   Mer 14 Déc - 14:20

Bienvenue !!
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Jasper Hale Cullen
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MessageSujet: Re: Jasper Hale Cullen   Mer 14 Déc - 20:21

Merci pour ce superbe accueil ! =)

Rassurez-vous, ma fiche est bientôt terminé ! Wink
Enfin... C'est relatif... je suis vachement inspiré pour l'histoire !!! *__*

Enfin je dirais juste une dernière chose : Je t'aime ma Beauté ! <3

Vivement que je te retrouve !!! ^^ <3<3<3


EDIT : Frérot, t'as trop la classe !! =D
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Ambrose O'Connor
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MessageSujet: Re: Jasper Hale Cullen   Jeu 15 Déc - 14:35

Oh non, c'est pas possible... C'est l'invasion des vampires végétariens ou quoi? XD

Bienvenu quand même, Jasper! ^^
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Jasper Hale Cullen
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MessageSujet: Re: Jasper Hale Cullen   Ven 16 Déc - 21:36

[SUITE DE L'HISTOIRE]


    Nuit du 15 au 16 décembre 1861 : « Elles se prénommaient Maria, Nettie et Lucy. »

    A environ un kilomètre de la ville, je fus contraint de me stopper. Sur le chemin, trois femmes s’étaient arrêtées, comme égarés. Je descendis de mon cheval.

    - Mesdames, êtes-vous perdues ? Puis-je vous aider ? demandai-je.

    Puis elles tournèrent leur corps vers moi, en un seul mouvement, gracieux, magnifique. Lorsque je découvris leurs visages, ma bouche s’entrebâilla, ne pouvant plus libérer aucun son. Leur beauté me donnait l’impression de vivre un rêve, m’étais réellement assoupi sur ma monture ? Non, pourtant non…

    Que faisaient ces jeunes filles sur le chemin de Houston ? Pourquoi erraient-elles ici ? Les avions-nous égaré durant le trajet ? Etaient-elles restées à la traîne ? Non, non j’en étais certain. Si elles avaient été dans le convoi, j’aurais immédiatement remarqué leur présence envoûtante, charmante… divine.

    Une musique s’éleva dans les airs, à moins que ce ne fût un voix ?

    - Le voila privé de parole, avait dit la plus grande d’une voix chantante, musicale, simplement adorable.

    Ces cheveux étaient clairs, peut être blonds. Sa peau semblait fine, sa silhouette fragile, et était d’une pâleur de neige simplement magnifique. Une des deux autres silhouettes blanches, plus grande que la première, aux cheveux plus clairs encore, d’un blond très franc, s’avança vers moi. Je me sentis rougir, gêné, je n’avais jamais su m’y prendre avec les demoiselles. La belle aussi irréelle qu’un fantôme se pencha vers moi, inspira profondément.

    - Hmmm, murmura-t-elle, comme si sa voix avait été une brise fraîche, délicieux.[/color]

    C’est alors que la plus jeune d’entre elle, sans aucun doute d’origine mexicaine, mais dont la peau n’en était pas moins d’une fascinante blancheur, se tourna vers la grande et posa sa main sur son bras. Toutes les trois n’étaient pas sœur, c’était sûr : elles ne se ressemblaient en rien, si ce n’était leur beauté à faire se damner n’importe quel homme.

    - Concentre-toi, Nettie, dit-elle à sa compagne.

    La jeune fille s’était exprimée sur un ton très adulte pour son âge. Mais j’étais toujours incapable de dire mot, et mon esprit se débattait pour comprendre ce que voulaient dire ces demoiselles, toujours fasciné par leur divine beauté. Néanmoins j’avais déjà pu discerner une relation d’autorité entre elles trois. Et contrairement à ce que j’aurais pu penser, c’était la plus jeune d’entre elle qui dominait les deux autres, comme si elle avait un rang supérieur malgré son âge et sa silhouette chétive. Elle s’exprima de nouveau, sa voix sonna comme un mélodie de clochettes :

    - Il est idéal, jeune, costaud, officier…

    Elle s’était interrompue, son regard noir intense fixé sur moi. Je tentai de lâcher un mot qui s’étrangla dans ma gorge, sans pouvoir s’exprimer. Elle reprit :

    - Il a aussi quelque chose en plus. Vous le sentez ? Il est…captivant.

    J’ignorais pourquoi mais mes instincts commençaient à s’affoler, devais-je partir ? Devais-je laisser ces trois jeunes filles à la beauté renversante ? Les abandonner ? Mon cœur me criait que non, mes instincts, que oui.

    - Oh que oui ! dit la prénommée Nettie en se penchant à nouveau vers moi.

    Etrangement, je me disais que son geste n’était pas anodin. Il cachait quelque chose de plus… animal. Mais je ne pouvais me résoudre à les laisser.

    - Patience ! Celui-là je tiens à le garder, dit la petite brune.

    Nettie prit un air déçu, renfrogné. Je n’arrivais toujours pas à comprendre de quoi elles parlaient mais surtout, les mots encombraient ma gorge sans vouloir sortir. Elle dit, tout en me fixant :

    - Tu ferais mieux de t’en charger, Maria, intervint la plus grande, s’il est important pour toi. Moi je n’arrive pas à me retenir de les tuer.
    - Tu as raison, reconnut Maria. Je vais m’en occuper. Eloigne Nettie veux-tu ? Je ne veux pas être obligée de surveiller mes arrières alors que je suis en plein travail.

    La conversation s’arrêta là. La brune partit en direction de Houston avec Nettie, plus en dansant qu’en marchant. Elles chantonnèrent qu’elles allaient chasser. De mon côté, je restai figé d’admiration devant la beauté spectrale de Maria, la demoiselle aux cheveux clairs, baigné par la lumière lunaire. Sa robe blanche faisait d’elle un fantôme, un esprit envoutant. Moi qui n’y avais jamais cru par le passé, les superstitions me rattrapèrent. Etait-elle réelle ? Un frisson hérissa les poils de ma nuque cependant qu’elle s’approchait. Son regard arrimé au mien me clouait sur place.

    Mon cœur battait comme jamais, mes muscles me semblaient bloqués. Mon cœur me chantait de rester avec cette fille aux courbes envoutante, mais mes instincts, eux, me hurlaient de m’enfuir. J’étais à la fois effrayé et fasciné, deux sensations qui m’amenaient à l’immobilité.

    - Comment t’appelles-tu, soldat ? me demanda-t-elle avec une curiosité réelle.
    - Major Jasper Whitlock, mademoiselle, bégayai-je, aussi poliment que je le pouvais.
    - J’espère sincèrement que tu survivras, Jasper, chuchota-t-elle avec une tendresse étrange. J’ai un bon pressentiment te concernant.

    Elle s’approcha de moi jusqu’à me toucher, me prit dans ses bras. Mais ce ne fut qu’à ce moment-là que je compris. Que je compris que j’avais fait l’erreur la plus grave : celle qui me coûterait la vie. Sa peau était lisse comme du marbre, d’une douceur infinie, mais froide comme la pierre, comme l’hiver…comme la mort

    Au lieu de sentir les lèvres de Maria sur la peau de mon cou, je ne ressentis qu’une atroce douleur au moment ou ses crocs percèrent ma peau, entamèrent mes muscles puis mes veines. La douleur me parut insupportable, comme si j’avais reçu une décharge de plomb dans le cou, comme si on m’avait égorgé.

    Mais ce ne fut rien, rien à côté de se qui se profilait.

    Le mensonge conduisait sur les mauvaises voies… Mon père avait-il eu raison ? Dieu me punissait-il pour cet unique manque d’honnêteté de toute ma vie ? Je me demandais cela lorsque la torture commença. Mais j’estimais que la punition était un peu excessive…

    Mon corps devint une fournaise, comme si les feux de l’Enfer entier se déversaient dans mes veines. Comme si j’étais le condamné à mort et le bûcher lui-même. Je me sentis partir en cendre, mon corps se griser, mes vêtements brûler et ma chair se consumer. Mais pire encore : je n’arrivais pas à bouger. Quoique le pire fut de sentir mon cœur s’évertuer à battre et à me maintenir en vie alors que l’enfer qui s’écoulait en moi ne faisait que gagner du terrain. Je brûlais, je me consumais sur place. Mais je pouvais le ressentir, le penser, et le subir en plein conscience. Et plus le temps passait, plus mon cœur battait avec frénésie, m’obstinai-je à rester en vie ? A vouloir gagner ce combat contre les flammes ? Mais quel fou étais-je ?! Ma douleur, mon supplice, mon martyre n’en fut que plus vif, plus brûlant. Etais-je enterré dans un tas de braises ? Je n’arrivais plus à rien voir, simplement un voile sur le réel au début, estompant petit à petit le visage de Maria, puis le noir.

    De brûlantes ténèbres. Et ce cœur qui battait toujours, alors que lui-même brûlait, avec une telle intensité que je sentis que les flammes se concentraient sur lui, et qu’à chaque battement elles venaient lécher mes veines, ma peau, mes muscles, ronger mes os. Je me sentais faibles, vulnérable tel un nouveau-né.

    Mais j’ignorai que cette douleur trouvait un paroxysme, elle était pour moi incommensurable dès le début, elle était omniprésente dans ma tête, ma gorge, mon cœur et jusqu’à mes pieds, mes doigts. Toute cette chaleur provenait de moi et me rongeait. A quoi ressemblais-je ? A un cadavre en pleine combustion ? Je l’ignorais et petit à petit, mes réflexions furent éclipsées par les flammes, ces ardentes ténèbres qui m’entrainaient par le fond, vers un abîme dont je ne reviendrai sans doute jamais. Le temps ne paraissait pas s’écouler, se figer pour mieux profiter de la scène. Je suppliai Dieu de me venir en aide, de cesser cette horreur. Rien ne vint, ni ange ni saint. Rien.
    Ce fut là, au cœur de ce brasier qui était trop intense, trop ardent pour être nommé un simple brasier que je cédai. Je stoppai toute résistance pour finalement réclamer la mort. Qu’on me tranchât la tête, qu’on m’écartelât, qu’on me brisa les os un à un, mille fois de suite, un millions de fois de suite, mais qu’on arrêtât cette torture. Je me sentais comme du fer chauffé à blanc, martelé par de nouvelles flammes et non l’outil d’un forgeron. A répétition, je réclamais la mort, car je n’arrivais à rien penser d’autre.

    Qu’on m’achevât, par pitié.

    Une éternité plus tard, je sentis mon cœur s’apaiser, ralentir au point que je finis par le comprendre épuisé, sur le point de s’arrêter. Me vint alors assez de mémoire et de lucidité pour faire ma dernière prière, celle que personne ne ferait pour moi. Car personne ne me savait dans ce supplice atroce.

    Lentement, je fis défiler la prière dans mon esprit, espérant la terminer avant que je ne tombas inanimé.

    Seigneur, puisque tu as voulu me rappeler à toi, ton serviteur, en m’imposant une mort difficile qui me fera cependant mieux… comprendre la beauté de ma vie actuelle, accepte la prière que du fond de mon cœur je lance vers toi pour me conserver la vie radieuse et m'élever encore…Je garde l'espoir que j’aurai été homme de bien et de sacrifices, d'abnégation. Puisse ma vie avoir été tendue toute entière vers le Bien et l'Amour de mon prochain, vers les miens que j’ai tendrement chéris et vers tous ceux qui, dans la souffrance, appelaient au secours…

    Les battements de mon cœur loti dans les flammes faiblissaient lentement, me laissant le temps de continuer, mais la douleur était si intense qu’elle coupait parfois mes paroles mentales.

    Puissé-je avoir instruit et porté la parole à tous ceux qui attendaient…
    Puissé-je avoir cherché et trouvé… Accepte, Seigneur, que cette prière que je te fais, à travers mon amour, m'aide à m'élever encore et me rende plus fort pour revenir apporter ta bonté et ta clarté à ceux qui m'aiment et qui me pleurent.


    Des pieux incandescents semblaient s’être plantés dans mon crâne. Je fus une fois de plus interrompu. Mais je sentais décroître le feu avec mes battements de cœur, La fin s’approchait, les ténèbres étaient si présentes…

    Pardonne… Remets mes péchés puisque je suis au seuil de ma vie spirituelle.
    Mon temps terrestre est terminé et je suis arrivé au… au palier dernier où la lumière est si belle que… les yeux éblouis voudraient contempler et contempler encore la beauté de l'image divine… Fais… fais Seigneur, que par ma présence, j’adoucisse les épreuves terrestres de ceux que j’aime tant. Fais, Seigneur, que je puisse calmer la douleur des cœurs aimants.

    Seigneur, donne-moi la paix dans la douceur de ton amour…


    Autour de moi, des voix résonnaient, chantantes, magnifiques. Des Anges ? Mon cœur n’était pourtant pas encore arrêté. Mes ses battements étaient si faibles. Si lointain, une sorte de soulagement me submergea lorsque le dernier soubresaut de celui-ci résonna dans ma poitrine. Le feu était encore là, mais plus concentré, sur mon cœur qui était désormais mort. Je me sentais presque léger. La mort… Enfin.


    Mais mes yeux se dévoilèrent enfin et au lieu d’observer le paysage apocalyptique de l’enfer, ou la lumière éblouissante du paradis, je ne vis rien que la toiture d’une grange.

    J’étais allongé dans le foin. Les trois jeunes femmes s’étaient réfugiées dans un coin de la pièce, m’observant avec curiosité. Etonnant. Je me concentrai sur ce que voyais mes yeux. Les planches de la grange avaient beau être à cinq mètres au-dessus de moi, je pouvais toutes les voir et les détailler avec une précision effrayante. Petit à petit, je pus également ressentir les vibrations dans le sol et observer les grains de poussière qui voletait dans le halo de lumière solaire qui passait par un trou dans la toiture. Je pouvais les suivre des yeux, facilement sans forcer, sans problème. Enfin, des murmures, comme si on était juste à côté de moi. Une voix suave dont je décomposais les tonalités en un rien de temps et avec une facilité déconcertante. Ce n’était pas Maria, bien que mes souvenirs eut été voilé par ce voile d’imperfection, comme si j’avais passé mon existence avec un bandeau semi-opaque sur les yeux et les oreilles.

    - Tu as bien travaillé, Maria, il est magnifique, chuchota l’une d’elle avec un roulement des R si infime que je ne l’eus pas perçu auparavant.

    Le murmure était si proche, les odeurs si présentes, d’autres individus étaient présents, mais je ne savais où. Mon instinct le plus primaire prit le dessus, avant même que j’eus voulu être debout, mes jambes s’étaient fléchies, mon corps articulé pour qu’en une fraction de seconde, je fus acculé au mur de la grange, les lèvres retroussées sur mes crocs et un grondement sortait du plus profond de ma gorge. Mes yeux que je ne doutais pas un instant être devenu rouge sang les toisaient comme des adversaires, des intruses, des bêtes à éradiquer. Maria s’avança, je la reconnus facilement malgré le flou de mes souvenirs. Une peau sans défaut, pâle comme la Lune, des boucles châtains si parfaites, agencées autour de son visage pour ne le mettre qu’en valeur, des yeux d’un éclat rubis captivant. Sa robe blanche la rendait toujours aussi spectrale, plus maintenant que je pouvais tout voir. Mais mes instincts n’en furent pas réprimés. Mes muscles s’étaient tous bandés, prêts à l’attaque. Elle, ne se découragea pas et chantonna d’une voix douce et sucrée :

    - Allons, Jasper, n’aie crainte, je suis là pour te protéger, te nourrir… Ne sens-tu pas cette brûlure dans ta gorge ? Ne te fait-elle pas mal ? Viens, je suis là pour l’apaiser…

    Il me fallut de longues minutes pour me détendre. En moi, mon cœur ne battait plus. Je finis par me redresser et prendre la main que Maria me tendait. Nous filâmes tous les quatre à la nuit tombée pour apaiser cette brûlure.

    Qu’étais-je devenu ?


    Les jours puis les mois filèrent. Lentement j’appris à me maîtriser, toujours fasciné par Maria, son esprit et sa beauté. Avec elle, je me sentais bien, protégé et protecteur. Petit à petit, je découvrais l’histoire de Maria et de ses sœurs par contrat ainsi que leur plan de vengeance contre un certain Edgard Oldoway, un vampire qui avait levé une armée de neuf nouveau-nés – ce que j’étais, à ce que je compris – pour envahir la ville de Houston et s’approprier la ville. Il étendait son terrain de chasse rapidement. Et Maria, Lucy et Nettie étaient les seules survivantes de ce massacre. Elle projetait de combattre le feu par le feu et de « recruter » des vampires pour à leur toujours submerger celle d’Edgard.

    Maria m’expliqua comment m’y prendre, lorsqu’elle me chargea de gérer son armée, récompense qu’elle m’offrit pour lui avoir prouvé ma valeur au combat, ainsi que de lui tenir compagnie et de la satisfaire sur plus ou moins de points. Je dus d’abord gérer trois nouveau-nés, de jeunes mâles encore guidé par leurs instincts. Je dus leur apprendre à se battre à se concentrer pour ne s’occuper que de leur cibles. Mais Maria souhaitait plus de troupes, je me retrouvai à recruter et gérer son armée. Le temps fila et les vampires s’accumulèrent dans la grange, bêtes affamées que je devais former, raisonner, contrer. Mon travail n’aurait pas été facile si je ne m’étais découvert ce don incroyable d’influer sur les émotions des gens. De les intéresser à ma personne, et de les calmer.

    Parallèlement, Maria sembla s’enticher de moi. Chose à laquelle je ne m’étais pas attendue mais qui me soulageait lorsque je me retrouvais près d’elle. J’échappais aux humeurs destructrices des nouvelles recrues. Puis elle commença à me demander de tuer.
    Tuer ceux qui avait dépassé l’âge de détruire sans réfléchir. Les entraînements me permettaient de les dévoiler facilement, de les approcher insidieusement. Lorsque la lassitude leur faisait baisser leur garde, je n’avais qu’à frapper. J’étais plus rapide, entraîné à me battre, aucun ne me résistait.

    Maria reconquit Houston et eut la gourmandise d’étendre son territoire à d’autre contrée : le Texas entier tomba sous sa botte, ainsi que le nord du Mexique. Les années passaient, les vampires naissaient et mourraient sous mes mains. Et les émotions qu’ils éprouvaient m’étaient plus dures à supporter. Pour chaque victime humaine, je ressentais sa peur, son horreur, sa douleur, infiltrant chaque parcelles de mon corps, et pour chaque vampire assassiné, c’était les même émotions, en plus primitives, en plus exaltées. Je me sentais transpercé par les sensations, comme si elles se fichaient en moi, me noyaient.

    Lentement, je sombrais dans la déprime.

    J’étais las de toutes ces émotions, de ces combats acharnés pour un territoire. Une ville, un village. Mais ma belle Maria jubilait de constater que mon don rendait ses troupes plus efficaces et aussi plus nombreuses, je maintenais malgré moi une atmosphère paisible au sein des nouveau-nés.

    Depuis plusieurs années déjà, Nettie et Lucy étaient parties, face à l’ambition démesurée de Maria. Elles avaient tentées de nous réduire à néant, mais Maria et moi avions remporté cette nouvelle bataille. Malheureusement, mon amour pour elle se transforma en monotonie, et bientôt, mon don dégrada ses émotions et mes sentiments. Quelques décennies plus tard, au début du XXème siècle, je développais une amitié avec Peter, un vampire recruté par Maria à Houston. Il avait survécu à plusieurs batailles, avait dépassé ses trois ans d’existence. Il m’égalait presque au combat, savait rester concentré. Il était civilisé, capable de retenue et de discuter longtemps. Il était un maigre réconfort dans ce monde nocturne et sanglant. Et je sentais qu’il croulait aussi sous son devoir de bourreau.


    23 Juillet 1915 : « Maria nous avait ordonné de les liquider tous. »

    J’étais dans une pièce à part tandis que la Lune baignait Houston de sa lumière blanche. Peter était parti chercher un des vampires de nos troupes. L’ordre avait été de tous les tuer. Mais j’avais senti qu’il était tendu. A cause de cette nouvelle nuit de massacre ? Non, il cachait autre chose. Mon don n’avait pas réussi à le calmer suffisamment. Il me les amena un par un.

    Don, Rachel, Harry, Simon, Esther, Emily… Et tous les autres.

    Autant de noms gravés dans ma mémoire de marbre, autant de regards terrifiés braqués sur moi, me hantant pour le reste de l’éternité. La moitié du groupe y passa. La liste s’étiola rapidement. A deux, s’était plus rapide, efficace.

    - A qui le tour ? soupira Peter.

    Je réfléchis un bref instant, ma mémoire étant si vive, si fraîche.

    - Charlotte, prononçai-je.

    Il me regarda. Ses yeux emplis d’une douleur sans nom. Son corps entier crispé. Il me dévisagea, ahuri pendant une minute. Je ne compris pas tout de suite.

    - Qu’est-ce que tu attends ? Va me la chercher.
    - Je…Oui.

    Je me méfis. Peter n’avait jamais été comme ça, jusqu’à ce soir. Il avait toujours été calme, posé. Là, je le sentais tendu, bestial. Quelque chose le perturbait. Je ne tardai pas à savoir ce que c’était. Il entra bientôt en compagnie de Charlotte, une jeune demoiselle en robe fleurie, à la chevelure sauvage brune. Ses yeux rouges brillaient d’effroi. Peter ne se tenait pas derrière elle, comme il avait fait pour tous les autres. Il était devant elle, protecteur, les traits torturé comme un supplicié montant au bûcher.

    Comme si c’était lui que j’allais exécuter.

    - Je peux terminer seul si tu veux…
    - Non, Jasper. C’est juste que… je ne peux pas. Pitié Jasper, pas elle.

    La voix pleine de regret, je laissai échapper :

    - Il le faut, Peter… Maria a dit « tous ».
    - Non !rugit-il.

    En moins d’un clin d’œil, il fut sur moi, et je me débattis comme un diable pour lui résister, des grondements sourds et menaçant émanant de nos gorges à tout les deux. Il avait beau être fort et doué, je restais le meilleur. Il tenta plusieurs de m’arracher la tête, une lueur folle dans les yeux. Nous dansions dans la pièce, bêtes sauvages sous l’emprise, moi de l’instinct, lui d’autre chose. J’esquivai, parais et rendais ses coups à chaque fois. Charlotte était pétrifiée dans un angle de la pièce. Les flammes des bougies s’étaient éteintes sous notre vitesse. Soudain, nous fûmes face à face.

    Et je compris.

    Dans ses yeux, c’était une lueur follement humaine qui brillait. Je pouvais lire en lui comme dans un livre, l’émotion qu'il me communiquait me faisait réaliser : il était amoureux, follement amoureux de Charlotte, et désespéré. Il était habité par la plus grande peur qui soit, celle de la perdre, celle d’être seul. Mais il savait aussi qu’il ne gagnerait pas contre moi. Je lui répondis d’un sourire désolé et relâchai un peu ma prise sur ses épaules. Ses yeux comprirent, il me repoussa avec une force que je ne lui connaissais pas. Il ouvrait la porte au moment où je traversais le pilier qui maintenait le plafond et était sorti avec Charlotte lorsque je m’écrasais contre un tas de poutres. En une seconde, je fus de nouveau debout. Je me plaçai dans l’embrasure de la porte et les regardai s’enfuir dans la nuit.

    Ainsi un vampire peut aimer, réellement. Peter, tu pars ce soir vivre cet Amour. Es-tu conscient, mon frère, que c’est moi qui suis seul à présent ?

    J’aurais pu les rattraper, j’aurais pu les tuer tous les deux. Mais je ne le fis pas. Seul, je terminai cette tâche de plus en plus insupportable d’assassinat, sous le couvert de la nuit. Le lendemain, Maria fut furieuse d’apprendre la trahison de Peter et de Charlotte. Je la convainquis qu’il était inutile de les chercher. Mais sa colère fut au point que, pour la première fois, elle me frappa en me traitant de bon à rien.

    Et le temps reprit sa course folle, glissant sur mon être, me gardant intact dans mes dix-neuf ans. Mais mon esprit, lui, me semblait en avoir plus de cent et d’année en année, mon humeur s’assombrissait, ma volonté se faisait moins forte, et mon don moins influent. Maria ne me violentait plus, son regard s’en chargeait bien mieux.

    Je réussis même à songer à me suicider. Cet univers dans lequel je baignais de force m’était insupportable, les nouveau-nés défilaient encore et toujours, selon la convenance de Maria. Sans relâche, sans volonté, j’accumulai les meurtres et les regrets. Je collectionnai chaque facette des émotions, chaque regard horrifié, chaque prise désespéré, sur moi s’accumulaient les cicatrices, des milliers de croissant de Lune visibles par mes semblables, autant de cicatrices que d’adversaire, de victimes. Je songeai à présent à une falaise, une falaise si haute que je n’en reviendrais sans doute jamais, En bas des rochers abrupts, dur, capable de démembrer un corps qui leur tomberait dessus. Une falaise aussi haute, ça pouvait bien se trouver au Texas…

    Mais Maria me demandait tellement de choses… je n’avais pas de temps pour moi, pas une minute de répit pour ce corps meurtri par les émotions des autres. Je me sentais un humain à l’agonie. Sans que la mort ne lui soit autorisée. Et la Belle faisait fi de mon changement, ses caprices étaient plus durs à supporter, sa violence plus ardente, sa hargne sans égale.

    Plus le temps passait, plus cette falaise aux rochers pointus se profilait et plus je voulais la trouver. Jusqu’à ce soir de 1910…


    1er octobre 1920 : « Il m’a raconté sa nouvelle vie en compagnie de Charlotte, m’a révélé des options auxquelles je n’avais jamais osé songer »

    Je vivais sur le Nouveau Monde depuis toujours, et voilà qu’un autre monde, un autre Nouveau Monde de vampires s’offrait à moi. Je n’avais jamais songé, jamais osé espérer un tel… paradis.

    Une nuit que je songeai à cette falaise, que je ne voyais plus trouver, un frémissement résonna dans les ténèbres. Maria était partie chasser, et je redoutai son retour, car ce soir-là, j’avais décidé d’en terminer avec elle. Mon plan était en place, elle reviendrait seule, j’en étais certain et j’aurais terminé de trancher la tête du clan avant que les nouveau-nés ne s’en prennent à moi. Qu’importe de toute façon.

    Assis au pied du lit, regardant la voir ma chemise blanche déchirée, je songeai toujours à ma mort prochaine, qu’il me tardait de vivre. Soudain on frappa à la porte, une odeur familière me parvint. Ce n’était pas celle de Maria, que je redoutais, mais celle de Peter, mon frère d’arme. Mon regard s’alluma. J’ouvrai.

    - Jasper !
    - Peter !

    Nous nous embrassâmes comme deux vieux frères.

    - Ecoute, je n’ai pas beaucoup de temps, Maria va bientôt rentrer. Tu sais qu’elle projette de t’éliminer ?

    Sa question me surprit, mais dans un sens c’était prévisible. Devant mon absence de réponse, Peter reprit :

    - Ecoute, Jaz’, tu ne vas sûrement pas me croire, mais j’ai quelques choses à te raconter. As-tu déjà imaginé un instant un monde sans haine, sans guerre ? Un monde ou tu n’aurais pas à tuer tous les jours ? ou tu te ferais des amis plutôt que des sous-fifres ou des adversaires ?

    Je le regardai, totalement ahuri.

    - Euh…non, admis-je.
    - Jasper… J’ai trouvé un endroit comme ça ! s’exclama-t-il. Charlotte et moi vivons dans le nord, entouré d’amis. Pas de clans, pas de guerre, pas de combat pour venger ou pour conquérir. Nous sommes libres ! Je ne pouvais pas me permettre de garder ça pour moi, j’aurais été un véritable monstre de ne pas revenir te chercher ![/color]
    - C’est…c’est… incroyable, m’émerveillai-je.

    Nous nous étions assis sur le lit destiné à Maria. Peter se leva d’un bond.

    - Mais c’est réel ! me répondit-il. Viens avec nous Jasper ! Je ne veux pas que tu restes ici à la merci de cette garce, fais-lui la surprise d’être libre !

    Je restai figé une longue minute sur le lit, les mains coincées entre les cuisses.

    - Jasper, je n’ai presque plus de temps ! Maria rentrera d’ici peu !

    Je levai les yeux vers lui. Un sourire étira mes lèvres pour la première fois en plus de cinquante ans. Je me mis même à jubiler. Je me levai.

    - Laisse-moi juste prendre ma veste…

    Et je partis.

    Sans regret, sans rien dire, je brisai mes chaînes en silence et me lançais corps et âme dans cette nouvelle vie. Avec Peter et Charlotte, je tâchais et réussissais à oublier ma longue agonie à Houston. Maria dut être folle et maudis nos noms à Charlotte, Peter et moi pendant de longues années.

    Pendant de longues années, je parcourus le nord des Etats-Unis en la chaleureuse compagnie de Charlotte et Peter. En effet, ce nouveau monde était tellement plus paisible, amical, chaleureux. Je m’y sentais bien. Ma dépression me quitta quelque peu, s’allégea du fait que je ne tuais pas tous les jours. Néanmoins, je ne la vis jamais partir. Toujours, elle planait, là, unique et énorme nuage obscurcissant n’importe quel ciel. Peter et Charlotte me virent bientôt dépérir à nouveau. Cette fois, je songeai retourner voir Maria pour qu’elle m’arrachât la tête. Mais ce que Peter constata et que je ne vis pas, c’était que mon état était pire après chaque chasse. Peter comprit que mon don n’était pas étranger à cela : à chaque humain que je mordais, je me sentais vivre ce qu’il vivait. Je me sentais admiré par ma propre beauté, captivé par mon propre regard avant de subir aussi bien qu’eux cette douleur, ce désespoir, cette horreur que je lisais dans leur yeux. Je tuais et je mourrais en même temps. Je revivais toujours cela, toujours. Sans répit. Mon corps comme âme – si tant est que j’en eus une – réclamait une fin de ces souffrances, une mort lente ou rapide, mais que mon histoire s’achevât enfin. Et à chaque sensation, je tirais sur le fil du souvenir, cette corde en acier qui me brûlait de me rappeler Maria et ses compagnes, chaque humain que j’avais tué autrefois, chaque nouveau dont j’avais brisé le cou. Et chaque sensation que je provoquai en chassant tirait sur ce câble et faisait revivre chaque souvenir. Je souffrais, je mourrais mille fois au lieu d’une, je m’effrayais mille fois au lieu d’effrayer les autres.

    Je suivis toujours Peter et sa compagne au travers du pays. Mon passé humain me semblait loin derrière moi, mon existence remise à plat. Bien que les souvenirs de ma sombre période de haine me revenaient en permanence, j’encaissais un tout petit peu mieux les aléas de l’existence. Peter et Charlotte étaient la pour me soutenir, m’encourager. Je me sentais sombrer toujours plus malgré tout ce que m’apportait ce nouveau monde.

    Et puis il y eut ce jour, ce soir-là…

    24 novembre 1948 : « Tu m’as tendu la main, je l’ai prise sans m’arrêter pour tenter de comprendre ce qui se passait. Pour l’a première fois depuis presque un siècle, j’ai espéré. »

    J’avais décidé de passer du temps seul, mon humeur étant encore au plus bas. Je me doutais bien que je lassais Peter et Charlotte, malgré tout ce qu’ils me disaient avec une franchise exemplaire. Je les savais épuisés. Ils ne savaient pas quoi faire pour m’éviter toute cette souffrance et cette fatigue.

    Une tempête faisait rage à Philadelphie. Peter, Charlotte et moi nous y étions arrêtés quelques jours plus tôt, pris de court par les vents et la pluie. Cette après-midi là, j’avais eu besoin de chasser. Mon visage se tordit imperceptiblement de douleur avant même que je ne sortis. Je prévins Charlotte et Peter. Depuis plusieurs années, je tâchais de boire le moins souvent, et le moins possible. C’était dur, extrêmement dur, la brûlure dans ma gorge était si intense, si capricieuse qu’elle me pliait presque à s a volonté. Je m’éclipsai de la chambre et rejoignis le centre-ville. Philadelphie était battue par les vents, les gens se réfugiaient chez eux. Je n’avais plus qu’à me nourrir du premier que je pourrais traquer. Je suivis une femme à l’odeur particulièrement alléchante. Je me faisais silencieux, invisible, elle ne m’entendit pas du tout. Elle passa devant une ruelle isolée. Parfait. Je passais à l’action.

    En une seconde elle se retrouva acculée contre le mur du fond de la ruelle, je la tenais dans mes bras, neutralisant toute résistance possible. Mon regard croisa le sien, d’un bleu ciel incroyable, ma main tenait son crâne penché sur son épaule et était posée sur ses cheveux blonds. Ses yeux luisaient d’admiration. J’en étais dégouté. Je fermai les yeux, je respirais profondément, et plongeai mon visage dans son cou. Mes crocs percèrent sa peau et sa chair et j’aspirai longuement, à grande gorgée le liquide qui la maintenait en vie. J’aspirai sa vie, son âme. Tandis qu’elle m’aspirait dans le gouffre de la terreur et du désespoir. Je revis les visages d’absolument toutes les femmes que j’avais rencontrées et tuées, Maria également. Je revoyais leurs yeux, la terreur, le désespoir. Et, comme si je ne faisais qu’un avec ma victime, je me sentis mourir avec elle. Je sentis ses émotions s’affoler alors que son cœur s’arrêtait de battre. Je sentis chaque parcelle d’elle faiblir, depuis son corps jusqu’à son esprit. Je ne rouvris les yeux qu’après l’avoir laissée glisser au sol. Un dégout abominable me prit. Cette femme… Elle ressemblait tellement à quelqu’un que j’avais connu autrefois, mais son souvenir était si flou… J’eus envie de vomir. Mais c’était purement mental, je ne le pouvais pas malheureusement. Je restai de longues minutes appuyé contre le mur, comme si je me relevai d’un choc. Puis je repartis, tremblant, hagard, dans les rues. Une pluie diluvienne commença à tomber, pressant les habitants à rentrer chez eux. Je marchai, totalement indifférents dans les rues, le souffle coupé pour ne pas me mettre à traquer d’autres proies. Néanmoins, tout le monde allait se demander ce qu’il me prenait de rester dehors à me tremper volontairement. J’aurais été repéré.

    Soupirant, j’entrai dans le premier petit restaurant que je vis.

    J’eus à peine franchi le seuil, j’eus à peine posé un pied dans l’établissement, que tu m’es apparu. Joyeusement, tu sautas de ton tabouret et dansa dans ma direction. Hébété, subjugué, je ne dis rien alors que ton sourire semblait arrêter la pluie et la tempête.

    - J’ai cru que tu n’allais jamais venir ! t’écrias-tu au milieu de la foule.

    Les badauds nous dévisageaient, te regardaient, me regardaient. Mais j’étais loin de tout ça. J’étais devant toi. C’était tout ce à quoi je faisais attention. Ta silhouette était d’une élégance sans égale, ta peau d’une blancheur éclatante et ta fragrance si florale, si légère, que je compris immédiatement que tu ne pouvais pas être humaine. Mais je crus également être en plein rêve. Pareil Déesse existait-elle ? Tu éclipsais largement la beauté de Maria, dont j’oublis le nom plus que rapidement. Mais le plus impressionnant fut que je me sentis emporté par une vague d’émotions joyeuses, un rayonnement de bonheur, de joie de vivre. Ton sourire n’en était qu’une petite manifestation alors que mon corps s’emplissait de ton humeur ensoleillée. J’écarquillai bêtement les yeux face au miracle de ton existence. Et silencieusement, je priai pour que tu ne sois pas un rêve.

    Mais les vampires ne dormaient pas.

    En gentleman, je m’inclinai pour te saluer.

    - Excusez-moi, mademoiselle… dis-je d’une voix douce.

    La perfection de ton visage m’envoya un sourire chaleureux et je t’accompagnai jusqu’à ta place ou un café noir refroidissait. Tu m’attrapais par le bras comme si tu l’avais toujours fait. Le contact de ta peau fut d’une douceur indicible, d’une chaleur rassurante. Emporté par cette vague d’émotions positives, porté tout entier vers toi, je me mis à sourire béatement, innocemment. Pour la première fois de toute mon existence de vampire, je me sentais bien.


    Si bien que je ne te quittas plus jamais.

    Nous restâmes un long, très long moment dans ce petit restaurant, face à face, les yeux dans les yeux. Délaissant nos cafés, nous discutâmes longuement, de nous, mais surtout de toi.

    Tu t’appelais Alice.

    Ton visage me rappelait les illustrations qu’on faisait souvent des elfes et des fées. Visages enfantin, nez légèrement recourbé et sourire avenant. Mais ta silhouette, ta façon de te positionner sur ton tabouret m’évoquait une danseuse étoile… A moins que tu ne fusses mon étoile dansante ?

    Pendant plusieurs heures, nous parlâmes à voix basses, assez pour être les seuls à s’entendre. Tu me parlas de ta vie que je trouvais affreuse et regrettai de ne pas être venue te chercher plus tôt, pour t’emmener loin d’ici et te protéger. Puis une fois que nos existences fussent dévoilées, après avoir parlé du passé, tu me tournas vers l’avenir. Tu me parlas de ton don, de tes visions. Tu me parlas d’un autre monde encore, que celui de Peter et Charlotte. Un monde ou je ne souffrirais plus, ou beaucoup moins en tout cas. Je n’aurais plus à tuer d’humain, plus à souffrir mille martyres pour me nourrir. Tu me fis connaître la famille Cullen avant même de l’avoir rencontré, je connaissais leurs noms, et je savais qu’on allait en faire partie. Tu m’avais l’air si séduite par cette idée, si exaltée d’aller les rencontrer… Tes prunelles rouges rubis luisaient de mille feux, fascinée par une chose qui n’était pas encore. Et moi j’étais fasciné par toi.

    La nuit était tombée dehors, tu me proposas d’aller voir Peter et Charlotte avant de partir. Tu descendis de ton tabouret et me tendis la main. Je la saisis, dans l’espoir de comprendre ce qui se passait. Pour première fois depuis presque un siècle, j’espérais.


    La vie commençait. Alors même que je me croyais en pleine décadence, tu m’avais recueilli tandis que je m’embourbais dans les ténèbres. Ta voix m’envoutait encore plus que la plus belle des musiques, et ta présence suffisait à m’arracher des sourires et même des rires. Le voyage commençait, avec la bénédiction de Peter et Charlotte, heureux de me voir à nouveau « vivant ».

    Nous réussîmes à trouver une voiture décapotable, ce qui était bien plus pratique et reposant que la course, même si nous n’étions jamais épuisés. Nous prîmes la route rapidement. Avec nos maigres bagages et les haltes obligatoires pour nous nourrir. C’était les moments les plus difficiles pour moi, mais toi, mon Etoile dans ma nuit noire, était là. Et peu à peu, les ténèbres s’éclipsèrent au profit du plus beau ciel qu’il ne me fut donné de voir, et je le partageais avec toi.

    Néanmoins quelque chose en moi remontait, au fur et à mesure du voyage. Un souvenir si ancien qu’il en était imparfait. Mais il se manifestait à chaque fois que je te regardais, car tes yeux avaient la même forme que les siens. La deuxième plus belle femme du monde, aussi humaine fut-elle : ma mère.

    Martha Whitlock.

    Et la promesse que je lui avais faite me sauta soudain au visage.

    « - Jure-moi de revenir, mon fils. En vie.
    - Je le jure, Maman. »


    Jusqu’à présent, je n’avais jamais tenue ma promesse, mon cœur s’en trouva attristé. Mais tu ne fus pas contre un détour – risqué – au Texas.

    Je retrouvai rapidement la tombe de mes parents une fois arrivés à Houston. Je t’avais demandé de venir avec moi, et je te présentais à eux. Leur tombe resta muette de fascination. Les gravures dans la pierre s’étaient effacées avec le temps mais je discernais nettement les lettres. Ma mère et mon père avaient été enterrés ensemble. « Main dans la main au-delà de la mort » était écrit sur leur tombe. Un sourire m’échappa, je m’excusais de ce grand détour pour si peu. Ce n’était pas grave pour toi. Tu m’as souris et m’envahis de ta bonne humeur.

    Et nous repartîmes. Après plusieurs années de recherches et d’interprétations de tes visions, nous les trouvâmes enfin. Nous avions terminés le voyage à pied, la voiture avait rendu l’âme depuis un moment.

    Tu t’étais rapidement faite à la villa et les membres de la famille de Carlisle t’accueillirent très vite et bien. Ma réserve me poussa à être plus lent à intégrer le clan. Mais pour toi, je serais allé n’importe où. Carlisle me parla longuement des règles à respecter, du pacte avec la meute des loups-garous, de la nouvelle alimentation que j’aurais à suivre. Je me sentais faible, affrontant l’inconnu. Mais je pouvais le faire. Car tu étais là. Ma Déesse, mon Espoir.

    Le temps s’écoula paisiblement, bien que les faux papiers fussent difficiles à obtenir et que, souvent, nous devions déménager pour ne pas être repérés par les habitants des villes où nous habitions.
    Ne plus me nourrir d’humains fut un immense soulagement pour moi, même si l’alimentation par le sang animal était plus difficile, je mis un long moment à m’y faire et encore aujourd’hui, résister aux fragrances humaines est difficile. Mais je m’y efforce, pour ne plus souffrir, pour ne plus avoir mal et ne plus faire le mal. Pour ne plus être la Bête et toi la Belle. Je faisais confiance à Carlisle et à sa famille pour me conduire sur le chemin du bien et me permettre d’être un homme digne. Carlisle et Esmée me rappelaient mes parents humains : chaleureux, protecteurs, ouverts au monde. J’appris à connaître à chaque membre de la famille. Edward et son pouvoir de lire les pensées, Rosalie et sa beauté enivrante, Emmett et sa carrure de colosse, Esmée et sa bonté rayonnante et Carlisle et sa compassion et sa curiosité. Tous étaient fascinants, mais aucun ne l’était autant que toi. Toi et ta joie de vivre contagieuse, toi et ta tricherie de m’avoir aimé avant même de m’avoir connu.

    Edward m’offrit une moto Ducati pour un de mes récents anniversaires. J’étais resté figé d’admiration devant l’engin dont la carrosserie brillait de mille feux sous les néons du garage. Il me sourit et je ne pus que bégayer pour le remercier. Alice, quant à elle, assouvissait sa passion pour le shopping et les beaux vêtements en traînant dans les magasins et en me forçant souvent à jouer les mannequins.

    Et puis vint l’élément perturbateur de nos existences. Après deux formations en philosophie et en histoire dans de prestigieuses universités, nous étions revenus à Forks, et avions recommencé notre cursus au lycée de la ville. Les années de chasses dans la forêt et le fait de côtoyer les humains avaient adouci mes instincts. Mais le monstre en moi était toujours là, et le nouveau combat que je menai était contre lui. En permanence, je retenais mon souffle, je retenais ses griffes.

    Et vint Bella. Et commencèrent les péripéties qu’on n’aurait jamais soupçonnées. Bella s’était entiché d’Edward et lui, l’aimait également. Comme un fou. Pouvais-je l’en blâmer ? Certainement non. Mais le problème était là : elle était sa chanteuse et il ne pouvait se passer d’elle. S’il perdait le contrôle, les loups saisiraient cette occasion pour nous balayer de la surface du monde. Bella fut finalement dans le secret, elle fut même invitée à la maison, et j’angoissais longtemps avant qu’elle ne vint, la peur de ne pas tenir le coup.

    Alice m’avait néanmoins rassurée, à croire que c’était elle qui avait la capacité d’influer sur mes émotions.

    La première invitation fut un franc succès. Je pus m’approcher d’elle, les mains dans le dos, la respiration coupée. Je ne lâchais que de brèves salutations, ne pouvant me tenir complètement. Alice, elle, put aller l’enlacer. Elles semblaient déjà complices malgré leurs personnalités opposées. J’avais rapidement perçu Bella comme une jeune fille frêle physiquement mais endurcie mentalement, qui préférait cacher et mentir que de se dévoiler et parler de ces tracas. Mais ses fréquents rougissements l’avaient toujours trahi. Durant la première année de lycée, je m’étais fait des plus discret, je ne voulais rien gâcher, et heureusement qu’Alice avait été là. Sans quoi je me serais sûrement exilé. Elle m’aida à rester moi-même à chasser plus que la normale - activité qui était devenue plus aisée maintenant que mes souvenirs ne me hantaient plus - et à me tenir au lycée.

    Car Bella avait ça de spécial que je trouvais son parfum nettement plus attirant que les autres, floral, puissant. Et son sang battait si originalement dans ses veines. C’était difficile de résister. Mais je devais avouer que Bella me permettait de beaucoup travailler sur moi-même et de progresser plus vite qu’auparavant. J’appris à maîtriser un peu mieux le monstre en moi, à devenir plus sociable. L’année suivante, je parvenais à lui parler sans trop de problème, à respirer au lycée sans avoir l’air de me consumer. C’était pour moi un énorme progrès.

    A l’occasion d’un match de baseball, à la fin de notre deuxième année de lycée, en 2005, nous dûmes nous frotter aux nomades qui traînaient alors dans la région. Deux hommes : Laurent et James, et une femme : Victoria. James était sans douter un traqueur fou, et Bella représentait une proie difficile, de choix.

    Alice et moi conduisîmes Bella loin de Forks, alors qu’Esmée surveillait Charlie. Nous allâmes dans un hôtel. Mais la Bella nous quitta sans que je compris pourquoi. L’effrayais-je ? Non il s’agissait d’autre chose. Alice et moi suivîmes sa trace jusqu’au studio de danse qu’avait vu Alice dans ses visions et, avec l’aide d’Emmett, d’Edward et de Carlisle, nous fûmes en mesure de vaincre James et de sauver la précieuse humaine. Tout me semblait parti pour durer et rester d’une agréable constance.

    Mais rapidement, le monstre trouva la faille. Il ne fallut qu’une goutte de sang…


    13 Septembre 2005 : « Jasper se débattit, un éclat sauvage allumant ses iris fixés sur moi »

    La soirée avait parfaitement bien commencée. J’étais calme, même enthousiaste de revoir Bella. Edward était heureux avec elle, j’avais envie de mieux la connaître et de, peut être, devenir ami ? Mais le monstre en moi m’obligeait à garder mes distances.

    Bella descendit l’escalier en compagnie d’Edward. Tout allait bien. Elle rougit en découvrant ses premiers cadeaux. Elle n’aimait visiblement pas être au centre de l’attention et détestait par-dessus tout qu’on lui offre quelque chose. Lentement, je changeai de position dans la salle. Je gravitai autour du groupe que formait la famille autour de Bella. J’admirai mon Etoile danser autour d’elle, plus excitée que Bella à l’idée d’ouvrir des cadeaux.

    Concentré sur moi-même, j’inspirais et expirais lentement, régulièrement, pour tenter de m’habituer un peu à elle, et peut être l’approcher. Je la vis s’avancer comme au ralenti vers la table du salon ou siégeaient un immense gâteau préparé par Esmée, Emmett et Alice ainsi qu’un tas de cadeau.

    Bella voulut en ouvrir un. Et c’est comme si on brisa le flacon du parfum le plus irrésistible qui existait, celui qui embrasait votre gorge à vous rendre fou. Moi le premier. Je vis la goutte de calice tomber comme au ralenti et s’écraser dans un bruit feutré sur le tapis.

    Ce fut comme si je perdis conscience. Mes yeux virèrent au noir d’encre. Mes muscles se contractèrent et le monstre en moi sourit sournoisement. La plus délicieuse et frêle des choses était là devant moi, immobile. J’étais plus rapide plus fort, elle n’avait aucune chance, elle était si délicieuse.

    Je m’élançai, mon regard fou dirigé droit dans le sien, uniquement guidé par cet instinct animal que je redoutai tant. J’anticipai les gestes de Carlisle et esquivai parfaitement sa tentative de me retenir, trop lent. Emmett voulut le faire à son tour, même geste. Trop prévisible, je passais sous son bras musclé pour enfin fondre sur ma proie. Mais j’avais oublié mon frère Edward, plus rapide. Il me retint comme jamais. Ses bras me repoussèrent et je m’en allai démolir le piano.
    Ce qui ne m’empêcha pas de revenir l’assaut, mais là, Emmett et Carlisle me retinrent solidement. Mes yeux observaient Bella avec cette rage folle telle celle d’une bête assoiffée, luttant contre la douleur. Alice me rejoignit et me berça de sa voix. Je ne me calmais que très peu.
    Carlisle laissa sa place à Rosalie et tout deux me sortirent de la maison alors que je résistai toujours comme un désespéré. Alice nous accompagnait, tant mieux.

    Je restai de longues heures dehors avec elle. Assis à même le sol, le visage dans mes mains, je me fustigeai. J’étais toujours la Bête que je redoutai tant. Ma Belle me consola, et je ne cessai de me confondre en excuses, plus pour Bella que pour elle. Même si j’avais honte d’avoir perdu cette bataille, même si je comprenais qu’Alice m’en veuille, ce qui ne fut pas le cas. Mais le jour suivant, Edward rentra du lycée avec un air torturé que nous ne lui connaissions pas encore. Il avait décidé de quitter Bella pour la maintenir en vie. L’éloigner du danger que nous représentions. A ce moment, et jusqu’à ce que cela s’arrange, je me sentis coupable, affreusement coupable. Coupable d’avoir gâché leur relation, coupable d’avoir attenté aux jours de la dulcinée de mon frère. Alice était toujours là pour moi et ne se lassa pas de me parler et de me rassurer. L’année passa rapidement, nous n’eûmes jamais de contact avec Bella, bien que notre volonté à tous de la retrouver nous minait. Edward, lui, s’était exilé dans une maisonnette, à Rio de Janeiro. Nous n’avions pas non plus de nouvelles de lui. Notre famille semblait en miette. Carlisle et Esmée m’avaient paru tendus toute l’année, en l’attente des pires nouvelles qui soient. Puis un jour, ma Belle eut une vision. La mort de Bella. Elle avait sauté d’une falaise d’après elle et n’en avait pas réchappée. Elle devait aller voir si c’était vrai. D’autres visions lui avait dit que je devais rester ici, rester avec les autres. Que j’aurais sans doute du mal à supporter l’ambiance à Forks. Et elle s’évanouit dans la nuit.

    Entre temps, Rosalie appela Edward pour venir aux nouvelles. Erreur qu’elle regretta amèrement. Edward avait eu l’idée folle de se suicider. Et ma culpabilité n’en fut que plus lourde. Alice m’appela sur mon téléphone et me dit que tout allait bien, que je devais rester au Canada avec le reste de la famille et qu’elle et Bella partaient en virée pour lui remonter le moral. Je n’arrivais pas à comprendre pourquoi. Ce ne fut qu’à leur retour que je compris que ma femme m’avait mentie pour aller sauver Edward de la mort avec Bella. Elle vint aux nouvelles avec Edward et nous avertit que les Volturi avaient posé leur ultimatum : Bella était dans le secret, elle devait être transformée sinon elle mourrait des mains des Seigneurs italiens.

    Personnellement je n’étais pas contre, et le soir où elle demanda l’accord de la famille pour devenir l’une de nous, je lui donnais ma bénédiction, me justifiant par le fait que je n’aurais plus envie de la dévorer. Durant les vacances d’été j’avais pu m’entraîner et redoubler d’effort dans mon contrôle de moi-même, prendre le dessus dans cette bataille éternelle qui m’opposait à la Bête, épaulé par Carlisle et les autres, et surtout par ma Belle. Mon contrôle de moi s’améliorait considérablement et je pus reconstruire tout ce que la Bête avait détruit en prenant le dessus sur moi ce terrible jour.

    Ainsi, lorsque Victoria leva son armée, lorsqu’il fallut se mobiliser. Je fus le premier prêt à l’action, et je pus rester un long près de Bella, seul, pour lui conter mon histoire. Je me sentais plein de retenu mais tout à fait capable de résister. Ce fut un véritable soulagement.

    Et je fus sur le champ de bataille, au moment où l’armée de nouveau-nés de Victoria nous assaillit. Nous étions prêts, et j’avais même eu le temps d’enseigner les rudiments du combat aux miens et même à la meute de Scouts de la Push. J’eus l’impression que le combat changea incroyablement, et je crus que si je n’avais pas été là pour transmettre mon savoir, nous ne serions plus de ce monde à l’heure qu’il est. J’étais heureux, je me sentais avoir enfin de l’importance au sein de la famille Cullen, je ne regrettais pas ces années passées à errer, car je pouvais enfin protéger les miens. Alice surtout, dont je savais qu’elle aurait eu le dessus sur n’importe qui grâce à son don. Je m’étais senti pleinement moi durant cet entraînement et le soldat que j’avais voulu être lorsque nos plans concrétisèrent.

    J’avais combattu avec ardeur aux côtés de ma famille, mais surtout d’Alice. Nous mouvements semblaient totalement unis, synchronisé avec une telle perfection que nous aurions paru n’être qu’un seul être. Puis lorsque Carlisle voulut réconforter une des membres de l’armée qui avait refusé de se battre, Les Volturi avaient surgi et d’un geste las, l’avait exécuté sans autre forme de procès. Je respectai ces gens, leur droiture était néanmoins soupçonneuse. Je savais qu’ils appliquaient la règle d’or à la perfection, mais aimaient également user de leur pouvoir pour une opportunité quelconque. Ca me chagrinait, mais sans plus.

    L’année des dix-neuf ans de Bella, nous assistâmes à son mariage qui fut organisé dans la villa même. Edward et elles étaient réellement le plus beau couple que je n’eus jamais l’occasion de voir, et j’étais heureux pour lui. Après tout ce périple, ils étaient enfin mariés.

    Mais j’ignorai totalement que de nouveaux problèmes nous guettaient, et que des nuages se formaient à un horizon encore trop lointain pour être regardé. Pour le moment, tout était calme…


    Notre vie est-elle déjà toute tracée dès notre naissance ? Tout ce que j’avais parcourus était-il écrit avant même que je ne vienne au monde ? J’ignore ce que je dois en penser. Je sais juste que les pages de mon existence ne se refermeront jamais et j’espère tout bas que jamais, tant que je vivrai auprès des miens, auprès d’Alice, ses pages ne seront déchirées…



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    Votre âge réel:19 ans,
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    - J'en fais depuis que je suis au berceau alors... (et apparemment très douée ! Wink )

    Comment vous avez découvert le forum ? J’y suis déjà !
    Avez-vous lu les livres ? Si oui, jusqu'à quel tome ? Je m’apprête à terminer le dernier tome ! Et j’ai vu les films jusqu’au trois, pour le moment ! ^^


Dernière édition par Jasper Hale Cullen le Sam 17 Déc - 9:58, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Jasper Hale Cullen   Sam 17 Déc - 1:00

Bon... Qu'est-ce qu'il y a de mieux que parfait ?

Comme je ne trouve pas vraiment, je vais me contenter de parfait. Tu sais que tu as écrit des phrases digne d'un veritable roman. J'ai vraiment ressenti des choses en lisant ton histoire. Merci.
Alice a de la chance de t'avoir ^^

Es-tu vraiment sûr de vouloir un test rp ? Un mot de toi et je t'accepte aussitôt. Je suis fier d'être ton père ^^

Bienvenue de nouveau sur UT. Je suis honoré d'avoir une personne telle que toi parmi nous. Merci !

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MessageSujet: Re: Jasper Hale Cullen   Sam 17 Déc - 6:41

Shocked Je ne sais pas quoi dire après ces... nombreuses minutes... heures? Je ne sais plus j'ai perdu le sens du temps au moment où j'ai commencé à lire.

Wow! Tu aurais pu en faire un roman! Très long, mais très agréable à lire. Je ne pouvais plus m'arrêter de lire.

Comme a dit Carlisle, je suis chanceuse de t'avoir lovlove:

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MessageSujet: Re: Jasper Hale Cullen   Sam 17 Déc - 20:00

Peut être y suis-je allé un peu fort ? x)

En tout cas merci pour ces compliments ! =)

Carlisle, lance le test RP !!! ^^ Il me semble que tu avais une idée, non ? ^^
Et si c'est possible, je suis sûr qu'Alice adorerait participer ! =)
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MessageSujet: Re: Jasper Hale Cullen   Sam 17 Déc - 20:14

Oui, pourquoi pas Very Happy
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MessageSujet: Re: Jasper Hale Cullen   Sam 17 Déc - 22:45

Eh benh dis donc, t'avait beaucoup d'inspiration. ^^
J'ai mis un peu de temps pour lire ton histoire, mais elle est super !! J'aime beaucoup !
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MessageSujet: Re: Jasper Hale Cullen   Dim 18 Déc - 0:51

Voici ton test rp qui n'en est pas vraiment un puisqu'il est dans remontons dans le temps... Comme ça, Alice pourra participer ^^

Voici le lien Amusez-vous bien !!

†•´*¤*' •††•´*¤*' •†
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MessageSujet: Re: Jasper Hale Cullen   Dim 18 Déc - 19:08

Merci Carlisle !!! =D

Au fait, j'ai vu que vous aviez, Alice et toi commencé un RP, celui ou Alice voit le corps de Bella couvert de bleus... Vous pensez que je peux venir ? Ou c'est juste entre vous ? ^^
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MessageSujet: Re: Jasper Hale Cullen   Dim 18 Déc - 19:09

Tu peux venir mon grand ^^ Avec plaisir ! (je ne pense pas qu'Alice me contredira...D'autant qu'elle t'a joué un peu lol)

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MessageSujet: Re: Jasper Hale Cullen   Jeu 22 Déc - 21:41

Au fait... Bienvenue !! MDR !!!

ça vaut bien un double post !

EDIT: Non je ne radote pas encore, je viens de valider ta fiche officiellement Razz

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